DU LA VUL
privée]
libérales. Rare chez les eiifaïUs de la campagne, même dans les écoles rurales, elle se multiplie dans les villes, dans les lycées, dans les écoles de l’Etat.
Comparant la fréquence de riiypermétropie et de la myopie, Donders a trouvé que dans les degrés légers on rencontre plus d’hypermétropes que de myopes, et que les cas de myopie forte sont plus nombreux que les mêmes numéros d’hypermétropie .
Voici le tableau dressé par le professeur d’Utrecht, d’après l’examen de
mille myopes :
Ucprùs de inyoïde.
Nombre de cas
i /il
l/oo
C’est donc la myopie', comprise entre — et qui se rencontre le plus
souvent.
La répartition de la myopie dans les différentes classes de la société fournit l’explication de son origine; c’e.st au travail prolongé, binoculaire, sur des objets petits, rapprochés et mal éclairés qu’est dû le développement de cette maladie. Nous disons dans la vision binoculaire, parce que les artisans qui n’exercent que la vision monoculaire, à la loupe, la présentent rarement. Les micrographes s’exposent à d’autres lésions de la rétine, mais non pas à la myopie progressive.
C’est qu’en effet dans la vision binoculaire, il existe une tension du globe produitc-par la convergence; tension répétée h cliaque instant, cause certaine de congestion choroïdienne et d’excavations staphylomateuses. Notons, enün, pour connaître tous les éléments de la maladie, l’attache vicieuse du muscle droit externe, défaut congénital, qui est peut-être le poiulde départ de toutes les myopies progressive.s.
Voici donc les nouvelles conditions de l’œil ; le diamètre antéro-postérieur est plus grand que le diamètre horizontal; l’œil reprô.senle nu ovale, et non plus une sphère; le muscle droit externe agissant par cela môme sur nn levier trop court, la tension produite pour un môme degré de convergence e.sl toujours plus considérable chez le myope <|uc chez l'emmétrope. Mais, chez
le myope, la vision doit s’exercer sur des objets rapprochés qui sont les seuls perçus; on comprend dans quel cercle vicieux tournent ces deux affections: insuffisance du droit externe et myopie.
Celle explicaiion n’est pas seulement ingénieuse; elle est vraie et démontrée par la physiologie pathologique, par les lésions trouvées à l’ophthalmoscope' et sur le cadavre; l’insuffisance explique la production du strabisme externe dans la myopie. L’épreuve du point brillant, vu à trois pouces, montre que chez le myope ordinaire l’œil se porte toujours en dehors dès qu’il n’est plus sollicité par l’attention binoculaire: la myopie élevée s’accompagne très-souvent d’un strabisme divergent. Les effets de la convergence sont devenus si pénibles, qu’instinctivement l’œil se dévie en dehors.
« La vue nette au commencement du travail devient plus ou moins fatigante, puis- impossible; les yeux se voilent, se remplissent de larmes : les malades ressentent de la gêne, de la douleur dans l’orbite, particulièrement dans la région du grand angle de l’œil, quelquefois aux tempes, les lettres dansent, miroitent, paraissent instantanément doubles pour se fusionner immédiatement. Le malade éprouve le besoin d’éloigner de lui l’objet de son travail et se sent plus ou moins soulagé s’il ferme un œil, en le couvrant de sa main (1). » C’est ainsi que Giraud-Teulon décrit cette insuffisance du droit externe et l’asthénopie musculaire, sur laquelle il a surtout insisté dans le traitement de la myopie.
A l’ophlhalmoscope, l’asthénopie est démontrée au fond de l’œil par la présence du slaphylôme postérieur, une des belles découvertes de l’ophthalmoscope.
