PÜBLIQUE] DES ÉDIFICES PUBLICS. — ÉGLISES ET CRÈCHES
point lîi une bonne aération; ces mêmes vitraux coloriés interceptent la lumière solaire; or, l’air et la lumière sont d’autant plus nécessaires aux églises que leurs matériaux de constructions, pierres et dalles partout, les rendent généralement humides. Les inhumations de leurs caveaux y créaient autrefois une , cause particulière d’insalubrité (voy. plus haut Cimetières)', on y a renoncé.
) Toutefois, il y a quelques années, le Comité consultatif d’hygiène publique eut , à délibérer sur un projet de décret autorisant ces inhumations à prix d’argent et dans des conditions destinées à en prévenir les inconvénients. Le comité se montra opposé au principe même du projet, et l’admiulstratioii eut la sagesse I d’y renoncer. Presque toutes les églises de Paris sont aujourd’hui chaulfées en I hiver par des calorifères à eau chaude ou à air brûlé : ceux-ci coûtent moins,
; ceux-là sont d’un usage plus commode. Il n’y a de ventilation artificielle qu’a Saint-Roch. Les orifices qui existent dans la voûte de ces édifices et les ouvertures si fréquentes des portes suffisent à l’écoulement de l’air chaud lancé par i le calorifère.
2® Crèches. — C’est en 18ûû que se sont établies les premières crèches à Paris, sous l’inspiration d’un administrateur municipal, Marbeau. Dès 1850, il en existait 18 à Paris, 10 dans la banlieue et ûOü dans les départements. Elles permettent aux ouvriers d’abriter leurs enfants, de leur assurer les soins nécessaires pendant qu’ils se livrent à leurs travaux habituels. Le choix des locaux est ici d’une grande importance. Il résulte d’une enquête faite à Paris en 1853 (1) qu’il ne s’y trouvait aucune crèche dans des conditions d’insalubrité assez prononcée pour en motiver la fermeture. Une ample dispensation d’air pur, une aération continue et bien ménagée, la propreté la plus sévère, le renouvellement fréquent du linge des enfants à la mamelle, leur séparation d’avec les enfants qui marchent, le transport des langes et couches souillés dans une chambre à l’écart, l’éloignement et la ventilation des latrines, tels sont les moyens de neutraliser les effets délétères d’une agglomération permanente d’enfants dont les langes sont habituellement imprégnés de matière fécale et d’urine, et d’enfants moins jeunes, mais peu dressés aux exigences de la propreté. D’après le rapport de la commission du Conseil d’hygiène de Paris, les épidémies n’ont pas agi sur les crèches autrement que sur les établissements analogues. Le transport des enfants soir et matin, de la crèche au domicile de leurs parents et vice versa, paraît sans inconvénient, malgré la transition de température et grâce aiix soins dont il est entouré. Une berceuse est nécessaire pour quatre enfants à la mamelle; il est nécessaire de les changer souvent de position, de les promener, de les déposer sur des tapis ou des paillassons, pour qu’ils puissent développer, exercer toutes les parties de leur corps; à chaque enfant son éponge, son peigne, sa timbale. La valeur définitive de cette institution a été controversée. Comment en méconnaître les bienfaits dans les
(1) Rapport général sur les travaux du Conseil d^hygiène ci de salubrité du département de lu Seine. Paris, 1861, p. 48.
DIÎS MODIFICATEURS. - CIRCUMFUSA.
[hygiène ^ I
centres d’aclivil6 induslrielle, au milieu dqs familles d’ouvriers qui ne par- , viennent à subsister que par le labeur combiné des pères et des mères? Les ■ crèches, moyennant une rétribution de lü, 20 ou 25 centimes par jour, souvent à litre gratuit, procurent aux enfants un air chaud en hiver, des aliments, desvêlements, des soins continus; leurs mères viennent les allaiter quand elles ' le peuvent, et ne sont plus dans l’alternative de les abandonner aux hospices ou de les livrer aux risques et aux tortures de la séquestration solitaire. Dans presque tous les arrondissements, le contact des directrices et des surveillantes a contribué à la transformation morale des ménages populaires, de fillesmères qui ont changé de conduite et légitimé leur union. Les crèches, il faut l’espérer, se substitueront aux garderies ou maisons de sevrage, où les enfants dépérissent, ou pénètre rarement le contrôle de l’autorité, où les conditions hygiéniques manquent; une installation favorable, une économie pécuniaire pour les mères, des soins désintéressés et presque maternels, une surveillance médicale, la coopération toujours volontaire et non l’abdication de la famille, tels sont leurs avantages sur les institutions qui n’ont guère d’autre mobile que le trafic.
Pour ce qui concerne la ventilation et le chauffage, toutes les crèches, dit le général Morin (1), et même la crèche-modèle de l’Exposition de 1867 laissent beaucoup à désirer ; il propose pour modèle la disposition exécutée d’après ses avis par l’architecte Picq dans celle de sa paroisse Saint-Ambroise, à Paris- Établie pour 50 berceaux, elle peut en recevoir 100 ; elle donne :
Mètres cubes.
