‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 46 sur 196 · DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL

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sommant le moins possible de force musculaire (1). » A chaque accroissement dans les organes correspond un progrès dans la fonction. L’enfant n’a besoin d’aucun maître pour exercer ses muscles dans les ébats d’une salutaire pétulance : la préhension, la gesticulation, le redressement de la tête, dès que les muscles de la nuque et le ligament cervical ont acquis assez de fermeté, la progression sur le sol à l’aide des bras étendus qui tirent en avant le bassin et ses appendices, plus tard la station alternative sur l’une et l’autre jambe, etc., ..sont autant de résultats de la spontanéité organique. A mesure que l’activité .sensoriale se lenforce et permet de distinguer les distances, l’ombre et la 1 lumière; à mesure que les contractions musculaires se subordonnent davantage à l’empire du cerveau, l’adresse, l’agilité, la grâce, la force et la sûreté ides mouvements se prononcent ; l’adulte, dont une éducation vicieuse n’a ! point faussé l’évolution, présente à l’art le modèle des mouvements, et n’a rien 1 à demander à la gymnastique. Malheureusement l’état social oppose mille cnilraves au développement et au jeu régulier des organes; la vie sédentaire 1 devient trop tôt la condition de l’ènfance et de la première jeunesse, soit dans des écoles, soit dans les ateliers : parmi les professions, les unes condamnent le , système musculaire à l’inertie, les autres lui infligent une spécialité d’exertcice; le plus petit nombre le sollicitent par une variété suffisante de contrac- Itions. De là l’utilité et la nécessité d’une gymnastique nouvelle, destinée I moins à poursuivre l’idéal de la force et de l’harmonie des mouvements, qu’à suppléer au défaut d’exercice de certaines parties, à corriger les effets de l’action exagérée d’autres parties, à contre-balancer l’influence funeste de la ■ stagnation du corps ou de ses attitudes tourmentées dans beaucoup de proi fessions.

§ t. — Des mouvcuiouts eu général.

i 1° Le mouvement produit des effets immédiats et secondaires locaux et f’ généraux. L’incitation cérébro-spinale est ici la cause déterminante de la cont traction musculaire ; le stimulant physiologique des muscles consiste donc t dans tous les besoins, dans toutes les impressions qui donnent lieu à des N actions cérébrales. Tout mouvement suppose trois temps : innervation, cont traction etrelâchement. Le nombre et le volume des nerfs que reçoit chaque I muscle sont en général proportionnels à sa masse ; les nerfs pénètrent le plus I souvent dans les muscles par leur partie moyenne et fournissent à leurs deux j extrémités des branches qui marchent entre leurs faisceaux et parallèlement à eux. Leurs ramifications les plus déliées se dirigent ensuite perpendiculairement aux libres musculaires, et ne tardent point à s’anastomoser avec les filets voisins; ce qui avait fait penser aux premiers observateurs que les nerfs mo-

I (1) G. et E. Weber, Mécanique des organes de la locomotion {Encyclopédie anatoi mique, 1. 11. Paris, ISéS, p. 236).

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leurs se terminent par des anses juxtaposées aux faisceaux contractiles. Gelia terminaison en anses, d’abord décrite par Valentin et Emmert, puis admise-, par Prévost et Dumas, fut longtemps considérée comme la seule possible; mais une observation plus attentive a démontré l’inexactitude d’uae pareille interprétation. Déjà'JLauth et Dugès avaient remarqué que les filets uerveusi ne présentent point partout cette disposition, Wagner avait même constaté, qu’ils se terminent en se confondant avec le tissu musculaire. Kühne, le prcv mier, fit voir que chaque fibré d’un muscle est pourvue d’une fibre nerveuse dont le cylinder axis pénètre le sarcolemme, opinion que les recherches de Doyère, de Quatrefages, de Leydig, de Meissner, ont pleinement confirmée. i Enfin, reprenant la question dans ces derniers temps. Rouget est arrivé i j cette conclusion que le cylinder axis du tube nerveux moteur se subdivise :i son extrémité, et que ses divisions terminales constituent, en s’anaslomosani et se fusionnant, en quelque sorte, une expansion de substance finement grai nuleuse, identique avec celle des filaments terminaux des corpuscules di. Pacini, des corpuscules ganglionnaires, etc., et en contact immédiat avec l;i| substance contractile du faisceau musculaire primitif. i

