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VI, — FER

Les mines de fer, exploitées d’après les procédés analogues à ceux des houillères, exigent un travail plus rude à cause de la pesanteur des matières à transporter ; mais leur insalubrité ne provient que de leur défaut de ventilation, de leur desséchement imparfait, etc. Dans les mines de fer où ces causes nuisibles n'existent point, les ouvriers ne paraissent subir aucune influence nuisible. Julien (1) rapporte que les ouvriers employés dans les mines de fer de Vic- Dessos ne sont nullement sujets aux maladies qu’on rencontre dans les autres mines : ils sont robustes, vivent très longtemps; seulement les courbatiers, qui portent continuellement des fardeaux très lourds, sont affectés de voussure dorsale.

VIT. — P£coms.

Malgré les améliorations hygiéniques qu'a reçues l’industrie de la céruse, malgré l’atténuation du danger des émanations saturnines dans beaucoup de professions qui manient le plomb, cette influence

(1) Thèse de Montpellier, 1824.

continue de faire beaucoup de malades et d’infirmes, ainsi qu'on le voit par le relevé de cas traités dans les hôpitaux de Paris pendant les 14 dernières années :

L Cérusiers Total Total ne +, Autres Aunées, des morts. des malades, morts. malades, Peintres. professions. 1839 8 211 7 139 48 24 1840 10 248 » 152 47 49 1841 47 302 11 236 39 27 1842 22 316 18 232 43 41 1843 9 260 » 204 45 11 1844 14 329 42 251 41 53 1845 17 475 43 257 113 105 1846 13 552 9 355 133 64 1847 10 425 7 227 132 66 1848 1 172 » 88 59 25 1849 1 202 » 118 38 46 1850 1 238 1 154 49 35 1851 1 216 » 140 48 28 1852 1 #87 » » » »

Dans les dix dernières années (de 1849 à 1858), les hôpitaux de Paris ont reçu 1945 individus atteints de maladies saturnines, dont 15 seulement ont succombé, tandis que dans la période décennale précédente le nombre des malades s’est élevé à 3149, et celui des décès à 121.

= Les coliques de plomb atteignent, outre les cérusiers, des peintres, des tailleurs de cristaux, des chauffeurs, des fondeurs en cuivre et en plomb, des fondeurs en caractères, des broyeurs de couleurs, des polisseurs en caractères d'imprimerie, des potiers de terre et d’étain, les ouvriers employés à la vitrification des étiquettes en émail (D' Beaugrand), etc.

L’absorption des molécules de plomb détermine un empoisonnement qui se révèle sous les formes diverses : dans le système nerveux de la vie organique, par l’exaltation de l’action nerveuse ; dans celui de la vie de relation, tantôt par l’exagération, tantôt par l'abolition du mouvement et du sentiment. Avant le développement des maladies saturnines, la présence du plomb dans l’économie se manifeste par une action toute spécifique sur la plupart des solides et des liquides; c’est ce que Tanquerel des Planches (1) qualifie d'intoxication saturnine primitive, et il lui attribue les caractères suivants : 4° teinte ardoisée ou bleuàtre des gencives, au voisinage des dents, s'étendant parfois à toute la muqueuse buccale ; due au sulfure de plomb, elle ne s’enlève que très difficilement par des

(1) Traité des maladies de plomb. Paris, 1839, 2 vol, in-8.