Pour 50 enfants, 15 mètres cubes d’air par heure et par tête 750
Pour 25 mères en visite, 30 mètres cubes par heure et par tête 750
Pour 10 patronnesses, personnes de service, 30 mètres cubes par heure
et par tête 300
Volume total d’air à extraire et à introduire par heure 1800
Le chiffre dépasse de beaucoup les besoins, le règlement du service des crèches prescrivant de recevoir les mères et d’allaiter les enfants, non dans la salle principale, mais dans un local accessoire. La salle ayant 18®, 58 de long, 7®, 30 de large et Zi“,70 de haut, = capacité cubique de 6/47'"-'-,ù8, l’air s’y renouvelle en totalité 2,78 fois par heure. Le calorifère à air chaud, à tuyaux verticaux de fonte, présente une surface de chauffe d’environ de 9 à 10 mètres et communique avec un conduit de mélange d’air froid; il sera facile d’adapter à ce calorifère deux étuves, l’une extérieure pour le séchage des linges encore humides, avec évacuation de la vapeur vers la cheminée, l’autre intérieure pour le chauffage du linge sec. L’air vicié sort par des orifices d’aiipcl, ouverts dans les parois verticales des murs et débouchant dans
(1) Général Morin, Manuel pratique de chauffage et de ventilation.
^ rUKLiüi'E] DES ÉDIFICES PU15LICS. — SALLES D’ASILE. 511
{les collecteurs méiingés sous le sol de chaque côté des murs de face. l!n deuxième collecteur transversal dèhouche dans les cheminées d’évacuation qui reçoit, outre le tuyau de fumée, une grille-réchaud à sa partie inférieure I pour l’allumage d’un petit feu de liouille qui, par les temps doux, sert à acti- > ver l’appel. La prise d’air à chaulTer se fait dans le jardin sous la protection d’un grillage qui empêche l’introduction de corps étranger; les deux courants d’air chaud et d’air froid se rencontrent dans le grenier et, mélangés dans des conduits à registres qui permettent de régler la température, se déversent : par quatre orifices ménagés au plafond dans l’axe de la salle. Nous renvoyons i pour le détail et les dimensions de ce dispositif aussi simple qu’efficace à l’ouvrage cité. La dépense totale par an pour le chauffage et la ventilation est de 300 francs pour ce vaste local qui pourrait recevoir 100 enfants à raison de 6m.o.,/^7 (l’aif par enfant, la ville de Paris n’allouant en moyenne que par enfant de 6 à 12 ans.
2>° Salles d’asile, écoles primaires, lycées, séminaires, etc. — ■ Tous ces édifices doivent réunir au plus haut degré les avantages d’une bonne exposition, de l’isolement sur des points élevés, de l’abondance d’eaux salubres, d’im chauffage convenable en hiver, d’une ventilation régulière dans les salles de classes et d’études, dans les dortoirs et chambrées, de la propreté des latrines, qui laissent tant à désirer dans la plupart des établissements de cette catégorie, etc. (1). Que la lumière solaire, dont l’influence sur le développement du corps est si profonde, pénètre facilement dans toutes les parties des bâtimenis; ([u’une température douce, égale, y règne pendant la saison froide, dont on connaît les effets meurtriers sur les enfants en bas âge. Des dortoirs spacieux, des salles d’études accessibles à l’air et au soleil, des cours et des jardins poulies jeux, les promenades et les exercices gymnastiques, des bains et des soins exacts de propreté, un sommeil suffisant, une surveillance nocturne qui prévienne les écarts d’une funeste précocité ; une nourriture saine, assez variée, et préparée avec une propreté sévère ; un temps de récréation après les repas, plutôt nombreux qu’abondants ; une juste pondération des travaux intellectuels et des exercices propres à développer la force physique; la séparation eu quarlicrs et en cours de récréations distinctes suivant les âges et les intelligences; la visite journalière d’un médecin qui soumet les élèves à une exploration particulière à leur entrée dans la maison, qui les suit dans les phases de leur évolution et qui fait fléchir la règle commune suivant les indications de leur santé ; une infirmerie établie dans un corps de bâtiment isolé où toutes les sollicitudes de la famille entourent le jeune malade, mais dans laquelle il ne faut pas créer par l’accumulation des malades un foyer d’infection ; l’attention de renvoyer sous le toit domestique tous ceux dont l’état peut donner lieu à dos craintes de
(I) Voyez, pour l’un des meilleurs et les plus économiques appareils de chauiïagc et de ventilation à l’usage des écoles pritnaires et des salles d’asile, le Traité de la chaleur, par Péclct, 13Ü1, .3« édition, t. 111, p. 312.
512 des modificateurs. — CIRCÜMFUSA. [uygiéne
propagation morbide ou réclamer des soins tout particuliers : tels sont les éléments essentiels de l’hygiène des établissements dont il s’agit.
