‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 41 sur 163 · VITESSE · texte numérisé non relu

VITESSE

secoDue, —

DURÉE J 11 travail ouruuiici •

QUANTITÉS d'actions

|uui iiMiicrcA

1» Transport horizontal des poids.

Un homme marchant sur un plan

kil.

met.

heur.

kii. m.

horizontal, sans fardeau, son tra-

vail consistant à transporter son

Idem transportant des matériaux

dans un camion à deux roues,

Idem dans une brouette, et reve-

iO

Un manœuvre chargé sur le dos, et

en

2° Élévation verticale des poids.

Un homme élevant des poids en les

Idem montant une rampe douce ou

un escalier sans charge

Idem élevant des poids sur le dos.

Idem élevant des poids avec une

corde et une poulie, et faisant

Idem élevant des poids avec une

brouette, sur une rampe au 1 /12,

Idem élevant des terres à la pelle à

la hauteur moyenne de l'",60. .

.V Action sur les machines.

Un manœuvre agissant sur une roue

à cheville ou à tambour au ni-

Idem agissant vers le bas de la roue.

Idem agissant sur une manivelle. .

(1) Aide-mémoire de l'officier du génie, 3* édition, 1849.

Lubu8 de l'exLTdcft résulte de la vioien. H d'un ou de plusi.^urs eflorls;ou voit alors les voîines du IVonl et du cou se go.dl.T U faoe rougir ou se couvrir d'une teinte violacée; dahord la circulation artérielle paraît augmentée, parce que le poumon coinpiimé par l'air envoie au cœur tout le sang rouge qu'il contient; mais pour peu que leflort dure, le pouls devient pinil et irrégulier !« poumon n'ayant plus de sang artériel a exprimer dans les cav'ités gauches du cœur; le premier de ces deux eiïets et le redux du sang veineux expliquent l'engorgement sanguin des systèmes capillaire* (Jetons les organes, leur coloration plus intense, et la fréquence (|es ecchymoses, des hémorrhagies produites par un effort violent; qn a même observé la rupture des cavités droites du cœur et des veines caves; d'autre part, la tension de l'air emprisonné dans les voies respiratoires donne lieu à leur emphysème par rupture ou dilatation. Le résultat le plus ordinaire des efforts excessifs est la sortie des viscères abdominaux par l'une des ouvertures naturelles de la paroi qui les protège; d'où la synonymie vulgaire de la cause et de l'effet, et la multiplicité des hernies parmi les classes ouvrières qui exécutent de rudes travaux. La mort a quelquefois interrompu un effort extrême; due à des lésions diverses, telles que rupture des cavités gauches ou droites du cœur, d'artères, de l'estomac, de l'œsophage, elc, elle n'avait été que hâtée, parce que ces organes étaient anévrysmatiques, amincis, ulcérés, etc. ; mais il arrive aussi que la respiration restant trop longtemps suspendue, l'hématose s'arrête sans retour et l'asphyxie se réalise. Quant aux muscles eux-mêmes, leur contraction extraordinaire peut amener la rupture de leurs fibres ou celle de l'apophyse osseuse à laquelle ils s'attachent : le tendon d'Achille, l'olécrane, la rotule, le diaphragme, etc., ont été rupturés de cette manière. Le plus ordinairement une sensation de faiigde et même de douleur, jointe au besoin de respirer, détermine la fin de l'effort, avant que des accidents graves aient pu suivenir; celle sensation indique l'épuisement de l'influx nerveux qui provoque la contraction.

Une succession trop prolongée d'efforts ou de contractions ordinaires donne lieu à l'excès d'exercice. Les effets de l'exercice prolongé sont en rapport avec la force des constitutions et avec la quotité de la réparation. Les hommes robustes et bien nourris supportent beaucoup de fatigues ; les athlètes consommaient une grande quantité d'aliments substantiels. Platon nous représente les athlètes plongé-s pendant la plus grande partie de leur vie dans le

yggT^ DES IMOL'VEMENiï» EN GENEKAL. Vl^

sommeil des gloutons : avec ce régime d'aliments, de repos et dVxercice, ils parvenaient à un degré de vigueur (pii parait presque fabuleux; mais ces liéros de la force musculaire jouissaient d'une réputation provei biale de stupidité; l'activité cérébrale et sensitive languissait en eux. On n'en cite aucun qui ait atteint utie grande vieillesse; la plupart mouraient jeunes, au rapport de Galiet», de saint Jérôme et de Mercurialis. Ils faisaient de mauvais soldais, ne pouvant supporter aucune privation sans tomber dans l'épuiseînent. C'est ainsi (|ue des forts de la balle, après vingt-quatre et quarantehuit l)eures de fièvre et de diète, dont)aient sur le dynamomètre une force de pnîssion une fois moindre que Laénnec, affaibli par quebiues jours de dièie absolue (Foissac).

