‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 163 sur 196 · III. — Excréta · texte numérisé non relu

III. — Excréta

Il y a longtemps que Ramazzini a réclamé l’établissement de bains publics pour les ouvriers; à Rome, les ouvriers, après avoir travaillé tout le jour, allaient le soir aux bains pour se laver et se refaire de leurs fatigues ; aussi, dit cet auteur, ils étaient moins sujets aux maladies que les ouvriers de notre siècle. On n’a pas fait une étude exacte des professions considérées dans leurs rapports avec les maladies de la peau ; on ne peut accorder l’importance d’une statistique au tableau queC.-L. Cadet-Gassicourt a dressé des maladies et des vices propres à chacune d’elles (1), avec la prétention de rectifier ou de compléter Ramazzini. Sur 79 cas de maladies cutanées ( 50 psoriasis, 25 eczémas, 3 impétigos et 1 pemphigus), Fleury a noté 9 individus de professions exposées aux vicissitudes de l’air, 17 soumis à l’action d’une température trèsélevée, 9 exposés au contact de substances irritantes. Les soins cosmétologiques varient dans les professions suivant les lieux où elles s’exercent, les matières qu’elles manipulent, le degré d’aisance et d’instruction des ouvriers. Il

(1) C.-L. Cadet-Gassicourt, Mi'mairos de In Société médicale d'émulation de Parts, 1816, l. VIII, p. 160.

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est (les professions qui agissent spécialement siu- certaines sécrétions : les blanchisseuses sont sujettes à la suppression des menstrues; la salivation survient chez les étameurs, etc. Les professions sédentaires donnent lieu à la constipation et à la paresse de la vessie ; celles qui exigent de grands efforts musculaires, à des sueurs abondantes, etc. Les soins de propreté sont négligés par la plupart des ouvriers de fabriques et de manufactures, qiioiriu’elles se trouvent pour la plupart au voisinage des cours d’eau (Lille, Rouen, Amiens, etc.) ; un grand nombre d’usines, mues par des machines à vapeur, versent sur la voie publique des courants continuels d’eau chaude qui permet de laver, presque sans frais, le linge des familles. Combien les lotions et le peignage des cheveux sont nécessaires aux ouvriers des fdatures de coton, d’étoupes, des fabriques de céruse, etc. ! Et pourtant, d’après Thouvenin, les trois quarts d’entre eux s’en dispensent; les ouvrières âgées se font surtout remarquer par ce genre d’incurie, et les ivrognes, souvent même dépourvus de linge, sont le type de la malpropreté squalide et invétérée. (Voyez plus haut, Bams et lavoirs publics.) 11 est pourtant une remarque souvent faite par nous et qui ne permet point de désespérer de l’amélioration des masses même pour ce qui concerne la propreté corporelle; c’est qu’il est trèsaisé de rappeler l’homme du peuple au respect de lui-même. Combien longtemps n’a-t-on pas objecté la saleté accoutumée du soldat à l’établissement de parquets cirés, de cabinets d’aisance à l’anglaise dans les hôpitaux militaires! J’ai toujours répondu qu’une fois placé dans ces conditions de bien-être, il s’en montrera digne, et c’est ce qui arrive. A Mulhouse, les ouvriers ont pris aisément l’habitude des bains depuis qu’ils leur sont offerts à 20 centimes; la multiplication des bains et des lavoirs publics dans tous les centres de population prouvera de plus en plus, par ses résultats, (pie les habitudes de malpropreté populaire sont l’effet du délaissement des classes laborieuses et de la cherté des moyens de nettoyage.

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