DES COSMÉTIQUES
On entend par cosmétiques (x6spos, beauté ; xoauéw, j'orne) les substances appliquées au corps de l’homme dans le dessein de l’embellir ou d’en déguiser les défauts; l'hygiène ne s’en occupe qu'autant qu’elles contribuent à la conservation de la peau et de ses dépendances. L'usage des cosmétiques remonte à la plus haute antiquité, ainsi qu’on le voit par des passages d'Ovide, de Martial, de Suétone, de Juvénal, etc., et par les recherches d’érudition de Triller, Wedel, Bergen, Trommsdorff, etc. Hippocrate, Celse, Galien, Paul d’'Égine, Pline, en ont donné de nombreuses formules. Les onctions que fait le Septentrional avec de l'huile de baleine ou de veau marin, les peintures bizarres dont se couvre le sauvage de l'Amérique, le tatouage si commun parmi les peuplades de l'Océanie, et qui s’est étendu parmi quelques classes d'Européens, sont les manifestations
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d'un instinct de beauté qui se lie souv ent à l'instinct de la conser- Yation. Dans un travail lu récemment à l’Académie de médecine et qu'il a bien voulu me communiquer manuscrit, Reveil, après s'être livré aux plus doctes recherches sur l'emploi des cosmétiques chez les anciens, et particulièrement chez les Romains, passe en revue la plupart des cosmétiques annoncés dans les journaux et vendus par les parfumeurs ; il démontre par le résultat des analyses chimiques qu'il entre dans leur composition des substances toxiques d’une grande énergie et capables d'exercer une action funeste, nonseulement sur la peau, mais sur l’économie entière; il fait ressortir -ayec raison cette étrange lacune de notre législation qui soumet à des visites périodiques pharmaciens, droguistes, herboristes, épi- -ciers, etc., et laisse en dehors de ce contrôle les parfumeurs débitant à loutes les dupes de leur charlatanisme, à toutes les victimes de la vanité corporelle, les produits de leur audacieuse et menson- .gère industrie: Reveil signale, dans le Manuel du parfumeur, 65 for- mules à substances vénéneuses, sans compter l’éther, le chloroforme, l'alun calciné, etc. : 5 de ces formules contiennent des prépara- tions arsenicales, 6 de plomb, 4 de nitrate d'argent, 5 de mercure, .6 d’opium, 2 de scille, 2 de cantharides, 3 de chaux vive, 4 d’essence d'amandes amères en proportion considérable, etc. Espérons que le courageux appel du savant chimiste à la sollicitude de l’au- .torité sanitaire sera entendu.
.… La nature des substances employées comme auxiliaires de la toi- Jette, comme correctifs de certaines altérations accidentelles ou naturelles de l’extériorité humaine, conduirait à les diviser en cos- métiques physiques et chimiques; mais le plus souvent ces deux ordres d'agents se confondent dans les compositions usitées, qui différent principalement suivant les régions du corps auxquelles on | les applique. On peut donc les classer en cosmétiques du système pileux, des dents, des orifices muqueux, du tégument externe.
1° Cosmétiques du système pileux. — Ms ont pour but l'entretien
des cheveux, leur reproduction, leur coloration. Nous avons parlé plus haut des moyens qui répondent plus ou moins aux deux pre- mières indications. Il nous paraît qu'un traité d'hygiène n'a pas "à enregistrer les formules des pommades plus ou moins en vogue, les inventions ET le charlatanisme propage sous des dénomina- ‘tions retentissantes; ce sont toujours des graisses, des huiles d'amandes douces, a'S8ve, de noisette, etc., parfumées par l’addition d’ essences, de teintures, d' esprit de rose, de bergamote, de | jasmin, d'œillet, etc. La graisse d’ours vantée n'est même pas de
la moelle de bœuf, qui serait la meilleure base des pommades; mais à cause de son prix élevé, on la remplace par un mélange de graisse de veau ou de bœuf et de porc. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de la calvitie : naturelle et congénitale, ou sénile ; survenue à la suite de la variole ou des fièvres graves, dans le cours de la phthisie, après certaines couches, au milieu des conditions de détresse et de souffrances morales, par l'effet des veilles opiniâtres ou des excès du coïit; liée à la cachexie syphilitique ou à différentes formes d’éruptions du cuir chevelu; toujours curable avec l'eczéma, l’impétigo, comme avec l'affection vénérienne, etc., on comprend ce que ces diversités dans l'origine et dans la nature d’un même symptôme laissent de latitude au pronostic, et par conséquent aux tentatives d'un art équivoque.