frictions réitéréés et faites avec de l’eau aiguisée d'acide sulfurique ou chlorhydrique ; c’est au bora libre des gencives, point le plus favorable à une réaction chimique, que siége le liséré caractéristique des affections saturnines ; chez les individus à dents et gencives saines, on n’observe qu'une strie d’un violet très foncé. Plus les dents sont déchaussées et le cul-de-sac gingivo-dentaire prononcé, plus augmente la zone de sulfuration, et avec elle le liséré ; s’il n’existe plus de dents, la coloration manque : preuve certaine qu’elle est due à la décomposition des matières organiques dans le cul-de-sac gingivo-dentaire ; 2° goût sucré, haleine fétide; 3° ictère saturnin (teinte jaune plombé ou terreuse), plus prononcé à la face et se montrant après la mort sur presque tous les organes de l’économie; h° amaigrissement avec diminution des forces ; il annonce la saturation toxique de l’économie ; 5° pouls petit, grêle, quelquefois ralenti. Ces phénomènes n'apparaissent que chez les individus exposés à respirer ou à avaler une grande quantité de plomb (cérusiers, ouvriers de fabriques de minium); ils sont les précurseurs des maladies de plomb proprement dites, lesquelles ne tardent pas à se développéër, et que nous nous contentons de mentionner. 4° Colique saturnine : elle n’attéint que les ouvriers qui, dans leurs travaux, disséminent autour d’eux des particules plombiques qu'ils absorbent ensuite par la surface pulmonaire ou digestive, la peau revêtue de son vernis épidermique étant peu propre à les introduire dans le sang en quantité suffisante; aussi les ouvriersqui travaillent le plomb . à l’état fixe sont à l'abri de la colique saturnine. Sur 285 malades atteints de colique saturnine et traités dans les hôpitaux de Paris pendant le deuxième semestre 1846, on compte 167 cérusiers (plus de la moitié), 74 peintres en bâtiments (plus du quart) 6 broyeurs de couleurs, 5 peintres en voiture, 5 confectionneurs de cartes sur porcelaine, 4 fondeurs. 2° Arthralgie saturnine (rhumatisme saturnin de Sauvages, rachialgie saturnine d’Astruc), caractérisée par des douleurs avec ou sans crampes, siégeant par ordre de fréquence dans les membres inférieurs, Supérieurs, le tronc, la tête, dilacérantes, contusives, lancinantes, variant depuis un simple malaise jusqu’à la plus atroce souffrance. C’est, après la colique, la plus fréquente des affections saturnines, et ceux qui contractent le plus souvent la première sont aussi le plus sujets à la seconde ; toutefois les ouvriers des fabriques de minium sont le plus exposés à l’arthralgie, sans l’être autant à la colique. 3° Paralysie saturnine ; l'abolition du mouvement volontaire frappe ordinairement les muscles situés dans le sens de l'extension des

membres, sur les muscles extenseurs du poignet et des doigts; il n'existe aucun signe appréciable de lésion matérielle des centres nerveux; dans le relevé fait par Tanquerel et qui comprend 101 ouvriers de diverses professions atteints de paralysie saturnine, les cérusiers et les peintres en bâtiments figurent dans les proportions les plus fortes (31 et 22). 4° Anesthésie saturnine ou abolition de la sensibilité tactile, moins fréquente que celle de la contractilité musculaire; parfois l’une et l’autre coexistent ; elle peut être bornée à la peau ou frapper toute l’épaisseur d’un membre, ou, se limitant à la rétine, donner lieu à l’amaurose saturnine, simple ou double, passagère ou très persistante. 5° Encéphalopathie saturnine, névrose apyrétique de l’encéphale dont les symptômes changent brusquement d'aspect et de forme, du matin au soir, du jour au lendemain ; ces symptômes sont du délire, du coma, des convulsions, accompagnées ou non de la perte d'un ou de plusieurs sens; de là les expressions synonymiques de démence, délire, convulsions, épilepsie, coma de plomb. Tous les composés de plomb peuvent donner naissance aux différentes formes d’encéphalopathie, et d'autant plus aisément qu’ils sont plus diffusibles dans l’air à l'état d’émanations ; les cérusiers et les peintres en bâtiment en fournissent le plus grand nombre de cas. Cette maladie ne se manifeste que chez ceux qui sont restés quelque temps exposés à l’action du plomb.

Le principe de la prophylaxie consiste à empêcher l’ouvrier de respirer et d’avaler des molécules ou des émanations plombiques, quoiqu'il se trouve dans une atmosphère chargée des particules de ce poison. Le premier est la ventilation pour emporter au dehors les particules de plomb disséminées dans l'air; on l’obtient par de nombreuses et larges fenêtres percées à l’opposite et dans tous les sens, par des vasistas et surtout par des fourneaux d’aérage ou cheminées d'appel de Darcet, fondées sur l’échauffement de l'air. L'eau est un merveilleux moyen pour prévenir la dissémination des particules de plomb ; les ouvriers qui manient le plomb sous l'eau sont à l’abri de tout accident. L’arrosage du sol avec de l’eau ou de la sciure de bois humide s'oppose à l’ascension de la poussière saturnine. Des éponges imbibées d’eau pure ou légèrement aciduléesavec l'acide sulfurique doivent être appliquées sur la bouche et les narines des ouvriers ; deux ou trois fois par jour il faut nettoyer ces éponges dela poussière toxique qu'elles retiennent ; on se sert encore d’un masque de cuir avec des yeux de verre, et percé vis-à-vis la bouche d’une ouverture où se trouve une éponge humide, Les gants