Cette tension de la vue, répétée à chaque instant, produit au pôle postérieur une séparation des enveloppes de l’œil ; les couches de la gaine fibreuse du nerf optique se dissocient, la choroïde se congestionne, perd son pigment, subit dans ce point une véritable macération qui s’étend peu à peu; elle s’atrophie, perd ses vaisseaux, sa teinte rouge brun, pour prendre l’aspect d’un tissu fibreux, tassé, donnant par transparence la couleur de la sclérotique. C’est d’abord un simple trait noir en croissant ou annulaire; dans les cas les plus sérieux, il s’étend en demi-lune, toujours dans le même sens en dehors et en haut, ayant son grand axe perpendiculaire à celui de la papille. Par extension, la région de la tache jaune subit bientôt de graves altérations; le corps vitré se ramollit, s’infiltre de corps étrangers pigmentaires; des décollements rétiniens se produisent et le malade devient aveugle. Mais avant d’arriver à la I cécité absolue, les fonctions, comme les membranes, ont subi des modilica- ! lions. Avec l’injection de la conjonctive et des paupières, on reconnaît encore j une congestion chronique de la sclérotique au ton gris noir que prennent les \ parties voisines de la cornée transparente vers l’équateur du globe. Le malade | est surtout elfrayé par des mouches volantes de plus en plus nombreuses, >
(1) Giraud-Teulon, De l’œil, p. 02,
DE LA VUE
privés]
spectres perlés, taches noires, quelquefois scotomes véritables qui diminuent le champ visuel et finissent par comprendre, comme nous le disions, le pli de la tache centrale.
! La myopie aussi grave appartient à la forme constamment progressive. Donjiders, auquel il faut toujours remonter dans les recherches de cette nature, 'a représenté graphiquement l’évolution de la myopie dans. ces trois formes: la stationnaire , tempo'iairement progressive, constamment piogres-
sive.
La myopie stationnaire appartient aux faibles degrés de ^ ; elle atteint son maximum à trente-cinq ans, époque à laquelle elle peut être de jg poui le-
descendre, chose heureuse, à partir de soixante ans et reporter son P. remotum. au delà de vingt-quatre pouces.
La myopie temporairement progressive croît jusqu’à vingt-huit à trente ans ; mais surtout entre seize et vingt-cinq : elle appartient aux degrés déjà avancés,
: représentés dès leur apparition par la fraction et encore faut-il avouer que
ces myopies temporairement progressives sont assez rares, parce que toujours, si l’hygiène la mieux entendue ne vient pas à leur secours, elles sont constamment progressives. Dans ces conditions, l’ascension la plus rapide alieu jusqu a quarante ans, époque où la myopie croît moins vite, mais où le parcours accommodatif , grâce à la presbytie constante, devient de plus en plus court.
Hygiène de la myopie. — L’hérédité joue malheureusement le plus grand rôle dans le développement des degrés dangereux de la myopie. Beer, Hasner, Donders, Græfe, Giraud-Teulon, attachent aux antécédents des parents une influence capitale sur le développement consécutif de la myopie. Wecker l’affirine hautement, en refusant à l’œil emmétrope ou hypermétrope la possibilité de devenir myope; mais dans la myopie congénitale, sans les règles sévères I d’une hygiène éclairée, on voit la maladie se développer jusque dans ses plus I fâcheuses conséquences.
I Nous enregistrons ces conclusions, mais nous n’admettons pas, d’une ma- I nière absolue, que l’œil emmétrope puisse, sans danger d’asthénopie muscu- I laire et de slaphylôme, se jiermeitre le travail de près dans les conditions qui provoquent le rapide développement de la myopie congénitale.
La nature des lésions de la myopie a conduit à la formule laconique de son hygiène et de son traitement : empêcher la vision binoculaire trop rapprochée. Dès que vous aurez rendu au myope l’iunocuité et la facilité de la vision binoculaire à la distance de lü pouces pour le travail auquel il est astreint, vous aurez tracé à son amélropie une limite qu’elle ne franchira plus. Ce résultat s’obtient en plaçant devant l’œil myope le verre le plus faible qui procure la vision nette à 10 pouces.
Ici, comme dans la correction de riiypermélropic, nous rencontrerons des
DES MODIFICATEURS. — PERCEDTA.
[eivcikne
préjugés, (les dilTicultés. Et d’abord, si l’on accepte la théorie de la tension oculaire dans la convergence, n’cst-il pas évident cjue le danger réside surtout dans la vision à courte distance, et que dans cette po.sition plus' que dans toute autre, le myope doit user du remède et conserver ses verres? C’est une révolution, a dit Giraud-Teulon, dans les habitudes routinières des oculistes.
