‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 14 sur 196 · VI. — Excrétions génitales · texte numérisé non relu

VI. — Excrétions génitales

1® Chez riiommc, pour ce qui concerne la sécrétion spermatique, l’opportunité du coït, sa mesure, les abus et les excès auxquels il donne lieu, les effets qui en résultent, le traitement hygiénique qui s’y rapporte, nous renvoyons au tome P’’ (Ages et Sexes). 2® Chez la femme, les excrétions génitales sont, indépendamment de celles qui ont lieu pendant l’acte et hors du temps de la copulation, les menstrues, les lochies, le lait; tout ce qui intéresse la marche normale de ces excrétions importantes, les soins hygiéniques qu’elles nécessitent a été indiqué aux articles Ages, Sexes, Habitudes morbides. Régime, etc.

Tégument externe.

I, — Peau.

Elle est une des formes du système cutané dont les deux autres sont les membranes muqueuses et celles qui tapissent les cavités closes (1) ; sa destination est multiple et entraîne la complexité de sa structure. Elle couvre les organes sous-jacents d’un voile résistant, dense, extensible, graduellement rétractile, apte à glisser; elle les contient, les limite et les préserve des atteintes des agents extérieurs : le feuillet épidermique et le chorion sont les instruments de celte protection. Par le corps papillaire dont les nerfs émanent exclusivement de l’axe cérébro-spinal, elle est le siège de la sensibilité générale, du toucher, c’est-îp-dire du sens qui multiplie le plus nos rapports avec le monde extérieur et renouvelle sans cesse en nous le sentiment de notre propre existence ; la couche épidermique se moule sur les épanouissements nervosq-vasculaires qui constituent les papilles. Suivant que telle ou telle portion de sa surface est plus spécialement affectée à l’exercice du tact ou au simple office d’une protection mécanique, on voit changer aussi ses conditions d’épaisseur, de densité, de richesse vasculaire et nerveuse, de développement de papilles ou de cryptes : plus épaisse au crâne qu’à la face, au dos qu’à la face antérieure du tronc, aux membres inférieurs qu’aux supérieurs ; très-forte et presque scléreuse aux talons et à la base des orteils, elle acquiert, au voisinage des orifices muqueux, une délicatesse si grande, que les deux moitiés du système cutané se confondent par des gradations presque insaisissables. Comme la membrane muqueuse, la peau sécrète, exhale et ab.sorbe ; ces dernières fonctions, qui seules ici nous intéressent, se lient, aussi bien que celles du tact, à l’existence d’un appareil complet de circulation, vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, dont les divisions peuvent être poursuivies Jusque dans les couches superficielles du derme. Les excrétions cutanées sont les suivantes :

1“ La transpiration dite insensible (|ui contribue si efficacement à la constance de la température animale (voy. tome I, p. 318). La sueur n’est (|ue

(I) Voyez Lacaiicliie, liluden hgilroiomiqHes et microgrniiliùiucs, 1"' mémoire. Paris, I84A, p. 08.

DES MODIFICATEURS. — EXCRETA.

[hygiène

l’excédant du fluide perspiratoire que l’air n’a pu dissoudre : c’est ainsi que les hommes ou les animaux, échauffés par la course, sont à la fois baignés de sueur et entourés d’une atmosphère vaporeuse ; c’est ainsi que par l’interception de l’air, la sueur se produit sur la main plongée dans du mercure ou recouverte de taffetas ciré : elle n’est donc pour ainsi dire qu’un phénomène accidentel dû h un excès de sécrétion, ou au défaut d’évaporation par accès difficile de l’air, comme an creux des aisselles. Avec la sécrétion aqueuse de la peau augmente la proportion des matici es solides qui s’en échappent ; la sueur se mélange, d’ailleurs, avec la matière sébacée ou smegma cutané; delà la différence de ses caractères d’avec ceux de la transpiration ordinaire. La sueur qui imprégnait un gilet de flanelle porté pendant .soixante-dix jours a fourni à Thénard des chlorures potassique et sodique, de l’acide acétique, des traces de phosphates calcique et ferrique et de substance animale. Berzelius a tronvé dans la soeur du front de l’osmazomc, de la matière salivaire, de l’acide lactique, du chlorhydrate d’ammoniaque, et beaucoup de chlorure sodique. On doit h Favre (1) une analyse plus récente et plus complète de la sueur :

Pour 1000 parties.

Chlorure de sodium

Chlorure de potassium

Sulfates alcalins

Albuminates alcalins

Lactates alcalins

Sudorates alcalins

Urée

Matières grasses

Eau

Elle peut, en outre, contenir des traces de phosphates alcalins, de phosphates alcalino-terreux et des débris d’épiderme. On voit que les recherches de Favre 1 ont conduit à découvrir dans la sueur l’existence de l’urée et d’un nouvel acide, qu il a appelé sudorique, et qui n’est point sans analogie avec l’acide urique. Le parallèle suivant, établi par le même chimiste, montre dans l’iirine et la sueui la piédominance du sel marin; et entre ces deux produits d’excrétion une ceitaine analogie de nature, bien que les sulfates et les phosphates, abondants dans le premier, fasse presque défaut dans le second :

Sueur sur litres. Urine sur 14 litres.

Chlorures

Sulfates ■

Phosphates

Acides exprimés eu soude réelle Matières organiques

3A,639 0,160 traces A, 83 22,920

gr-

La namre du smegma qui se forme à la tête, aux aisselles, à la région pubienne, à la plante des pieds, communique, en se mêlant à la sueur de ces parties une odeur et une composition chimique différentes. La .sueur des

(1) Favre, Comptes remltis de l' Académie des sciences de Paris , novembre 1852, et Archives générales de médecine, 5' série, 1853, t. II, p. 1 et siiiv.

Page 1