‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 159 sur 163 · GESTA. — INFLUENCE DES PROFESSIONS SDR LA VIE · texte numérisé non relu

GESTA. — INFLUENCE DES PROFESSIONS SDR LA VIE

professions, si l'on en excepte quelques-uns tels que le mercure, la céruse, la poussière siliceuse, n'interviennent point en première ligne dans la mortalité des ouvriers ; aucune d'elles n'est absolument insalubre, ou du moins leur degré d'insalubrité ne l'emporte pas sur d'autres influences dont il est possible d'assurer le bienfait aux ouvriers. Déjà la sornmedes assainissements effectués est grande; l'introduction des machines a supprimé les plus rudes labeurs; les ateliers, les manufactures s'améliorent; mais c'est du patronage bienveillant et éclairé des chefs que dépend la régénération sociale des classes ouvrières : « C'est par lui surtout qu'il serait possible et de procurer aux classes laborieuses la somme des biens qui dedrait leur revenir ici-bas, et d'assurer aux maîtres tous leurs avantages, de calmer le malaise qui travaille la société, de la préserver des désordres, des malheurs qui peut-être la menacent (1). »

Au-dessus de tous les détails d'assainissement d'industries et de fabriques, au-dessus des applications spéciales suivant les métiers, il se présente donc une question qui est la même pour tous les groupes de la population ouvrière, la question de l'aisance et de la misère; c'est là l'élément prépondérant de leur statistique vitale : l'aisance est le correctif des attitudes vicieuses, des travaux excessifs, des poussières et des émanations qui souillent l'atmosphère des usines et manufactures, etc. Aisance et vitalité sont donc des expressions en quelque sorte synonymes (2).

Mais quelle est la mesure de l'aisance qui produit ces eff'ets salutaires? La détermination de celte valeur hygiénique importe à la société tout entière : « Une grande abondance de biens, dit Quetelet (3), n'est souvent qu'un moyen facile pour satisfaire ses passions et se livrer à des excès de tout genre. » D'après Marc d'Espine {loc. cit.), le superflu et le luxe n'ajoutent rien aux chances biotiques; leur influence sur la durée de la vie est nulle, ou tout au moins elle n'est pas plus efficace que l'aisance. L'état le plus favorable pour une population est celui qui assurent la satisfaction de ses besoins réels, sans l'entraîner hors des limites de la tempérance,

(1) Villermé, Tableau de Vétat physique et moral des ouvriers, 1840, t. II, p 373. — Nous renvoyons aux pages prophétiques où l'illustre statisticien formule les résultats de son observation et des conseils aux maîtres et aux ouvriers.

(2) Bibliothèque universelle, 1845.

(3) Op. cil., t. II, p. 211.

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et c'est en général ce qui se rencontre plulôtdans les pays agricoles que dans les cantons industriels. Néanmoins ciiux-ci peuvent y atteindre par une meilleure organisation de l'industrie, par la stabilité des salaires, par la limitation du travail quotidien, et surtout par l'économie, la prévoyance, la régularité de la vie dans l'atelier et sous le toit domestique. En d'autres termes, la moralité est aussi un élément de longévité.

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