La limite de l'excès d'action musculaire n'a rien de stable; elle est marquée par la sensation de la fatigue, plus prompte chez les gens faibles et mal nourris que chez les personnes qui jouissent des conditions opposées. L'exercice exagéré détermine l'exagération de tous les phénomènes fonctionnels que nous avons rappoités au u° 1 de ce paragi'aplie. Autant une mesure modérée d'exercice favoiise l accomplissement régulier de toutes les fonctions et procure de bit-ri-être a l'économie, autant l'excès tend a l'épuiser et brise les liens de l'iiarmotiie physiologi(|ue. La fatigue, dit avec raison M. Bourdon, n'aiteint pas seulement les organes qu un travail exagéré met en jeu; elle rejaillit sur I tous les organes à la fois et peut aller jusqu'à porter le troublé I dans les fondions tes plus essentielles (1). Sans parler de la souffrance musculaire, des niyodynies, des contractures douloureuses des libres, de leur inllammalion, de celle des séreuses articulaires, etc. , rappelons que la disproportion du travail avec l'aliment et lesonimeil résume peut-être, aux trois cinquièmes près, la patliogénie et la mortalité des classes inférieures. L'épuisement du système nerveux cérébro-racbidien, la débilitation des organes de relation et de viscères, telles en sont les premières conséqoences. Quand celte énervation générale existe, on peut y remédier par le , repos et une nourriture réconfortante; si ces moyens font défaut, 1 l'imminence morbide se prononce, et ses coups, désormais inévitables, sont guidés par le tempérament, les idiosyncrasies, l'hé rédilé, les conditions de milieu et d'habitation, etc. : tuberculii sation pulmonaire ou mésentérique diarrhée chronique, faiblesse

(1} l.<iiciore Bourdon, ^'oLior^s d'hygihie pratique. Pari^, t8i4, p. 80.

HYGIÈNE PRIVÉE

et anémie, accidents nerveux uu lièvre typhoïde, toutes ces affections qui peuplent les hôpitaux s'échappent du sein d'une même étiologie, ou plutôt elles ne forment qu'une seule maladie, la mahidie de la misère, diversifiée seulement d'après chacune des lamentables individualités où elle s'implante. Toutes ces affections préludent obscurément par un même ensemble de symptômes : malaise général, brisement, contusion dans les membres, douleurs sourdes et obtuses dans les muscles, trouble léger de la plupart des fonctions, besoin impérieux de repos, c'est là ce qu'on désigne par le mot de courbature; état vague et indécis qui tantôt se dissipe du jour au lendemain, comme lorsqu'il succède à un exercice immodéré de courte période, tantôt couvre d'un voile plus ou moins épais des lésions lentement élaborées dans la profondeur des viscères; et alors la courbature représente en quelque sorte la somme de toutes celles que fait naître chaque jour de labeur exorbitant, mais que l'ouvrier, en présence des nécessités de la vie, fait avorter par l'énergique tension de sa volonté. Tout exercice trop prolongé laisse à sa suite une sensation de lassitude profonde et d'épuisement général ; dès qu'il est porté jusqu'à la sueur, le suc gastrique perd de son acidité (Beaumont), et l'effet de toute fatigue est de ralentir l'action digestive. On observe en même temps un mouvement fébrile qui tient peut-être autant à une altération commençante du sang qu'à la surexcitation de l'appareil circulatoire; car on sait que chez l'homme, comme chez les animaux, l'emploi exagéré des forces musculaires finit par amener un état typhoïde et rendre le sang incoagulable. Ainsi, épuisement des centres nerveux, prostration du système musculaire, trouble des fonctions digestives, altération du sang due probablement à l'accélération excessive et soutenue de son cours, voilà les atteintes que le travail immodéré porte à Torganisme, voilà les phénomènes fondamentaux des épizooties typhiques qui ravagent les bestiaux surmenés, et des petites épidémies de forme analogue qui sévissent parmi les agglomérations d'ouvriers mal vêtus, mal nourris et condamnés à une trop grande dépense de forces. Les marches forcées, les grandes manœuvres, les exercices miiitaires trop prolongés, surtout ceux que les soldats font à jeun, ont pour résultat une augmentation d'entrants aux hôpitaux militaires; l'excitation morale les soutient pendant les combats et les expéditions; mais si les distributions de vivres ne sont abondantes et régulières, ils sèmeront la route de leurs malades après la victoire comme après la défaite. Quand l'exagération de