La création des salles d’asile est due au saint Vincent de Paul du protestantisme, à Oberlin, le pieux pasteur du Jlan de la Roche (Vosges). Une ordonnance royale du 22 décembre 1837 les a placées dans le ressort du ministère de l’instruction publique ; elle les distingue en publiques et en privées, et n’autorise ces dernières que lorsqu’un logement et un traitement convenables ont été assurés à la personne chargée de les tenir ; les enfants des deux sexes y sont admis jusqu’à l’âge de six ans; on leur enseigne la lecture, l’écriture, le calcul oral ; on y joint des chants moraux et des ouvrages d’aiguille. En 1853, on comptait en France 1345 salles d’asile fondées par les communes et 858 créées par des particuliers, en tout 2203, fréquentées ensemble par 217156 enfants.
Ne craignons pas d’insister ici sur l’imperfection hygiénique d’un grand nombre d’établissements : lycées, collèges, institutions, écoles primaires, salles d’asile, où les enfants sont parqués et le plus souvent soumis aux funestes inlluences de l’encombrement. Presque toujours les salles d’études, les classes, ont une capacité disproportionnée avec le nombre de leurs habitants et sont dépourvues de tout moyen de ventilation régulière; ou ouvre les fenêtres pendant l’intervalle des classes ou aux heures de récréation; mais cette mesure est insuffisante, et en hiver on la néglige. Que l’on entre dans ces locaux une heure après le renouvellement de leur atmosphère, déjà on est frappé par une odeur d’air usé, confiné ou miasmatique. Assainir ces établissements, c’est améliorer la race humaine, c’est préparer au pays des générations valides et utiles. Péclet a indiqué, a fait appliquer dans quelques écoles de Paris des appareils de chauffage avec cheminées d’appel, orifices d’accès de l’air extérieur et orifices d’appel, etc. , qui, dans les jours les plus froids de l’hiver, ne consomment pas plus de 2, 3, 4, 5, 6 et 7 kilogr. de houille par heure pour des salles renfermant 50, 100, 150, 200, 250 et 300 élèves. Ou ne saurait trop recommander à l’autorité la publication persévérante d’une instruction détaillée sur cet objet, et de continuels efforts pour faire adopter par les communes les moyens sanitaires qu’elle indique; toutes les écoles normales primaires eu devraient être pourvues par ordre, et leurs élèves familiarisés avec les notions l’elatives à l’hygiène et à la ventilation des écoles.
Un rapport adressé en 1864 au préfet de la Seine par la commission des logemeiîts insalubres fait connaître le résultat d’une enquête d’hygiène sur les écoles de la ville de Paris (1), au nombre de 1403 dont 301 communales et 1102 libres toutes en progrès, mais dont les mieux tenues sont les institutions et les pensionnats congréganistes qui disposent d’immeubles très-étendus et de revenus de source presque intarissable. La coimuissioii les partage en trois
(1) Rapport général de la Commission des logements insalubres sur ses travaux de 1862 4 1865. Paris, 1866 ; Robinet, secrétaire-rapporteur.
publique] des édifices PCm.lCS. — ÉCOLES ET LYCÉES.
cal^gorics : 1“ les élnblissemoiils qui ne laisscnl presque rien à désirer, si ce n’est de léger^ perfeclionnemenls ; 7155 (environ 52 pour 100) sont dans celte Iienreuse condition dont 107 coinuuinaux (sur Oül) et 538 libres (sur 1102); ‘2® ceux (pii réclament des travaux d’assainissement à divers degrés, 590 (environ /i2 pour 100) dont 89 communaux 1 1 501 libres; 3“ ceux (pii, à raison de causes spéciales d’insalubrité, ont besoin d’èlre reconstriiits ou déplacés: 78 (environ 6 pour 100) dont2/i communaux et 5;i libres. Les causes d’insalubrité sont, comme pour les habitations privées, extérieures ou intérieures ; les unes inbérentes aux quartiers, aux emplacements occupés, telles que les agglomérations ambiantes des bâtiments qui interceptent la lumière et l’air, les émanations nuisibles des usines et fabriques, etc. ; les autres sont l’iiisulïisanie capacité des classes et par suite le maïuiue d’air respirable, un éclairage précaire par dos ouvertures trop exiguës^ l’imperfection des moyens de cliatiffage, l’iiumidilé, le mépbilisme des latrines, les amas d’eaux jiluvialcs ou ménagères, l’absence de moyens d’approvisionnement d’eau pour l’entretien de la propreté, l’exiguïté ou la privation complète d’un préau couvert et d’un préau découvert pour l’exercice et les récréations des enfants. — Depuis 1855 un service de désinfection (liquide Paulel) est appliqué aux latrines des écoles; il a pour effet de fixer les gaz infects dans les fosses on les utilisant pour l’engrais; l’acide sulfo-azotique chargé d’essence de mirbane, faisant partie du liquide désinfectant de Paulet, dissout les incrustations de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien qui tapissent la surface des urinoir, ‘i. C’est ce dépôt qui dégage une vapeur ammoniacale intense et réagit comme un ferment sur les urines récentes dontrurée se transforme presque subitement en carbonate d’ammoniaque. La propreté des sièges et des cabinets mieux entretenue par les élèves eux-mêmes, l’interdiction démonter dessus, la vigilance des maîtres, et les soins journaliers de cantonniers chargés du nettoyage des cabinets et des urinoirs n’ont pas peu contribué à faire disparaître cette source d’insalubrité dégoûtante. En 1866, l’abonnement de M. Paulet comprenait
Salles d’asile 18 840 enfants.
