‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 3)Chapitre 31 sur 155 · ESS = · texte numérisé non relu

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F. Drap gris de fer bleuté pour capotes ..... are EU OU 121, 10l0239018700 H. Drap garance pour s.-officiers|19,52/22,85154,2013,33131,3510,171|1,600 K. Drap bleu foncé, id.......117,65120,20147,3012,55 L, Belle toile de chanvre pour chemises (achetée en ville)...| 9,67111,00/15,7511,33| 4,7510,14210,490

APPLICATA. — DES VÉTEMENTS. 229

« On voit par le tableau précédent que la quantité d’eau hygrométrique absorbée par chaque tissu varie suivant sa nature. Le coton est de toutes les étoiles celle qui, sous ce rapport, possède le moindre pouvoir absorbant. 11 est assez remarquable que les deux échantillons sur lesquels ont porté les essais aient des pouvoirs absorbants qui diffèrent notablement. Peut-être les différentes variétés de coton sont-elles fort dissemblables sous ce rapport, et, dans ce cas, 1l y aurait intérêt à mesurer ce pouvoir absorbant pour se décider en faveur de tel ou tel échantillon.

» La toile de chanvre vient ensuite. Son pouvoir absorbant est intermédiaire entre celui du coton et celui de la laine. Il est à remarquer que les essais ont indiqué un pouvoir absorbant plus considérable pour la toile écrue et grossière que pour l’autre échantillon dont la texture était plus fine. Ce fait s'explique par la moindre porosité des fibrilles qui forment les toiles de première qualité.

» Quant à la laine, elle est, et de beaucoup, le corps qui peut absorber la plus grande quantité d’eau hygrométrique à poids égal ; elle a un pouvoir absorbant presque double de celui du coton; à surface égale, pour le drap, il est environ quadruple.

» On peut, du reste, se rendre compte aisément des causes de ces différences, en considérant l’organisation microscopique et l'usage primitif des fibres textiles dont nous nous servons pour tisser nos étoffes. Les fibres de coton sont, en effet, formées par des rubans d’une substance uniforme, non poreuse, et susceptible de résister aux agents chimiques les plus énergiques (on sait d’ailleurs que ce sont les corps les plus poreux qui possèdent au plus haut degré le pouvoir de condenser l'humidité atmosphérique). Leur rôle dans le végétal consiste à protéger la graine, et lorsque celleci est arrivée à maturité, elles lui permettent, grâce à leur légèreté et leur surface considérable, d’être transportée au loim par les vents. Il n’est donc pas étonnant que la nature les ait formées d’une substance non hygrométrique et non susceptible d'augmenter de poids par l’absorption de la vapeur d’eau contenue dans l'air.

» Les fibres de chanvre sont composées de vaisseaux et de cellules ligneuses qui présentent longitudinalement un grand nombre de fissures; dans la plante, elles sont continuellement saturées d'eau.

» La laine enfin est formée, comme les poils de tous les animaux, de cornets emboîtés les uns dans les autres, et présentant, à la surface extérieure du cylindre qui les forme leurs bords évasés. Elle

forme le vêtement naturel des animaux, et l’on peut dire à priori qu'elle doit avoir toutes les propriétés que l’hygiène exige du vêtement. [l est facile de voir, en effet, qu’une étoffe qui, sans perdre ses propriétés physiques de souplesse, de porosité et de conductibilité, peut soustraire à la surface avec laquelle elle se trouve en contact une aussi grande quantité de liquide, doit former sans contredit Le vêtement le plus hygiénique.

» L'eau d'interposition varie aussi d’une manière notable avec la nature des étoffes. Les fibres de coton et de chanvre ne sont nullement élastiques, et, dès qu'elles sont mouillées, elles s'accolent les unes aux autres par capillarité. La fibre de laine, au contraire, a une élasticité assez considérable pour que la capillarité ne puisse lui faire prendre une position différente de celle qu’elle à dans l'étoffe, dont les interstices, restant dès lors intacts, peuvent retenir une grande quantité d’eau. Il est facile de voir que les choses se passent ainsi en plongeant successivement dans l’eau quelques brins de laine ou quelques fibres de coton. Lors donc que l’étoffe de laine se trouve saturée d’eau hygrométrique, elle peut soustraire mécaniquement une quantité d’eau d’interposition bien plus considérable que les étoffes formées par d’autres substances dans les mêmes conditions; sous ce rapport, elle est donc encore bien supérieure aux autres étoffes, et doit être préférée par celui qui se livre à un violent exercice.

