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D’où l’on voit que du plancher au plafond, de la D' à la 10® couche d’air, la température a presque doublé. Un autre inconvénient du mode ordinaire de ventilation, c’est l’écoulement trop rapide, par les ouvertures supérieures, de l’air chaud qu’il importe le plus de conserver et que l’on n’obtient qu’à force de combustible. L. Duvoir a donc eu l’idée de faire arriver, par la partie supérieure des pièces à chauffer, l’air chaud qu’il emprunte à différentes portions du calorifère; cet air s’épand en nappes horizontales qui descendent, poussées d’un côté par l’élasticité de nouvelles masses d’air chaud , et de l’autre par l’aspiration qui se fait au niveau du plancher à l’aide d’une bouche d’appel, de section égale à la bouche de chaleur, et communiquant par un conduit particulier avec le foyer du calorifère : on obtient de cette manière une température à peu près uniforme dans la pièce, tout en confiant
494 DES MODIFICATEURS. — CIRCÜMFÜSA. [hygiène
au foyer même du calorifère l’appel de l’air qu’il s’agit de renouveler. Les parties de l’édifice, situées à plus de 30 mètres de l’appareil, sont ventilées par des tuyaux particuliers qui, partant du fond du réservoir supérieur, descendent dans un des angles des pièces échauffées, et finissent par se réunir r i au retour d’eau dans la partie inférieure de la chaudière. Ces tuyaux de venii- : lation sont logés, comme ceux de chauffage, dans une large enveloppe de zinc, percée d’ouvertures au niveau du plancher des chambres; l’air vicié sort par les ouvertures, se dilate par contact avec le tuyau à eau chaude, s’élève jusqu’aux combles, où il se déverse au dehors. Le refiux de l’air vicié d’une chambre dans une autre est empêché à l’aide de cloisons qui partagent la cavité intermédiaire entre l’enveloppe de zinc et le tuyau à eau cliaude en autant de compartiments qu’il y a de pièces à ventiler. Le système de Duvoir (fig. 9) permet de ventiler sans chauffer, l’air neuf étant appelé par le déplacement de l’air vicié de température et de densité différentes. Ses avantages sont les suivants : régularité du chauffage et de la ventilation; absence de l’odeur de brûlé qui se lie très-probablement à un certain degré d’insalubrité de l’air ; facilité de porter la chaleur à peu près sans perte à plus de 200 mètres du foyer sans avoir à compter avec les difficultés de la construction des édifices; distribution plus uniforme du calorique dont l’eau se charge abondamment pour ne le céder qu’avec lenteur; enfin, moins de chances d’incendie j en cas de négligence des dispositions prescrites. On ne lui reprochait qu’un ç inconvénient jusqu’en ces derniers temps, c’est que la totalité du service dépendant d’un seul appareil, un dérangement ou la nécessité d’une réparation suspend la ventilation dans des établissements qui, tels que les hôpitaux et les prisons, ne peuvent s’en passer un seul jour : d’où la nécessité de multiplier les foyers autant que les subdivisions principales d’un établissement. Les investigations de Grassi, alors pharmacien en chef de Thopital Lariboisière où fonctionne ce système en concurrence avec celui de Thomas et Laurens, y ont fait ressortir d’autres défectuosités dont la plus grave serait l’iusuffisance de la ventilation que procure cet appareil, et l’erreur des résultats qu’on a fait valoir en sa faveur. Ses expériences ont porté d’abord sur la ventilation considérée isolément dans trois salles ; il les résume ainsi :
Volume d’air entré par les poêles, par heure et par malade :
Salle Salle Salle
SttiiUe-Eugénic Sainte-Élisabetb. Sainte-Aune. Moyenne.
Volume d’air sortant des salles par heure et par malade :
Ü’où : volume d’air entrant par les joints des portes et fenêtres :
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DES ÉDIFICES PUBLICS
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496 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène i
Lu volume d’ail' sorlaiil par la cheminée d’appel étant par heure et par malade de tandis que celui qui vient des salles n’est que de Ih mètres ■
cubes, il en résulte que le volume d’air entré directement du grenier dans la , cheminée d’appel est de 8'“-'”, 8 par heure et par malade. î
D’autres séries d’expériences, portant sur la ventilation et le chaulTage, onti' > fourni les données suivantes sur l’état de la ventilation dans les trois salles' !i sus-indiquées dont se compose le premier pavillon de l’hôpital :
Air enirant par les poêles, par heure et par malade 35,0 1
— sortant des salles 82, /i 2,37 ,
— entrant par les portes et fenêtres 47,7 1,37 ,
— sortant par la cheminée d’appel 97,9 2,8 î.,
— entrant du grenier dans la cheminée 15.5 0,h ' ,
a La quantité d’air qui entre par les poêles est donc toujours plus faible que i celle qui entre par les joints des portes et fenêtres. En présence de ces faits, !l je n’hésite pas à dire que ces conditions de ventilation sont mauvaises. L’air i qui pénètre par les portes et fenêtres, quoi qu’on en ait dit, ne ventile pas il utilement ; entrant à peu de distance des orifices de sortie, il est appelé par i eux et leur arrive directement sans se mélanger à l’air de la salle; il passe- 1 ainsi près des malades, qu’il entoure d’air froid. Cet air, ainsi pris indistinc- ( tement dans les cours et dans les corridors, peut ne pas être pur. Le cahier I des charges, eu exigeant une ventilation de 60 mètres cubes par heure et par ( malade, ne spécifie pas si ce volume sera mesuré dans la cheminée d’appel, ou i bien s’il se rapporte h l’air qui entre par les poêles : c’est une lacune très- ! regrettable (1). » Pour tout ce qui précède, Grassi s’est placé dans les cLr- j constances les plus favorables au système de ventilation par appel, celles daus j lesquelles la température extérieure est au-dessous de la température des i salles ; en été, quand l’équilibre de la température existe, l’effet ventilateur i du système serait à peu près nul. En hiver, cet effet n’excède pas 30 mètrescubes par heure et par malade, c’est-à-dire qu’il ne répondrait plus aux exigences actuelles de l’hygiène nosocomiale.