Écoles primaires 58 200 élèves.
Classes d’adultes 11 500 —
300 écoles.
88 600 élèves.
La dépense de désinfection des latrines et urinoirs se répartissait comme il I suit :
Réactif chimique
Main-d’œuvre du cantonnier. . .
Usure d’ustensiles, surveillance
Par élève et par année scolaire, fr. c.
Par établissement scolaire et par un.
fr. c.
Totaux
L’inspection sanitaire du plus grand nombre des lycées de France a suggéré
M. LÉVY. Hygiène, 5® édit. U, — 33
5U DES MODIFICATEUUS. — ClUCDMFUSA. [hïgiéne
à Vcrnois (1) un ensemble de renian|ues el d’avis Irès-sages. S’agil-il de coiislriiclions nouvelles, il coiivienl de les placer à l’extrémilé la plus salubre de lu ville, sur un point plutôt élevé que déclive, à plus de 500 mètres d’un liôpital, d’une caserne, d’une grande fabrique, d’un marché public, d’un cours d’eau peu profond et sujet à rester à demi-sec en été, de praiiâes marécageuses, d’usines bruyantes; il faut les isoler le plus possible de toute habitation, disposer cours et bâtiments de manière à les affranchir de toute servitude, réserver une partie de l’espace disponible pour des cours et des jardins où l’air circule en liberté^ dégager l’accès de l’établissement, planter des arbres qui réjouissent la vue et purifient l’air, surtout proportionner l’étendue des bâtiments à l’effectif de la population qu’ils doivent loger, n’avoir qu’un premier étage surmonté de greniers établis séparément dans les mômes conditions de large espacement des trois divisions, grand, moyen et petit lycée, installer les classes au rez-de-chaussée élevé de plusieurs marches au-dessus du niveau du sol, aud essus des classes, les salles d’étude, les dortoirs, les vestiaires ; dans une autre partie, au rez-de-chaussée, les cuisines et leurs dépendances, les réfectoires, les salles de jeux et d’exercices, la gymnastique, et au-dessus, les appartements des fonctionnaires et employés (proviseur, censeur, économe, aumônier), les salles de physique, de chimie, de dessin et le laboratoire de chimie, quand il ne trouvera pas sa place au rez-de-chaussée.
Dans un pavillon isolé, au rez-de-chaussée, les salles de bains et de bains de pied ; au premier étage, l’infirmerie et la lingerie avec toutes leurs attenances. Dans un autre pavillon, la chapelle, et à l’entrée du lycée, la loge du concierge, le vestiaire des professeurs, le parloir, les bureaux de l’administration. Audessus, le vestiaire général, la brosserie, la cordonnerie.
Ne pas oublier de pratiquer des caves qui assainissent tous les locaux du rez-de-chaussée et qui permettent l’installation d’un calorifère général à air chaud. Une cour voisine recevra les cuisines, les hangars pour le bois et le charbon.
Tous les lycées sont loin de répondre à ces conditions théoriques de leur hygiène, et néanmoins telle est la sagesse du régime universitaire, la sollicitude de ceux qui l’appliquent, que la mortalité des lycées est très-inférieure à celle de la population générale dans les mêmes limites d’âge ; elle est de 1 décès sur 3000, c’est-à-dire de 0,07 pour 100, tandis que pour les garçons de 10 à 15 ans, les recensements officiels donnent 0,5ù pour 100. A la vérité, la plupart des lycéens gravement malades et en état d’être rendus à leurs familles ne restent pas en traitement dans les infirmeries; mais voici une autre remarque de Vernois qui tend à nous présenter sous un jour spécial les agglomérations juvéniles : « La question des épidémies, dit-il, est une des plus intéressantes à étudier dans les lycées. On peut poser en principe qu’à part
(1) Vernois, Hai)port sur l’hygiène des lycées {Annales d'hyg. et de méd. légale. Octobre 1868).