» Il y a dans la manière dont les vêtements absorbent l'humidité une circonstance qui est également digne de fixer l'attention du médecin. Si le corps couvert de sueur est mis sans défense en contact avec l’atmosphère, la sueur s'évaporera en soustrayant directement et brusquement une quantité de calorique latent. Cette soustraction deviendra même excessivement rapide si l'atmosphère est agitée par un courant d'air. Le vêtement, au contraire, se sature d’eau hygrométrique sans qu'il y ait déperdition de chaleur, puisque l’eau ne passe pas à l’état gazeux.

» [Lest bien vrai que, dès qu'il est saturé, il cède une portion de son eau à l'atmosphère jusqu’à ce que son équilibre hygrométrique soit rétabli ; mais 1l est facile de voir que le froid qui en résulte se produit à la surface extrème du vêtement et beaucoup plus lentement. Ce froid agit donc sans transition brusque d’une manière lente et graduée, c'est-à-dire dans les meilleures conditions pour ne pas devenir cause morbide. Ajoutons enfiu qu’il protége la surface cutanée contre les courants d'air, et l'empêche d'être directement refroidie par eux.

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» L'eau d’interposition s'évapore évidemment comme l'eau contenue dans un vase, c'est-à-dire en fonction de la température, de la surface du liquide et du degré de saturation de l'air ambiant. Cette eau, après un temps convenable, finit toujours par disparaître entièrement. L'eau hygrométrique, au contraire, ne se perd Jamais complétement. Les tissus en retiennent toujours une quantité d’autant plus grande que l’air ambiant est plus proche du point de saturation. Je me suis assuré de ce fait en pesant le même morceau d’étoffe déposé sous une cloche, sur des dissolutions de sels plus ou moins déliquescents. Le poids d’un tissu quelconque varie donc continuellement avec l'état hygrométrique de l'air ambiant.

» Lorsqu'une étoffe est saturée d’eau hygrométrique et placée dans une atmosphère non saturée, elle perd de son poids jusqu'à ce que son équilibre hygrométrique soit rétabli; mais si l’on vient à la peser successivement après des temps égaux, de deux en deux minutes, par exemple, on s'aperçoit que les quantités d’eau perdue décroissent rapidement. Jai fait un grand nombre d'expériences pour trouver la loi de ce décroissement ; mais ces expériences sont fort difficiles, car le moindre courant d'air augmente singulièrement la rapidité de la dessiccation, et, d'autre part, il faut opérer dans un espace assez considérable pour que l’état hygrométrique de l'air ne change pas. En prenant la moyenne de nombreuses expériences, j'ai cru pouvoir en conclure que, pour un état hygrométrique de l'étotfe peu différent de son équilibre, la déperdition était proportionnelle à l’excès d’eau hygrométrique contenue dans l’étoffe. C’est, on le voit, la loi de Newton pour le refroidissement des corps dont la température est peu élevée. Elle permet d'obtenir assez exactement le poids d’une étoffe après un temps donné, lorsqu'on la place dans les conditions ci-dessus énoncées.

» J'ai cherché de plusieurs manières à mesurer les quautités d'eau hygrométrique absorbée par une étoffe mise en contact avec une paroi humide non mouillée. Ces quantités varient suivant un orand nombre de circonstances, et, seraient difficilement soumises à une règle fixe. Dans ces expériences, j'ai trouvé un fait complétement inattendu et d’une très grande importance au point de vue de l’action des vêtements sur Le corps humain : c’est que l’eau d’un corps humide est soustraite bien plus rapidement à l'état d’eau hygrométrique par une étoffe qu’à l’état de vapeur d’eau par l'air. »

