EXPÉRIENCES
08r,752 057,606 comme 087,569 08r,427 comme
087,661 057,481 comme 08r,652 081,493 comme 087,579 057,433 comme ’
(1) De la contraction musculaire dans ses rapports avec la température animale, Paris, 1861, p. 62; et Archives générales de médecine, 1861.
(2) De la consommation de matière dans la rontraction musculaire, (Muller’s Archiv, 1845, p. 72-83).
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D'où l’on voit que l’exercice modifie la constitution chimique des muscles en augmentant la proportion des matières extractives, et cette modification porte sur les matières azotées du muscle ; car Helmholtz, ayant dosé les proportions de graisse contenues dans les tissus, les à trouvées égales dans les deux membres de la grenouille.
Un exercice soutenu, par la perte matérielle et dynamique qu'il occasionne, prépare une digestion et une absorption plus énergiques, mais il trouble les fonctions s'il coïncide violemment avec leur activité. Le docteur Beaumont a vu qu’un exercice modéré élève la température de l'estomac d'environ un degré, et fait marcher la digestion avec plus de vivacité. Les sécrétions périphériques sont activées par la locomotion aux dépens des sécrétions internes; la transpiration cutanée, la synovie, sont versées avec plus d’abondance; l'urine et le mucus diminuent en proportion. Quant à la nutrition, elle dépend, d’une part, des forces radicales et de la réparation alimentaire, et d'autre part de la durée et de l'intensité de l'exercice; il faut réaliser une équation physiologique entre ces deux termes. L'exercice détermine une perte représentée par la somme des excédants de matière transpirée par la peau, de substance brülée par la respiration, de chaleur et d’innervation ; si la nourriture est proportionnelle à cette déperdition, il en résultera une accélération dans les phénomènes de l’assimilation et de la décomposition interstitielles, sans atteinte à l'intégrité de masse et de poids. L'exercice combiné avec le régime deviendra dans ces limites l’un des plus sûrs moyens de réfection ou de renouvellement des matériaux de l’organisation. Le mode d'activité du cerveau qui met en jeu les instruments de la locomotion diffère essentiellement de celui qui adapte cet organe à l'expression des phénomènes psychiques ; il semble même qu'il existe un antagonisme primordial entre ces deux formes de l’activité encéphalique ; de là, pour les hygiénistes, la possibilité de combattre les prédominances variées du système nerveux par l'exercice et la direction spéciale du système musculaire. Les phrénologistes traduisent ces oppositions de la vie animale en disant que les exercices actifs musculaires laissent dans le reposles parties du cerveau qui correspondent aux affections morales et aux facultés intellectuelles : à ce prix, l’apaisement des. passions et la sédation de la pensée, effets purement négatifs, devraient coïncider toujours avec l'exercice de l'appareil locomoteur; cependant nous voyons l’action musculaire réunie à l'agitation morale chez le furieux qui se précipite. — Les phrénologistes
ajoutent alors que les départements du cerveau qui président au mouvement et au moral agissent simultanément. Pour nous, nous constatons, sans l'expliquer, l’antagonisme très réel qu’on observe le plus souvent entre denx modes de fonctionnalité cérébrale, dont l’un provoque la contraction musculaire et dont l’autre correspond à l’activité de l'intelligence. Toutefois, comme l'harmonie de toutes les fonctions entre dans le plan de l’organisation, celles des sens et du cerveau sont loin d’exclure l’action musculaire; au contraire, un exercice modéré ranime la faculté de perception, perfectionne les sensations, réveille l’imagination engourdie, rend à la pensée sa force et son élan : Cicéron et Pline attribuaient ces avantages à une gymnastique rationnelle ; les anciens philosophes dissertaient en se promenant sous les ombrages ; beaucoup d’écrivains conçoivent, élaborent leurs ouvrages en marchant. Rousseau dit dans ses Confessions : « La marche à quelque chose qui anime et avive mes idées; je ne puis presque penser quand je reste en place : il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. »
2° Quand il faut imprimer à l'acte musculaire assez d'intensité pour vaincre une résistance considérable, il constitue ce qu’on appelle un effort, phénomène fondamental d'un grand nombre d'exercices tels que la course, le saut, l’action de comprimer, d'attirer, de projeter fortement un corps, etc. Le mécanisme de l'effort détermine la mesure et le genre d'utilité de ces différents exercices ; il a pour condition la solidité et Ja fixité de la poitrine, point d’appui nécessaire aux muscles des parties qui agissent; et comme cette cavité est formée de pièces mobiles qui, mises en jeu par les puissances musculaires de l'inspiration et de lexpiration, ne rencontrent aucune résistance dans le tissu pulmonaire, elle ne peut se transformer en un système immobile que par la rétention momentanée d’un grand volume d’air dans les poumons. A cet effet, une grande inspiration verse d’abord beaucoup d'air dans les poumons ; les muscles abdominaux et expirateurs se contractent pour expulser cet air; mais les muscles constricteurs de la glotte, par une contraction synergique, produisent brusquement l’occlusion de cette ouverture, de telle sorte que le thorax, pressé entre les muscles abdominaux qui le compriment extérieurement en repoussant le diaphragme en haut, et l'air inspiré qui le dilate du dedans au dehors, est tenu dans une complète immobilité et présente aux muscles de la tête, du rachis, des bras, etc., un point d'appui pour leurs contractions les plus énergiques. Les conditions de l'effort sont done la suspension momentanée de la respiration et
3h40 HYGIÈNE PRIVÉE.
