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ul VITESSE DURÉE QUANTITÉS
Ed ar n ni .
NATURE DU TRAVAIL. ou efforts par du travail : d'action CÉDSECs) secoude. | journalier, | journalière,
4° Transport horizontal des poids.
Un homme marchant sur un plan| Kkilogr. mèt, heures. | kilogr, m.
horizontal, sans fardeau, son tra-
vail consistant à transporter son
propre poids.......... RP 65 1,90 10 3,010,000 Idem transportant des matériaux
dans un camion à deux roues,
et revenant à vide........... 100 0,50 10 1,800 ,000 Idem dans une brouette, et revenant 1°: 1; “HRPTANEATOREER ARAURS 60 0,90 10 1,080,000 Un voyageur perte- balle. Rs du 40 0,75 7 756,000 Un manœuvre chargé sur le Fr et PONCRANMA Idees ot e o 65 0,50 6 * 702,000
20 Élévalion verticale des poids.
Un homme élevant des poids en les
soulevant avec la main...... 42 20 0,17 6 73,140 Idem montant une rampe douce ou
un escalier sans charge........ 65 0,19 8 280,800 Idem élevant des poids sur le dos,
et revenant à vide........... 65 0,04 6 96,160
Idem élevant des poids avec une
corde et une poulie, et faisant
descendre la corde à vide..... , 18 0,20 6 77,760 Idem élévant des poids avec une
brouette, sur une rampe au 1/12,
et revenant à vide........... 60 0,02 10 3,200 Idem élevant des terres à la pelle à la hauteur moyenne de 1°,60... 27 0,40 10 38,880
39 Action sur les machines.
Un manœuvre agissant sur une roue à chevilles ou à tambour au niveau
de l’axe de la roue. tr 60 0,15 8 259,200 Idem agissant vers le bas à la roue, 12 0,70 8 251,120 Idem agissant sur une manivelle... 8 0,75 8 172,800
(1) Aide-mémoire de l'officier du génie, 3° édition, 1849.
L'abus de l'exercice résulte de la violence d’un ou de plusieurs efforts; on voit alors les veines du front et du cou se gonfler, la face rougir ou se couvrir d’une teinte violacée. D'abord la cireulation artérielle paraît augmentée, parce que le poumon, comprimé par l’air, envoie au cœur tout le sang rouge qu'il contient; mais pour peu que l'effort dure, le pouls devient petit et irrégulier, le poumon n’ayant plus de sang artériel à exprimer dans les cavités gauches du cœur : le premier de ces deux effets et le reflux du sang veineux expliquent l’engorgement sanguin des systèmes capillaires de tous les organes, leur coloration plus intense, et la fréquence des ecchymoses, des hémorrhagies produites par un effort violent ; on a même observé la rupture des cavités droites du cœur et des veines caves; d'autre part, la tension de l’air emprisonné dans les voiesrespiratoires donne lieu à leur emphysème par rupture ou dilatation. Le résultat le plus ordinaire des efforts excessifs est la sortie des viscères abdominaux par l’une des ouvertures naturelles de la paroi qui les protége; d’où la synonymie vulgaire de la cause et de l'effet, et la multiplicité des hernies parmi les classes ouvrières qui exécutent de rudes travaux. La mort a quelquelois interrompu un eflort extrême : due à des lésions diverses, telles que rupture des cavités gauches ou droites du cœur, d’artères, de l'estomac, de l’æœsophage, etc., elle n'avait été que hâtée, parce que ces organes étaient anévrysmatiques, amineis, ulcérés, etc.; mais il arrive aussi que la respiration restant trop longtemps suspendue, lhématose s'arrête sans retour et lasphyxie se réalise. Quant aux muscles eux-mêmes, leur contraction extraordinaire peut amener la rupture de leurs fibres ou celle de l’apophyse osseuse à laqueile ils s'attachent : le tendon d’Achille, l’olécrâne, la rotule, le diaphragme, etc., ont été rupturés de cette manière. Le plus ordinairement une sensation de fatigue et même de douleur, jointe au besoin de respirer, détermine la fin de leffort, avant que des accidents graves aient pu survenir ; cette sensation indique l'épuisement de l'influx nerveux qui provoque la contraction.
