INGESTA. — VASES ET USTENSILES
est dissous par le sang chaud (Vauquelin). Les robinets de cuivre doiv^-ntètre remplacés par des robinets de bois ou de verre; ds sont prescrits en bois pour les barils à vinaigre: les liquoiistes peuvent y substituer des robinets élaoïés à l'étain fin, ou remplis d'un cvlindre d'étain lin dans lequel est foré le conduit d'écoulement" Les bassins de cuivre dans lesquels on prépare ^ les cornichons ne pourraient être remplacés que par des vases d'argent ou de porcelaine, d'une acquisition fort dispendieuse (le vinaigre attaquant les autres métaux). Que l'on se rappelle donc que tous les cornichons d'un beau vert renferment de l'acétate ou du tartrate double de cuivre et de potasse, tandis que ceux faits à froid dans du vinaigre non bouilli, ont à la fois pour eux l'innocuité et la qualité. Les estagnons ou vases de cuivre jaune de forme sphéroïdale aplatie qui servent au transport des eaux de fleurs d'orangers, doivent être parfaitement étamés à l'étain fin et sans aucun alliage, et marqués d'une estampille indi' quant le nom et la demeure du fabricant, l'année et le mois de rétamage, et garantissant celui-ci à l'état fin exclusivement (Ordonnance citée). L'étamage remédie aux inconvénients du cuivre ; mais quand les vases sont d'un usage habituel, il importe de le renouveler au moins une fois par mois, l'écurage, le frottement et les acides mettant çà et là le cuivre à nu. L'étamage est souvent mal l'ait et présente un grand nombre d'interstices où le poison peut se produire. Exécuté à l'étain fin, l'étamage est blanc, brillant, d'un aspect gras; à 75 pour 100 d'étain pour 25 de plomb, il a moins de blancheur ; à 50 p. 100 d'étain et de plomb, il est bleuâtre. Un bon étamage répartit l'étain d'une manière égale et sans trop d'épaisseur sur toute la surface à étamer ; il ne dépense que 5 décigrammes de ce métal par mètre carré; d'où il résulte que l'obligation d'un étamage aussi pur et fin que possible n'est guère plus dispendieuse que celui qui se fait avec un alliage d'étain et de plomb. La prudence exige qu'on ne laisse jamais les aliments se refroidir ou séjourner dans les vases de cuivre étamés ou non.
7° La fonte émaillée est très usitée en Allemagne pour la fabrication des vases, et elle s'est aussi répandue en France sur une grande échelle : l'inégale dilatabiliié de la fonte et de son enduit vitreux entraîne des inconvénients dans la pratique domestique, et, en raison même de son épaisseur, la couche d'émail ne tarde point à se fendiller. On vient de substituer heureusement aux pesants vases de fonte des vases de tôle étamée, faciles à nettoyer,
propres à tous les usages, inaltérables au contact de la plupart des agents cliinfii(jues. La tôle est revêtue d'un verre ayant pour base un silicate de plomb où l'on fait enlnu- une petite quantité d'acide borique; susceptible d'adliéri'r complètement, en couches très minces, aux parois du métal, cet enduit se comporte au feu comme la tôle, et ne se fendille point, comme l'épais émail des vases de fonte. Toutefois, l'enduit vitreux de la tôle est friable; il éclate, comme le verre ou la porcelaine, lorsque, étant chaud, il est mis en contact avec un liquide froid; comme le cristal, il se ramollit au rouge. Si l'un observe les ménagements qu'exigent ces conditions, le fer vitrifié répond à tous les usages de l'hygiène publique et privée ; la facilité de réparer les défauts ou accidents de la vitrification par l'action du four ou du chalumeau augmente encore l'économie de son emploi que l'on étendra avantageusement aux urinoirs et baquets, aux ustensiles de vidange, aux réservou-s et conduits d'eau, aux caisses à eau des navires, etc. (1).
8° Le verre à bouteilles se compose de silice, de chaux, de potasse et de soude; moins il contient de potasse, moins il est fusible. Trop alcalin ou trop calcaire, le verre est attaqué par la crème de tartre, l'acide tartrique des vins; il se forme des tartrates de chaux, de potasse, d'alumine, qui précipitent la matière colorante des vins et donnent lieu à la production d'une laque (2), une sorte de verre dit hépatique dégage sous l'influence des acides de l'hydrogène sulfuré qui infecte le vin dans les bouteilles. Les verres hépatiques sont fabriqués avec la soude brute, avec la soude de varech, fournissent des sulfures alcalins et terreux qui se dissolvent dans le verre et lui donnent de la couleur, en même temps que d'autres matières impures employées à leur confection : telles sont les cendres de foyer, les cendres de lessive ou charrée, le sable et l'argile jaunes, le calcin ou fragments de bouteilles. Les bouteilles fabriquées à la houille peuvent donner un mauvais goût à leur contenu ; on les reconnaît à des taches noires et grasses, traces de carbone très divisé et imprégné de goudron de houille ; on les assainit en les plongeant pendant trois à quatre jours dans une eau alcalisée par la potasse ou par la soude (200 grammes d'alcali pour 100 litres d'eau); on les rince ensuite à l'eau claire. M. Chevallier
(1) Voyez De l'emploi du fer émaillé, etc., par M. H. Gaultier de Claubry {Annales d'hygiène publique, Paris, 1850, t. XLIII, p. 71).
(2) Chevallier, Dictiomiaire des alléralions et falsifications des substances alimentaires, 2' édition.
EXCRETA. — DES EXCRÉTIONS. 1^7
insiste avec raison sur la nécessité d'avoir des bouteilles d'une capacité déterminée et d'imprimer lisiblement leur contenance en centilitres dans un cachet sur la pâte de verre encore cliaude et molle: il rappelle une déclaration émanée de l'autorité royale en date du 8 mars 1735 qui fixe la contenance des bouteilles et met tiii frein aux tentatives des fraudeurs, déclaration malheureusement tombée en désuétude.