GESTA. — DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL. 32o

l'action musculaire n'est pas assez intense pour provoquer une telle acuité de symptômes, quand l'exercice journalier dépasse seulement d'une certaine quantité la mesure des forces et de la réparation organique, il agit d'une manière sourde et chronique, mais il ne conduit pas moins à un état de détérioration et d'asthénie générale qui rend l'économie plus vulnérable aux causes morbiferes, plus perméable aux agents miasmatiques. De même qu'une alimentation insuffisante réalise tôt ou tard les effets de l'inanition, ainsi l'exercice peu disproportionné, mais continu, aboutit par une dégradation lente de l'organisme à l'imminence morbide que l'exercice très violent et de moindre durée fait surgir brusquement. La réaction morale tantôt retarde et tantôt précipite la marche des prodromes, etc. ; la maladie une fois réalisée, elle lui fait son masque de fièvre nerveuse, de turbulence ataxique oude stupide adynamie. Les enfants se ressentent plus vite de l'excès d'activité musculaire; presque tous maigrissent un peu dans les premiers temps de leur application à la gymnastique. Une jeune fille de sept ans, bien constituée, maigrissait sans cause connue et de manière à exciter ma sollicitude de médecin ; à force de questions je découvris que sa mère lui faisait faire journellement des promenades à des distances énormes pour son âge; je les défendis et l'embonpoint lui revint. L'excès d'exercice ne peut être indéfiniment compensé par la ration alimentaire et le repos ; les secousses fréquemment imprimées aux fonctions de la circulation, de la calorification, de l'innervation, etc., amènent l'usure générale du corps, quoi qu'on fasse pour la prévenir; les chevaux de poste bien nourris et bien reposés n'arrivent pas moins à un état d'émaciation proverbiale; nous avons dit que les anciens athlètes mouraient jeunes, malgré l'ordonnance généreuse de leur régime. ; 3° Le repos est un élément de la périodicité qui régit les actes ■ de la vie de relation ; il a pour conditions organiques le relâche- • ment des fibres musculaires et la demi-tlexion des membres, pour attitudes la station assise et le décubitus plus ou moins horizontal ; les sauvages, qui n'ont point de sièges, se reposent dans l'attitude accroupie, c'est-à-dire sur leurs talons. Le repos permet aux centres nerveux de réparer la dépense qu'ils font pour la stimulation initiale du mouvement, aux muscles de refaire leur contractilité affaiblie par des alternations trop répétées de raccourcissement et de relâchement, aux organes de la respiration d'apaiser le rhythme fébrile que leur communiquent les secousses de l'exercice et les dé-

HYGIENE HlUVÉK.