À la propriété hygrométrique des vêtements se lie leur action sur la peau, considérée comme organe d'absorption et d'excrétion. La transpiration cutanée varie dans sa quantité, suivant le pouvoir

conducteur, émissif et absorbant des étoffes : plus le vêtement accumule de chaleur sur le corps, plus elle augmente, ainsi que le prouve la moiteur habituelle de la peau sous le poids d’enveloppes épaisses et superposées. Au contraire, les tissus bons conducteurs du calorique refroidissent la peau par voie d'échange direct avec les corps extérieurs, et réduisent par conséquent la transpiration. Aussi le linge condense-t-il en ses fibres perméables la vapeur du liquide transpiré : ce qui ajoute encore à sa conductibilité. Les tissus vestimentaires fournissent à l’absorption cutanée des matières liquides ou gazeuses, qu'ils empruntent soit à l'atmosphère, soit à l'organisme lui-même; l'air qu’ils retiennent dans leurs mailles se renouvelle très lentement ; s'ils l’ont puisé dans un milieu miasmatique, ils seront plus ou moins longtemps les véhicules de principes délétères. Le soir ou pendant la nuit, la laine, la soie, les fourrures se chargent facilement des effluves du dehors; mauvais conducteurs du calorique, leur température superficielle descend par rayonnement au-dessous de celle des corps ambiants, ce qui facilite la condensation des vapeurs miasmatiques à leur surface. Tel vêtement peut donc entourer l'organisme d’une couche d'air infecté qu'il recèle dans les mailles de sa texture : la transmission de l’acarus de la gale, du pediculus ou de ses œufs, par l’intermédiaire des vêtements, est comme une image de la transmission moins évidente des miasmes, des principes contagieux. Îl en est de même quand, au lieu de s’imprégner des matières nuisibles du dehors, ils s’infectent au contact du corps de l’homme sain ou malade en condensant dans leur épaisseur la vapeur de la transpiration, en fixant sur leurs fils le produit desséché des suppurations, cte. Les couvertures des lits sont fréquemment, à coup sûr, dans les hôpitaux, les agents de la propagation des fièvres typhiques, puerpérales, etc.

h° Texture. + Les enveloppes naturelles des animaux ont dû nécessairement servir de modèle aux procédés de l’mdustrie humaine ; elles sont toutes disposées de manière à emprisonner exactement une couche d’air qui se renouvelle très difficilement et qui isole plus ou moins le corps des influences du dehors. Chez les oiseaux aquatiques, l’imbrication et les vertus des plumes s'opposent à l'introduction de l’eau ; chaque plume, chaque fibrille de sa barbe retient exactement un peu d’air sous elle et à ses bords. Le système pileux des mammifères forme un velours naturel dont les brins superposés par couches conservent entre eux des quantités d'air d'autant plus grandes et d'autant mieux enfermées, que le poil de-

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vient plus long et plus fin : double qualité de la fourrure des animaux qui existent dans les contrées voisines du pôle. L’artifice de l’homme, dans la fabrication du vêtement, consiste à se rapprocher de la nature en y emprisonnant le plus étroitement de l'air : le feutrage du poil des animaux, la réunion des bourres grossières sous forme de ouates diverses, le tissage, n’ont point d'autre but. Le fil, qui est l'élément de toutes les substances vestimentaires, ne peut d’ailleurs se convertir en tissu, par quelque procédé que ce soit, sans décrire des vacuoles, sans former des interstices, des mailles qui sont des réceptacles d'air. Tel est l'inévitable résultat de l'assemblage des fils en une trame ou une chaine, soit qu'il s'opère par la main des hommes qui ont pratiqué cet art dix siècles avant Homère, ou par les admirables appareils des Hargrave, des Arkwright, des Jacquard, qui ont mis à la portée des classes populaires les ressources de la toilette. Plus donc une étoffe retient l'air en ses mailles, plus elle est chaude, c’est-à-dire mauvaise conductrice du calorique; les étoffes làches et poreuses l’emportent par conséquent, à égale quantité de matière, sur celles dont la trame est serrée. Rumford observe la marche du refroidissement d’un corps qu'il enveloppe d’abord avec de la bourre de soie et de la laine non cardée, puis avec une égale quantité de soie et de laine filée, et il la constate plus rapide dans le second cas que dans le premier. L'expérience vulgaire avait noté depuis longtemps la supériorité du pouvoir protecteur des tissus lâches, épais, tomenteux, sur celui des tissus lisses et serrés ; les vêtements de laine lâchement tricotés sont plus chauds que ceux de la même matière tissés et compactes ; du coton ou de la laine cardée et enfermée dans une enveloppe de soie protégera mieux qu'un vêtement tissé à fil serré avec une égale quantité de ces matières. — La texture exerce encore une autre influence qui met en Jeu la sensibilité tactile de la peau; les vêtements, par la rudesse, la grosseur ou la finesse de leurs fils, par la forme microscopique des brins de leur matière première, par Île moelleux ou les aspérités de leur surface, irritent ou caressent Îles papilles nerveuses de la peau, et par suite modifient la circulation capillaire dans les parties qu'ils recouvrent. Les poils des animaux, la laine commune surtout, se font remarquer par la rigidité, la grosseur et l’élasticité de leurs brins, dont il est difficile de fabriquer des fils très lisses. Comme ces matières épidermiques se développent sous forme d’écailles circulaires imbriquées les unes dans les autres en guise de cornets, on éprouve, en les frottant dans une de leurs directions, la sensation du grattement. Les vêtements