Il faut cependant l’accepter, car l’expérience a prouvé, entre les mains de Donders, que les myopies cjui avaient toujours été combattues dès la jeunesse par l’usage constant des lunettes ne progressaient pas; qu’en un mot la tension oculaire ne produisait plus aucun stapliylôme. Le myope dans la vision de près doit s’habituer à garder ses verres.
Autre (langera signaler : Les caractères petits ont, pour le myope, tant d’attraction, qu’il désire tout d’abord un numéro trop fort dont il se sert plus tard en rapprochant davantage les objets pour avoir des images plus nettes et plus grandes; l’amblyope-myope arrive à la même prati(jue. Ils rencontj'cnt alors tous les dangers de l’asthénopie musculaire ; aussi doit-on insister sur ce point qu’il ne faut accorder que le verre le plus faible possible.
Dans l’hypermétropie, l’écueil principal est l’habitude du jeu accommodatif pour la convergence; dans la myopie nous trouvons un effort négatif : notre malade, en efl'et, n’a pas besoin d’accommodation; dans la moindre convergence, il en possède un excès ([u’il cherche à diminuer, et par l’habitude, il arrive à établir de nouveaux rapports entre ces deux facteurs; h tel point que si le numéro du verre corrige exactement sa myopie, il devient un emmétrope privé d’une partie de son accommodation, un presbyte artificiel. Il faut alors procéder lentement, donner un verre qui ne compense qu’une partie de la myopie et peu à peu, l’é(|uilibre se rétablissant, arriver à corriger la myopie totale.
S’agit-il d’une myopie arrivée déjà à l’atrophie choroïdienne? l’usage constant de verres biconcaves judicieusement choisis, adjoints aux prismes dont l’action est de reculer le point de vision, la diminution dans le temps du travail, sont les moyens préconisés.
Si l’atrophie continue à se compliquer d’amblyopie, il est difficile d’entraver la marche progressive de la maladie; avec l’àge, l’amaurose devient imminente. L’interdiction absolue et prolongée du travail est la première condition du traitement; au contraire, l’exercice des yeux sur de gros objets à distance et surtout au grand air doit être recommandé; la lecture et l’écriture ne seront permises qu’après la disparition des symptômes de congestion et avec des verres appropriés; encore devra-t-on éloigner les objets et se reposer à chaque minute. Ces exercices, conduits avec ménagements et joints à un traitement déplétif par les ventouses, les sangsues, les purgatifs, pourront peut-être éloigner la nécessité d’opérations, telles que la ponction de la chambre antérieure, la section du droit externe.
Tel est le traitement proprement dit de la myopie, mais sa prophylaxie doit plus que jamais occuper l’hygiéniste. Si lloiisscaii réclame pour son élève la
nE LA VUE.
[•rivée]
iibri' expansion de l’ànie dans le vaste horizon de la campagne, c’est qu’il avait mnaïqiié l’inlluence du séjour étroit des villes, non-seulement sur le déveidoppeinent des idées et sur l’imagination, mais encore sur l’étendue de la viùsion. Courbé pendant de longues heures sur des livres mal imprimés, en petits caractères, l’enfant est placé, dorant de longues années, dans les conditions les plus favorables au développement rapide d’une prédisposition congénitale. Dans les salles d’étude, une lumière insuffisante, la chaleur qui porte le sang au cerveau, un vêtement trop étroit pour la circulation jugulaire : ne sont-cc point là des causes d’atrophie choroidienne par congestion^ de staphylôme et d’amhlyopic? Plus tard, encore, dans les écoles, il faut ajouter, à tant de causes, l’habitude précoce du tabac et des excitants alcooliques.
En Allemagne, Hermann Colin (1) a pu analyser les conditions de la vue sur 10 ü()0 élèves des écoles primaires; il est arrivé aux conclusions suivantes ;
La myopie est donc douze fois plus fréquente que l’hypermétropie simple.
1" Il n’existe pas d’écoles sans myopes.
2® Le nombre de ces derniers diffère beaucoup suivant les diverses catégories d’école.
.3® Ils sont peu nombreux dans les écoles de village (1,A 0/0).
è® Ils le sont huit fois plus dans celles des villes (H, A 0/0).
5® Les filles- présentent plus de cas de myopie que les garçons, surtout dans lies écoles supérieures.