La teinture des cheveux est une pitoyable ressource de rajeunissement à faux, car elle jure avec les rides, avec la flétrissure sénile du derme, avec l’affaissement général de la démarche si caractéristique de l’homme à chaque époque de sa vie. L'Age est une harmonie physiologique ; en dissimuler quelques effets partiels, c'est pro: duire des oppositions choquantes, des contrastes grotesques : le vieillard gagne-t-il à perdre la sérénité placide du front, la mäjesté des cheveux blancs, sans atteindre à l'illusion d’un autre âge? — Les cosmétiques destinés à la coloration des cheveux sont de deux sortes : les uns inoffensifs, mais de couleur infidèle, déteignent sur les mains, sur le linge, etc. ; les autres leur communiquant une couleur franche et solide, mais d’un emploi dangereux ; toutes deux donnent lieu pour leur application à des manœuvres longues et fastidieuses, ôtant aux cheveux leur souplesse. Parmi les premières, on peut mentionner les infusions de fèves, de cônes de cyprès, de grappes de lierre, d’écorce de saule, de noyer, de sumac, le noir d'ivoire, le charbon de liége; parmi les secondes, la céruse, le sulfate de plomb mélangé avec de la chaux hydratée et de l’eau, l’acétate et le sous-acétate de plomb dissous et additionnés d'acide sulfurique liquide (brun foncé). Les préparations plombiques exercent une action locale et générale; elles dessèchent, rident, flétrissent la peau ; la couleur mate qu’elles lui impriment, noircit au contact des gaz hydro-sulfurés et phosphorés, dans un bain de Baréges. Leurs effets généraux sont ceux de l’intoxication saturnine. Les sels d'argent, très usités pour noircir les cheveux, déterminent une forte irritation du cuir chevelu, brûlent le poil, attaquent la cäpsule pilifère, altèrent les sécrétions normales
APPLICATA.— DES COSMÉTIQUES. 261 qui profitent à l'entretien du cheveu, favorisent et accélèrent l’alopécie {1}.
Les poudres dépilatoires contiennent du sulfure d’arsenie (orpiment), de la chaux vive, etc. ; elles irritent la peau et peuvent donner lieu à des accidents d'empoisonnement. Le mercure métallique fait partie de celle de Laforêt, qui renferme en outre de l’orpiment et de la litharge !
2° Cosmétique desdents. — Nous avons signalé ceux que la prudence autorise (voy. Dents, Excrera). Les dentifrices se débitentsous forme d'opiats, de poudres et de liquides. Les deux premières sortes agissent par frottement, et contiennent généralement des cendres de diverses matières végétales, telles que coriandre, iris de Florence, racines de pyrèthre, etc., du sucre, du charbon, de la suie, du carbonate de magnésie; il faut en exclure les poudres de corail ou de pierre ponce, à cause de leur dureté. La crème de tartre entre dans la plupart des dentifrices acides, presque toujours nuisibles (2).
3° Cosmétiques des orifices mugueux. — Aviver la coloration des lèvres et les préserver des gerçures, des crevasses, telle est la destination de certaines préparations qui contiennent de l’acétate de plomb (crème de Psyché), de la noix de galle, du sulfate de zine, etc. La plus innocente est la pommade rosa, composée de cire blanche (60 gram.), d'huiles d'amandes douces (125), d'orcanette en poudre (12) et d'huile de rose (12 gouttes).
Les cosmétiques de la bouche tendent à fortifier les gencives, à masquer la fétidité de l'haleine : la myrrhe, le cresson de Para, le cochléaria, le pyrèthre, le gaïac, l’angélique, la cannelle, la menthe, la vanille, l’ambre gris, le muse, sont au nombre des ingrédients de la plupart des préparations destinées à cet usage. La plus connue de ces eaux de senteur est l’eau de Cologne, que son inventeur, J.-M. Farina, préparait comme il suit. On prend :
(4) Voici les préparations les plus employées. — Prenez : acétate de plomb, 2 gram.; chaux carbonatée, 3 gram.; chaux vive éteinte, 4 gram. — Prenez : litharge, 60 gram, ; chaux éteinte, 30 gram.; amidon, 30 gram.; soluté de potasse, 8 gram. — Prenez : azotate d'argent, 8 gram.; crème de tartre, 8 gram.; ammoniaque faible, 45 gram.; axonge, 15 gram. — Prenez : azotate d'argent, protoazotate de mercure, 15 gram. de chaque; eau distillée, 125 gram.