la forte pression de l’air contre les parois des conduits aériens, c’està-dire l’immobilité du squelette thoracique, la force expansive des gaz contenus dans les voies aériennes étant équilibrée par la contraction des muscles expirateurs (1); ses conséquences sont la compression des gros troncs vasculaires situés dans la poitrine entre les parois thoraciques et Pair qui distend les poumons, le reflux du sang veineux dans les cavités droites du cœur, dans les veines caves, et dans tout le système veineux, etc. L’occlusion de la glotte n'est pas toujours indispensable pour la production de l'effort ; il est des cas où elle reste ouverte pour les besoins de la respiration et de la phonation, pendant que la poitrine se maintient dilatée et solide dans ses pièces osseuses par une violente contraction des muscles. Sans invoquer l'exemple si probant des individus qui ont subi la trachéotomie et qui conservent la faculté d'exécuter des efforts énergiques et prolongés, ilest aisé de constater sur soi-même, comme l’a fait Verneuil, que l’on peut maintenir sa poitrine immobile et résistante, tout en continuant de respirer et même de parler; la respiration s'exécute alors exclusivement par le diaphragme et se dénote à peine par le soulèvement rhythmique de la région épigastrique. Verneuil (2) admet trois variétés de l'effort : 4° Lefort général où thoraco-abdominal, avec contraction des quatre sphincters qui livrent passage à l'air, aux aliments, aux fèces et à l'urine (glotte, cardia, anus, col de la vessie) ; cet effort pendant lequel les expirateurs sont surtout contractés avec force ne peut durer longtemps, 1l sert à lever un fardeau pesant, etc. 2° L’effort abdominal, où expulsif; le thorax et l'abdomen sont rétrécis par la contraction des muscles expirateurs, les sphincters en partie ouverts, en partie fermés : c’est l'effort de l'accouchement. 3° L’effort thoracique, qui, sans suspendre la respiration, s'effectue par la contraction brusque et énergique des muscles dilatateurs externes du thorax, contraction soutenue jusqu'à ce qu’elle cesse par la fatigue des muscles ou par une pression de force supérieure à celle des puissances qui dilatent le thorax.
A côté des effets physiologiques de l'effort, il est utile de mentionner les quantités de travail utile que l’homme peut fournir en moyenne; l’expérience a fixé à dix heures la durée ordinaire de son labeur quotidien. Toute espèce de travail peut être représenté, quant à la dépense de force, par un poids élevé à une certaine hau-
(1) Longet, Traité de physioloaie, t. 1, 1852, p. 61. (2) Société de chirurgie, séance du 21 mai 1856 (Gazette des hôpitaux).
GESTA. — DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL, SL EL teur, et l'on nommera quantité d'action le produit du poids ou de la force qui lui fait équilibre par le chemin que parcourt le mobile. Ceci posé, nous empruntons à Laisné (1) les données suivantes, en rappelant qu'on à pris pour unité de la quantité d'action 1 kilogramme transporté à 1 mètre, et que l’on n'a tenu compte que des effets utiles :