charges de riniiervation dans h; sysième musculaire, La s/însatiori de la lali{,'ue est le signal (jue doime la nature pour le repos; le seiiliinenl de la n'îlcction en indique la mesure : ces deux limites sont mobiles comme les ccjnililions (rorgani>alion individuelle, variables comme le régime, l'Iiabiiude, etc. Tel sybarite de citbinet sue à grosses gouttes à la première course qu'on lui lait faire, et succombe à mi-chemin: huit joiTs d'exercice doublent ses forces et son haleine. Nous avons déjà rappelé que dans la construction du chemin du 1er de Paris à Uouen , les ouvriers anglais ayni-t déployé beaucoup plus d'énergie au travail que les ouvriers français, on mitceux-ci au régime substantiel (h s premiers, et quMIs atcotnplirent alors la n)ême tâche. La durée et le nond)rH des repos nécessaires sont subordonnés à toutes les conditions fie l'individualité, ainsi qu'à celles de la saison, des lieux, du climat, etc., et au genre spécial de l'exercice. L'insuffisance du repos détermine les phénomènes de la courbature, et si elle est habiiuelle, elle entraîne les mêmes conséquences que la privation absolue de repos. De même l'exercice insuffisant du repos détermine avec une gradation plus lente, mais aussi sûrement, les mêmes effets que le défiiut absolu d'exercice. Les parties inextîrcées ou non assez exercées reçoivent moins d'influx nerveux, moins de fluides sanguins; leur nutrition se ralentit, leurs sécrétions cutanées et arliculaires diminuent; la chaleur est moindre dans les membres paralysés, même aluisque la circulation n'y est point affaiblie (1) et ces membres maigrissent ordinairement: or, la paralysie est l'expression exagérée des phénomènes que le repos prolongé développe à un moiiulre degré; l'engourdissement, le raccourcissement des fibres, quelquefois leur rétraction en sont les suites; la fonction des parties devient de plus en plus gênée et souvent demeure abolie. L'économie tout entière se modifie sous l'influence de l'inertie prolongée. Les fonctions plastiques se ralentissent; l'appétit diminue, la digestion est moins prompte, moins facile et s'accompagne fréqueuunent d'une production de gaz dans les intestins; le pou's est moins développé, moins fréquent; le sang est lancé avec moins de force et d'abondance dans les parties périphériques, dont la coloration diminue; l'air expulsé de la poitrine est moins dépouillé d'oxygène et moins chargé d'acide carbonique; les sécrétions, notamment celles de la peau, languissent; l'oisiveié engraisse, mais ne favorise pas la nu-

it) Burdach, Traité de physiologie. Paris, 1841, t. IX, p- 6*7,

trition proprement dite. Les sens perdent de leur énergie, de leur précision et de leur sûreté, parce que l'exercice nous transporte dans l'espace où ils reçoivent des imi)ressions plus variées et plus nombreuses ; les lacultés intellecliielles se concentrent dans le silence des organes ; mais elles ne se perfectionnent que dans l'ordre des idées abstraites et méditatives. Quant à la génération, la puberté est précoce chez les oisifs et dans les professions sédentaires, tandis que l'exercice appelle sur le système musculaire la force et les matériaux nutritifs que les organes génitaux détourtieraient promptement à leur profit. La salutaire fatigue d'une gymnastique opportune fait taire jusqu'aux dé.sirs; les anciens avaient personnifie dans la même déesse la chasse et la chasteté; l'innocence prolongée des adolescents de la catnpagne tient simplement aux occupations plus rudes qui leur sont imposées. Deux classes de nos populations semblent perpétuer le parallèle des résultats de l'exercice et de l'inaction musculaire : l'une, vouée à l'oisiveté, à l'inertie corporelle des salons et des boutiques, aux professions sédentaires, présente en majorité les types organiques qui se résument dans le iymphalisme et la prédominance nerveuse; l'autre, livrée aux travaux des champs et aux métiers qui exigent un déploiement plus ou moins considérable des forces musculaires, paie un moindre tribut aux névroses et à la phthisie pulmonaire; cette dernière affection suit une progression décroissante de fréquence parmi les professions, suivant qu'elles laissent le corps dans un repos complet ou presque complet, qu'elles nécessitent des mouvements assez prof)Oiicés ou des mouvements presque continuels qui mettent eu jeu toutes les parties du corps (Lombard de Genève) ; mais ces résultats dépendent de causes multiples, telles que les privations de toute espèce, le séjour dans un air confiné, etc., et l'on n'en peut conclure rigoureusemetit que l'exercice musculaire soit le correctif de la phthisie, quoiqu'il concoure avec d'autres influences à en diminuer la fréquence. Nous appliquons la même réserve à l'assertion d'un hygiéniste qui considère la scrofule et le tubercule comme les fléaux des populations casanières, et qui rattache l'extension de la constitution strumeusea l'époque où les villes se sont multipliée^ davantage, où les habitations ont pri.-. leur caractère actuel d'étro»tesse et de spécialité, où la renaissance des arts et la culture des sciences et des lettres ont créé plus d'habitudes sédentaires.