(2) Voici les deux meilleures préparations de cosmétique dentaire.— Prenez : charbon bien pulvérisé, 20 gram.; kina rouge, 20 gram.; sucre tamisé, 42 gram.; huile volatile de menthe, 4 gouttes. — Prenez : charbon lavé et porphyrisé, miel blanc, sucre vanillé, 30 gram. de chaque ; poudre de quinquina, 16 gram,; essence de rose ou de menthe, 4 gouttes.
Esprit-désviDrectiné te. Re ner. . 300 kilogr.
Mélisse et menthe de Notre-Dame, de chaque... 350 gram. Roses.etwiolettes,.de.chaque..fés "ours cosy 1204 + Fleurs de lavande: .....,,... ET PRET 60 — A DS the ee do à 30 — Sauge et thym, de chäque......:....... HR 20 Acore, fleurs d'oranger, noix muscade, macis,
clous de girofle et cannelle, de chaque....... 45 — Camphre et racine d’angélique, de chaque...... .8 —
On fait digérer pendant vingt-quatre heures le tout dans lespritde-vin, avec deux oranges et deux citrons coupés en tranches; on distille au bain-marie et l’on recueille Les 200 premiers kilogrammes qui passent à la distillation. À ce produit on ajoute: essences de citron, de cédrat, de mélisse et de lavande, de chaque 45 grammes ; essences de néroli et de romarin, de chaque 15 grammes ; essence de jasmin, 30 grammes ; essence de bergamote, 350 grammes. On mélange bien, on filtre, et l’on met l’eau dans les flacons. On ne l'emploie que très diluée.
h° Cosmétiques de la peau. — Ce sont assurément les plus utiles et les mieux justifiés par l'hygiène : car s’il y a folie à demander aux arcanes de l’industrie des parfumeurs la disparition des rides et des taches de rousseur, il convient toujours d'entretenir la finesse et l’élasticité de la peau ; de la fortifier, de la préserver de gerçures, d’éruptions ; de la déterger des débris épidermiques ; d’amortir le feu du rasoir, le prurit de l’intertrigo ; de dissiper l’odeur désagréable des parties sexuelles, de certaines sueurs locales, etc. On préconise Journellement, pour ces usages, une foule d’eaux de senteur, de laits cosmétiques, de vinaigres composés, des alcoolats, des acides. La mode qui à fait la fortune de l’eau polypharmaque de Cologne, a vulgarisé aussi le vinaigre de Bully, celui des quatre voleurs, l’eau de Portugal, le vinaigre de Jouvence (1), le vinaigre virginal (2), etc. Étendus de beaucoup d’eau, ces liquides exercent sur la peau une action astringente et tonique. Il faut se défier des préparations contenant des huiles essentielles ; mêlées à l’eau, elles lui cèdent leur alcool, et les huiles essentielles, mises à nu, peu-
(1} Prenez : esprit de concombre, 125 gram.; eau-de-vie au styrax, 1 kilogr.; vinaigre radical, # kilogr.
(2) Prenez : benjoin en poudre, 60 gram.; alcoo!, 250 gram.; vinaigre blanc, 4 kilogr, L mr: |
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vent irriter vivement la peau. Les acides, non assez délayés, produisent le même effet et gercent la peau.
Les frictions huileuses, pratiquées par les gladiateurs anciens avant la lutte, sont encore en usage chez diverses nations ; les Esquimaux se frottent avec de l'huile de poisson, les nègres de l'intérieur de l’Afrique avec de l'huile de palme : ils préviennent ainsi le desséchement de leur peau, et ils échappent aux piqüres douloureuses des insectes que repousse l’odeur nauséabonde des graisses rancies. La civilisation repousse cette pratique en nos climais; mais elle permet la vogue des pommades, pâtes et crèrnes qui, sous des noms fantastiques, s'adressent à la coquetterie des femmes et leur promettent l’éternelle fraîcheur de la peau. La pominade de concombre passe pour un topique adoucissant, ainsi que beaucoup d’autres ayant pour base l’axonge, la cire vierge, l'huile d'amandes douces, le blanc de baleine, etc.; les poudres d’amidon, de riz, etc., ont la même propriété.