30 Une succession trop prolongée d’efforts ou de contractions ordinaires donne lieu à l’excès d'exercice. Les effets de l'exercice prolongé sont en rapport avec la force des constitutions et avec la quotité de la réparation. Les hommes robustes et bien nourris supportent beaucoup de fatigues; les athlètes consommaient une grande quantité d'aliments substantiels. Platon nous représente les athlètes plongés pendant la plus grande partie de leur vie dans le sommeil des gloutonus: avec ce régime d'aliments, de repos et
GESTA. — DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL. 343 d'exercice, ils parvenaient à un degré de vigueur qui parait presque fabuleux ; mais ces héros de la force musculaire jouissaient d’une réputation proverbiale de stupidité, l’activité cérébrale et sensitive languissait en eux. On n’en cite aucun qui ait atteint une grande vieillesse ; la plupart mouraient jeunes, au rapport de Galien, de saint Jérôme et de Mercurialis. [ls faisaient de mauvais soldats, ne pouvant supporter aucune privation sans tomber dans l’épuisement. C’est ainsi que des forts de la halle, après vingt-quatre et quarantehuit heures de fièvre et de diète, donnaient sur le dynamomètre une force de pression une fois moindre que Laennec, affaibli par quelques jours de diète absolue (Foissac).
* La limite de l'excès d'action musculaire n’a rien de stable; elle est marquée par la sensation de la fatigue, plus prompte chez les gens faibles et mai nourris que chez les personnes qui Jouissent des conditions opposées. L'exercice exagéré détermine l’exagération de tous les phénomènes fonctionnels que nous avons rapportés au n°1 de ce paragraphe. Autant une mesure modérée d'exercice favorise l’accomplissement régulier de toutes les fonctions et procure de bien-être à l’économie, autant l’excès tend à l’épuiser et brise les liens de l'harmonie physiologique. La fatigue, dit avec raison Bourdon, n'atteint pas seulement les organes qu'un travail exagéré met en jeu; elle rejaillit sur tous les organes à la fois et peut aller jusqu'à porter le trouble dans les fonctions les plus essentielles (1). Sans parler de la souffrance musculaire, des myodynies, des contractures douloureuses des fibres, de leur inflammation, de celle des séreuses articulaires, etc., rappelons que la disproportion du travail avec l'aliment et le sommeil résume peut-être, aux trois cinquièmes près, la pathogénie et la mortalité des classes inférieures. L'épuisement du système nerveux cérébro-rachidien, la débilitation des organes de relation et de viscères, telles en sont les premières conséquences. Quand cette énervation générale existe, on peut y remédier par le repos et une nourriture réconfortante ; si ces moyens font défaut, l’imminence morbide se prononce, et ses coups, désormais inévitables, sont guidés par le tempérament, les idiosyncrasies, l'hérédité, les conditions de milieu et d'habitation, etc. : tuberculisation pulmonaire ou mésentérique, diarrhée chronique, faiblesse et anémie, accidents nerveux ou fièvre typhoiïde, toutes ces affections qui peuplent les hôpitaux s’échappent du sein d'une même étiologie, ou plutôt elles ne forment qu'une seule maladie, la ma-
(4) Isidore Bourdon, Notions d'hygiène pratique. Paris, 1844, p. 80.
sul HYGIÈNE PRIVÉE.
ladie de la misère, diversifiée seulement d’après chacune des lamentables individualités où elle s'implante. Toutes ces affections préludent obscurément par un même ensemble de symptômes : malaise général, brisement, contusion dans les membres, douleurs sourdes et obtuses dans les muscles, trouble léger de la plupart des fonctions, besoin impérieux de repos, c’est là ce qu’on désigne par le mot de courbature; état vague et indécis qui tantôt se dissipe du jour au lendemain, comme lorsqu'il succède à un exercice immodéré de courte période, tantôt couvre d’un voile plus ou moins épais des lésions lentement élaborées dans la profondeur des viscères ; et alors la courbature représente en quelque sorte la somme de toutes celles que fait naître chaque jour de labeur exorbitant, mais que l’ouvrier, en présence des nécessités de la vie, fait avorter par énergique tension de sa volonté. Tout exercice trop prolongé laisse à sa suite une sensation de lassitude profonde et d’épuisement général ; dès qu’il est porté jusqu’à la sueur, le suc gastrique perd de son acidité (Beaumont), et l'effet de toute fatigue est de ralentir l’action digestive. On observe en même temps un mouvement fébrile qui tient peut-être autant à une altération commençante du sang qu’à la surexcitation de l'appareil circulatoire; car on sait que chez l’homme, comme chez les animaux, l’emploi exagéré des forces musculaires finit par amener un état typhoïde et rendre le sang incoagulable. Ainsi, épuisement