6" Le nombre des slaphylômes augmente en raison directe du degré de la ' myopie.
Suivant cet auteur, l’hérédité ne jouerait qu’un rôle accessoire dans la production de la myopie. Il n’hésite pas à signaler les causes principales de la frécpience de la myopie.
1® Dans la construction vicieuse des bancs qui obligent les enfants à lléchir fortement la tête sur le cou, ce qui a pour effet de gêner la circulation du système vasculaire de l’oeil.
2® Dans l’éclairage insuffisant des classes.
(1) Hermann Cohn, ünlnrsuchuririnn de.)' Anf/p.n von 10060 Schulkindvni . Leipzig. Analyse du docteur Zehonder, Iraduite dans les Annalof d’ncu/isliqne (mai 1868), par M. Tcdesco.
La proportion des emmétropes étant de Celle des amétropes, reste de
Parmi les amétropes, sur 13.3A, il a trouvé :
10 dont les parents l’étaient aussi.
100.1 myopes parmi lesquels 58 qui l’étaient devenus après des maladies.
81 hypermétropes.
158 hypermétropes avec strabisme.
23 astigmates.
DES MODIFICATEURS
PERCEPTA.
[hygiène I
3" Dans l’usage des lunettes trop fortes ou trop faibles.
Hermann Colin, à Breslau, put ébranler la conviction de la municipalité eU obtenir des réformes dans l’école de cette ville, où l’éclairage était insufTisanl, les bancs et les pupitres disproportionnés. En France, avec le nombre considérable de myopes et la population toujours croissante des enfants profitant de l’instruclion primaire, l’hygiène est autorisée à revendiquer une surveillance active dans l’installation des salles, et pour les résultats matériels de l’imprimel'ie une sollicitude égale à celle qu’on accorde à ses résultats moraux.
6® De r astigmatisme. — En parlant de l’amétropie, nous avons supposé ■ l’œil affecté d’un déficit ou d’un excès de réfraction également réparti dans tous ses méridiens, c’est-à-dire que l’un d’eux ayant une myopie de 13 pouces, tous les autres méridiens étaient susceptibles d’une même correction par un verre biconcave n“ 13; il n’en est pas toujours ainsi, et souvent des méridiens différents possèdent une puissance inégale de réfraction ; un seul méridien peut même avoir des inégalités de courbure limitées à quelques segments de sa circonférence.
Cette anomalie, désignée dès 1837 par 'Wehwell, sous le nom d’astigmatisme, avait été étudiée déjà par Young et Airy, mais c’est à Goulier, Donders, Haase et Javal qu’on doit les travaux les plus importants sur ce sujet. '
Tous les phénomènes de polyopie monoculaire, provenant des troubles du cristallin par la cataracte, par les progrès de l’àge, appartiennent à l’astigmatisme; mais ces troubles ne sont point passibles de correction par les verres, ils représentent Y astigmatisme irrégulier.
Au contraire, les inégalités de courbure des méridiens de la cornée sont graduelles, régulières et curables au moyen de certains verres; cette variété a. élé nommée : astigmatisme régulier.
A un léger degré, cette construction vicieuse de l’œil se rencontre si fréquemment, qu’elle porte le nom à' astigmatisme régulier normal : c’est celui qu’on peut négliger dans l’usage habituel de la vision.
Mais s’il atteint un degré plus élevé, il constitue une véritable maladie : c’est {'astigmatisme régulier anormal.
Ces divisions de l’astigmatisme en régulier, irrégulier, normal, et anormal, n’embrassent que d’une façon générale sa nature et ses degrés. Ih. Young (1) proposa une notation mathématique qui a été acceptée depuis par tous les auteurs : si un astigmate regarde avec un seul œil deux fils disposés en croix, il ne les verra pas nettement tous les deux à la même distance; si le fil vertical est visible à 8 pouces, le fil horizontal ne le sera, par exemple,
qu à 12 pouces. La diflérence entre -- et ^ — ~ constitue la valeur de l’fls-
tigmatisme. Il est facile par ce moyen d’exprimer toutes les combinaisons de 1 astigmatisme mgopique simple, myopique composé, liypeimiétropique simple, hypermétropique composé. ,
(1) Tli. Young, Philosophicai Transactions, 1801, p. 43.
privée] de la vue. 189
L’astigmalisnie est avant tout une affection congénitale, c’est dire que l’Iiygiène est impuissante à prévenir cette amétropie, qui est heureusement curable, comme la myopie et l’hypermétropie, au moyen de verres appropriés.