D’autre part, il est démontré, depuis Haller, que l’irritabilité est une fora inhérente aux muscles vivants et indépendante des nerfs moteurs, quoiqu’elK réclame pour son entretien le concours de nerfs sensitifs ou organiques, et di sang artériel, c’est-à-dire les conditions de la nutrition de tous les tissus vivants -l Le stimulus spécial transmis par les nerfs moteurs n’est donc que l’une de-i causes propres à mettre eu jeu l’irritabilité musculaire (1). La contraction s’opère par le raccourcissement du muscle avec endurcissement momentannj de son tissu, sans augmentation de l’afflux sanguin, sans changement de cou-» leur; pendant la contraction, les fibres sont agitées par un mouvement contiii nuel (agitation fibrillaire) et qui produit un bruissement particulier, percee; vable à l’aide du stéthoscope ou par l’application du doigt sur le conduit auri i culaire. Chaque fibre musculaire devient alors le siège d’une ondulation qu la traverse avec une grande vitesse, et qui détermine sur son passage un gon i flement de la fibre aux dépens de sa longueur. Malgré la rapidité et la peti ' tesse de ces mouvements, d’habiles expérimentateurs sont parvenus à les enre. gistrer graphiquement, et, grâce aux belles recherches d’ Aeby et de Marey, nou r pouvons nous faire une idée exacte de la durée, de l’amplitude, de la fornu* même des secousses musculaires.

On a établi, par des expériences directes, qu’une fibre contractée se rac-. courcit d’un quart de sa longueur; la rapidité de la contraction peut être très grande, comme dans le saut, dans la parole, etc.; quant à sa force, elle peu aller jusqu’à la rupture des os, des ligaments, des tendons. Rameaux (2) 1’; évaluée d’une manière ingénieuse : comme toute force peut être représenté! par une certaine masse multipliée par la vitesse, la force d’un muscle es

(1) Longet, Anatomie du système nerveux. Paris, 1843, t. I, p. 61, 69.

(2) Rameaux, Considérations sur les muscles, Vnns, 1834, iri-4.

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égale au poids qu’il supporlc, c’csl-à-dirc ii sa puissance, mullipliée par sa vitesse de contraction; il résulte de là que la l'orce d’un muscle augmente avec la vitesse de sa contraction : en effet, les ruptures des os, des tendons, etc. , surviennent dans des circonstances où la contraction musculaire a plus de vitesse que d’énergie, comme celles où il faut éviter un choc, une chute, etc. Dans le relâchement qui succède à la contraction, le muscle revient à ses dimensions et h sa consistance antérieures. Mais d’autres phénomènes accompagnent et suivent les trois temps élémentaires du mouvement : chaque stimulation nerveuse dirigée sur les fibres musculaires détermine une accélération de la marche du sang et une élévation de la température locale; chaque contraction, en condensant le tissu musculaire, active la désoxygénation du sang artériel dans les capillaires, exprime le sang veineux et le fait refluer dans les veines superficielles, qu’il dilate; les artères, protégées par des dispositions particulières contre les effets de cette compression, continuent de recevoir leur ' part de l’ondée systolique. Les muscles, prenant leurs points d’attache sur les ; pièces du squelette, exercent sur elles une traction en se contractant. Ces pièces étant presque toutes mobiles les unes sur les autres et toute contraction néce.ssitant un point d’appui solide, il s’ensuit que le mouvement le plus !• simple fait entrer en jeu l’antagonisme d’un nombre plus ou moins grand de muscles. Tels sont les phénomènes primitifs et locaux de l’exercice. Par sa répétition fréquente il favorise la nutrition des muscles, l’accroissement de leur i volume, la coloration de leur tissu ; les leviers osseux, tiraillés, sollicités par I l’action musculaire, se développent et leurs saillies se prononcent davantage. Mes surfaces articulaires se déterminent et s’adaptent mieux, leurs moyens Id’union se fortifient, les mouvements s’étendent et se perfectionnent; la cirfculation, d’abord augmentée dans les muscles qui se contractent, s’accélère ^bientôt d’une manière générale; !a fréquence et les autres qualités du pouls !sont en rapport avec le genre d’exercice, les efforts qu’il nécessite, la vigueur delà constitution et le degré d’habitude : la natation agite extraordinairement He cœur chez les novices, qui n’en supportent que de très-courtes épreuves; les sujets aguerris y résistent une demi-heure et plus sans trouble excessif de la Circulation. Les évaluations numériques que Nick a faites du mouvement circulatoire produit par chaque mode d’exercice n’ont aucune importance en î iraticpie. La respiration et la calorification suivent le rhythme du cœur. La icremière de ces fonctions s’exécute avec plus de vitesse, et l’air expiré est Wus altéré ; la seconde manifeste son augmentation par la chaleur générale et pes sueurs. Les muscles vivants respirent, c’est-à-dire absorbent de l’oxygène kèt exhalent de l’acide carbonique et de l’azote; ces phénomènes se continuent iii'-iicore dans les muscles de grenouille récemment préparés et à l’état de repos; w piand on en provoque la contraction, l’échange de gaz est plus que doublé, et il e développe en môme temps de la chaleur et de l’électricité (1). La seule con-