pübliûue] des édifices DUHLICS. — THÉATllES. 515
les épidémies de rougeole, de scarlatine et d’oreillons, inhérentes pour ainsi dire d l’age des élèves [maladies zymotiques), les lycées traversent indemnes toutes les grandes invasions meurtrières du choléra, de suette, de variole, de méningite cérébro-spinale, d’angine coiienneuse et de fièvres typhoïdes qui désolent les villes; et que, d’après des résumés qui me sont propres, le même bénéfice n’existe pas en faveur d’autres établissements non universitaires. » L’immunité, notée par Vernois, n’est pas générale : j’ai eu à faire au Comité consultatif d’hygiène un rapport sur une épidémie de fièvre typhoïde au lycée de Chambéry, et celui de Saint-Louis, à Paris, ii’a pas été épargné par la dernière épidémie de choléra ; mais l’observation de Vernois, dans sa généralité, subsiste et a son intérêt^ d’autant plus que sur les 70 lycées français (Corse et Alger compris], lui- même en a noté 33 tellement encombrés qu’il propose d’y surseoir à toute admission nouvelle.
Théâtres. — La foule s’entasse pendant cinq à six heures dans des théâtres qui réunissent toutes les causes d’insalubrité : élévation rapide de la température, consommation d’oxygène et production d’acide carbonique par la respiration de tant d’individus, par la combustion d’un grand nombre de becs de gaz, volatilisation de la matière animale qu’entraînent les perspirations pulmonaire et cutanée; dans les places du rez-de-chaussée (parquet, parterre), accumulation de gaz méphitiques plus lourds que l’air ; dans les parties élevées, température plus que double de celle qui règne inférieurement ; au sortir de cette fournaise miasmatique, des corridors dont le froid saisit et glace le spectateur; dans l’intérieur même des salles, des courants d’air dangereux par l’ouverture intermittente des portes ; au lever du rideau^ conflit entre l’atmosphère dilatée de l’enceinte et l’atmosphère plus fraîche de la scène ; joignez à tous ces inconvénients la gêne des attitudes à cause de la dispensation parcimonieuse de l’espace. Faut-il s’étonner qu’un jour de spectacle, gratuit on ait trouvé dans une seconde loge l’oxygène de l’air réduit à 19 pour 100? La température de l’air à l’oriflce du lustre est de 26 degrés à l’Opéra-Comique, de 28 à 30 degrés au théâtre de la Gaîté, de 30 à 35 degrés au théâtre du Palais-Royal. Les théâtres exigent donc un système de ventilation continue, par des conduits ramifiés au devant du plafond de chaque loge. Il y a plus de vingt ans que Darcet a cherché h en doter le théâtre qui est aujourd’hui le Vaudeville, et la commission chargée, en 1861, d’étudier le chauffage et la ventilation des deux nouveaux théâtres de la place du Châtelet, proclame par I l’organe du général Morin (1), que le mode d’introduction de l’air proposé j par cet illustre chimiste est le plus sûr et le plus rationnel : il consiste à faire I affluer l’air dans la salle par tout le pourtour du dessous des loges, à travers i un double fond ménagé dans le plancher, l’appel étant produit jiar la chaleur ' du lustre et la cheminée qui le surmonte ; l'air doit entrer dans le double fond par des orifices d’admission ouverts sous le plafond, dans les corridors
(1) Générât Morin, üapport citii, p. 27.
51G DES MÜDIEICATEDUS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
en an-ière tles loges. Si le jMOcédé IJarcel n’a pas réussi dans les premières applications qui en ont été faites, c’est qu’on appréciait alors beaucoup trop bas les volumes nécessaires à une bonne ventilation, et par suite on avait réglé d’une manière tout insuffisante l’épaisseur donnée aux doubles fonds, la superficie des milices d’admission et l’énergie des moyens d’appel ; aussi, le spectateur, au Vaudeville, ne recevait que 10 mètres cubes d’air par heure. La commission de 1861 s’est arrêtée à la fixation de 30 mètres cubes d’air par heure, tout en reconnaissant qu’en été une bonne ventilation en exigerait beaucoup plus. Mais l’aggloméralion des spectateurs dans l’enceinte d’un théâtre ])ose des limites à l’art, car avec 30 à èO mètres cubes d’air par heure et par auditeur, le nouveau Théâtre-Lyrique devra déjà fournir 51 000 à 68 000 mètres cubes, et le nouveau théâtre du CirqueOO 000 à 120 000. Péclet doute que la simple ventilation par appel puisse procurer le cube d’air nécessaire par heure aux spectateurs en se répartissant uniformément dans la salle, et il propose pour cet usage la ventilation mécanique par pulsion. Tel n’est point l’avis de la commission des théâtres nouveaux qui, après de nombreuses expériences et dans des conditions défavorables aux effets de l’aspiration, a constaté que dans l’effet tolal des ventilations obtenues, la part proportionnelle de l’appareil insufflant se réduisait à 0,lià9, etrestait le plus souvent au-dessous de cette valeur, l’appel produit par la seule différence des températures donnant 0,851 de l’effet total obtenu. Quant aux modes d’extraction et d’admission de l’air, elle a formulé les indications qui suivent : 1“ l’introduction de l’air par des doubles fonds ménagés sous les différents étages de loges ou de galeries sur tout le pourtour de la salle ; 2“ l’admission par des ouvertures ménagées dans l’intérieur du théâtre, parallèlement à la rampe, et dans les parois verticales des murs verticaux qui séparent la scène de la salle ; 3“ des entrées auxiliaires ménagées, principalement pour la saison d’été, dans les planchers ou aux divers étages de la salle ou du théâtre, et destinées à admettre l’air extérieur;
l’extraction de l’air par des orifices ménagés au fond des loges ou dans les parois verticales des gradins des amphithéâtres. Nous renvoyons à l’important rapport du général Morin pour tous les détails d’application, notamment pour ce qui concerne la puissance d’appel du lustre à nu sous une enveloppe de verre poli, ou de verre dépoli, le proportionnement delà cheminée d’évacuation des gaz de la combustion, la température et la vitesse d’évacuation de l’air, etc.
