I. — Propriétés inhérentes a la matière vestimentaire
1® Calorique. — La matière veslimentaire, déployée sur le corps, doit être envisagée sous le triple rapport du rayonnement, de l’absorption cl de la i conductibilité du calorique. Tous les corps, quelle que soit leur température, lancent continuellement, par tous les points de leur surface, des radiations de calorique sous forme de rayons divergents, comme fait un corps lumineux ; la quantité de calorique qu’ils émettent est en raison directe de leur température et de l’étendue de leur surface. Le corps humain, d’une température généralement supérieure à celle de l’air, et dont les formes présentent un grand développement en superficie, se trouverait donc dans des conditions de rayonnement telles, qu’il ne tarderait point à se refroidir jus- '
qu’au-dessous du degré compatible avec la vie, si elles n’étaient corrigées :
par deux circonstances : la non-conductibilité des tissus vivants et la protection du vêtement. La première retarde la transmission du calorique à travers la masse du corps, du ventre vers la périphérie; la seconde remplit l’office •
d’un écran. En elfet, si entre deux corps inégalement chauffés, et qui, placés i
à proximité l’un de l’autre, tendent à se mettre en équilibre de température, on interpose un troisième corps, il intercepte entièrement le calorique jusqu’à ce qu’il se soit échauffé et qu’il émette du côté du corps le plus froid ce qu’il absorbe du côté opposé. Or les vêtements, placés entre l’homme et l’atmosphère, exercent au profit du premier ce pouvoir protecteur qui est en rapport avec leur propre force de rayonnement et leur conductibililé; mais comme ils sont en général de très-mauvais conducteurs du calorique, leur ' surface extérieure est bien loin d’acquérir la même température que le corps ( de 1 individu qu’ils recouvrent. Ce qui contribue à réduire sa perte de calorique par rayonnement, c’est l’incarcération d’une lame d’air entre la surface cutanée et la surface interne des vêtements, et l’air que ceux-ci retiennent dans leurs mailles. L’air étant très-mauvais conducteur, le vêtement agit ici sur 1 économie comme le paillasson de chaume sur les arbres fruitiers, qu’il ■ préserve de la gelée en interceptant le rayonnement du sol vers les espaces > célestes, comme le gazon et la neige non lassée sur le sol auquel leur faible conductibilité et 1 air qu’ils retiennent entre leurs parcelles conservent à peu près sa chaleur, tandis que dans les nuits sereines leur température propre s abaisse par 1 effet du rayonnement au-dessous de celle de la couche d’air qu ils suppoitent. C est par l’action des mêmes causes que le soldat qui bivouaque sans abri, sous un ciel étoilé, sent ses habits plus froids en dehors ([ue 1 ail ambiant. Peu conducteurs, le calorique qu’ils enlèvent à la peau liaveise lentement leur épaisseur; mais par la face extérieure, ils rémcllcnt lapidement. Lelte dépcidition par rayonnement, une lente, un manteau déployé, un paiapluie même suffit pour l’entraver ou l’alténucr. Les mêmes écrans manifestent, quand il y a lieu, leur pouvoir protecteur dans une direc- '
IlES VlVl'KMEN'IS.
pbivkeJ
lion inverse : le manleau do laine donl s’envelo))penl l’Espagnol, le Corse, l’Arabe, les soustrait à l’écliauHement des rayons solaires, par sa couleur blanche qui s’oppose à leur absorption; de là la préférence jusLenienl donnée aux étoffes de laine et de coton dans les pays intertropicaux, où la chaleur s’élève souvent au-dessus de celle du corps humain. Le pouvoir rayonnant et le pouvoir absorbant du Ciilorkpie sont entièrement sous la dépendance de la couleur et de l’état des surfaces : cette inlluencc sera examinée plus bas. Quant au pouvoir conducteur, il est très-faible dans la laine, dans la soie, et plus encore dans les fourrures, dans les pelleteries, dans les plumes de duvet; il est aisé de s’en convaincre par leur tortillement et leur inégale dilatation sous l’action du feu, phénomènes qui expriment leur peu de perméabilité au calorique. Les substances végétales, lin, chanvre, coton, sont meilleurs conducteurs que les matières animales. Néanmoins ce pouvoir est très-imparfait, si l’on en juge par approximation : Despretz, désignant par 1000 le maximum de conductibilité (or), trouve, pour la terre des fourneaux, 11, ù, et pour le bois encore moins ; le chanvre, le lin et le coton ne sont que de.s libres ligneuses dépouillées des sels et de l’humidité du bois ; ils ont donc un pouvoir inférieur au sien. Néanmoins le chanvre et le lin paraissent frais comparativement à la laine, à la soie ; le coton est un peu plus mauvais conducteur : en hiver il est plus chaud que le linge, et pendant l’été il n’expose pas le corps à un brusque refroidissement.
Au demeurant, les étoffes qui servent à notre habillement nous protégeni, suivant les circonstances, contre le froid ou contre la chaleur ; dans quelle mesure? C’est ce que démontrent les expériences suivantes qu’un professeur distingué du Val-de- Grâce a faites sur ma demande et d’après quelques indicatfons que je lui ai données en vue de l’hygiène militaire (1) :
1“ Protection contre le froid. — Un vase de laiton mince, cylindrique, de 500 centimètres cubes, suspendu par dos cordons de soie dans un air tranquille, fermé par un bouchon qui maintient un thermomètre très-sensible dont la boule est au centre de l’appareil et dont les indications sont observées a distance a l’aide d’une lunette, est rempli d’eau chaude à plus de 50 degrés et revêtu successivement des étoffes à expérimenter. Lorsque le thermomètre marque /i0 degrés au-de.ssus de l’air ambiant, on note l’heure avec une montre à .secondes, cl l’expérience dure jusqu’à ce que tout l’appareil se soit rcfioidi de 5 degrés. On part de AO degrés, parce que l’étoffe, une fois en contact avec le cylindre, perd une certaine quantité de vapeur d’eau qui lui enlève du calorique a l’étal latent; aussi le thermomètre bai.sse-l-il rapidement d un ou deux degrés, puis il prend une marche régulière :
.1) Coulicr, Expérimccs sur les étoffes, etc. {Jouvn. de la physiot. de P homme et des aiiimau;r, janvier 1858).
•M. LtVY. Hygiène, Lüit.
DES MODIFICATEURS. — APPUCATA.
[hygiène
Désignation des étolTes.
Vase non recouvert
A. Toile de coton pour chemises. . , Jî. Toile de coton pour doublures. . .