‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 15 sur 196 · EXCRÉTIONS CUTANÉES · texte numérisé non relu

EXCRÉTIONS CUTANÉES

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curants est moins ocloi nntc et moins aigre que celle des adultes ; celle dos personnes à clieveiix blonds et roux n’alïccte point l’odorat de la même manière que celle des individus bruns; quelques races humaines, telles que les nègres et les Caraïbes, paraissent avoir aussi une sueur d’une odeur particulière. Enfin, il est des constitutions qui ne transpirent point. Une disposition excessive à suer, quand elle ne coïncide pas avec une alimentation exubérante, est un indice de l’atonie de la peau et souvent de tout l’ensemble; la peau est alors aussi plus délicate et plus impressionnable : la moindre oscillation de l’atmosphère, le plus faible courant d’air l’aiïecte et retentit sympathiquement sur les organes internes. Active et perméable, elle diminue pour l’homme la chance des affections des organes respiratoires et abdominaux, des maladies catarrhales et hémorrhoïdaires, etc. En oblitérant par des enduits imperméables la surface d’évaporation cutanée. Foucault (1) a déterminé chez divers animaux des désordres graves, suivis de mort plus ou moins promptement. II. Boulay, ayant enduit de goudron, ou d’une double couche de colle forte et de goudron, la peau préalablement rasée de plusieurs chevaux, les a vu périr avec les symptômes de l’asphyxie ; l’autopsie a fait voir tous les tissus gorgés de sang noir, surtout les muqueuses, les poumons et le foie : la rétrogradation de l’acide carbonique non éliminé par la peau a-t-elle donné lieu à une asphyxie lente (de neuf heures à dix jours) ? Longet incline à celte interprétation. D’après Ilufeland, des causes qui contribuent à multiplier parmi nous ces maladies, ainsi que la goutte, la phthisie, l’hypochondric, les fièvres gastriques, bilieuses et muqueuses, la plus active, c’est notre négligence à entretenir notre peau dans un état continuel de propreté et de vigueur par l’usage des bains. Principal théâtre des crises, il faut qu’elle soit perméable et douée d’une grande énergie pour que la nature dirige vers elle les mouvements de sa force médicatrice. Le dernier des hommes, dit Ilufeland (2), a l’intime conviction que l’entretien de la peau est nécessaire à la santé des animaux. Le palefrenier néglige tout pour étriller, bouchonner et laver son cheval ; et si l’animal tombe malade, à l’instant même il soupçonne qu’on a bien pu négliger les soins de la propreté. Chez la plupart des hommes la peau est obstruée et privée d action : l’omission des bains et la malpropreté sont générales parmi les classes inférieures; dans les rangs plus aisés de la société, les vêtements trop chauds, les foul ures, les lits de plume, la vie sédentaire, l’air confiné des appartements, débilitent et relâchent la peau.

2” La matière fournie par les glandes sébacées, qui, dans les parties où elles existent, disposées généralement en grappe et dans un plan superposé aux glandes sudoripares, forment, d’après Ch. ilobin (3), deux groupes, les unes

(I I l'oucault, Comptes rendus de l’ Académie des sciences de Paris, l. VI, XII et XVI.

(2) Ilufeland, La Macrobiotique, ou l'art de prolonger la vie de l’homme, traduit par A. .1. L. Jourdan. Paris, 1838, p. 359.

(3) Charles Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites, Paris, 1853, p. A88.

