NATURE DI! TRAVAIL
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jourunltùrc.
1“ Transport horizontal des poids.
luldEf.
IlH'IlTS.
iirui'f'S.
lu.
Du homme marcli.Tiit sur un plan horizontal, sans fardeau, son travail consistant à transporter son propre poids
Idem transportant des matériaux dans un camion à deux roues, et revenant à vide
Idem dans une brouette, et revenant à vide
Un voyaa;eur porte-balle
Un manœuvre chargé sur le dos, et revenant à vide
2“ Elévation verticale des poids.
Un homme élevant des poids en les soulevant avec la main
Idem montant une rampe douce ou un escalier sans charge
Idem élevant des poids sur le dos, et revenant à vide
(io
Idem élevant des poids avec une corde et une poulie, et faisant descendre la corde à vide
is
Idem élevant des poids avec une brouette, sur une rampe au 1/12, et revenant à vide
Idem élevant des terres à la pelle, à la hauteur moyenne de l"’,(iO
.T® Action sur les machines.
Un manœuvre agissant sur une roue à chevilles ou à tambour au niveau de l’axe de la roue
Idem, agissant sur le bas de la roue .
Idem agissant sur une manivelle . . .
L’al)us (le l’cxercicc résulte de la violence d’un ou de plusieui-s elïorts: on voit alors les veines du front et du cou se gouller, la face rougir ou se couvrir d’une teinte violacée. D’ahord la circulation artérielle paraît augmentée, parce (]ue le poumon, compiimé par l’air, envoie au cœur tout le sang rouge qu’il contient; mais pour peu que l’elfort dure, le pouls devient petit et irrégulier, le poumon n’ayant plus de sang artériel à exprimer dans les cavités gauches du cœur : le premier de ces deux effets et le reflux du sang veineux expliquenl l’engorgement sanguin des systèmes capillaires de tous les organes, leur coloration plus intense, et la fréquence des ecchymoses, des hémorrhagies pro-
DES MOUVEMENTS EN GÉNEUAl..
phivée]
(luîtes parmi efl'ort violent ; on a inènie observé la rupture des cavités droites du cœur et des veines caves ; d’autre part, la tension de l’air emprisonné dans les voies respiratoires donne lieu a leur emphysème par rupture ou dilatation. Le résultat le plus ordinaire des clïorts excessifs est la sortie des viscères abdominaux par l’une des ouvertures naturelles de la paroi (}ui les protège; d’où la synonymie vulgaire de la cause et de l’elTet, et la multiplicité des liernies parmi les. classes ouvrières (lui exécutent de rudes travaux. La mort a (juel(|uefois interrompu un elVort extrême : due à des lésions diverses, telles (juc ruplur.' des cavités gauches ou droites du cœur, d’artères, de l’estomac, de l’œsophage, etc., elle n’avait été (|ue hâtée, parce que ces organes étaient anévrysmatiques, amincis, ulcérés, etc.; mais il arrive aussi que la respiration restant trop longtemps suspendue, l’hématose s’arrête sans retour et l’asphyxie se réalise. Quant aux muscles eux-mêmes, leur contraction extraordinaire peut amener la rupture de leurs libres ou celle de l’apophyse osseuse à laquelle ils s’attachent : le tendon d’Achille, l’olécrâue, la rotule, le diaphragme, etc. , ont été rupturés de celte manière. Le plus ordinairement une sensation de fatigue et même de douleur, jointe au besoin de respirer, détermine la fin de l’elforl, avant que des accidents graves aient pu survenir; cette sensation indique l’épuisement de l’inllux nerveux qui provoque la contraction.
3“ Une succession trop prolongée d’efforts ou de contractions ordinaires donne lieu à l’excès d’exercice. Les effets de l’exercice prolongé sont en rapport avec la force des constitutions et avec la quotité de la réparation. Les hommes robustes et bien nourris supportent beaucoup de fatigues; les athlètes consommaient une grande quantité d’aliments substantiels. Platon nous représente les athlètes plongés pendant la plus grande partie de leur vie dans le sommeil des gloutons : avec ce régime d’aliments, de repos et d’exercice, ils parvenaient à un degré de vigueur qui paraît jiresque fabuleux ; mais ces héros de la force musculaire jouissaient d’une réputation proverbiale de stupidité, l’activité cérébrale et sensitive languissait en eux. On n’en cite aucun qui ait atteint une grande vieillesse; la plupart mouraient jeunes, au rapport de Galien, de saint .lérôme et de Mercurialis. Ils faisaient de mauvais soldats, ne pouvant supporter aucune privation sans tomber dans l’épuisement. C’est ainsi que des forts de la halle, après vingt-quatre et quarante-huit heures de fièvre et de diète, donnaient sur le dynamomètre une force de pression une fois moindre que Laennec, affaibli par (juelques jours de diète absolue (Poissac).
