‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 22 sur 196 · DE LES RECONNAITRE · texte numérisé non relu

DE LES RECONNAITRE

Les diverses matières textiles varient par leurs caractères microscopiques, • par leurs propriétés physiques, par leurs réactions chimiques. La notion de ces 1

DES VftTEMENTS.

phivée]

tlilïcrcnces aide à les discerner dans les mélanges <iue l’iiidnslrie opère, dans la série des transformations qui résultent des modes de tissage. Quel éclieloniiemeiit d’étolfes nuancées de coton entre le calicot le plus grossier et la mousseline la plus délicate! Quelles variétés de soieries entre le foulard à bas prix elles opulents tissus de brocart, de velours et de Damas brochés! Quelle série de produits obtenus avec le chanvre, depuis la toile à voile ou la toile d’emballage jusqu’aux batistes de fil de Hollande! Non-seulement les matières premières se dissimulent pour ainsi dire sous l’infiuie diversité des produits manufacturés, mais l’industrie y ajoute de nouvelles substances et multiplie par ces combinaisons les spécialités de tissus : ainsi la toison soyeuse de l’aijiaga sert aujourd’hui à la fabrication de nouvelles étoffes dites orldans. Le brilisli-coton résulte d’une préparation particulière de chanvre, et ses fils entrent pour 50 pour lOO’dans des étoffes de soie, de laine courte ou longue, où l’on peut les distinguer au premier aspect. Les associations de laine et de coton, de laine et de soie, sont très-difficiles <à reconnaître à l’œil nu. Le microscope, sous un grossissement de .100 à ùOO fois, fait apparaître les filaments de lin comme des cylindres lisses, coupés de distance en distance par des lignes transversales simples ou doubles que l’on a comparées à deux nœuds de roseau. Les fibrilles de coton, dépourvues de ces nœuds, sont disposées en lamelles marquées de points ou petites taches, et contournées sur elles-mêmes en hélices aplaties; ces lamelles, comme nous l’avons dit plus haut, présentent h chaque bord un ourlet, et elles sont granulées à leur surface. Les brins de laine révèlent au microscope la forme d’un cylindre à bords rugueux et comme crénelés, cylindre conique et présentant, au centre, et dans le sens de sa longueur, un canal ou conduit nourricier ; c’est aussi par ce canal que se distribue le pigmentum, substance colorée qui donne aux laines comme aux cheveux leur nuance particulière. Les filaments delà laine sont toujours plus ou moins contournés sur eux-mêmes : le cône qu’ils représentent a sa base à leur racine dans la laine d’agneau, et à l’extrémité opposée dans la laine mère, après la première tonte ; cette différence provient de ce que le tube du brin est fermé jusqu’à la première tonte; une fois opérée, la circulation s’active de l’épiderme à l’extrémité coupée du brin. Le fil de soie brute est toujours composé de deux brins faciles à séparer avec un peu d’eau de savon chaude, au microscope, il représente un ruban tortillé, transparent, marqué de stries ou cannelures longitudinales qui permettent de le discerner d’avec les trois matières textiles précitées (Clerget et Lerebours).

Les propriétés physiques des substances textiles diffèrent notablement; nous insisterons plus loin sur celles qui ont une action immédiate sur l’organisine, il ne s’agit ici que de celles qui aident à les distinguer entre elles. La ténacité cl l’extensibilité existent au maximum dans la soie. Ilobinel a démontré que la soie la plus fine est aussi la plus forte; en d’autres termes, que la soie la plus tenace est celle ({ui, sous le même volume, conlient le plus grand nombre de brins. La ténacité moyenne pour un fil d’un millimètre

9/1 DES MODIFICATEURS. — APPLICATA, [nyciÈNE

carré de scclioii est de /i3 kilogrammes 620 grammes; on sait que la résistance aljsolue d’un ’fd de fer de très-bonne quantité, d’un millimètre carré, est en moyenne de A3 kilogrammes. — Labillardière est arrivé à un résultat deux fois plus avantageux à la soie qu’au fer, comparés dans leur force de résistance : a-t-il opéré sur une qualité de soie exceptionnelle? Expérimentant sur des fds de même volume et d’une grosseur de 1/10® de millimètre chacun, il a trouvé, pour la quantité d’extension sur une longueur de 0“,1A et pour les poids nécessaires à les rompre, les nombres ci-après :

Extensibilité Poids en grammes

Substances. en millimètres. nécessaires à la rupture.