On s’est préoccupé, avec raison, de l’influence nuisible que l’inteu-sité des lumières de la rampe exerce sur la vue des acteurs, et du danger d’incendie qui en résulte pour eux. Le général Morin est parvenu à supprimer l’un et l’autre, tout en appelant à l’extérieur les gaz fournis par la combustion : son dispositif consiste à entourer les becs d’une enveloppe cylindrique dont la partie postérieure, convexe, est tournée du côté de la salle, et formée intérieurement d’un métal poli qui, par la partie concave, réfléchit la lumière vers la scène, tandis ([uc la partie antérieure est de verre poli ou dépoli; en arrière
DES ÉDIFICES PUBLICS. — CASERNES
runMorE]
dos becs, enlro eux et l’enveloppe, est une seconde enveloppe mélallique concentrique il la première, et qui forme avec elle un conduit courbe terminé à un tuyau horizontal parallèle et inférieur à la rampe, lequel doit communiquer à chacune de ses extrémités avec des tuyaux verticaux d’évacuation du gaz de la combustion ; l’air nouveau s’introduit par des ouvertures ménagées en avant des becs(l); l’enveloppe de verre dépoli diminue l’intensité de la lumière dans le rapport de 100 à 75, d’où la nécessité d’augmenter le nombre des becs dans le rapport de 100 à 13o.
Nous ne parlons pas de l’inlluence morale du théâtre ; il est l’im des miroirs réflecteurs de la société contemporaine; il peut devenir sous la possession du génie un foyer de nobles inspirations; il favorise le déploiement des arts et ménage à une certaine classe d’esprits des plaisirs de convention qui ne manquent ni de délicatesse ni d’utilité; mais sans lui imputer toute l’initiative du mal qu’il produit, niera-t-on qu’il remue les passions et les mauvais instincts ? Plus d’une jeune fille a laissé dans la première .soirée passée au théâtre la moitié de son innocence morale; plus d’un crime y a pris naissance par l’éveil du penchant à l’imitation. Si les théâtres n’existaient pas, il n’y aurait pas une vertu de moins sur la terre.
5“ Casernes. — La première ordonnance pour le casernement des troupes date du 3 décembre 1691 ; elle affranchit les bourgeois de l’obligation d’héberger les militaires. Vauban éleva des casernes dont il rattacha la construction à un système général de défense, et la distribution qu’il adopta est encore, à quelques changements près, celle ciue l’on suit de nos jours, bien à tort, car leur figure rectangulaire, avec la superposition de plusieurs étages, circonscrit une cour difficile à aérer, souvent en forme de puits, et crée entre les salles du même étage, entre celles des étages inférieurs et supérieurs une circulation non interrompue de méphitisme. Des raisons de stratégie, de finance ou de localité ont presque toujours gêné le choix du lieu, de l’exposition et du mode d’édification des casernes. Dans les villes fortes, on en voit qui sont presque adossées à des remparts élevés et dont les étages inférieurs ne sont jamais visités par un rayon solaire; ailleurs elles sont encaissées au milieu des ruelles les plus étroites et les plus misérables d’une cité populeuse, ou jetées en corps de bâtiments distincts sur les deux rives de rivières à cours lent ou sujettes à débordement. Bon nombre des édifices qui logent le soldat n’ont pas été destinés primitivement à cet usage; beaucoup de couvents y ont été appropriés tant bien que mal, et le vice de la distribution intérieure réagit sur la salubrité de ces habitations dispendieusement transformées. Que les casernes s’élèvent dans des lieux élevés et parfaitement dégagés, au levant dans les pays chauds, au midi dans les climats froids ; qu’elles soient partagées dans leur intérieur par de longs corridors et des chambres spacieuses, où chaque militaire trouve au moins 6 mètres cubes d’air par heure après clôture des portes
(1) Général Morin, Uapporl, Paris, 18GI, p. é8.
DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFÜSA. [hygiène {
Cl fenêtres. Pour celles-ci mêmes conditions que dans les hôpitaux : lors- , qu’elles ferment mal, elles procurent, il est vrai, un supplément notable de ration atmosphérique aux habitants d’une chambrée, mais il faut pourvoir aux besoins de la respiration autrement que par la défectuosité des jointures ; les entrées et sorties pendant la nuit, si elles ont pour effet d’atténuer le méphitisme des salles, troublent le repos des hommes et les exposent à des courants d’air froid. Qu’il y ait assez d’espace pour que les lits, les armes, les effets, les tables et les bancs ne mettent point obstacle à la circulation des soldats; que les lits, écartés de 0“, 50, ne soient point rapprochés jusqu’au contact, contrairement au règlement; sinon la zone de respiration de chaque homme empiète sur celle de son voisin, et l’un et l’autre respireront un air plus impur, participant davantage à la nature de l’air expiré. Il est de la plus haute importance de fixer le nombre des lits à placer dans une chambre d’après sa capacité cubique, et non d’après la superficie qu’elle présente, et pourtant c’est cette dimension qui a servi de base jusqu’aujourd’hui à la répartition des lits. Dans les casernes à construire, on préfère aujourd’hui le système des dortoirs à celui des chambres ; il comporte des proportions monumentales, un plus ample espacement des lits, une ventilation régulière, l’application du chauffage par les calorifères, une surveillance plus rapide et plus complète.
Le système des chambres entraîne presque toujours l’imperfection et l’insuffisance du chauffage en hiver, la saleté des locaux, l’encombrement en toute saison. L’adoption d’une hauteur de 5 mètres pour les chambres de construction nouvelle rendrait matériellement impossible une réduction exagérée dans le volume d’air réservé à chaque soldat (Leblanc) ; avec des conditions favorables de ventilation naturelle (fenêtres nombreuses et percées à l’opposite, une ou plusieurs cheminées Douglas dans chaque salle), une capacité de Ift mètres cubes par homme pourrait satisfaire aux exigences de la salubrité sans le secours d’un système général de ventilation artificielle. Mais là où ces conditions manquent et où cette limite est excédée, l’emploi des moyens artificiels de ventilation devient nécessaire ; il est utile dans tous les cas, et quand il fait défaut, il convient de recourir au bon office des ventouses que l’on peut disposer de manière à augmenter le volume d’air individuel sans déterminer un abaissement trop prononcé dans la température intérieure. Dans les casernes de cavalerie, l’énergie de la ventilation doit égaler celle des sources d’émanations nauséabondes qui s’y rencontrent ; les effets d’équipement et de harnachement doivent avoir leur place dans de grands vestibules, et non dans les chambres où couchent les cavaliers. Les casernes de toutes armes auraient besoin do réfectoires, afin que les soldats ne prissent pas leur nourriture dans les chambres. Les salles de police, les prisons et les cachots pèchent généralement contre les règles de l’hygiène; situés au rez-de-chau.ssée, souvent en contre-bas de la cour, parfois au voisinage des latrines, mal exposés, mal aérés, ils réclament une ventilation artificielle, puisque le séjour des hommes Punis y est continu : ceux-ci doivent être astreints aux soins journaliers de
H publique] des édifices PURLICS. — CASEPxNES. 51<)
propreté personnelle; leurs vêtements, leurs couvertures, doivent être secoués. Si leur détention se prolonge, ils seront conduits journellement h l’air libre I durant quelques heures. Point de baquets à demeure, môme alors qu’ils sont • vidés, lavés à grande eau plusieurs fois par jour, et frottés avec de la suie (50 grammes de suie de houille désinfectent /lO litres d’urine). On enduit •I encore les baquets d’une légère couche de goudron, d’huile siccative, ou on I les tapisse à l’intérieur d’une lame de plomb, ce qui ne les empêche pas de il rester infects. Les cours dos casernes doivent être spacieuses, disposées en j pente, pavées sans intervalles ou macadamisées et balayées soir et matin; on i n’y laissera pas croître d’herbes ni séjourner les fumiers, les boues et immondices. Les vastes cours des casernes de cavalerie et d’artillerie, qui servent en même temps de terrains de manœuvres, réclament des plantations marginales d’arbres : eu été, sous une grande intensité d’irradiation solaire, avec la réverbération qui s’y ajoute, elles deviennent torrides comme un Sahara. Les latrines, ordinairement trop éloignées des corps de logis, exposent les malades aux brusques vicissitudes de la température ; trop rapprochées, elles répandent leurs émanations dans les chambrées. L’adoption des fosses mobiles inodores pour les casernes serait une grande amélioration, surtout avec des cabinets multipliés en proportion de l’effectif des hommes qui les hantent, garnis de sièges de bois dur ciré, à cuvettes et soupapes