employés par plusieurs ouvriers n’ont aucun pouvoir préservatif. L'appareil du colonel Paulin a l’avantage d'isoler l’ouvrier et de lui constituer une atmosphère pure qui se renouvelle sans commu niquer avec l'air toxique de l'atelier ; il préserve d’une manière absolue et n’a qu’un inconvénient : c’est d’être un peu lourd et compliqué. L’humanité veut que dans les grands établissements les ouvriers alternent pour les travaux les plus etles moins dangereux; ils ne doivent pas les commencer à jeun. Le régime lacté préserve beaucoup d'ouvriers ou éloigne les attaques; les aliments gras, comme le lard, sont recommandés par de Haen et Christison comme un antidote ; les excès dans le boire, le manger ou les plaisirs vénériens, disposent aux atteintes des maladies saturnines et les rendent plus dangereuses : on doit exiger que les ouvriers prennent leurs repas hors de l'atelier. La blouse en toile cirée dont on affuble les ouvriers, et les vêtements de fil, substitués à ceux de laine, n’ont pas donné de résultat. La propreté est indispensable ; avant chaque repas, les mains doivent être soigneusement lavées, et quand la matière toxique adhère fortement à l’épiderme, il faut se laver avec de l’eau seconde ou du sulfure de potasse; le soir et le matin les dents et la bouche seront nettoyées avec du charbon en poudre. Les bains d’eau tiède et par intervalle d’eau sulfureuse, avec des lotions savonneuses, ne peuvent qu'être utiles. Gendrin, dans l'espoir de transformer le poison en un sel insoluble, a préconisé la limonade suivante : pour 3 litres d’eau 1 gros 1/2 d'acide sulfurique à 66 degrés, quelques onces de cassonade. L’inefficacité de cette boisson est aujourd’hui contestée. La limonade d’hydrogène sulfuré, de Chevallier, n’a fait que retarder de trois jours l'invasion des accidents toxiques; elle répugne d’ailleurs aux ouvriers. Grisolle a proposé une limonade d'acide nitrique; les quatre ouvriers qui en ont bu sont tombés malades quinze jours avant les autres. Le tabac fumé et chiqué s’oppose un peu à l'absorption du plomb par la partie supérieure des voies digestives et respiratoires. Les purgatifs de quinze en quinze jours, sont, d’après Tanquerel, d’une utilité remarquable. Le conseil de salubrité de Paris insiste sur l'emploi des bains sulfureux, des lotions de même nature et des bains de vapeur; sur l'utilité de combiner l’action des éméto-purgatifs et celles des boissons neutralisantes (limonade sulfurique) avec le retour des symptômes digestifs, pour rendre le poison inerte et l'expulser à l’aide des selles et des vomissements (1). Dès les

