HOMMES, VIEILLARDS, FEMMES
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Acide urique...., » 0,15 à 0,2510,30 à 1,010,20 à 0,50 .0,30 à 0,60
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En considérant séparément l'urine des deux sexes, on trouve que celle de la femme contient plus d’eau (975 à 968) et moins de matériaux solides. Lecanu a établi les moyennes suivantes pour 1000 parties d'urine recueillie en vingt-quatre heures : eau, 9734°,975 ; urée, 13,074 ; acide urique, 05,410 ; sels fixes et indécomposés au feu, 103,067. L’urine des enfants en bas âge ne contient pas sensiblement d’urée ; Dumas est porté à croire que celle des convalescents est dans le même cas.
L'homme adulte, d’une constitution ordinaire, se portant bien, mangeant modérément, buvant dans la mesure de sa soif et se livrant à un exercice modéré, rend, en vingt-quatre heures, de 900 à 1500 grammes d'urine jaune (1), parfois verdâtre ou safranée ; les variations de quantité portent sur l’eau de l'urine, peu ou point sur ses éléments chimiques. Cette urine est acide, transparente, contient une petite quantité de mucus, marque 1044 à 1024 à l’aréomètre ; quand son eau diminue, elle dépose de l'acide urique sous forme d’une poussière jaunâtre ou grisâtre : ce double effet s’observe sous l'influence d’une alimentation azotée et excitante, d'un exercice musculaire forcé, d’une température élevée qui fait couler la sueur, parfois d’une cause morale telle qu’un accès de colère. L'eau de
(1) La quantité d'urine sécrétée en vingt-quatre heures est évaluée à 1568 . grammes par Haller, à 1280 par Bostock , à 1040 par Proust, à 1510 par Thomson, à 1257 par Rayer. Lecanu a trouvé, pour moyenne de quarante-huit expériences, 1268 grammes ; mais il a remarqué que chez les uns la quantité d'urine sécrétée n’atteint jamais cette limite, et que chez les autres elle la dépasse toujours,
l'urine est toujours en proportion des boissons ingérées, et, en généra}, les urines sont d'autant plus copieuses et moins denses que les conditions où le sujet est placé sont plus favorabies à l’introduction de l’eau dans son corps. Les boissons alcooliques, prises à dose faible, mais suffisante pour stimuler l’économie, modifient l'urine comme les alhnents azotés et stimulants : ingérées en quantité considérable jusqu'à production des divers degrés de l'ivresse, elles provoquent d'abord l'action du rein qui doit débarrasser le sang d’une addition normale d’eau; puis, séparés de l’eau qui les tenait en dissolution, les principes excitants des boissons alcooliques agissent sur l’urine comme les aliments azotés et stimulants. Au reste, ce serait se tromper que d’admettre, avec Lecanu, que l’ingestion de quantités anormales d’eau à pour seul effet d'augmenter l'eau des urines, et que les reins agissent comme de simples filtres desttnés à laisser passer l’eau en excès dans le sang; Becquerel fils a démontré (/oc. cit., p. 177) qu'ils sécrètent en même temps une quantité plus considérable d'éléments solides ; Liebig (1) a constaté que les émissions fréquentes d'urine provoquées par l'mgestion successive d’une grande quantité d'eau finissent par entraîner une proportion saline un peu plus forte que celle de l’eau de puits. Ce résultat, que l’on pouvait présumer d’après ce qui se passe dans la polydipsie, semble confirmer l'opinion vulgaire qui attribue à l'usage immodéré des boissons aqueuses une influence débilitante sur lorganisme. La diète abaisse le chiffre des matières tenues en dissolution dans l'urine. Quant aux conséquences de l'alimentation, Chossat Les a élucidées par la voie expérimentale : 4° Abstraction faite de la proportion variable d’eau que contiennent les urines rendues par un individu pendant un temps donné, la quantité des matières fixes qui s'y trouvent augmente, diminue ou reste stationnaire avec le poids des aliments de même nature, et varie avec les aliments de nature différente et en même quantité. 2° La nature et la quantité des aliments restant les mêmes pendant un certain temps, et, par conséquent, la somme d’urines solides restant aussi la même durant ce même temps, la sécrétion de l'urine solide, quant au moment où elle s'effectue, éprouve des variations notables qui sont en rapport avec les moments de fatigue et de repos, et avec le temps écoulé depuis le repas. Suivant Dumas (2), on a exagéré l'influence des
(1) Remarques sur quelques-unes des causes du mouvement des fluides dans l'organisme animal (Annales de chimie et de physique, 1849, t. XXV, p. 145). (2) Chimie physiologique. Paris, 1846, p. 550.
EXCRETA: — EXCRÉTION URINAIRE. 139
aliments sur la sécrétion urinaire : ce n’est pas uniquement à leurs dépens que se produisent l’urée et les autres matériaux organiques de l'urine; l’abstinence n'arrête point la formation de ces principes, qui proviennent alors des métamorphoses des tissus organiques. Toutefois, quand l'alimentation est excessive, une partie des matières azotées qu'elle introduit dans l'économie passe directement dans l'urine sous forme d’urée ; il est d’ailleurs des substances azotées, telles que la théine, qui ne sauraient servir directement à la nutrition; leur rôle probable est de concourir d’abord à la respiration, puis à la production de l’urée.