Ces conclusions auraient plus de poids si le système critiqué avait toujours fonctionné avec régularité et sous un contrôle assidu ; on sait, au contraire, que le chauffage a varié, que les subalternes attachés à ce service ne l’ont pas toujours fait avec le même soin et que telles irrégularités, imputées aux vice^ d’installation ou de fonctionnement du système L. Duvoir, procèdent de l’incurie des agents de l’administration ou de dispositions locales mal entendues et susceptibles de rectilicatious. Aussi n’est-il que juste de placer, en face des résultats de Grassi, ceux que des expériences nombreuses, détaillées et d’une grande précision, ont dictés au général Morin (2) sur ces mêmes appareils de
(1) Grassi, loc. cü., p. 51 et suiv. [Annales d’hygiène, 1856, t. YJ, p. 188.)
(2) Général Morin, Études sur la ventilation [Annales du Conservatoire impérial des arts et métiers, avril 1861).
publique] des Edifices publics. 497
cliaiifl'ugc par circulation d’eau chaude et de ventilation par appel de l’hôpital Lariboisière : « 1“ Le volume d’air nouveau qui est fourni par les |K)êles peut s’élever en moyenne à 60 mètres par heure et par lit. 2“ Les températures et les volumes d’air peuvent être facilement réglés avec une uniformité sullisanle à tous les étages. 3“ Les volumes d’air, introduits par tous les poêles d’une môme salle, ne sont pas exactement les mêmes, ce qui devrait être évité autant que possible. h° Le volume d’air vicié évacué . par la cheminée générale d’appel a varié de 120 à 100 et à 90 mètres cubes ] par heure et par lit selon les températures. 5“ La disposition de la chemit! née et l’action des récipients d’eau chaude qu’elle contient donnent à la ventilation une stabilité convenable, mais qu’il serait encore utile d’aug- : nienter; 6“ Il serait facile d’assurer pour la saison d’été une plus grande introduction d’air nouveau dans les salles, afin d’augmenter le renouvelle- I ment de l’air pendant la nuit. Il y a d’ailleurs lieu de remarquer que la dis- ; position générale des salles dans chaque pavillon n’est pas la plus favorable à un bon service de ventilation, et que celle des récipients supérieurs d’eau chaude pourrait aussi être plus heureuse. Il est arrivé dans cet hôpital ce qui se produit malheureusement presque toujours en pareil cas, que l’on ne s’est occupé du chauffage et de la ventilation que quand les bâtiments étaient à peu près terminés. »
Thomas et Laurens ont combiné la ventilation mécanique ou par pulsion avec le mode de chauffage de Grouvelle par l’eau et la vapeur; l’expérience de l’hôpital Lariboisière, où il fonctionne à côté de l’appareil de L. Duvoir (fig. 10), lui est favorable ; son élément caractéristique est un ventilateur à force centrifuge, qui, mû par une machine à vapeur, aspire de l’air' pris dans un point élevé de l’atmosphère et le pousse dans un tuyau ramifié dans toutes les pièces à ventiler; au moment où il entre dans les salles, cet air s’échauffe au contact des tuyaux de vapeur et des poêles h eau chauffés par de la vapeur. Il se compose : 1° de générateurs ou de chaudières ; 2“ de machines mettant en mouvement les ventilateurs; 3" de la canalisation générale de la vapeur qui doit chauffer les poêles; k° de la canalisation générale de retour d’eau, sui- ! vant, en sens inverse, le même trajet que le précédent; 5“ de poêles destinés I au chauffage des salles, des promenoirs des malades et de la cage de l’escalier ; i 6“ de la canalisation générale de l’air poussé parle ventilateur; 1° d’étuves 1 chauffées par la vapeur, et ]>lacées aux différents étages; 8“ d’un fourneau I d’office à feu nu, placé au rez-de-chaussée de chaque pavillon, et dont la cheminée, montant des caves jusque sur les combles, opère énergiquement la ventilation des cabinets d’aisances (1) par un appel établi au moyen d’un canal souterrain. L’air est porté à chaque étage par des canaux en maçonnerie couverts de plaques de fonte, et dans lesquels circulent les tuyaux de vapeur
(l) Pour les détails de la construction do cet appareil, nous renvoyons à la Thèse de doctorat de Grassi, p, 55 et suiv.
M. LÉVT. Hygiène, 5° ÉUiT.