‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 43 sur 163 · II. — Mouvements volontaires sans locomotion, ou station · texte numérisé non relu

II. — Mouvements volontaires sans locomotion, ou station

On entend par station le maintien du corps dans une pose quel- » conque sans déplacement total ni partiel, les forces musculaires n'agissant que pour empêcher la chute d'avoir lieu; elle diffère du repos où le corps est retenu en place par son propre poids. Les stations de l'homme sont très variées. Dans toutes, le centre de gravité passe entre le pubis et le sacrum (Borelli), et tombe dans la base de sustentation ; les muscles se contractent instinctivement pour le retenir dans les limites de cette base, ou pour l'y ramener lorsqu'il en dévie. Dans toutes, le rachis supporte la tête; et, grâce à la cohésion de ses particules osseuses et de ses hgaments, il résiste au poids des parties suspendues autour de lui. Néanmoins l'homme est moins grand debout que couché, moins grand sous un fardeau qu'il porte plusieurs heures. Ce raccourcissement, qui peut aller à 5 centimètres, est dû à l'élasticité des corps intervertébraux qui cèdent à une compression momentanée et reprennent leur épaisseur quand cette cause a cessé d'agir. La force de résistance du rachis est égale au carré de ses trois courbures plus un, et se trouve augmentée parla cavité dont les vertèbres sont creusées ; le bassin résiste par son incompressibilité et par la cohésion de ses ligaments. Les membres inférieurs joignent à ces moyens de résistance la conformation du fémur en colonne courbe, et du pied en voûte.

Les stations prolongées produisent dans les muscles les mêmes effets que l'excès d'exercice : fatigue, roideur, contracture, etc. Ce sont surtout les muscles érecteurs qui les ressentent. Les stations peuvent déformer les os quand elles sont prématurées , quand la constitution du sujet est mauvaise, quand les efforts agissent dans une direction vicieuse, ou que les forces ne sont pas en rapport avec le poids à supporter. Bien des enfants, pour avoir été exercés trop tôt à la marche, ont les jambes arquées ou déviées; d'autres, qui ont été mal tenus dans les bras de leurs nourrices, ont une épaule trop élevée ou saillante en arrière. Le travail sur des tables trop hautes ou trop basses, dans des attitudes incorrectes, détermine les dépressions sternales, les incurvations rachi-

UYUIÈNK PRIVÉE.

(Iiennes, etc. Dans presque foutes les stations, des vaisseaux sanguuis sont comprimés par la (lexion ou par l'extension persévérante de telle ou telle partie du corps; de là des engourdissements, des tuméfactions , des colorations en rouge ou eu violet , et par la répétition fréquente de la posture qui produit ces phénomènes, des varices, des anévrysmes, etc. Les douleurs, les accidents, les lésions qui résultent de ces gênes de la circulation atteignent plus particulièrement les sujets débiles, cacochymes et valétudinaires.

1° Station verticale. La ligne de gravité aboutit à l'espace couvert et intercepté par les pieds; si elle sort de ce polygone, l'équilibre est rompu, et la chute ne peut être empêchée que par un efifort musculaire ou un secours étranger qui ramène le centre de gravité dans la base de sustentation; celle-ci augmente par l'écarteraent des pieds. L'attitude verticale, fort complexe, résulte de la station des différentes fractions du corps les unes sur les autres. Nous n'avons pas à la discuter : rappelons seulement que le pied, moulé sur le sol, sert de point d'appui à la jambe maintenue verticalement, et tout le reste de l'éditice humain repose sur le tibia, de manière à représenter un système de leviers du premier genre, superposés et consolidés les uns sur les autres par des puissances faisant équilibre à des résistances placées en sens inverse. C'est aux muscles contractés que l'on attribue généralement le rôle principal dans l'assiette rigide et invariable des différentes parties du corps humain debout. M. Maissiat nie que la contraction musculaire persiste aussi longtemps que nous pouvons conserver certaines poses de station : l'extension du bras devient intolérable après un temps fort court; il est d'ailleurs d'observation que l'homme, en station paisible, se tient sur un seul membre; celte attitude, que les physiologistes ont considérée comme exceptionnelle, comme un artifice de soulagement, M. Maissiat a démontré qu'elle est naturelle et s'effectue par un mécanisme dont le ressort est une bande fibreuse appelée par lui ilio-trochantéro-tibiale, et limitant la distance raaxima du tibia à la crête iliaque, ou du grand trochanler à la crête iliaque. Des recherches de M. Mai.ssiat il résulte que la station en attitude non symétrique, sur un seul membre, l'autre restant souple, fléchi et pendant du tronc au sol, est celle qui procure à l'homme le plus grand repos musculaire. Déjà Léonard de Vinci avait averti les peintres que la pose sur un seul membre est le caractère de l'attitude naturelle de station. L'installation de l'appareil optique est liée au mécanisme de la station comme à celui de la

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