Le cosmétique par excellence, l'instrument de la propreté, c’est le savon, ce cosmétique du peuple. On désigne sous le nom de savons durs ceux qui ont pour base la soude : le suif, l’huile de palme, l'huile de coco, l'huile d'olive, les huiles de graines de pavot, de chènevis, de noix, etc., servent à cette fabrication ; les matières animales, les boyaux, les débris des abattoirs, sont même utilisés pour celle des savons à bas prix. L'huile d’olive qu’on emploie en France est de la dernière qualité ; on l’obtient en pressant à chaud des marcs déjà épuisés par une pressée à froid. Les savons durs sont blancs, marbrés ou jaunes. Pour les premiers, on délaye le savon à une température modérée, dans des lessives faibles, et on laisse déposer lentement dans la chaudière qu’on a soin de recouvrir; le savon d’alumine et de fer se sépare par refroidissement et tombe au fond ; le savon blanc qui surnage est recueilli, coulé dans des caisses, et une fois pris en masse, il est découpé en tables. En ajoutant moins d’eau pour diviser seulement le savon de fer et d'alumine en veines bleues sans le précipiter, on obtient le savon marbré à la coupe; car sa surface blanchit à l'air, qui transforme en oxyde le sulfure métallique. Le savon marbré, plus dur que le savon blanc, contient environ 30 pour 100 d’eau, tandis que Le savon blanc en renferme d'ordinaire 40 à 50 pour 100 et peut en absorber une quantité plus grande encore, ce qui facilite la fraude. Le savon jaune doit cette coloration à la résine grossièrement pulvérisée qu’on y incorpore par brassage en soutenant l’ébullition dans la chaudière avec un excès de lessive, alcaline après la saponitication complète,
Les savons mous sont fabriqués avec la potasse et les huiles les moins chères; on les appelle savons noirs ou verts, mais leur couleur naturelle est brun jaunâtre ; c'est par une addition d'indigo qu'on les rend verts ; ils ont à peu près la consistance du miel. Beaucoup plus alcalins que les savons durs, ils sont plus solubles et à meilleur marché : on les fabrique en grande quantité en Picardie, en Flandre, en Hollande, avec la potasse et les huiles de chènevis, de lin, de colza, etc. On en fait aussi en saponifiant l'acide oléique, résidu de la préparation des bougies stéariques, et on les durcit en y ajoutant 0,1 à 0,2 d'huile de palme. Sous le nom de savons de toilette on obtient certains produits en saponifiant par une lessive de soude caustique le suif de mouton ou la graisse d'os, purs ou mélangés d’axonge, d'huile d'olive et additionnés de 4 pour 100 d'essence de carvi, de lavande et de romarin ; on les colore diversement ; ils sont très hydratés. Les plus onctueux contiennent une certaine proportion de mucilage de gomme adragante, de guimauve, de pepins de coing, etc. Celui d'amandes amères est un beau savon de suif qui contient 1 pour 100 d'essence d'amandes amères. Les savons transparents se préparent avec un mélange à poids égal d’alcool et de savon de suif en copeaux bien desséchés ; on liquéfie à une douce température, puis on arrête le feu, on laisse reposer et l'on coule dans les mises ; il faut ensuite trois semaines environ de dessiccation pour obtenir des produits transparents que l’on colore en rose par une dissolution alcoolique concentrée d’orseille, ou en jaune foncé par une dissolution de cureuma. Les crèmes de savon ne sont qu'un mélange de 2 parties d'axonge avec 3 parties d’une lessive de potasse caustique, marquant 17 degrés au pèse-sels; on le fait bouillir jusqu’à parfait empâtage, puis on évapore. Le sand-soap contient 74 à 78 pour 100 en poids de sable fin ; le savon-ponce, 19 à 26 d’une poudre blanche, fine et mordante (pierre ponce, silex pyromaque ou quartz): ces deux espèces de savon réussissent à nettoyer les peaux rudes et calleuses.
