‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 127 sur 196 · III. — Applicatiüin aux boissons · texte numérisé non relu

III. — Applicatiüin aux boissons

1" Eau. — On conserve l’eau à terre et à bord des navires. Beaucoup de localités, surtout les places fortes, n’ont pas d’autre eau c|ue celle des pluies recueillies dans les citernes, la plus pure des eaux naturelles, puisqu’elle ne renferme guère d’autres matièresfixesquedes traces d’acide azotuiue, d’azotate d’ammoniaque, d’iode et des divers agents minéralisateurs de l’Océan. La prévention qui s’attache aux eaux de citernes ne peut donc s’appuyer (pie suides inconvénients inhérents à la construction de ces réservoirs; mieux bâtis, composés de matériaux appropriés à leur destination, ils olfriraienl une ressource précieuse, non-seulement dans les conditions particulières de quelques villes ou pays, mais aux populations agglomérées qui boivent en partie des eaux de rivière plus ou moins souillées, des eaux imparfaitement purifiées; elles dispenseraient plus d’un municipe d’amener à grands frais, par des conduits souterrains ou par des aqueducs, des sources éloignées, d’une composition variable, etc. Gama (1) voudrait avec raison que tous les établissements publics, hôpitaux, casernes, bibliothèques, musées, eussent leurs citernes, pour leur sécurité en cas d’incendie comme pour les besoins de leurs habitants; il a fait ressortir les avantages qu’aurait pour Paris la multiplication des citernes particulières, et il déplore qu’elles fassent défaut aux maisons nouvelles qui s’y élèvent journellement. L’eau à domicile, par des robinets à tous les étages, avec des conduits afférents et efférents, et d’après un système d’irrigation urbaine et de drainage des maisons reliées aux égouts (voy. t. I, p. 565 et t. II, p. Ô2Ô), vaut mieux que l’adoption des citernes; mais, en l’absence de cette canalisation des villes, on ne saurait trop approuver les vues pratiques du vénérable professeur du Val-de-Grâce. Il recommande par expérience les précautions suivantes dans la construction de ces réservoirs ; On les creuse sur un emplacement situé à l’ombre, à 3 mètres de profondeur pour une citerne de 2 mètres cubiques ; on dispose sur un fond incompressible une couche de bâtisse qu’on fait remonter pour former les côtés en lui donnant partout une épaisseur de 70 centimètres au moins : on a soin d’arrondir les angles dans toute leur longueur jusqu’à la voûte, de resserrer les couches du mortier et de lisser comme une glace les surfaces intérieures. On emploie pour matériaux des pierres meulières et de la chaux hydraulique ou du béton. Sur le mur d’un des côtés, et dans toute son épaisseur, règne une rigole de 10 à 12 centimètres pour l’infiltration du troj>-pleiu dans les terres environnantes, à moins que la nature de celles-ci ou des conditions locales ne s’opposent à ce mode de déperdition; on renonce alors à la rigole, sauf à tracer au trop-plein une autre voie d’écoulement. La voûte, qui a l’épaisseur d’un mur ordinaire, est inte<rompue sur un des côtés par une gorge carrée, d’environ 30 centimètres de

(1) Gama, De l’utilité des citernes^ etc, Paris, 1856. — Voyez aussi Moniteur des h(‘pitnuj\ même année.

Page 1