de laine mettent la peau en contact avec d'innombrables aspérités qui la brossent à chaque glissement, à chaque mouvement; de là une sensation de chaleur incommode, de picotement, de démangeaison, qui traduit l'excitation nerveuse et vasculaire du derme ; des rougeurs, des érythèmes, des éruptions variées, des inflammations qui portent sur un ou plusieurs éléments de la structure cutanée, proviennent parfois de l’usage des enveloppes de laine, avec Le concours étiologique des prédispositions, du régime, de la malpropreté, etc. Nul doute que l'emploi de plus en plus général du linge n'ait contribué à réduire ie nombre des affections cutanées ; l'application immédiate des étoffes grossières de laine sur la peau, jointe à la malpropreté qui en était l’inévitable conséquence, devait entrer pour une large part dans leur production ; la rétention des produits de l’excrétion cutanée dans les mailles de ces tissus ajoute à leurs propriétés irritantes. Sauvages mentionne une espèce d’erysipèle 2n cute nascens ad collarium ecclesiasticorum ; la crasse du cuir chevelu produit le pityriasis de la tête; le fluide perspiratoire, l’intertrigo des oreilles ; le flux leucorrhéique, l’intertrigo des cuisses, etc. (1). Nous avons rapporté plus haut l'analyse des matières qui imprégnaient un gilet de flanelle porté pendant soixante jours. Les vêtements de laine, tomenteux et mauvais conducteurs, “exercent donc sur la peau une stimulation mécanique et une stimulation chimique : la première par la nature de leur surface, la seconde par les produits dégénérés, altérés, des sécrétions de la peau dont ils s’infiltrent. La médecine et l'hygiène peuvent tirer partie de cette double action, qui se résout dans une révulsion douce et continue, pourvu que l'indication soit bien comprise et qu’une appréhension exagérée ne conduise pas à désarmer léconomie par l’usage prématuré où intempestif des moyens prophylactiques. Le coton tient le milieu par ses qualités tactiles entre la laine et le linge proprement dit (chanvre et lin); il est parfaitement supporté quand la peau n'est pas le siége d’exanthèmes n1 d’excoriations. Le linge, gràce aux fibres souples et amorphes dont il se compose, n’expose la peau qu’à des frôlements moelleux et frais ; la soie lui est très douce, mais, comme la laine, elle développe de l’électricité par ses frottements, cause de stimulation qui manque dans les tissus si hygrométriques de chanvre et de lin.

5° Couleur. — La couleur naturelle ou la coloration artificielle

(1) A. Cazenave, Traité des maladies du cuir chevelu, Paris, 14850, in-8 avec figures.