Le malade astigmate présente des symptômes particuliers du côté de la vision. Jamais il n’a pu distinguer parfaitement les objets, qu’ils soient éloignés I ou rapprochés ; l’acuité de sa vision est diminuée : pour lui, les lignes hori- . zontales ou verticales sont plus larges et se troublent sur leurs bords si elles ; sont assez rapprochées les unes des autres; un carré parfait n’est qu’un rectangle îi côtés inégaux; les cercles sont des ovales, etc. En examinant de près ce malade, on trouve souvent un des côtés de la face atrophié, et sur la cornée on peut même apercevoir l’irrégularité des images réfléchies. Knapp a donné comme signe certain de l’astigmatisme la forme ovalaire de la pupille vue à l’ophthalmoscope ; les axes de l’ovale changent de direction suivant qu’on l’examine à l’image droite ou à l’image renversée. Pour l’observateur, les ■ vaisseaux de la rétine ne sont visibles très-distinctement que suivant certains méridiens. L’astigmate cligne les paupières, incline la tête pour se placer dans le méridien adapté à la distance des objets. Le docteur Poncet connaît un astigmate affectç d’un pied bot gauche; il incline la tête à droite parce que son méridien principal n’est pas horizontal, mais la claudication gauche détruit à chaque instant son accommodation. De là un nouveau mouvement de la tête à droite qui se redresse quand le corps se porte sur la jambe opposée. EnOn : l’astigmate n’a jamais pu trouver une seule lunette améliorant sa vue, si ce i n’est le trou d’épingle. Suivant Giraud-Teulon, « indépendamment de l’imper- » fection de ses sensations, le malade accuse tous les symptômes de l’asthé- » nopie. Ôn n’en sera pas surpris si l’on se représente les efforts continuels » que le sujet est obligé de faire, et en vain, pour essayer de se procurer des » images approximatives de la forme des corps (I). »
On s’explique aisément les troubles de la vision chez les astigmates, on recherchant la forme des images fournies par chaque méridien. Quand l’œil astigmate fixe des lignes verticales, la rétine est au foyer des rayons situés dans le méridien vertical ; mais la vision sera confuse et les lignes verticales paraîtront élargies, si l’espace qui les sépare est moindre que leur propre diamètre. Elles chevaucheront, le tableau paraîtra gris, sans intervalles blancs ou noirs très-nettement tranchés. En effet, l’œil qui s’est accommodé pour ce diamètre vertical reçoit bien à leur foyer précis les rayons marchant dans le plan vertical, mais les rayons arrivant de ces mêmes lignes verticales, sur le méridien horizontal, vont se réunir plus loin. Ils ne sont donc pas encore réunis en foyer lorsqu’ils atteigoent la rétine au point de convergence des rayons verticaux. Ils ne forment là qu’une ellipse, c’est-à-dire une image dilîuse dans le sens de la largeur; de là ces lignes verticales paraissant confuses dans le sens transversal. Le même raisonnement montre que l’œil astigmate
(1) Giraud-Teulon, De l’œil p. 79.
DKS MODlFlCATEimS.
PEUCEPTA,
[hygiène.'
accoiumodé pour lc.s rayons liorizonlaux, voit netternenl les lignes verlicales,-. mais non pas les lignes horizonlalcs qui chevauclicronl par le fait de l’amélroJ pie des rayons verticaux.
La figure géométrique, construite parSturm et représentant la marche des rayons lumineux dans un œil astigmate, donne une idée très-nette des irnage.s produites depuis le foyer des rayons verticaux, où l’on trouve une ligne horizontale, jusqu’à celui des rayons horizontaux où existe une ligne verticale. Dans cet espace interfocal, une coupe perpendiculaire donne une succession d’ellipses, d’abord à axes horizontaux de plus en plus petits, puis un cercle et enfin des ellipses à axes verticaux de plus en plus grands; ce qui est loin de. démontrer, comme l’avait pensé Sturm, l’inutilité d’une puissance accommo- i dative.
