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C. Toile de chanvre pour doublures

D. Drap bleu foncé pour soldat

E. Drap garance pour soldat

F. Drap bleu pour capotes

Temps de refroidissement.

18 min.

lé

On voit que le vase nu se refroidit moins vite que revôtu d’une étoffe ; cela tient au peu de pouvoir émissif du laiton (0^05 environ, celui du noir de fumée étant de 100), tandis qu’une fois en équilibre de température avec l’étoffe qui le revêt, il rayonne dans l’espace avec toute l’intensité du pouvoii' émissif de son enveloppe.

Nous indiquerons plus loin les résultats que ces e.xpériences ont donnés pou.i la couleur des étoffes.

2“ Protection contre la chaleur. — Un large tube de verre, à parois minces et h diamètre sensiblement uniforme, est coupé en morceaux d’un décimètre de longueur, qui, fermés à la lampe à l’une des extrémités, puis entourés d’un étui de chaque étoffe à frottement doux, remplis de quantités égales de mercure, déposés sur un châssis de bois avec le moins de contact possible, ont toujours été explorés avec un thermomètre très-sensible, à boule extrêmement petite (1). Après un temps d’exposition convenable à l’ombre, les différences de température sont presque insignifiantes, comme ou le voit par ce tableau :

'Température de l’atmosphère ..... 26,8

Tube sans étoffe 27

— avec étoffe A 26,9

— avec étoffe 5 26,8

— avec étoffe C 26,9

Tube avec étoffe D 26,9

— avec étoffe E 26,8

— avec étoffe F, 26,9

— avec étoffe // 26,9

— avec étoffe K 26,9

L’appareil exposé au soleil donne des effets proportionnels à l’intensité de l’irradiation solaire :

DùaolUinatioiia.

Thermomètre à l’ombre . . .

Thermomètre exposé au soleil

Tube non recouvert d’étoffe

Étoffe A. Coton pour chemises

— B . Coton pour doublures

— C. Chanvre écru.

— D. Drap bleu foncé pour soldat

— E. Drap garance pour soldat

— F. Drap gris de fer bleuté pour capotes. .

— IJ. Drap garance pour sous-olllcier

— K. Drap bleu foncé pour sous-offlcier

Température

Différcnee aw

des tubes.

la temp. du tube

(1) Voyez le mémoire de Coulier pour los détails de l’expérience.

DES VÊTEMENTS

privée]

« Le mercure du tube iiu ayant été porté à 37®, 5, il est clair que la variation de température des autres tubes, au-dessus ou au-dessous de ce cliiffre, est due à l’action de l’étoiïe. » Ainsi, les tissus blancs de coton protègent trèseflicacement contre l’échauflement produit par les rayons solaires; leur efl'et se traduit pour celui qui les porte par 7®, 9 de chaleur de moins que sous un vêtement de drap bleu foncé, par 7 degrés de moins que sous une capote militaire de drap gris de fer bleuté, etc.

La superposition des étoffes a donné les résultats suivants ;

rumiiùiuturc.

D’où l’on voit qu’une mince étoffe de coton à mailles serrées, superposée à un vêtement de drap, procure un abaissement de température de 7 degrés centigrades. « Je ne crains pas de trop m’avancer, ajoute le professeur Coulier, en disant qu’en Algérie, dans les fortes chaleurs, la différence eût été de 10 à 12 degrés, puisque cette différence augmente avec la température. ->

2® Electricité. — La soie, la laine, les fourrures, les plumes, possèdent à un haut degré la propriété idio-électrique, c’est-à-dire la faculté de développer et de retenir le fluide électrique ; le chanvre, le lin et le coton sont anélectriques, c’est-à-dire bons conducteurs de l’électricité, à cause de leur plus grande hygroscopicité. La propriété électrique est si manifeste dans certaines matières textiles^ qu’en développant du drap par un temps sec, dans une chambre un peu sombre, on voit des étincelles s’en échapper : Michel Alcan a souvent observé ce fait(l). Dans le filage de certaines matières par un temps sec et orageux, leurs fibres, au lieu de glisser facilement entre les organes qui les transforment, tels que les cylindres métalliques, se redressent, SC hérissent dans tous les sens, et l’on ne fait disparaître ce phénomène, cet empêchement au travail, qu’en arrosant l’atelier et en humectant les machines. Les substances qui manifestent le plus souvent cette propriété sont^ dans l’ordre de fréquence, la bourre de soie et le coton. Alcan ne l’a jamais observée dans la soie grége, les laines, le chanvre et le lin : c’est que la production de la soie grége, c’est-à-dire le dévidage des cocons, a toujours lieu dans l’eau; c’est que les laines, pour être filées, exigent l’enduit d’un corps gras liquide; le chanvre et le lin sont aussi travaillés humides pendant une certaine période de leur filature.

La peau humaine est très-propre à l’élccirisation, pourvu qu’elle ne .soit point humide. Un tube de verre que l’on frotte avec la main, des bas de soie

(1) Communication manuscrite de M. Michel Alcan (1857).