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des vêtements leur communique des propriétés spéciales. Les expériences de Franklin, confirmées par sir Humphry Davy (1799), ont démontré l'influence qu’elle exerce sur le rayonnement et l'absorption du calorique. On sait aujourd’hui qu'une surface couverte de noir de fumée rayonne le maximum du calorique, environ huit fois plus qu'une surface blanche et polie. Le docteur Stark (d'Édimbourg) (1) a précisé par ses recherches le pouvoir absorbant et émissif du calorique dans les étoffes de couleur différente. Un thermomètre très sensible, enveloppé de laine noire, mit 4 minutes 1/2 pour monter de 10 degrés centigrades à 76°,66; avec la laine vert foncé, > minutes ; avec la laine écarlate, 5 minutes 30 secondes; avec la laine blanche, 8 minutes. Il avait eu soin de choisir la laine de finesse égale et de même poids. L'expérience répétée avec une moindre quantité de matière eut des résultats semblables quant à leurs rapports mutuels, mais non quant au temps absolu; il en fallut davantage pour atteindre le même degré thermométrique. Des expériences en sens contraire furent faites avec un thermomètre à air, gradué à un dixième de pouce en série descendante ; la boule de l'instrument, préalablement chauffée à l’aide de la lampe à gaz d’Argand etde réflecteurs d’étain poli, fut enduite d’une couche légère de couleurs différentes : au commencement de chaque expérience le fluide coloré était à 1 degré; avec la couleur noire le thermomètre descendit à 83 degrés, avec le brun foncé à 74 degrés, avec le rouge orangé à 58 degrés, avec le jaune à 53 degrés, avec le blanc à 45 degrés. On voit par là qu’abstraction faite de la substance employée, la couleur modifie puissamment l'absorption du calorique ; elle gouverne de même la marche du rayonnement ou du refroidissement des corps. Un thermomètre chauffé à 82 degrés centigrades mit, pour descendre à 10 degrés centigrades, 21 minutes avec la laine noire, 26 avec la laine rouge, 27 avec la laine blanche. D'autres substances, telles que farines colorées, matières colorantes simples, donnèrent les mêmes résultats. Ainsi la perméabilité des corps au calorique, dans un sens où dans un autre (pouvoir absorbant, pouvoir émissif),se trouve sous la dépendance de leur coloration. Les expériences de Coulier démontrent que l'influence de la couleur n’est pas la même sur l'émission de la chaleur propre au corps et sur la pénétration de la chaleur solaire : appareil chauffé à 50 degrés, dont il s’est servi, mettait 18 minutes à se refroidir sous sa double enveloppe de drap bleu et de toile de coton blanc à l'extérieur, et

(1) Annales d'hygiène publique. Paris, 1834, t. XIE, p. 54.

17 minutes 50 secondes, quand le drap bleu était superposé au tissu de coton ; au contraire, une simple enveloppe de coton blanc suffit pour abaisser de plus de 7 degrés centigrades l'effet calorifique des rayons solaires sur le milieu que le vêtement circonscrit autour de l’homme. L'observation vulgaire avait noté depuis longtemps que l’eau se refroidit plus vite dans un vase de couleur foncée. Dans les pays septentrionaux, les animaux changent de couleur à l'approche de l'hiver; on y voit des renards blancs, des lièvres blancs, etc. : c'est qu’une enveloppe de cette couleur retient le calorique plus longtemps et contribue à la stabilité de la température animale; elle ne conviendra pas moins dans les climats intertropicaux. Rumford et Sir Ev. Home sont arrivés à une conclusion contraire, et conseillent l'usage des vêtements noirs dans les pays très chauds. Les expériences , du docteur Stark concilient les faits : si le nègre absorbe plus de calorique par sa surface, 1l le rayonne dans la même proportion; de là une sorte de circulation du calorique dans sa peau, dont la transpiration insensible augmente et rend le corps plus frais.— L’hygrométrie des substances vestimentaires est avec leur couleur dans les mêmes rapports que leur perméabilité au calorique : 30 grains de laine noire, exposés à l'air au mois de janvier par une température un peu au-dessous de zéro centigrade, ont gagné 32 grains; même quantité de laine écarlate, 25; idem de laine blanche, 20.— Comme l'eau à l’état vésiculaire est le véhicule des principes toxiques qui constituent les miasmes, les effluves, 1l s'ensuit que la couleur du vêtement ne sera pas indifférente là où l’homme est exposé à cette cause de maladie; mais le docteur Stark est allé plus loin. Des expériences aussi délicates qu'ingénieuses, dont le détail serait trop long ici, l'ont conduit à ce résultat, savoir, que la couleur des corps, indépendamment de la nature des substances, influe d’une manière frappante sur la faculté qu'ont les surfaces d’imbiber et d’exhaler les odeurs : ainsi il a trouvé que le noir absorbe le plus, ensuite le bleu, puis le rouge, puis le vert ; le jaune fort peu, et le blanc à peine sensiblement, que les substances animales ont une plus grande attraction pour les odeurs que les substances végétales ; que la soie attire plus que la laine, celle-ci plus que le coton. L'absorption des particules odorantes par les surfaces colorées semble donc soumise aux mêmes lois que celle du calorique et de la lumière ; l’analogie s'étend encore plus loin, car dans plusieurs expériences, Stark a constaté que, pour les surfaces diversement colorées, le pouvoir émissif des odeurs est en rapport exact avec leur rayonnement du calorique dans des circonstances semblables. La connaissance de