Pour corriger la diffusion des lignes verticales, il faut donc s’adresser au méridien horizontal, et réciproquement. On a reconnu que les deux méridiens' les plus éloignés, par le quotient de leur réfraction, étaient placés perpendicu- : laireraent l’un à l’autre ; on les appelle méridiens principaux.
La correction de l’astigmatisme régulier anormal se réduit alors à la solution i de ces deux problèmes : 1“ déterminer la position des méridiens principaux; : 2“ corriger la différence de réfraction de ces méridiens. . '
Deux instruments sont employés aujourd’hui pour arriver à ce but : 1“ la. lunette sténopéique de Donders; 2“ l’astigmomètre de Javal, construit par Nachet. Donders, partant de ce principe que les rayons d’un plan vertical . n’influent pas sur la vision des lignes verticales,. place devant l’œil examiné nu . dis<iue noir percé d’une fente dont on peut augmenter ou diminuer la largeur. Si la direction de la fente est verticale, le verre sphérique le meilleur sera celui qui fera le mieux distinguer les lignes horizontales, et réciproquement la fente étant tenue horizontalement, on cherchera quel est le verre qui donne la meilleure vision des lignes verticales. De cette façon, en faisant parcourir à la fente les différents diamètres d’un cercle, on trouve et la position des diamètres principaux et l’astigmatisme, puisqu’on a trouvé l’amétropie de chaque méridien ; leur différence — AS/?.
Bien que ce mode d’exploration soit simple et d’une instrumentation peu compliquée, on lui reproche de donner souvent des réponses indécises, et de diminuer l’éclairage. Entre les mains de Donders, il a donné d’excellents résultats, et pour certaines complications d’astigmatisme irrégulier, il possède une supériorité incontestable. L’instrument de Javal, construit par Nachet, enregistre toutes les solutions en ([uelques instants : direction des méridiens, numéro des verres cylindriques; les deux chifl'rcs se lisent sur des cadrans.
Cet instrument se compose d’une boîte divisée on deux compartiments, connue un stéréoscope : elle est garnie de deux lentilles biconvex&s fortes qui rendent myope le malade examiné. On fait alors fixer, les yeux largement ouverts, deux cadrans placés dans la boîte, vivement éclairés, et dont un .seul porte les heures; les deux images doivent se superposer et être fusionnées.
DK LA VUE.
privée]
Ün k's éloigiK' an moyen d’un écran, Jns(|n’à ce qu’elles soiejit (lilîuses, puis on les rapproche lenicmenl, jusqu’à ce que le malade indiciuc qu’un diamèlrc est vu d’une façon plus nette que les autres. On inscrit alors la direction du I méridien, et, par un système ingénieux de lentilles se superposant, on fait 1 passer devant l’œil toute la série des verres correcteurs; chaque combinaison i nouvelle est imserite an moment où elle se produit.
La direction et la réfraction des méridiens principaux étant connues, il faut encore corriger l’amétropie, chose facile, au moyen d’un verre sphéricjue. Mais comment atteindre l’astigmatisme et loucher à un seul méridien? On y arrive au moyen de verres taillés dans un cylindre au lieu d’être taillés dans une sphère. Cette disposition permet, en effet, de ne point agir sur les rayons dont le plan est parallèle à l’axe du cylindre, tandis que les rayons perpendiculaires à cet axe subissent l’influence de la réfraction suivant la courbure de ce même cylindre. On veut corriger un méridien vertical affecté d’une myopie
de ^ chez un emmétrope, on placera, dans une direction horizontale, un
' verre plan cylindrique concave de —, dont la courbure cylindrique agira
: seule sur les rayons verticaux; les rayons hoïizontaux ne subissant aucune I modification.
Pour exprimer les différentes corrections de l’astigmatisme, on emploie des : formules particulières. Si, par exemple, sur l’œil gauche, on a reconnu qu’un ; méridien incliné de 165 degrés sur l’horizon restait net, et qu’il fallait placer un
verre correcteur de — perpendiculairement à ce méridien, c’est-à-dire à
(165” — 90”) 75 degrés sur l’horizon; si, par-dessus ce cylindre concave, il I faut ajouter un verre sphérique -f 12 pour arriver à l’emmétropie, on écrit ;