HYGIÈNE PRIVÉE

S a- — Des monvenienis en parilcnller.

i. —Mouvements volontaires avec locomotion.

1° Marche. Elle est le mode de progression habituelle de l'homme et l'exercice qui lui convient le mieux. La marche exige non-seulement l'action des membres inférieurs, mais encore celle du tronc et des membres supérieurs. Les premiers exécutent en marchant cinq ordres de mouvements : ils s'étendent, s'allongetit et poussent le centre de gravité en haut, en avant et de côté; ils se détachent du sol ; ils se portent en avant ; ils se réappliquent sur le sol chacun à leur tour; enfin , celui des deux qui se porte en avant reçoit la plus grande partie du poids du corps au moment même où il pose sur le sol. Le tronc n'exécute pas moins de huit mouvements, d'après M. Gerdy (1) : chassé par le membre qui reste en arrière^ le corps se porte alternativement à droite et à gauche sur le membre qui se trouve en avant; le tronc s'élève et s'abaisse chaque fois que l'un des pieds se redresse sur sa pointe pour se détacher du sol et y retomber; le bassin suit par sa moitié correspondante le membre qui se porte en avant et tourne horizontalement par l'autre sur la tête du fémur de la jambe qui reste fixée en arrière; la poitrine et les épaules font un mouvement de rotation inverse à celui du bassin, surtout quand on balance les bras; chacun des côtés du bassin s'élève et s'abaisse alternativement , en même temps que le corps se balance en sens inverse, de manière à s'incliner à chaque pas du côté du bassin qui s'élève et à infléchir alternativement des deux côtés les axes du tronc et du bassin l'un vers l'autre; enfin, les muscles des gouttières vertébrales opèrent simultanément deux efforts : l'un fixe le bassin du côté dont le membre inférieur s'élève; l'autre, moins énergique et correspondant au côté dont le pied est immobile, a pour but de maintenir le corps dans l'îittitude verticale pendant la marche. Les mouvements des membres supérieurs, dus à la rotation du thorax sur le rachis, consistent dans un balancement d'arrière en avant et déterminent l'équilibre par leur inversion avec ceux des membres pelviens. Cette décomposition du phénomène complexe de la marche fait ressortir sa puissance d'exercitation musculaire; elle intéresse tous les muscles de

(1) Physiologie. Paris, 1832, t. I. l" partie.

la vie de relation ; les viscères eiix-raômes reçoivent une secousse plus ou moins ^'\^e à l'instant où chaque pied rencontre le sol ; les arcs de cercle décrits par le bassin et le thorax, ainsi que les mouvements alternatifs de latéralité du bassin et du corps, impriment aux organes internes un balancement utile; la respiration et la circulation s'accélèrent en proportion de la vitesse de la marche. Voilà donc un exercice général que l'on gradue à volonté dans sa durée et son intensité, qui exige le concours de deux sens,^ la vue et l'ouïe, et que l'on peut combiner avec les influences de l'atmosphère et du sol, des saisons et des climats, de manière à modifier simultanément l'encéphale et l'état statique des autres organes. La jouissance que l'homme éprouve à s'emparer de l'espace, la succession des objets extérieurs, qu'il fait passer plus ou moins rapidement sur l'horizon par le jeu volontaire de ses muscles, les impressions variées des sites, de la lumière et des ombres, toutes les puissances de l'univers extérieur avec lesquelles il entre en conflit par les sens, par le mouvement et par la pensée, que fautil de plus pour faire de la marche l'exercice par excellence pour l'homme sain, convalescent ou malade?— Les effets varient suivant la forme et la nature du terrain. Sur un sol dur, résistant, parsemé de menus obstacles, chaque pas communique à la machine un ébranlement plus fort; on l'atténue en appuyant d'abord sur le sol la pointe du pied dont les brisures décomposent le mouvement; sur un terrain uni et mou, la secousse résultant de la marche est à peine sentie; sur un terrain inégal, tous les muscles se contractent pour amortir les commotions que produirait un faux pas, c'est-à-dire une dilférence inaperçue du niveau du sol. En effet, une partie du poids du corps se porte sur le membre qui s'avance, et la ligne de gravité sort de la base de sustentation du pied de derrière, au moment où le pied de devant va s'appliquer sur le sol ; aussi y retombe-t-il pesamment, et, dans le cas du faux pas, la commotion peut être assez forte pour déterminer une entorse, une luxation du pied avec ou sans fracture de la jambe, etc. Dans la marche ascendanie, le premier membre fléchit davantage ses articulations et celui de derrière fait un plus grand effort pour se détacher du sol et ramener le corps en avant; pour incliner le tronc, les muscles fléchisseurs antérieurs de la téte et du rachis prennent leur point d'appui sur le thorax qu'une suspension momentanée de la respiration rend immobile et incompressible : de là l'essoufflement de la montée; la fatigue se fait sentir surtout au genou de