des centres nerveux, prostration du système musculaire, trouble des fonctions digestives, altération du sang due probablement à l'accélération excessive et soutenue de son cours, voilà les atteintes que le travail immodéré porte à l'organisme, voilà les phénomènes fondamentaux des épizooties typhiques qui ravagent les bestiaux surmenés, et des petites épidémies de forme analogue qui sévissent parmi les agglomérations d'ouvriers mal vêtus, mal nourris et condamnés à une trop grande dépense de forces. Les marches forcées, les grandes manœuvres, les exercices militaires trop prolongés, surtout ceux que les soldats font à jeun, ont pour résultat une augmentation d’entrants aux hôpitaux militaires ; l'excitation morale les soutient pendant les combats et les expéditions; mais si les distributions de vivres ne sont abondantes et régulières, ils sèmeront la route de leurs malades après la victoire comme après la défaite. Quand l’exagération de l’action musculaire n’est pas assez intense pour provoquer une telle acuité de symptômes, quand l'exercice journalier dépasse seulement d’une certaine quantité la mesure des forces et de la réparation organique, 1l agit d’une manière sourde et chronique, mais il
GESTA. — DÉS MOUVEMENTS EN GENERAL. 545 ne conduit pas moins à un état de détérioration et d'asthénie générale qui rend l’économie plus vulnérable aux causes morbifères, plus perméable aux agents miasmatiques. De même qu’une alimentation insuffisante réalise tôt ou tard.les effets de l’inanition, ainsi l'exercice peu disproportionné, mais continu, aboutit par une dégradation lente de l’organisme à l'imminence morbide que l’exercice très violent et de moindre durée fait surgir brusquement. La réaction morale tantôt retarde et tantôt précipite la marche des prodromes, ete.; la maladie une fois réalisée, elle lui fait son masque de fièvre nerveuse, de turbulence ataxique ou de stupide adynamie. Les enfants se ressentent plus vite de l’excès d'activité musculaire ; presque tous maigrissent un peu dans les premiers temps de leur application à la gymnastique. Une jeune fille de sept ans, bien constituée, maigrissait sans cause connue et de manière à exciter ma sollicitude de médecin : à force de questions, je découvris que sa mère lui faisait faire journellement des promenades à des distances énormes pour son àge; je les défendis et l'embonpoint lui revint. L’excès d'exercice ne peut être mdéfiniment compensé par la ration alimentaire et le repos; les secousses fréquemment imprimées aux fonctions de la circulation, de la calorification, de l'innervation, etc., amènent l'usure générale du corps, quoi qu'on fasse pour la prévenir : les chevaux de poste bien nourris et bien reposés n'arrivent pas moins à un état d'émaciation proverbiale; nous avons dit que les anciens athlètes mouraient jeunes, malgré l’ordonnance généreuse de leur régime.
h° Le repos est un élément de la périodicité qui régit les actes de la vie de relation ; 1l a pour conditions organiques le relàchement des fibres musculaires et la demi-flexion des membres, pour attitudes la station assise et le décubitus plus où moins horizontal : les sauvages, qui n’ont point de siéges, se reposent dans l'attitude accroupie, c'est-à-dire sur leurs talons. Le repos permet aux centres nerveux de réparer la dépense qu'ils font pour la stimulation initiale du mouvement, aux muscles de refaire leur contractilité affaiblie par des alternations trop répétées de raccourcissement et de relàchement, aux organes de la respiration d’apaiser le rhythme fébrile que leur communiquent les secousses de l'exercice et les décharges de l’innervation dans le système musculaire. La sensation de la fatigue est le signal que donne la nature pour le repos; le sentiment de la réfection en indique la mesure : ces deux limites sont mobiles comme les conditions d'organisation individuelle, variables comme le régime, l'habitude, etc. Tel sybarite de cabinet
sue à grosses gouttes à la première course qu'on lui fait faire, et succombe à mi-chemin: huit jours d'exercice doublent ses forces et son haleine. Nous avons déjà rappelé que dans la construction du chemin de fer de Paris à Rouen, les ouvriers anglais ayant déployé beaucoup plus d'énergie au travail que les ouvriers français, on mit ceux-ci au régime substantiel des premiers, et qu’ils accomplirent alors la même tâche. La durée et le nombre des repos nécessaires sont subordonnés à toutes les conditions de l’individualité, ainsi qu’à celles de la saison, des jieux, du climat, etc., et au genre spécial de l'exercice. L’insuffisance du repos détermine les phénomènes de la courbature, et si elle est habituelle, elle entraîne les mêmes conséquences que la privation absolue de repos. De même l'exercice