Les savons détergent la surface cutanée des matières grasses ; ils en détachent par frictions les corps étrangers qui la salissent, et pénètrent dans les inégalités de l’épiderme, les aspérités que présente cette enveloppe chez les travailleurs ; ils rendent à la peau sa souplesse etsa perméabilité, ils facilitent l'action du rasoir en ramollissant le poil ; ils concourent au blanchissage du linge, des lainages, des couvertures de lit, ete. Le savon mou, plus riche en alcali, convient au lavage des étoffes grossières et au foulage des draps; le savon dur est préféré pour laver le linge fin, les tissus de coton et
APPLICATA,— DRS COSMÉTIQUES. 265 de soie. Tel est le rôle vraiment considérable de ces agents cosmétiques dans l'hygiène publique et privée, dans la propreté des diverses classes de la société, dans la salubrité de la vie domestique.
Il nous reste à dire un mot des matières colorantes auxquelles la mode, la coquetterie ou la mimique ont recours pour aviver le teint, pour effacer les rides,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Il est des fards toxiques par absorption ; il en est d’inoffensifs par leur composition, mais appliqués sur une surface plus ou moins étendue de la peau, ils en gènent les fonctions, ils l'irritent par contact ou par le seul fait de leur substitution au topique normal de la peau, à l'air atmosphérique. — Fards blancs. Le blanc de tale de Venise, ou blanc de Circassie (silicate d’alumine ou craie de Briançon) est sans action sur la peau, à laquelle il adhère mal; le blanc de bismuth ou de perle est souvent mêlé d’une quantité notable d'acide arsénieux dont il faut le purger, il est alors sans inconvénient. Ces deux fards ne valent pas, pour l'effet cosmétique, le fard de Thenard, composé de fleurs de zinc et de tale en parties égales ; mais il faut repousser le blanc commun du théâtre : les artistes, les femmes du monde qui s'en servent, ne savent pas qu’il contient de la céruse. — lards rouges. Le commerce les offre sous forme de poudre, de pommade, de crépon, de liquide. La cochenille, le bois du Brésil et le carthame peuvent être emplovés sans danger. Le carmin ordinaire, ceux d'Allemagne, de Chine ou de Hollande, ont differents degrés de finesse. Aux théâtres, on use de la préparation suivante. Prenez : carmin ordinaire, 8 grammes ; faites dissoudre dans un peu d’eau chaude et incorporez le liquide dans 125 grammes de talc de Venise pulvérisé ; ajoutez 6 gouttes d'huile vierge et 12 gouttes de dissolution de gomme adragante.—Le fard bleu, composé de bleu d'azur, de tale et d'une solution légère de gomme arabique, est sans inconvénient autre que celui de tous les enduits partiels.
En résumé, beaucoup de prétendus cosmétiques que nous venons d’énumérer et beaucoup d’autres que nous passons sous silence, outre le danger qui peut résulter de l'absorption de particules toxiques, altèrent la peau, la cautérisent, l'irritent chroniquement, ou lui communiquent une teinte blafarde et un aspect ridé qui tient à la perte de sa rétractilité, à la diminution de la circulation capillaire ; et, dans quelques cas, l'eau aiguisée d’un principe stimulant
(huiles essentielles, acides végétaux) a pour effet d'entretenir la fermeté des tissus cutanés, de corriger leur atonie, leur vascularité passive, leur disposition variqueuse. Les frictions savonneuses facilitent le nettoiement des résidus de la transpiration; l'emploi des matières grasses où mucilagineuses entretient la souplesse de lépiderme, prévient les gerçures ou hâte leur guérison, défend la surface du corps contre la poussière et le froid, etc. Mais l'agent le plus efficace et le plus simplé pour l’ettretien de la propreté, c’est l’eau ; et quant à la fraîcheur et à l’incarnat du teint, quant aux attributs flatteurs de l’extériorité, ils sont au prix de la santé générale. Un régime bien ordonné, la sobriété et la modération en toutes choses sont les cosmétiques les plus sûrs; ils agissent du dedans au dehors, et font que les avantages de l’extériorité, loin d’être une mensongère apparence, dénotent la salubre élaboration du fluide nourricier et la régularité des fonctions.