330 HYGIÉNH l'HlVÉK.

la jambe portée en «vaut et dans le mollet du membre rejeté en arrière. Une curieuse déeouverl<; des IVères Weber explique mieui encore le genre particulier de lassitude que les voyageurs ressenietit dans les ascensions aux hauies sommités du ghtbe : le relâchement des muscles ni le poids du membre intérieur n'éloignent point la téle du fémur de la surlace de la eaviié cotyloïde ; la seule pression de l'air extérieur suffit à le maintenir dans ses rapports avec l'articulation dans tous les modes de rotalior). et toutes les ampliiartliroses paraissent se trouver dans la même condition. Dans les réfiions où 1 air est très raréfié, il faut que la force musculaire supplée à l'insiiffisance dans leurs cavités articnhiires, et c'est la que lesarticu'ations deviennent lâches et mal as.Nurées (1) DiUis la descente, les muscles vertébraux luttent contre la tendance du corps à tomber en avant, tandis que les jambes et les cuisses demiflécliies semblent agratidir en avant la base de la sustentation.

Le nombre des pas dans un temps donné est réglé : 1° par la longueur de la jambe qui se porte en avant; 2° par la durée des oscdlations qu'elle exécute. Or, cette durée, comme celle des oscillations du pendule, est en raison inverse de la longueur de la jambe, abstraction faite de l'accélération que leur communi(jue l'effort musculaire. En négligeant cette dernière influence, on constate qu'il est pour chaque homme une mesure de pas qu'il ne peut excéder sans gêfie. Poin- une marche commode et aussi prolongée que possible, il faut que la jambe oscillante se pose après avoir effectué la moitié seulement de son oscdiation (E. et G. Weber).

Par la marche accélérée, un homme de moyemie stature peut acquérir uu maximum de vitesse dont les frères Weber ont calculé les éléments :

Longueur da pas O^.seoe

Durée du pas 0' ,332

Vitesse de déplacement, ou espace parcouru en une minute. 2", 608 Clieniin parcouru en une heure 9389

Dans la marche ordinaire, accélérée, lente et processionnelle, le pied de la jambe oscillanles'appliqueà terre par toute l'étendue de la plante ; une autre variétéde marche qui peut s'etï. ctuer avec divers degrés de lenteur ou de vitesse, s'exécute swr la pointe du pied,

(l) Encyclopédie analomique, t.I; Mécanique de la locomotion ches l'homme, traduit par A.-J.-L. Jourdan. Paris, 1843, in-8 et atlas.

GESTA. — LOCOMOTION. 3Sl

c'est-à-dire que les phalanges des orteils et les extrémités des métatarsiens sont les parties qui louolu-nt le sol ; elle ne piêle pas a la même célérité que la marche qui a pour condition la pose du pied sur le sol d'al.ord par le talon, ensuite par toute l'étendue de la plante; la plus y.ande vitesse que l'homme puisse obtenir dans ce mode de progression, se représente, d'après les mesures des treres Weber, par les éléments suivants :

A .... 0",758 Longueur du pas

Durée du |ias J

Vitesse de déplatTriienl, ou csiiace parcouru en une minute. 2'",347 Chemin parcouru en une tieure 8ibO

La marche est le mode de locomotion le plus usité dans l'armée, et pour ainsi dire le principe de ses exercices. Les fixations empiriques aux(|uelles on est arrivé pour une si grande masse d'hommes ont une valeur très yrande pour l'iiygiéniste : elles expriment des moyennes qui font foi.

Vitesse de r infanterie en marche.

espacic

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