CONSERVATION DES ALIMENTS
travaux sont rudes, plus le régime doit être réparateur ; et comment celte indication d liygiène sera-t-elle remplie par les ouvriers, si une organisation vicieuse de la boucherie et la charge des octrois s’opposent h ce que les prix de vente se nivellent sur ceux des marchés d’approvisionnement? Sans doute l’impôt est une nécessité sociale ; mais c’est ici le cas de rappeler les paroles de lAlontesquieu : « 11 n y a rien que la sagesse et la prudence doivent plus régler que cette portion qu’on ôte et cette porlion qu’on laisse aux sujets (1). » Quel impôt plus irrationnel et plus nuisible que celui qui, en ôtant aux travailleurs les moyens de restaurer leurs forces, abaisse la puissance productive du pays, accroît les charges de la société par l’augmenlation des chances de maladie parmi les classes les plus nombreuses, diminue la valeur de la population par la succession plus rapide des générations? Que si l’on nie l’influence des octrois sur l’alimentation publique, voici un tableau dressé par de Kergorlay, et dont les exemples sont pris au hasard dans diverses régions de la France ; ils prouvent que la consommation de la viande s’est étendue partout où les droits d’octroi ont été réduits, et qu’elle a diminué partout où les droits d’octroi ont été augmentés :
Consommation moyenne de viande de boucherie par tête d’habitant.