Chanvre .... ; 22,55 A00,59

Lin 11,27 295,82

Soie • 112,730 • 855,99

Phormium 33,84 590,50

Aloès pite 56,39 176,24

Ces fds, divisés par le nombre de leurs fibres, ont donné, pour leur extensibilité et leur ténacité ou force, les rapports suivants :

Extensibilité. Ténacité.

Lin 11/2 11 3/4

Chanvre 1 16 1/4

Phormium 1 1/2 23 1/4

Aloès pite 2 1/2 7

Soie 5 34

Les résultats que les laines ont donnés au dynamomètre de Regnier pour

la ténacité et l’élasticité de leurs filaments varient dans une latitude de

3 gram. 1/3 à 33 gram. 1/3, et ne mettent en évidence (pie la supériorité de résistance des laines communes sur les laines fines. En revanche, l’élasticité est en raison directe de la finesse des filaments, ou proportionnelle au plus grand nombre de brins contenus dans le même poids; aussi la durée des élolfes de laine est-elle en rapport avec leur finesse.

La densité est d’après Ure, pour le

de 1,47 à 1,50

Laine 1

La chimie a multiplié les recherches pour vérifier la nature des éléments qui entrent dans les divers tissus. Ce diagnostic industriel, qui intéresse aussi 1 hygiène, s appliijue d abord aux fils animaux et aux fils végétau.x c tissés ou non, si on les place séparément dans des tubes fermés par une extrémité et chauffés au moyen d une lampe à alcool, les premiers dégagent des vapeurs ammoniacales qui ramènent au bleu le papier de tournesol rougi fixé à l’extrémité ouverte du tube, les autres rougissent le môme papier bleu

DES VÊTEMENTS

(Chevallier). Les fils animaux chaiifîés dans une solution de 5 grammes de potasse ou de soude et de 100 grammes d’eau s’y dissolvent, tandis que les fils végétaux résistent à l’action de ce liquide. Le procédé le plus simple, indiqué par un ingénieur de Rouen, consiste à découper un mdrceau carré de 3 à Zi centimètres environ, à en tirer tous les fils en travers (ceux de la trame) et tous les fils en long (ceux de la chaîne), et à les brûler un à un à la chandelle : ceux d’origine végétale brûlent avec une flamme vive sans résidu, avec une odeur franche de linge brûlé; ceux d’origine animale subissent une combustion incomplète, entravée par le charbon spongieux qui se forme à l’extrémité. Peltier fils a [iroposé un procédé d’analyse qui convient surtout aux tissus colorés, et qui fait reconnaître la soie, le poil de chèvre, la laine et les fils végétaux. Les fils sont immergés à froid, pendant douze à vingt minutes, dans un mélange à parties égales en volume d’acide nitrique inonohydraté et d’acide sulfurique à 66 degrés, puis lavés à grande eau jusqu’à disparition de toute saveur acide : alors les fils de soie ou de poils de chèvre sont entièrement dissous, et ceux de laine sont d’une teinte citrine ou brun foncé, les fils végétaux sont restés blancs.

Lassaigne a signalé dans le plombate de soude un réactif propre à distinguer la soie de la laine : celle-ci se teint en brun noirâtre par l’action du soufre qu’elle contient (sulfure de plomb). — Soie et lin. La potasse caustique dissout la première et laisse le second intact (Dumas). — Lin et eoton. On trempe 7 centimètres carrés de l’étoITe suspecte dans un mélange bouillant de potasse caustique et d’eau (parties égales en poids) ; après deux minutes d’immersion, on presse, on lave, et tire sur le côté de la trame et sur celui de la chaîne environ 6 à 10 fils : ceux de lin ont pris une couleur jaune foncée, ceux de coton sont blancs ou d’un jaune clair (Bœttger). On procède plus simplement encore, avec Leykauf, en mettant le tissu sec dans l’huile et en l’exprimant ensuite avec force : les fils de lin sont devenus translucides, ceux de coton restent opaques. — Chanvre, lin, phormium. Par l’action de l’acide, nitrique à 36 degrés, contenant un peu de gaz nitreux, le chanvre roui dans une eau courante se colore en jaune pâle, à froid et à chaud; le chanvre roui dans une eau stagnante devient légèrement rose. Le lin traité à chaud revêt la môme nuance rose, mais passe bientôt au jaune. Le phormium tenax se colore promptement à froid d’un rouge de sang, et ne perd point, par le lessivage, le mode de réaction caractéristique (Boussingault).

§ *• — We l’action «Icm vêtcniciltM.

Les vêtements agis.sent sur l’organe, mais par les propriétés inhérentes à la matière dont ils sont faits, par leur texture, par leur couleur et leur forme.

DES MODIFICATEURS. — APPLICATA.

[inciÈNE

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