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ces faits mène à des applications utiles de prophylaxie pendant le règne des maladies épidémiques ou contagieuses. Les médecins, en adoptant le vêtement noir, ont choisi la couleur qui absorbe le plus facilement les émanations odorantes, et qui est par conséquent la plus dangereuse pour eux-mêmes comme pour leurs malades. Le costume blanc dans les hôpitaux, les rideaux blancs, le linge blanc et jusqu’à la couleur blanche des murs, n’ont pas seulement l'avantage de forcer à la propreté, mais présentent encore au méphitisme de ces demeures la surface la moins absorbante : il semble que la parfaite propreté, dont le blanc est à Ja fois l’image et le symbole, résume toutes les précautions extérieures qui sont nécessaires à la santé. — Enfin, la coloration artificielle des tissus vestimentaires peut-elle occasionner des accidents par l'effet vénéneux des teintures solubles dans la transpiration cutanée? Nul fait très exact n'établit jusqu’à présent la possibilité d’un empoisonnement plus ou moins complet par cet ordre de causes; néanmoins 1l importe qu'il n'entre, soit dans la teinture des étofles, soit dans l’encollage de leur chaîne, aucune préparation de nature dangereuse ; le sulfate de plomb qui sert à l’apprèt des étoffes de laine et de coton doit être remplacé par le sulfate de chaux qui remplit le même office et n’a aucun inconvénient (Chevreul). Dans des châles tissés en Picardie, la proportion d'oxyde de plomb que contenait l'encollage était si grande, que l’eau de dissolution se colorait fortement par l’eau d'acide sulfurique. La même proscription doit atteindre les préparations cuivreuses que les apprêteurs emploient dans le blanchissage des tissus de laine pour en azurer légèrement la teinte.

6° Forme. — L'ampleur du vêtement détermine la sphère atmosphérique qui entoure immédiatement le corps ; l'effet qui en résulte se combine nécessairement avec celui des propriétés inhérentes aux étoffes. Quand les pièces du vêtement sont larges et ouvertes en différents points, l'air s’y renouvelle aisément, et leurs ondulations, en rapport avec les mouvements du corps, donnent lieu à une douce ventilation qui rafraichit la peau en activant l’évaporation des fluides perspiratoires. Les habits serrés emprisonnent une couche mince d'air qui se renouvelle très difficilement, et contribue par son peu de conductibilité à conserver au corps sa température propre. Les ceintures, les liens, placés à différentes hauteurs, délimitent des masses d’air stagnant ; les culottes courtes, maintenues à la taille et au-dessous des genoux par des compressions circulaives; les bas dont l'extrémité supérieure est appliquée exactement