Dùuüuliuatiuus.

l"* Tube et coton seul A2“ i

2“ Tube et drap seul 51®

3“ Tube et coton sur drap 44“

4® Tube et drap sur coton 50”, 5

Üitférence .

Différence.

Différence .

^00 DF.S MODIFICATIiUKS. — APPLICATA. [hygiène ^

que l’on fait glisser cnlrc les doigts, s’61ectrisenl souvent jusqu’à production d’étincelles. Le frôlement des vêtements idio-électriques sur la |)eau doit donner lieu au dégagement de l’électricité. Il y a plus ; la superposition des vêtements et leur glissement dans les actes de locomotion favorisent ce phénomène; car deux étoffes, ou deux portions d’une même étoffe frottées rune contre l’autre, peuvent contracter des états électriques très-prononcés d’un signe contraire. Que les fluides électriques développés de cette manière se distribuent à la périphérie du corps et lui impriment un certain degré de tension, ou qu’ils réagissent en se recomposant, ils exercent une influence peu remarquée mais réelle, qui fait partie des mérites ou des inconvénients des vêtements de laine ou de soie, et qui sc traduit par des stimulations circonscrites et répétées sur rélcmcnt vasculaire et nerveux de la peau.

3“ H ugromélrie. — Cet effet résulte du pouvoir (|ue les corps possèdent, à différents degrés, de condenser dans leurs pores ou à leur surface l’humidité du milieu ambiant; il se manifeste de deux manières dans les vêtements, suivant qu’ils transmettent à la peau l’humidité de l’atmosphère, ou qu’ils s’imprègnent des fluides perspiratoires. Dans les deux cas, leur conductibilité du ' calorique est augmentée; plus ils sont hygrométriques, moins ils sont chauds; l’eau qui les imbibe se substitue à l’air emprisonné dans Içurs mailles, et devient une double cause de refroidissement, par sa capacité plus grande pour le calorique, et par son évaporation ultérieure, laquelle enlève à la peau de grandes quantités de chaleur. La fibre poreuse du lin et du chanvre se charge promptement d’humidité; les tissus qu’elle constitue se mouillent vite, condensent les produits de la transpiration, et glacent le corps en les restituant à l’air par évaporation ; ils sont, de toutes les matières vestimentaires, celles (pii l’exposent le plus souvent à la sensation du froid humide et aux maladies qui en résultent. En revanche, dans les affections cutanées qui s’accompagnent de prurit et d’ardeur, ils offrent un vêtement frais et souple, à cause de leur hygrométrie et de leur conductibilité du calorique. Les brins compactes du colon se laissent moins pénétrer par l’eau. La laine, la soie, également formées de fils non poreux, sont peu propres à condenser les vapeurs qu’elles | laissent échapper facilement à travers les mailles des tissus qu’elles servent à confectionner. D’ailleurs, mauvaises conductrices du calorique, elles ne permettent au peu de liquide qu’elles condensent qu’une évaporation graduelle qui refroidit a peine la surface extérieure, du vêlement. Pcrcy,cn recherchant l’étoffe la plus convenable pour les fomentations froides, a déterminé les vitesses d’évaporation d’un certain nombre de tissus : des coupons de toile de chanvre et de colon, des morceaux de flanelle, de fulaine et de mollelon, ont été complètement imbibés d’eau distillée, et suspendus les uns à côté des autres à la môme hauteur, et exposés au même degré de chaleur : il a vu que la toile séchait en peu d’inslanis, le tissu de coton un peu moins promptement; que la futaille venait ensuite, (pie la llanclle tardait* trois fois plus, et que le mollelon menait plusieurs heures de plus que les autres étoffes à se dessécher. ’

DES VÊTEMENTS

privée]

Celle expérience indique, dans l’ordre de leur émiméralion, rinlcnsité de la réfrigération cutanée que produisent ccs tissus.

Coulier s’est livré récemment à des recherches d’un grand intérêt pour déterminer la quantité d’eau que peuvent absorber les diverses étoffes, et il a constaté que l’eau qui pénètre dans leur tissu se partage en deux portions distinctes : 1“ l’une, qu’il appelle eau hygrométrique, peut être absorbée en {|uantité considérable sans que le toucher perçoive aucun changement dans les conditions physiologiques de l’étoffe : on ne peut l’extraire par pression; on n’arrive à l’évaluer que par la balance ou par l’allongement des fibrilles textiles, comme il advient pour les hygromètres à cheveu ; 2° l’autre, que le tissu relient par capillarité, eau d' interposition, obstrue ses pores, affecte la main qui le touche d’une sensation d’humidité, et en est éliminée par une pression suffisante. Nous renvoyons encore ici au mémoire du professeur du Val-de-Grâce pour les détails relatifs à l’ingénieuse installation de ses expé“ riences, et nous lui empruntons les importants résultats et remarciues qui suivent; le lecteur en déduira spontanément les données et les interprétations qu’ils offrent à l’hygiène.

Tableau indiquant les quantités d’eau absorbées par les étoffes.

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