‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 59 sur 163 · GESTA. — UU SOMMEIL · texte numérisé non relu

GESTA. — UU SOMMEIL

teter • à mesure qu'il se développe et multiplie ses rapports avec le monde extérieur, il exige moins de sommeil. Il est indispensable de coucher les enfants de bonne heure, car ils font pendant le jour une énorme dépense de forces ; que l'on se garde de les agiter , avant le coucher, soit par des jeux excessifs, soit par une prolonga- , tion de veille au milieu d'une réunion bruyante; c'est une habitude nuisible que de les endormir sur les genoux ou dans les bras de leur nourrice, de leur mère: la chaleur du contact les échauffe; j l'attitude vicieuse qu'ils reçoivent peut gêner leur développement ' régulier, et dès qu'ils se sentent placés au berceau, ils s'éveillent avec des cris. Jusque vers l'âge de dix-huit mois à deux ans, les enfants dorment quelques heures le jour; beaucoup conservent cette habitude au delà de ce terme; et comme ils la satisfont au milieu du jour, ils sont privés des heures les plus bénignes de promenade et d'exposition a l'air libre, au soleil : de là vient qu'ils s'étiolent, s'amollissent, restent chétifs, passent de mauvaises nuits, ou deviennent sujets, dans leur vie de réclusion, à des incommo- J dités qu'un régime mieux ordonné éloignerait d'eux. Le bercement j est nuisible, si les secousses sont violentes, rapides et longtemps continuées; dans le cas contraire, il agit par le rhyllime des oscillations : mieux vaut n'y point accoutumer les enfants, et Ton y renonce généralement. Le sommeil dure plus dans la convalescence que dans l'état de santé ; mais il est léger et s'interrompt aisément; les sujets qui ne reçoivent point une alimentation suffisante dor- , ment moins; les convalescents ne commencent à goutter le délice I d'un sommeil durable et profond que lorsqu'ils prennent de l'exercice ; jusque-là, le défaut de mouvement et le séjour au lit font I qu'ils n'éprouvent pas un grand besoin de dormir et leur sommeil est court, agité; s'ils abusent de l'exercice, de la lecture ou de la conversation, leur pouls s'accélère et la fièvre chasse le sommeil. Le sommeil restaure le malade et lui vaut mieux que soins et drogues ; l'apaisement qu'il détermine dans toutes les fonctions commence la guérison de toutes les souffrances qui ont pour fond un état d'ir- I ritation, de phlegmasie ou d'hyperstliénie ; la réparation qu'il procure au système nerveux permet à celui-ci de ré.igir avec uiie nouvelle puissance; mais on n'endort pas les malades, et l'on ne peut qu'éloigner de leur sphère tout ce qui pourrait les empêcher de s'endormir.

L'habitude règle la durée et l'époque du sommeil; un ancien a I dit : Septem horas dormisse sol est fniproqm seniquc. Il faut consullër

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pour cette fixation l'âge, la constitution, etc. En général, le besoin du sommeil est en rapport avec le degré d'exaltation du système nerveux. Il y a des personnes, surtout parmi les professions savantes, qui s'appliquent à réduire leur sommeil à la plus stricte mesure qu'exige leur santé. Lacépède ne dormait qu'environ quatre heures : d'abord de neuf à onze heures du soir, puis de trois à cinq du matin ; mais après cette agitation des centres nerveux, peut-on attendre un sommeil calme? Il est préférable, pour l'inlégrité de la vue comme pour la santé générale, de travailler trois heures le soir et trois heures le matin, que six heures de suite pendant la nuit. On a calculé qu'en se levant deux heures plus tôt, on se trouve au bout de quarante ans avoir vécu vingt mille deux cents heures de plus, = 3 ans 121 jours 16 heures, = 8 heures de plus par jour pour dix ans. L'habitude étend son empire sur les époques du retour du sommeil ; on ne peut prendre pour guide le lever et le coucher du soleil : la meilleure distribution de la journée est celle qui fixe le lever et le coucher à des heures également distantes du minuit; on ne doit pas s'endormir plus tard en été qu'en hiver. Les actions rhythmiques créent des habitudes qui influent sur l'invasion et la durée du sommeil : tel le bercement, tels encore le bruit d'une chute d'eau, d'un moulin, un chant monotone.

Quant aux moyens propres à amener le sommeil, ceux qui n'émanent pas de l'hygiène sont dénués de toute efficacité, mais non de péril ; suivant la dose de leur emploi ou l'état de l'organisme, l'opium et le tabac tantôt excitent, tantôt enivrent et font dormir; la jusquiarne, la belladone, etc., peuvent être administrées de manière à produire une détente, un calme plus ou moins durable, ou l'insomnie et l'ivresse furieuse; l'usage modéré des liqueurs alcooliques augmente la tension; ce n'est qu'à dose élevée qu'elles plongent l'homme dans le sommeil en accumulant le sang dans son cerveau. Les vrais moyens de maintenir et de rappeler le sommeil, c'est la régularité des heures qu'on lui consacre, c'est la tempérance, la proportion entre l'exercice et l'alimentation, l'abstention de travaux intellectuels, de lectures ou d'entretiens émouvants quelque temps avant de se mettre au lit, l'éloignement des .stimulants sensoriels, l'habitude de se lever matin.

La position dans le lit dépend encore de l'habitude; la meilleure est celle que chacun se fait à son insu après quelques mouvemonls instinctifs qui ont pour but deprocurer au corps la plusgrande sommi' de repos; c'est dans la situation horizontale qu'il la trouve, elle

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