(1) Malteucci, Hcciterches sur les pliénomùiics jiliijsifjues cl ehuniifues de la coiilrac- "M musculaire {Comptes rewlus de l'Aead^ de-' seienees, J85G, 1. XLII, p.

M. LÉVY. Hygiène, 5' Éüiï. H. — 14

DES MODIFICATEURS. — f.ESTA.

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traciion sans locomotion snüit pour élever la clialenr. Becquerel il Brescliei (1) ont constaté que la température aiigmeute au moins d’un demi-degré pendant la conlraclion d’un muscle; d’après Peart, cité par Humboldt, on peut écliaufl'cr de plusieurs degrés l’eau d’un bain par l’agitation des membres pelviens; le docteur Beaumont a vu que» sous l’influence de grands mouvements du corps entier ou des membres, la temiiérature s’élève d’un degré et demi dans l’estomac plein ou vide. Les gens du peuple luttent contre le froid en se frappant sous les aisselles de leurs bras creisés. Les expériences de John üavy (2) montrent que l’exercice provoque une diffusion de chaleur et un accroissement notable de la température aux éxtrémités, tandis qu’il l’augmente peu ou point dans les parties situées profondément. Le sang étant considéré comme le milieu échauffant, l’excès de chaleur qui résulte d’une respilation accélérée se trouve entraîné avec lui par une circulation plus active et dépensé à la périphérie. Ce qui en prévient l’accumulation dans les organes intérieurs et profonds. J. Béclard (3) a reconnu que, chez l’homme, il se produit moins de chaleur par la contraction musculaire accompagnée de travail ■ mécanique que par la contraction statique, c’est-à-dire sans travail mécanique i utile; que la quantité de chaleur qui disparaît du muscle produisant un ira- i vail mécanique extérieur correspond à l’effet mécanique produit. Suivant cet '« expérimentateur, il n’y a que cette partie de l’action musculaire non utilisée 1 sous forme de travail mécanique extérieur qui apparaisse sous forme de cha- i leur; én d’aUtres termes, la chaleur musculaire est complémentaire du travail i mécanique titile produit par la contraction, et les produits de la contraction i musculaire, c’est-à-dire la chaleur musculaire et le travail mécanique extérieur, sont ensemble les expressions de l’action chimique dont le muscle est le ihéiàtre. Simon et Lehmann ont précisé cette action en montrant que les contractions musculaires énergiques ont |)Our effet d’augmenter les produits azotés ■ de la sécrétion urinaire. Helmholtz (é) a poussé plus loin cette recherche en i constatant le lieu d’onginede ces produits, c’est-à-dire de cette consommation! de cette matière. Deux membres de la même grenouille étant placés chacun ■ dans une petite caisse semblable, on sollicite la contraction derun par quatre à ciiui cents décharges d’un appareil d’induction, tandis qu’on laisse l’autre: au repos pendant le même temps; puis, les portions musculaires de chaque' membre sont détachées, pesées et soumises h l’analv'se. A l’aide de l'alcool, on obtient les matières extractiv’es solubles dans ce liquide, et voici dans quelles proportions :

(1) Becquerel et Brescliel, Annales de chimie et de phi/sùiue, 2“ série, t. XXXlXr 1). 132.

(2) John Davy, Annedes de chimie et de physique. Paris, 18A5, l. XllI, p. 187.

(3) J. Béclard, De la contraction musculaire dans scs rapjjorts avec la tempèrnluii

animale. Paris, 18G1, p. 02; et Archives yénérales de médecine, 18G1. f

(A) IlelmlioKz, De la consommation de. matière dans la confroctirai mttsetdaire 1 {Muller’s Archiv, 18A5. p. 72-83).