insuffisant détermine avec une gradation plus lente, mais aussi sûrement, les mêmes effets que le défaut absolu d’exercice. Les parties inexercées ou non assez exercées reçoivent moins d’influx nerveux, moins de fluides sanguins ; leur nutrition se ralentit, leurs sécrétions cutanées et articulaires diminuent ; la chaleur est moindre dans les membres paralysés, même alors que la circulation n'y est point affaiblie (1), et ces inembres maigrissent ordinairemeñt; en outre, la matière glycogène qui dans les conditions ordinaires d'exercice est transformée, presque aussitôt qu'elle apparaît, par la nutrition des éléments musculaires, s’accumule dans les muscles frappés d'inertie par la section des nerfs moteurs {2) : or, la paralysie est l'expression exagérée des phénomènes que le repos prolongé développe à un moindre degré; l’engourdissement, le raccourcissement des fibres, quelquefois leur rétraction en sont les suites ; la fonction des parties devient de plus en plus génée et souvent demeure abolie. L'économie tout entière se modifie sous l'influence de l’inertie prolongée. Les fonctions plastiques se ralentissent ; l’appétit diminue, la digestion est moins prompte, moins facile, et s'accompagne fréquemment d’une production de gaz dans les intestins; le pouls est moins développé, moins fréquent ; le sang est lancé avec moins de force et d’abondance dans les parties périphériques, dont la coloration diminue ; l'air expulsé de la poitrine est moins dépouillé d'oxygène et moins chargé d'acide carbonique ; les sécrétions, notamment celles de la peau, languissent. L'oisiveté engraisse, mais ne favorise pas la nutrition proprement dite. On sait qu’un des moyens employés en, Alsace pour engraisser les
(1) Burdach, Traité de physiologie. Paris, 1841, t, IX, p. 647. (2) Longet, Physiologie, t. 1, 2° édit., p. 1044.
aies, est de les rendre presque immobiles dans des cages à compartiments; dans cette condition, gorgées de maïs, elles accumulent dans leurs tissus une quantité de graisse qui, suivant la remarque de Persoz, dépasse souvent de moitié celle que l'analyse chimique constate dans la nourriture consommée ; en même temps leur sang se charge de principes gras, et son albumine disparaît en partie ou se transforme. Les sens perdent de leur énergie, de leur précision et de leur süreté, parce que l'exercice nous transporte dans l’espace où ils reçoivent des impressions plus variées et plus nombreuses ; les facultés intellectuelles se concentrent dans le silence des organes, mais elles ne se perfectionnent que dans l’ordre des idées abstraites et méditatives. Quant à la génération, la puberté est précoce chez les oisifs et dans les professions sédentaires, tandis que l'exercice appelle sur le système musculaire la force et les matériaux nutritifs que les organes génitaux détourneraient promptement à leur profit. La salutaire fatigue d’une gymnastique opportune fait taire jusqu'aux désirs : les anciens avaient personnifié dans la même déesse la chasse et la chasteté ; l’innocence prolongée des adolescents de la campagne tient simplement aux occupations plus rudes qui leur sont imposées,
Deux classes de nos populations semblent perpétuer le parallèle des résultats de l'exercice et de l’inaction musculaire : l’une, vouée à l'oisiveté, à l’mertie corporelle des salons et des boutiques, aux professions sédentaires, présente en majorité les types organiques qui se résument dans le lymphatisme et la prédominance nerveuse; l’autre, livrée aux travaux des champs et aux métiers qui exigent un déploiement plus ou moins considérable des forces musculaires, paye un moindre tribut aux névroses et à la phthisie pulmonaire. Cette dernière affection suit une progression décroissante de fréquence parmi les professions, suivant qu’elles nécessitent des mouvements assez prononcés ou des mouvements presque continuels qui mettent en jeu toutes les parties du corps (Lombard, de Genève) ; mais ces résultats dépendent de causes multiples, telles que les privations de toute espèce, le séjour dans un air confiné, etc., et l'on n'en peut conclure rigoureusement que l'exercice musculaire soit le correctif de la phthisie, quoiqu'il concoure avec d’autres influences à en diminuer la fréquence, à en arrêter les progrès. Nous appliquons la même réserve à l’assertion d’un hygiéniste qui considère la scrofule et le tubercule comme les fléaux des populations casanières, et qui rattache l'extension de la constitution strumeuse à l’époque où les villes se sont multipliées davantage, où les habi-
tations ont pris leur caractère actuel d’étroitesse et de spécialité, où Ja renaissance des arts et la culture des sciences et des lettres ont créé plus d’habitudes sédentaires.
S 2. — res mouvements en particulier.