30 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [nyciÊNE

sébacées proprement dilos, ayant une emboucluire commune avec les i)etils follicules pileux, les autres s’ouvrant dans de larges follicules pilifères; le produit qu’elles secrétent, et qui apparaît sous forme de gouttelettes graisseuses dans leurs cellules, sert à protéger le corps papillaire, à conserver à la peau sa souplesse, à en adoucir les frottements, surtout aux plis qu’elle forme, à la soustraire à la macération des liquides, à préserver les poils de l’humidité. Le fluide sébacé, ou smegma, graisse le papier gris placé sur la peau ; par excès de sécrétion ou de malpropreté, il s’accumule avec le produit de la desquamation épidermique jusqu’à produire des couches ou croûtes de matière grasse, onctueuse et odorante. L’analyse de la matière contenue dans un follicule sébacé agrandi a donné àNess d’Esenbeck delà stéarine, de l’osmazOme, des traces d’élaïne, de la matière salivaire, de l’albumine mêlée à de la matière caséeuse, et dilîérents sels inorganiques. lüO parties de l’humeur sébacée qui recouvre la peau des nouveau-nés ont donné : 10,15 de margarine, d’oléine, de margarates et d’oléates alcalins; 5,û0 de matière azotée, d’épithélium, etc. ; 8û,û5 d’eau. Le smegma cutané est sécrété abondamment par le cuir chevelu ; il enduit et pénètre les cheveux, qui semblent en être des conducteurs; cette excrétion est encore plus considérable chez les animaux, notamment chez les brebis, dans la laine desquelles elle forme le suint. Après le cuir chevelu, c’est au voisinage des appareils des sens qu’elle abonde le plus : tels sont la chassie sécrétée par les glandes de Meibomius et la caroncule lacrymale ; le cérumen, qui sort liquide des cryptes du conduit auditif et s’y épaissit. L’extrémité libre des ongles est aussi le siège d’une légère sécrétion de smegma cutané ; enfin il est très-copieux aux pieds, qu’il entoure d’une crasse noircâlre chez les individus malpropres, aux organes génitaux des deux sexes ; chez l’homme, il forme à la couronne du gland un dépôt blanchAtre qui, outre tes autres éléments de la matière sébacée, contient de la cholestérine ; il acquiert parfois une âcreté putride, et Lallemand le considère comme nne des causes de pollution et de masturbation. Les réflexions que nous avons faites au sujet de la transpiration s’appliquent encore ici. Le moyen hygiénique par excellence contre les inconvénients de l’accumulation du produit sébacé, c’est l’eau sous forme de bain général et partiel, de lotion et d’ablution à l’extérieur et à l’intérieur (injections entre prépuce et gland), etc. Nous traiterons plus bas de ces applications.

3“ Le pigment qui, propre a tous les hommes (les albinos exceptés), détermine la coloration générale et permanente de certaines races, et, chez les autres, est 1 élément des colorations locales ou accidentelles. Il s’accumule dans la couche profonde des cellules épidermiques qui repose sur les papilles; très-apparent chez le nègre et le mulâtre, il se laisse apercevoir facilement sut les mamelons colorés des femmes blanches. Est— il destiné à défendre la peau contre les efl'ets de l’irradiation solaire ? Ev. Home concentre sur son bras nu les rayons du soleil : sa peau devient dotdourcuse et des plyctèness’y monti'enl; un nègre, cependant, soumis a la même expérience, n’en ressent

HYGIÈNE nu SYSTÈME PILEUX.

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rien ; suivant qu’il couvre son bras d’un drap noir ou d’un drap blanc, il supprime ou renouvelle les premiers effets, résultat que nous expliquerons plus loin ( Vêtement],

Les couches épidermiques ([ui déterminent la périphérie du corps. Sec, solide, translucide, l’épiderme s’épaissit en quelques parties, notamment aux paumes des mains et aux plantes des pieds; s’use et se renouvelle par le frottement des corps étrangers; s’amincit et s’exfolie à sa surface sous forme de petites écailles qui abondent au cuir chevelu et qui se détachent dans le bain de tous les points du corps; absorbe l’humidité, qui le renfle, le ramollit et le blanchit, comme cela se voit après l’application de cataplasmes; même sur le vivant il s’empare des acides, des sels métalliques et de divers pigments végétaux, et les colorations qui en résultent ne disparaissent, le plus souvent, que par la desquamation de la portion d’épiderme qu’elles occupent, et son remplacement par une nouvelle couche épidermique. L’acide sulfurique et le nitrate d’argent noircissent l’épiderme, le chlorure d’or le teint en pourpre, le nitrate de mercure en brun rouge, le carthame en rouge, le roucou en jaune, l’indigo en bleu. Ces faits sont intéressants pour le choix des vêtements sous le rapport de leur couleur.

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