XI. — Arsenic
Suivant Kirker, les ouvriers des mines d'arsenic, pour se préserver des étoufiements et des autres maladies auxquelles ils sont sujets, se couvrent le visage de masques de verre qui sont plus propres et plus sûrs que les masques ordinaires. Les vapeurs arsenicales exercent certainement une action fâcheuse sur la sanlé des hommes qui se livrent au grillage de minerais de cuivre, de cobalt, etc. ; mais on manque de docutnents précis pour l'apprécier. Récemment M. Blandet a appelé l'attention sur l'empoisonnement produit par le vert de Schweinfurt, ou vert arsenical, chez les ouvriers en papiers peints. On prépare ce vert avec parties égales d'acétate de cuivre et d'acide arsénieux dissous dans l'eau que l'on fait bouillir. La fabrication du vert sec et son tamisage sont deux opérations très dangereuses; la fabrication du vert hydraté expose moins, si ce n'est les personnes à engelures, à crevasses ou plaies non cicatrisées sur les mains ; l'impression des fonds verts n'est pas exempte de danger pour les ouvriers dits fonceurs ; mais l'opération la plus nuisible est le satinage, qui consiste à polir les imprimés avec la brosse qui en détache une poussière arsetiicale. Les effets des émanations et des poussières d'arsenic se bornent à la surface du corps, ou dus à l'absoption, ne sont autres que ceux de l'empoisonnement par l'arsenic. Coryza initial, sputation continue, gonflement œdémateux de la base du nez, des joues et des lèvres, éruption papulo-vésiculeuse sur les parties mises en contact avec la poussière toxique, parfois l'engorgement des bourses avec douleur, éruption ou fourmillen.ent, tels sont à un premier degré les symptômes de ce que M. Blandet appelle l'empoisonnement professionnel des ouvriei's en question. Que si l'action du poison ne s'arrête pas aux téguments, les symptômes deviennent intérieurs et plus généraux : les coliques se déclarent et l'on assiste à la scène mitigée de l'empoisonnement arsenical. Les accidents durent deux semaines environ et n'ont entraîné la mort d'aucun malade. Un fabricant, iVL Hébert, est sur le point de substituer, à l'action de la brosse et de la main, le satinage mécanique à l'aide d'un pierre lisse: ce sera une grande amélioration pour les ouvriers en papiers peints. Ils se traitent par le lait. Les lésions externes ne comportent aucun traitement spécial, et quand l'intoxication est réalisée, c'est au peroxyde
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de ter qu'il faut recourir (90 grammes dans 500 grammes d'eau). D'après A. Chevallier, on a exayéré les accidents causés par le vert deScliweint'url; il faudrait exiger toutefois, de la part des ouvriers satineurs, l'usage d'un masque à éponge ou d'un mouchoir mouillé pour empêcher la pénétration du composé arsenical dans les voies aériennes, et le lavage des mains et des avant-bras au sortir de l'atelier et avant leurs repas; les ouvriers devraient alterner, de manière à n'être point employés au satinage plus d'une journée pour un temps déterminé; l'adoption de la machine à satiner, inventée par M. Ebert, devrait couronner ces mesures (1). Un autre fabricant,M. Zuberfils,a eu l'idée de remplacer le vert deSchweinfurt par le vert de chrôme. Un de mes collègues du conseil de salubrité qui a suivi le travail du fer aux forges d'alais (Gard) a vu, dans ces usines où l'on traite du minéral de fer arsenical, les ouvriers fréquemment atteints de tumeurs de mauvaise nature qui ne sont pas sans quelque analogie avec les accidents observés chez les fabricants d'allumettes chimiqnes (2). M. Armieux a signalé chez les mégissiers deux lésions douloureuses qui se produisent aux doigts (voy. plus haut, p. 869): auraient-elles quelque rapport avec l'emploi presque général du sulfure d'arsenic pour la préparation et le dépilage des peaux, dans la proportion de 1 pour dix de chaux? Ce mélange, usité chez tous les mégissiers de Paris, hâte le travail et retarde l'altération des peaux en été; il peut être utilement remplacé pour l'épilage des peaux par le carbonate de soude ou le sulfure de sodium qui n'ont pas les mêmes inconvénients.