(1) Kapports généraux du conseil de-salubrité de Paris de 1846 à 1848, p.148,

premiers signes de l'intoxication l’ouvrier doit être éloigné de ses travaux. En terminant, nous avons deux remarques à faire : 1° de toutes les spécialités professionnelles qui exposent à l'absorption des émanations plombifères, la fabrication de la céruse est la plus dangereuse; tous les relevés statistiques témoignent de ces faits: 2° toutefois, et c’est l’infatigable Chevallier qui a mis cet important résultat en évidence, les fabriques de céruse, convenablement établies et fonctionnant d’après les procédés nouveaux, ne font plus une victime ; depuis plusieurs années aucun ouvrier n’y à présenté les symptômes de l’intoxication saturnine. Les progrès accomplis dans cette industrie consistent surtout dans la substitution des machines au travail à la main, et des appareils clos à l'exploitation à l'air libre. Tel est le bienfait de ces changements, que l’une des deux principales usines de Paris (Ivry), où ils ont été adoptés, n’a plus envoyé un seul malade aux hôpitaux en 1851 et en 1852, tandisque l’autre (Clichy), plus lente à les imiter, a fourni encore 125 malades en 1851. Les usines du nord de la France et de l’Angleterre paraissent avoir réussi à supprimer complétement toute cause d’in salubrité dans la préparation de la céruse. Quant aux peintres qui, après les cérusiers, payent le plus rude tribut aux maladies saturnines, l’opération la plus nuisible est pour eux le grattage des surfaces peintes ; elle perdrait son danger, s'ils mouillaient préalablement les surfaces avec de l’eau seconde, d’après le conseil de Chevreul. L'emploi du blanc de zinc les affranchit d’ailleurs de tous les inconvénients de la peinture au blanc de céruse. Il est à peine utile de rappeler que Ruolz a proposé de substituer l’oxyde blanc d’antimoine à la céruse dans toutes les applications qu'on a faites jusqu’à présent du carbonate de plomb ; l’oxyde blanc d’antimoine ferait disparaître les conséquences déplorables de la fabrication du blanc de céruse. Rousseau a indiqué un procédé pour le retirer du sulfure d’antimoine naturel (1); moins cher du tiers que le blanc de céruse, son adoption remettrait en prospérité l'exploitation Jlanguissante des mines d'autimoine qui abondent en France. Comme on peut le broyer dans l'huile immédiatement sans autre manipulation, les peintres l’emploieront sans inconvénient. Depuis que cette substitution a été proposée, une autre plus efficace encore s’est effectuée au grand profit de l'humanité. Le blanc de zinc remplace dans la peinture en bâtiments le blanc de céruse ; dépourvu de toute propriété délétère, moins cher, inaltérable, se mêlant parfaite-

(1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 20 nov. 1843.

ment à toutes les couleurs, recommandé par l’Académie d’architecture de Paris, proposé depuis 1781, le blanc de zmc est resté ignoré ou méconnu par les peintres en bâtiment, qu'il préservera de maux affreux; on ne saurait trop leur en recommander l'usage (voy. zinc).

VIIL — Cuivre.

Si l’on en croit Blandet, les ouvriers qui travaillent le cuivre sont sujets à une colique métallique qui a des rapports avec celle de plomb; on la croit plus rare parce qu’elle conduit rarement à l’hôpital ; Les relevés faits par Blandet (1) indiquent que sa fréquence dans les hôpitaux est de 4 sur 4,500 malades, tandis que d'après l’interrogatoire des ouvriers en cuivre eux-mêmes, elle est de 4,500 sur 1,500. Cette maladie, qu’il faut chercher dans les ateliers, serait l’inévitable tribut que les apprentis payent au cuivre. Les ouvriers qui en sont atteints continuent de travailler, ou, dans les cas les plus graves, ne suspendent leur besogne que pour quelques Jours. Voici les caractères différentiels que Blandet assigne à la colique cuivreuse et à la colique saturnine. Dans la première, diarrhée, plus fréquemment matières alvines vertes ; ventre le plus souvent douloureux à la pression ; vomissements assez fréquents, flux sanguin, durée de 48 heures ; point d'accidents du côté du système nerveux. On finit par s’acclimatér à l'atmosphère cuivreuse. Le lait et l’albumine sucrée préviennent et combattent l’affection. Dans la seconde, constipation, selles séro-muqueuses, ventre indolent et soulagé par la pression ; vomissements très rares, jamais de flux sanguin ; accidents graves du côté du système nerveux ; durée de plusieurs semaines ; point d’acclimatement possible : ceux qui continuent le travail du plomb périssent misérablement. L’affection dont il s'agit serait due à l'inspiration des poussières cuivreuses, non de vapeurs de ce métal; car le cuivre chauffé au degré de sa fusion est peu volatil. Les ouvriers en cuivre ont les avant-bras, les cheveux et la barbe verts; leurs dents sont recouvertes d’une couche grise de sulfure de cuivre ; ils mangent dans l'atelier, ils mordent dans leur pain posé sur la limaille de cuivre, de sorte qu'ils absorbent peut-être aussi le cuivre par la surface digestive; mais la cause la plus évidente de la maladie serait l’inhalation de la poussière du métal, car elle atteint les personnes qui nettoient les tours et les tables le samedi ou le dimanche, et qui soulèvent des poussières de cuivre; les chaudronniers qui nettoient des vases de cuivre,

