‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 3)Chapitre 47 sur 155 · GESTA.— ÉQUITATION · texte numérisé non relu

GESTA.— ÉQUITATION

les mouvements du navire ; suivre par la flexion des jambes toutes les oscillations, de façon à laisser toujours le tronc dans la verticale. Quand le navire plonge, marcher comme si l'on descendait une côte ; quand il s'élève, marcher comme si on la montait; si l’on descend dans l’entrepont, regarder un objet suspendu; ne Jamais perdre de vue ce principe qu'il faut se rendre compte du mouvement pour ne pas en être troublé. » Ce travail plus encore intellectuel que physique n'étant pas à la portée de tous, JF. Aronssohn conseille, pour donner le pied marin à ceux qui s’embarquent, de les exercer à marcher, à accomplir tous les actes de la vie sur un plancher oscillant au moyen d’un mécanisme. Cette gymnastique préparatoire supprimera peut-être bien des souffrances en mer, et nous souhaitons qu'elle soit expérimentée par les régiments destinés à naviguer, par les élèves des écoles navales, etc.

Se soustraire à la vue du navire oscillant et mobile, ce n’est point éviter le mal nautique, car, du temps de la traite, 1l atteignait les malheureux entassés dans la cale des bâtiments négriers. Dès les premiers prodromes du mal, il faut se placer au voisinage du grand mât, ou les mouvements se font sentir avec moins d'intensité qu'aux extrémités du navire, et prendre des aliments en dépit de la répugnance qu'ils inspirent : le peu de chyle qu'ils fournissent dans l'intervalle des vomissements soutient l'organisme; le reste offre prise aux contractions convulsives de l'estomac, le vomissement étant beaucoup plus douloureux dans l’état de vacuité que pendant la réplétion de ce viscère. Les sucs acidules apaisent un peu les crampes de l’estomac et modèrent la sensation de la soif qu'on ne peut souvent satisfaire pendant une longue traversée. On peut se dispenser en quelque sorte de l’acclimatement nautique en restant couché dans un cadre suspendu, sans frottement sensible aux points d'attache, et, dès les premières atteintes du mal, le moyen le plus efficace pour ceux qui n’ont point le courage de lutter énergiquement contre la tendance à l’inertie, c’est la position horizontale avec la tête un peu basse dans un cadre bien suspendu. Quant aux spécifiques dont les inventions industrielles se succèdent, iln’en existe qu’un seul contre le mal de mer, c’est de mettre pied à terre. Le collapsus, les angoisses qu'il occasionne, cessent comme par enchantement dès que l’on a touché le sol : on dirait une révivification,

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