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DKS MOlVliiMKNlS EN GENf;i!AL.

b’oii l’on voit que l’exercice modifie la amstiiulioa chimique des muscles en auginenlant la propoilion des matières extractives, et cette modification porte priiicipalemoiit sur les matières azotées du muscle; car Melmlioltz, ayant dosé les proportions de graisse contenues dans les tissus, les a trouvées égales dans les deux membres de la grenouille. Quant au sucre (inosile) il dimiuiie d’une manière très-sensible pendant les contractions musculaires et se trouve I remplacé par une quantité à peu près équivalente d'acide lactique.

Un exercice soutenu, par la ]>erte matérielle et dynamique qu’il occasionne,

1 prépare une digestion et une absorption plus énergique, mais il trouble les I Ibnctions s’il co'incide violemment avec leur activité. Le docteur Beaumont a I vu qu’un exercice modéré élève la température de l’estomac d’environ un I degré, et fait marcher la digestion avec plus de vivacité. Les sécrétions péri- I pliériques sont activées par la locomotion aux dépens des sécrétions internes ; |l la transpiration cutanée, la synovie, sont versées avec plus d’abondance ; I: l’urine et le mucus diminuent en proportion. Quant à la nutrition, elle dépend, 1, d’une part, des forces radicales eide la ré|)aratk)n alimentaire et, d’autre part, I; de la durée et de l’intensité de l’exercice; il faut réaliser une éciuation physio- I logicpie entre <xjs deux tetattes. L’exercice détermine une perte représentée par la somme des excédants de matière trans|)irée par la peau, de substance 1)1 ùlée par lu res|)iration, de chaleur et d’innervation ; si la nourriture est prolK)rtionnclle à cette dé|ierdition, il en résultera une accélération dans les phénomènes de l’assiniilalion et de la décomposition interstitielles, sans atteinte à i l’inlégrilé de mas.se et de poids. L’exercice combiné avec le régime deviendi a r dans ces limites l’un des plus si'n’s moyens de réfection ou de renouvellement des matériaux de l’organisation. Le mode d’activité du cerveau qui met en jeu ' les instnmienls de la locomotion dilfère essentiellement de celui qui adapte 1 cet organe à l’expression des phénomènes psychiques; il semble même qu’il I existe, un antagonisme primordial entre ces deux formes de l’aclivité encépbai lique; de là, iwur les hygiénistes, la possibilité de combattre les prédominances variées du .sv.slème nerveux par l’exercice et la direction spéciale du sy.stèmc musculaire. Les pluénologistes liaduisent ces oppositions de la vie

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animale en disant que les exercices actifs musculaires laissent dans le repos les parties du cerveau qui correspondent aux aiïections morales et aux facultés intellectuelles : à ce prix, l’apaisement des passions et la sédation de la pensée, elïets purement négatifs, devraient coïncider toujours avec l’exercice de l’aj)pareil locomoteur; cependant, nous voyons l’action musculaire réunie à l’agitation morale chez le furieux qui se précipite. — Les phrénologistes ajoutent alors que les départements du cerveau qui président au mouvement et au moral agissent simultanément. Pour nous, nous constatons, sans l’expliquer, l’antagonisine très-réel qu’on observe le plus souvent entre deux modes de fonctionnalité cérébrale, dont l’un provoque la contraction musculaire et dont l’autre correspond à l’activité de l’intelligence. Toutefois^ comme l’iiarmonie de toutes les fonctions entre dans le plan de l’organisation, celles des sens et du cerveau sont loin d’exclure l’action musculaire ; au contraire, un exercice j modéré ranime la faculté de perception, perfectionne les sensations, réveille l’imagination engourdie, rend à la pensée sa force et son élan : Cicéron et | Pline attribuaient ces avantages à une gymnastique rationnelle; les anciens philosophes dissertaient en se promenant sous les ombrages; beaucoup d’écrivains conçoivent, élaborent leurs ouvrages en marchant. Piousseau dit dans ses Confessions : «La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées: ^ je ne puis presque penser quand je reste en place : il faut que mon corps soit i en branle pour y mettre mon esprit, o

