‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 3)Chapitre 48 sur 155 · IV. — MOUVEMENTS COMMUNIQUÉS ET VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

IV. — MOUVEMENTS COMMUNIQUÉS ET VOLONTAIRES

4° Équitation. — On à dit que l’homme reçoit, comme un corps privé de vie, la somme de mouvement que le cheval lui commu-

nique à chaque déplacement ; il n’en est rien, et l’art du cavalier consiste précisément à rompre les colonnes de mouvement transmis par le cheval, à neutraliser par les attitudes les effets du choc, à se lier au cheval de manière à suivre les contractions et les ondulations de son corps, sans en recevoir trop d’ébranlement par réflexion et conflit. Il faut considérer dans l'équitation deux ordres de mouvements, ceux que le cheval exécute, et ceux que fait le cavalier pour se maintenir en équilibre sur une base mobile et pour gouverner sa monture ; les premiers dépendent de la nature du cheval, de ses allures et de la qualité du sol. Chaque race équine a ses propriétés, déterminées par la conformation : les chevaux limousins, haut jambés et Jointés, ont des allures très douces; il en est de même des chevaux arabes, andalous, portugais, tandis que les chevaux anglais, normands, mecklembourgeois, hanovriens, etc., impriment à ceux qui les montent des secousses très fortes. Quant aux allures du cheval, trois lui sont naturelles, le pas, le trot et le galop ordinaire. Dans le pas, les jambes du cheval se meuvent alternativement et en diagonale, et elles se posent de même, c’est-à-dire qu'à la droite de devant, qui se lève la première, succède la gauche postérieure, à celle-ci la gauche de devant, et enfin la dernière ou droite postérieure : cette marche, où le centre de gravité n’est point dérangé, est la plus douce et peut être accélérée à volonté. Dans le trot, les extrémités se meuvent aussi en diagonale, mais leur lever et leur poser sont simultanés ; il n'en résulte qu'une seule battue quand le trot est franc; cette allure occasionne des succussions, des sautillements continuels, et ne convient point aux malades ni aux valétudinaires. En Angleterre, où les chevaux ont le trot très dur, on a adopté une méthode dite à l'anglaise, et qui consiste à briser chaque heurt du cheval par un mouvement alternatif de flexion et de redressement du tronc. Le galop ordinaire est produit par l’enlevé de l'avant sur l’arrière-main, suivi ou accompagné du transport en avant de toute la masse, au moyen de l'ouverture des angles articulaires des extrémités postérieures précédemment fléchies et plus ou moins engagées sous le corps : c'est l'allure naturelle la plus élevée, la plus rapide, la plus propre à gêner la respiration. Les allures que le caprice ou la mode impose aux chevaux sont le petit galop, dit allure des dames; le galop de course ou ventre à terre, allure dangereuse et fatigante pour le cheval et pour l'homme; et l’amble, allure très allongée et très peu détachée de terre dans laquelle l’animal s’élance d’un bipède latéral sur l’autre, de manière à n’imprimer au cayalier

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