et un système d’irrigation spontanée; il serait défendu aux hommes d’y monter ; ils ne tarderont pas à apprécier ces conditions de pudeur et de propreté, à apprendre le respect de soimême et de leur prochain. Quelles qu’elles soient, toutes les latrines doivent être assainies par le moyen d’un tuyau d’évenL et les pissotières garnies d’une cuvette à la Déparcieux. On trouve dans beaucoup de casernes en France et en Algérie les latrines adossées aux cuisines dans un pavillon isolé, sans autre séparation qu’une cloison et les cheminées dont on a voulu sans doute utiliser la chaleur pour activer l’appel dans le tuyau d’évent. Il va sans dire que ces latrines à la turque sont immondes et puantes. Quel étrange rapprochement, etqu’il faut se hftter de supprimer cette cause de dégoût! Les latrines à la turque, avec ou sans clapet, avec ou sans bras de fer scellés au mur, sont, il faut le dire bien haut, en France comme en 'furquie où on les dispose aux quatre angles des casernes, le foyer d’une infection permanente et pénétrante pour ces habitations. C’est ici (|ue toute l’industrie de la désinfection chimique vient échouer contre le parti pris de la saleté et de l’impudeur; il n’est corvée de lessive et de balayage qui puisse y remédier à toute heure; mais au lieu des ouvertures étroites, oblongues, où les hommes doivent darder leurs fèces et leurs urines dans une sordide promiscuité, établissez une série de cabinets séparés avec tout l’appareil du comfort anglais, cuvette de faïence, soupape à jeu facile, irrigation copieuse, siège de bois dur ciré, défense d’y monter, nécessité de s’asseoir, surveillance à tour de rôle par des ca|)oraux on des sous-officiers; des urinoirs séparés, d’ardoise, avec rnissellement d’eau continu et écoulement souterrain dos urines à l’égont, et en moins de
520 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
quelques mois, vous aurez transformé les habitudes d’un régiment, fermé l’une des plus actives sources de dégoût et d’empoisonnement fétide qui s’attaquent aux jeunes soldats. A l’hôpital de la garnison de Ilerlin, les lieux d’aisances se composent d’une pièce longue et étroite, divisée en 10 ou l‘i cellules, munies chacune d’une cuvette et séparées entre elles par une cloison. Au moyen d’un ressort qui met en communication la porte de chaque cellule avec . la bascule de la cuvette correspondante, chaque fois que s’ouvre la porte, elle i fait baisser la bascule et ouvre en même temps la bascule et le réservoir qui inonde i la cuvette. La porte se refermant toute seule fermeen même temps un réservoir d’eau (1). Les buanderies, disposées au rez-de-chaussée, auront leur sol dallé I et incliné légèrement vers un caniveau qui aboutira au ruisseau de la cour et l se déversera dans l’égout le plus rapproché. Le chaull'age laisse beaucoup à désirer; il est inégalement conduit. Beaucoup de chambrées manquent de poêles et de cheminées ; les soldats s’entassent dans celles qui en sont pourvues, etc. La salubrité de ces habitations collectives joue un rôle prépondérant dans les épidémies, ainsi que l’a remarqué la commission de 1832 : sur deux compagnies de pompiers logées dans la caserne de la rue du Vieux- Colombier, il y eut 17 cholériques, tandis que lû5 vétérans casernés dans des chambres spacieuses qui prennent jour sur le jardin du Luxembourg n’offrirent qu’un seul cas de choléra (2). De 1830 à 1841, la fièvre typhoïde exerçait de grands ravages parmi les troupes de Paris ; ils se sont notablement atténués depuis quelques années, et ce résultat s’explique par la cessation de l’encombrement dans les chambrées.
6® Hôpitaux et hospices. — Cette dernière dénomination a été substitnée à la première vers la fin du siècle dernier afin de diminuer l’horreur qu’inspiraient alors les hôpitaux; aujourd’hui elle désigne les établissements qui servent de retraite aux infirmes, aux incurables et aux vieillards. Une seule institution de l’antiquité a de l’analogie avec nos hôpitaux : c’est le cynosarge d’Athènes qui recevait les enfants abandonnés et les citoyens devenus invalides au service de la patrie. Toutefois, d’après Mongez, Percy et 'Wuillaume (3), les principales villes de la Grèce salariaient des médecins chargés de soigner les indigents à domicile. Dans le iv® siècle, une illustre Romaine, Fabiola, fonda une maison pour les pauvres et les infirmes qu’elle y soignait elle-même ; à la même époque, Byzance vit surgir de nombreux établissements de charité; Rome dut ses hôpitaux aux papes. Leur exemple fut imité dans les principales cités de l’Europe : les hôpitaux de Lyon, de Reims et d’Autun remontent au VI® siècle; vers l’an 638, saint Landry fit bâtir l’Hôtel-Dieu de Paris. Les Arabes voulurent aussi abriter les infirmes et les pauvres, et dès le viii® siècle.
(1) Bonnafont, Bulletin de l'Académie de médecine, ià février 1862.
(2) Gazette médicale de Paris, 1846, p. 747.
(3) Mémoire sur les établissements en faveur des indigents, des malades, des blessés, etc. Paris, 1813, in-8.