2“ Quand il faut imprimera l’acte musculaire assez d’intensité pour vaincre une résistance considérable, il constitue ce qu’on appelle un effort, phénomène fondamental d’un grand nombre d’exercices tels que la course, le saut, l’action de comprimer, d’attirer, de projeter fortement un corps, etc. Le mécanisme de l’effort détermine la mesure et le genre d’utilité de ces différents exercices; il a pour condition la solidité et la fixité de la poitrine, point d’appui nécessaire aux muscles des parties qui agissent; et comme cette cavité est formée de pièces mobiles qui, mises en jeu par les puissances musculaires de l’inspiration et de l’expiration, ne rencontrent aucune résistance dans le tissu pulmonaire, elle ne peut se transformer en un système immobile que par la rétention momentanée d’un grand volume d’air dans les poumons. A cet effet, une grande inspiration verse d’abord beaucoup d’air dans les poumons; les muscles abdominaux et ex pirateurs se contractent pour expulser cet air; mais les muscles constricteurs de la glotte, par une contraction synergique, produisent brusquement l’occlusioti de cette ouverture, de telle sorte que le thorax, pressé entre les muscles abdominaux qui le compriment extérieurement en | repoussant le diaphragme en haut, et l’air inspiré qui le dilate du dedans au | dehors, est tenu dans une complète immobilité et présente aux muscles de la I tôle, du rachis, des bras, etc., un point d’appui pour leurs contractions les I plus énergiques. Les conditions de l’effort sont donc la suspension momentanée ï de la respiration et la forte pression de l’air contre les parois des conduits » aériens, c’est-à-dire l’immobilité du squelette thoracique, la force expansive )

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des gaz contenus dans les voies aériennes étant équilibrée par la contraction des muscles expirateurs (1); ses conséquences sont la compression des gros troncs vasculaires situés dans la poitrine entre les parois thoraciques et l’air qui distend les poumons, le reflux du sang veineux dans lés cavités droites du cœur, dans les veines caves, et dans tout le système veineux, etc. L’occlusion de la glotte n’est pas toujours indispensable pour la production de l’effort; il est des cas où elle reste ouverte pour les besoins de la respiration et de la phonation, pendant que la poitrine se maintient dilatée et solide dans ses pièces osseuses par une violente contraction des muscles. Sans invoquer l’exemple si probant des individus qui ont subi la trachéotomie et qui conservent la faculté d’exécuter des efforts énergiques et prolongés, il est aisé de constater sur soinième, comme l’a fait Verneuil, que l’on peut maintenir sa poitrine immobile et résistante, tout en continuant de respirer et même de parler; la respiration s’exécute alors exclusivement parle diaphragme et se dénote à peine par le soulèvement rbythmique de la région épigastrique. Verneuil (2) admet trois variétés de l’effort : 1” V effort général ou thoraco-abdominal, avec contraction des quatre sphincters qui livrent passage à l’air, aux aliments, aux fèces et à l’urine (glotte, cardia, anus, col de la vessie); cet effort pendant lequel les expirateurs sont surtout contractés avec force ne peut durer longtemps, il sert à lever un fardeau pesant, etc. 2° \d effort abdominal, ou expulsif; le thorax et l’abdomen sont rétrécis par la contraction des muscles expirateurs, les sphincters en partie ouverts, en partie fermés ; c’est l’elîort de l’accouchement. 3° V effort thoracique, qui, sans suspendre la respiration, s’effectue par la contraction brusque et énergique des mu.scles dilatateurs externes dn thorax, j contraction soutenue jusqu’à ce qu’elle cesse par la fatigue des muscles ou I par une pression de force supérieure à celle des puissances qui dilatent le j thorax.

A côté des effets physiologiques de l’effort, il est utile de mentionner les I quantités de travail utile que l’homme peut fournir en moyenne; l’expérience I a fixé à dix heures la durée ordinaire de son labeur quotidien. Toute espèce de travail peut être représenté, quant à la dépense de force, par un poids élevé à une certaine hauteur, et l’on nommera quantité d'action le produit I du poids ou de la force qui lui fait équilibre par le chemin que parcourt le j mobile. Ceci posé, nous empruntons à Laisné (3) les données suivantes, en I rappelant qu’on a pris pour unité de la quantité d’action 1 kilogramme trans- ■ porté h 1 mètre, et que l’on n’a tenu compte que des elfets utiles. :

(1) Longet, Traité de pliijsiologie, t. I, 1852, p. Gl.

(2) Verneuil, Société de chirurgie, séance du 21 mai 1856 {Gazelle des hôpitaux).

(3) Laisné, Aide-mémoire de T officier dn (jénie, 3“ édition, 18é9.

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