sur la peau à l’aide de jarretières, le chapeau qui étreint la base du crâne, représentent autant de cavités closes où l'air est retenu. La superposition des habits permet d’environner le corps d’une série concentrique de lames d'air qui sont autant d'obstacles aux échanges de température auxquels il est provoqué par les objets du monde extérieur. L'ins'inct a bien guidé l'homme dans l’arrangement des différentes pièces de son vêtement : sur sa peau nue il place le linge, c’est-à-dire l’étoffe la plus souple et qui transmet promptement les liquides transpirés aux vêtements de laine plus extérieurs ; ceux-ci les évaporent d’une manière presque insensible; enfin il dispose à l'extrême périphérie de son corps les vêtements les plus grossiers, les plus tomenteux (manteau, capote, etc.), qui ne se refroidissent qu'à leur surface; il n’est point jusqu'aux couleurs des pièces de vêtement superposées qui n’agissent au profit de la chaleur du corps, à la manière des enduits qui, étendus par couches successives sur une surface rayonnante, finissent par fermer cette voie de déperdition du calorique. — La forme des vêtements occasionne des compressions multiples, tant par ses proportions trop rigoureuses que par les liens et les moyens de suspension qu’elle nécessite. L'effet immédiat de ces constrictions porte sur la peaü et les tissus sous-jacents ; l’état parcheminé de la peau, la condensation des tissus cellulaire et musculaire que l’on observe au cou des pendus, est l'expression la plus saisissante de cette cause portée à son maximum d'intensité. Les bretelles, les ceintures étroites, les jarretières, les ligatures de tout genre, déterminent une compression circonscrite, plus ou moins forte et continue, dont le premier effet est de gêner la circulation capillaire et de faire refluer le sang dans les vaisseaux voisins ; quand la compression est enlevée, le sang revient avec force et produit la rougeur passagère du point comprimé : mais à la longue les tissus comprimés s’épaississent par une sorte d’irritation nutritive ; aussi tous les points de la surface du corps sur lesquels le mode d’habillement exerce une constriction habituelle sont plus denses et plus épais. Une compression plus limitée encore et plus forte, quoique non sentie au début, ne tarde point à devenir douloureuse ; chassé d’abord des capillaires de la partie, le sang y retourne avec force, et bientôt une inflammation aussi vive que douloureuse se développe sur les limites immédiates du point comprimé : le pli d’un bas, la couture trop saillante d’une botte, le bord trop serré d’un soulier, occasionnent au bout de quelques heures des souffrances intolérables, des ampoules, des excoriations, des solutions de continuité, Si la compression s'étend à

APPLICATA. — DES VETEMENTS. 330 une large surface et est soutenue longtemps (corset, pantalon collant), la partie diminue de volume ; le tissu cellulaire, privé de la graisse et de la sérosité qui remplissent ses aréoles, devient sec et lamelleux ; les muscles s’atrophient et perdent leur contractilité ; les vaisseaux sanguins et lymphatiques les plus superficiels s’effacent sur eux-mêmes ; la circulation du sang et de la Ilymphe s'opère par les vaisseaux profonds : de là des congestions viscérales, des ampliations anévrysmatiques des vaisseaux où du cœur, des symptômes de dyspnée, etc. Il suffit de promener par la pensée ces effets de la compression sur la poitrine, le ventre, la tête, les extrémités, pour en saisir aussitôt les conséquences fonctionnelles; nous y reviendrons en parlant des différentes pièces de l'habillement, Enfin, la forme du vêtement laisse à découvert ceftaines parties du corps, protége étroitement certaines autres ; elle donne lieu à des habitudes de dénudation ou d’enveloppement, et modifie par là, nonseulement les fonctions de la peau, mais les organes profonds qui, par leur sympathie ou leur susceptibilité, répercutent les impressions qu'elle reçoit.

7° Action générale. — Le vêtement ne peut modifier la caloricité, l’exhalation, l'absorption et la sensibilité de la peau sans réagir sur l'ensemble des fonctions. L'énergie de la fonction éliminatrice de la peau règle en quelque sorte la marche des autres excrétions ; tout ce qui impressionne les papilles nerveuses du derme met en jeu l’innervation cérébro-spinale et aboutit au malaise où au bienêtre général de l’économie. Les enveloppes plus ou moins protectrices dont l’homme se revêt déterminent la mesure de l’antagonisme qui existe entre sa caloricité et la température extérieure ; le foyer de chaleur qu'il porte en lui-même redouble ou ralentit son activité suivant les agressions de l’atmosphère ; mais cette production inégale de calorique entraîne ou résulte des oscillations correspondarntes dans les mouvements de la respifation et de la circulation, dans les actions musculaires et cérébrales : le vêtement est donc encore un de ces modificateurs qu'il est difficile d'étudier au point de vue d’un seul organe, d’un seul appareil; de près ou de loin il les influence tous, et il résume parfois la question totale de la vie, quand celle-ci tient à un degré de chaleur de plus où de moins, comme chez les nouveau-nés, dont le pouvoir calorifique ne suffit point à réparer la perte par rayonnement, et qui périssent en si grand nombre pendant l'hiver,

$ 3. — De l'emploi des vêtements.

L'emploi des vêtements est subordonné à la forme et aux convenances des parties qu’ils recouvrent, aux conditions de l’mdividualité, aux circonstances extérieures.

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