La constitution, l'âge, le sexe, certains états transitoires de la santé, modifient la composition des urines. La force, exprimée par la plus forte proportion des globules sanguins, se manifeste aussi dans l'urine par l'abondance du principe qui caractérise essentiellement ce liquide, l’urée, et peut-être même par l’abondance du principe essentiellement caractéristique de chaque sécrétion (Lecanu). Les quantités variables d’urée que des individus différents éliminent pendant des temps égaux sont en rapport avec leur âge et leur sexe: plus considérables chez les hommes dans la force de l’âge que chez les femmes également dans la force de l’âge, plus considérables encore que chez les vieillards et les enfants. Chez ces derniers, de trois Jusqu'à sept, huit ans, les urines sont pàles, moins denses, moins colorées que chez les adultes ; elles contiennent peu de mucus ; l’eau y prédomine, mais l'urée, l'acide urique, les sels inorganiques et les matières organiques s’y trouvent dans les mêmes proportions relatives entre eux que chez l'adulte. De huit à douze ans, les urines acquièrent plus de densité et plus de couleur, et, de douze à quinze aus, se rapprochent de plus en plus de l’état normal. L’ensemble des matières de l'urine, fixes et indécomposables par la chaleur (sulfates, phosphates, chlorures), est sécrété en quantités variables sans aucun rapport avec le sexe et l’âge pour des individus différents, en quantité non moins variable pour un même individu pendant des temps égaux. Aux approches’ de la menstruation, l’urine de beaucoup de femmes se trouble et prend les caractères de l’urine fébrile.
L'urine s’amasse dans la vessie; mais quand elle en a porté la distension à un certain degré, elle irrite les parois de ce réservoir dont les fibres musculaires se contractent, en même temps que par l'intermède des nerfs rachidiens qu'il reçoit, il réagit sur le cerveau et provoque secondairement la contraction des muscles abdo- .minaux et du diaphragme. L'enfant à la mamelle urine peu à la
fois, mais presque toujours huit à douze fois dans l’espace de vingtquatre heures, et d'autant plus qu'il tette plus fréquemment. À mesure que l'accroissement s’effectue, l’éjection de l'urine devient moins fréquente ; et par la consolidation progressive des centres nerveux, la volonté parvient à régler jusqu’à un certain point le nombre et les époques des mictions. C'est vers la fin de la deuxième enfance que ce progrès s'obtient. Beaucoup d'enfants continuent d’uriner involontairement même au delà de cette période : la cause en gîtle plus souvent dans l’imperfection des centres nerveux, dans les relations mal affermies de l’axe cérébro-spinal avec le système musculaire; aussi remarque-t-on chez les jeunes sujets atteints de cette infirmité, la pâleur et la flaccidité des tissus, l’atrophie de lappareil musculaire, le manque de précision et de vigueur dans les contractions qu'on leur fait exécuter ; souvent elle coïncide avec des phénomènes de chorée, d’anémie, d’épilepsie infantile : une nourriture fortifiante, la gymnastique, la cessation d’habitudes secrètes et nuisibles, une sorte d'appel fait aux contractions volontaires de la vessie et réitéré à des heures régulières, la puberté surtout, mettent fin à cette infirmité; si elle se prolonge en dépit de tous ces moyens, elle n'est plus une simple persistance de la phase puérile d’une fonction, mais le résultat d’une lésion pathologique. L’adulte lance avec force ses urineset débarrasse aisément sa vessie; les femmes éprouvent plus fréquemment le besoin de cette excrétion. Chez le vieillard, le réservoir urinaire a perdu de son ressort ; la fréquente accumulation du liquide excrémentitiel en a déterminé l’ampliation ; les muscles de la paroï abdominale et du diaphragme lui prêtent un concours moins efficace ; d’où la stagnation de l’urine dans la vessie, l’habituelle paresse de ce viscère qui ne se vide plus qu’incomplétement, la lenteur et les efforts de la miction, la fréquence des dépositions calculeuses et de tous les accidents qui s’y rattachent. Le plus sûr moyen de prévenir en partie ou de retarder les tristes effets de l’âge, c’est de soumettre de bonne heure la vessie à la discipline d’une habitude régulière et constante, de satisfaire au besoin de l’excrétion dès qu'il se fait sentir, de ne point la fatiguer par le passage des produits d’une sécrétion surabondante, de ne point l’irriter par l'augmentation habituelle des matières fixes de l'urine, suite d’un régime trop azoté et trop excitant, etc. La fonction des reins et de la vessie se lie si étroitement à la dépuration du fluide nourricier, que tout ce qui intéresse la composition du sang réagit de près ou de loin sur les organes : leur hygiène commence pour ainsi dire à la bouche.
EXCRETA. -— EXCRÉTION CUTANÉE. A1