EFFECTIFS DES ÉQUIPAGES DES NAVIRES DE COMBAT ACTUELS
Vaisseaux cuirassés. . . Type Solférino
Frégates cuirassées ... I llandve
( — Couronne
Corvettes cuirassées. . — Belliqueuse
Frégates mi.vtes | | .'i20 à
I — Ihéhs )
Corvettes mixtes | Armorique
( — Pnmauguet
68Û hommes, 2 batteries.
. j Encombrement
( plus grand.
332 hommes.
toi —
Avisos
Canonnières
de à de 60 à
publique] profession NAVALE. 857
2“ Recrutement et spécialités professionnelles à bord. — Jusqu’au milieu du xvii“ siècle, la marine se recrutait violemment par la presse. Sous Colbert (1668) fut instituée l’inscription maritime qui, sanctionnée et réglée par les lois des 15 mai et 31 décembre 1790, 13 mai 1791 et 3 brumaire an IV, assure à la flotte son contingent de serviteurs appropriés par leurs aptitudes originaires et acquises. Elle constitue une sorte de contrat entre les matelots soumis aux levées, depuis l’Age de 18 à 50 ans, et l’État, qui leur accorde en retour, avec le monopole de l’exploitation de la mer, une faible pension de retraite. A cet elfet, ils sont partagés en quatre classes: célibataires, veufs sans enfants, hommes mariés sans enfants, pères de famille. Les levées comprennent, dans la proportion annuellement fixée, les hommes inscrits âgés de 20 à /lü ans, qui n’ont pas encore servi l’État, et, à leur défaut, les marins qui comptent moins de quatre ansde service. La flotte reçoit aussi uncertain nombre de conscrits par la voie du recrutement militaire, et des engagés volontaires qui, âgés de plus de 16 ans, débutent comme apprentis -marins, et, plus jeunes, à titre de mousses. Les meilleurs matelots sont ceux des classes ou de l’inscription ; nés sur les bords de la mer, ils se façonnent, dès le jeune âge, aux exigences de la navigation. Les enrôlés volontaires et les apprentis-marins, enlevés aux campagnes et aux villes de l’intérieur, se font moins aisément à la vie du bord et ne s’y attachent guère. Les remplaçants figuraient, dans la marine, dans la proportion de 7 pour 100; vicieux à terre, ils étaient au moins rompus au service. Trois provenances principales, les Normands, les Bretons, les Provençaux, et trois catégories secondaires, les Saintongeois, les Gascons et les Basques, échelonnées sur le littoral maritime de la France, fournissent à sa flotte une admirable variété d’éléments physiques et moraux.
L’état de marin comprend, à bord des navires, un grand nombre de professions: 1“ les unes s’exercent à l’air libre, comme celles de gabier, de canotier, de timonier, de mousse; 2" les autres s’exercent dans l’intérieur du navire, soit dans les lieux habitables (fourriers, maîtres, domestiques), soit dans la cale (caliers, cambusiers, magasiniers;; 3“ d’autres, enfin, exposent en même temps à l’action d’une température très- élevée : gens de la machine, cuisinier de l’équipage appelé corp cuisiniers, boulangers, forgerons. L’induction porte à croire, et l’observation établit que les professions du pont donnent le moins de malades et de morts; les professions d’intérieur en donnent notablement plus; le maximum pèse sur les cbaulfeurset les calier,s. Les gabiers qui, presque toujours perchés dans la mâture, sont les montagnards de la marine, résistent le mieux à toutes les influences pathologiques; il est vrai que ce sont des hommes choisis et joignant à la vigueur et à la souplesse du cor|)s un f esprit franc, actif et résolu. Les statistiques, déjà si difficiles à établir pour
I l’armée de terre rencontrent, en ce qui concerne les marins, des difficultés
i insurmontables.
I 3" Régime alimentaire. — Les décisions les plus récentes du Ministre de la
858 DES PROFESSIONS EN PARTICULIER. [hygiène
imriiie (24 janvier 1853 et 21 juillet 1860) ont réglé ainsi qu’il suit la distribution des rations et des repas à bord des navires :