(1) Journal de médeeine de Trousseau, mars 1845,

les tourneurs ou limeurs qui soufflent la poussière qu'ils produisent en travaillant sur leurs pièces, etc. Plus la poussière est fine, comme dans le tour au poncé, plus la maladie est fréquente : ces tourneurs devraient se garnir les narines et la bouche d’un objectif propre à arrêter les corpuscules métalliques. Blondet ne voit dans la colique cuivreuse qu'une phlogose du tube digestif, et recommande le traitement antiphlogistique. En admettant les faits qu'il a publiés, on en tirerait la preuve de son erreur et la réalité d’une intoxication fort analogue à celle du plomb, sans nier les effets primitifs de la poussière de cuivre, lesquels consistent en coryza, bronchite, etc., et ne s'éloignent guère de ceux des autres poussières dures. Les observations [ et IIE, qu'il rapporte, sont évidemment des cas d’absorption du cuivre. N’a-t-il pas lui-même constaté la présence du cuivre dans les matières fécales du sujet de lobservation première ?

Mais voici d’autres faits qui militent puissamment contre les observations de Blandet et portent à y soupçonner une erreur d’induction : les chaudronniers de Durfort (Tarn), qui travaillent le cuivre rouge à froid, et qui ne cessent d’avaler par le nez et par la” bouche la poussière cuivreuse, en absorbent une telle quantité, qu’au rapport de beaucoup de témoins (1), leurs os se colorent en vert ou en bleu, et communiquent après leur mort ces teintes à là terre ambiante des cadavres ; le sternum présente au maximum cette coloration. Vivants, ces ouvriers ont les cheveux colorés en vert ; leur urine donne cette couleur au mur ou à la portion du sol qu’ils en arrosent fréquemment ; et néanmoins ils sont robustes et vivent en moyenne aussi longtemps que les autres. Chevalier et Boys de Loury ont visité à Paris tous les établissements où le cuivre se travaille : fondeurs, acheveurs, ciseleurs, bronziers, lamineurs, cloutiers, fondeurs de médailles et de monnaies, chaudronniers, poëliers, capsuliers, ils les ont tous explorés, interrogés; ils n'ont pas rencontré un seul cas de colique cuivreuse, pas plus que le docteur de Pietra-Santa (2). Les ouvriers qu'ils ont visités ne leur ont présenté aucun accident qui püt étre attribué à l’action d’une influence toxique particulière; aucun des malades signalés dans les hôpitaux comme atteints de coliques de cuivre n'était réellement atteint de cette affection. Ces résultats tendent à prouver l’innocuité de la permanence du cuivre dans l'organisme.

(4) À. Chevallier, Note sur les ouvriers qui travaillent le cuivre, etc. (Annales

d'hygiène, t. XXXVII, p. 395.) (2) De Pietra-Santa, Union médicale du 22 octobre 185,

La préparation de l’acétate de cuivre basique (vert-de-gris) ne paraîtrait point plus nuisible d’après les renseignements publiés par Chevallier (1), et la faible proportion de vert-de-gris à l’état humide, que les mains peuvent absorber à longs intervalles, resterait sans influence sur la santé comme sur la durée moyenne d'existence des ouvriers. Quant au travail qui consiste à renfermer des pains secs de vert-de-gris dans les futailles destinées aux expéditions, on lui reproche seulement de produire une poussière irritante pour les veux et les orifices muqueux. Un seul fabricant l’accuse d’occasionner quelquefois un peu de colique. Ces témoignages d’origine directe, mais intéressée, nécessitent un contrôle. Pour les mouleurs en cuivre, les inconvénients de leur travail se résument dans l'inspiration des poussières de charbon, de ponsif, de noir de fumée (voy. Charbon).

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