INFLUENCE DES PROFESSIONS SUR LA DURÉE DE LA VIE
Nous avons dit {Prolégomènes, tome I) : « La collection des ouvriers de chaque métier forme une grande individualité; à chaque classe de travailleurs leur atmosphère, leur régime, leurs mœurs, leurs maladies, leur moyenne de vie, espèce de fatalité que stipule avec eux la société qui utilise leurs forces. « La revue que nous venons de faire des professions est la vérification de cette pensée. Il n’est que trop vrai cjue la durée de la vie n’est pas la même dans les diverses classes de la population : il y a des hommes qui atteignent, en moyenne, soixante dix ans, et d’autres qui ne dépassent pas quarante-cinq ans (1). L’étendue des oscillations égale donc le tiers de la vie. Ces inégalités sont-elles fatales, ou sera-t-il donné à la civilisation de les réduire, et même de les effacer? Pour répondre à cette question, examinons brièvement la valeur définitive des influences qui agissent sur les ouvriers; elles se rapportent: 1° à la spécialité de l’atmosphère professionnelle; 2“ à leur vie active ou sédentaire; 3“ aux accidents auxquels ils sont exposés ; h° à leur nourriture, à leur habitation, à leur vêtement, à leurs soins de propreté, etc., conditions que résume le degré d’aisance. Or, voici, d’après les calculs de Lombard, le nombre moyeu d’années que chacune de ces influences ôte ou ajoute à la vie :