i.a limite de l’excès d’action musculaire n’a rien de stable; elle est mar- (piée par la sensation de la fatigue, plus prompte chez les gens faibles et mal nourris que chez les personnes qui jouissent des conditions opposées. L’exercice exagéré détermine l’exagération de tous les phénomènes fonctionnels (lue nous avons rapportés au n" 1 de ce paragraphe. Autant une mesure modérée d’exercice favorise raccomplissemenl régulier de toutes les fonctions et procure de bien-être à l’économie, autant l’excès tend à l’épuiser et brise les liens de l’harmonie physiologique. La fatigue n’alieini |ias seulement les or-
216 DES MODIFICATEURS. — CESTA. [hygiène
ganes qu’im travail exagéré met en jeu; elle rejaillit sur tous les organes à la fois et peut aller jnsfiu’à porter le trouble dans les fonctions les plus essentielles. Sans parler de la soulfrance musculaire, des myodynies, des contractures douloureuses des fibres, de leur innammation, de celle des séreuses articulaires, etc., rappelons que la disproportion du travail avec l’aliment et le sommeil résume peut-être, aux trois cinquièmes près, la pathogénie et la mortalité des classes inférieures. L’épuisement du système nerveux cérébrorachidien, la débilitation des organes de relation et des viscères, telles en sont les premières conséquences. Quand cette énervation générale existe, on peut y remédier par le repos et une nourriture réconfortante; si ces moyens font défaut, l’imminence morbide se prononce, et ses coups, désormais inévitables, sont guidés par le tempérament, les idiosyncrasies, l’hérédité, les conditions de milieu et d’habitation, etc. : tuberculisation pulmonaire ou mésentérique, diarrhée chronique, faiblesse et anémie, accidents nerveux ou fièvre typhoïde, toutes ces affections qui peuplent les hôpitaux s’échappent du sein d’une même étiologie, ou plutôt elles ne forment qu’une seule maladie, la maladie de la misère, diversifiée seulement d’après chacune des lamentables individualités où elle s’implante. Toutes ces affections préludent obscurément par un même ensemble de symptômes : malaise général, brisement, contusion dans les membres, douleurs sourdes et obtuses dans les muscles, trouble léger de la plupart des fonctions, besoin impérieux de repos, c’est là ce qu’on désigne par le mot de courbature; état vague et indécis qui tantôt se dissipe du jour au lendemain, comme lorsqu’il succède à un .exercice immodéré de courte période, tantôt couvre d’un voile plus ou moins épais des lésions lentement élaborées dans la lirofondeur des viscères; et alors la courbature représente en quelque sorte la somme de toutes celles que fait naître chaque jour de labeur exorbitant, mais que l’ouvrier, en présence des nécessités de la vie, fait avorter par l’énergique tension de sa volonté. Tout exercice trop prolongé laisse à sa suite une sensation de lassitude profonde et d’épuisement général ; dès qu’il est porté jusqu’à la sueur, le suc gastrique perd de son acidité (Beaumont), et l’effet de toute fatigue est de ralentir l’action digestive. On observe en même temps un mouvement fébrile qui tient peut-être autant à une altération commençante du sang qu’à la surexcitation de l’appareil circulatoire ; car on sait que chez l’homme, comme chez les animaux, l’emploi exagéré des forces musculaires finit par amener un état typhoïde et rendre le sang incoagulable. Ainsi, épuisement des centres nerveux, prostration du système musculaire, trouble des fonctions digestives, altération du sang duc probablement à l’accélération excessive et soutenue de son cours, voilà les atteintes que le travail immodéré porte à l’organisme, voilà les phénomènes fondamentaux des épizooties typhiques qui ravagent les bestiaux surmenés, et des petites épidémies de forme analogue qui sévissent parmi les agglomérations d’ouvriers mal vêtus, mal nourris et condamnés à une trop grande dépense de forces. Les marches forcées, les grandes manœuvres, les exercices militaires trop prolongés, surtout
DliS MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL.
privée]
ceux que les soldats font à jeun, ont pour résultat une augmentation d’entrants aii\ hôpitaux militaires; l’excitation morale les soutient pendant les combats et les expéditions; mais si les distributions de vivres ne sont abondantes et régulières, ils sèmeront la route de leurs malades après la victoire comme après la défaite. Quand l’exagération de l’action musculaire n’est pas assez intense pour provoquer une telle acuité de symptômes, quand l’exercice journalier dépasse seulement d’une certaine ([uantité la mesure des forces et de la réparation organique, il agit d’une manière sourde et chronique, mais il ne conduit pas moins à un état de détérioration et d’asthénie générale qui rend réconomie plus vulnérable aux causes morbifères, plus perméable aux agents miasmatiques. De même qu’une alimentation insuffisante réalise tôt ou tard les •effets de l’inanition, ainsi l’exercice ]ieu disproportionné, mais continu, aboutit, par une dégradation lente de l’organisme, à l’imminence morbide que l’exercice très-violent et de moindre durée fait surgir brusriuement. La réaction morale tantôt retarde et tantôt précipite la marche des prodromes, etc. ; la maladie une fois réalisée, elle lui fait son masque de fièvre nerveuse, de turbulence ataxique ou de stupide adynamie. Les enfants se ressentent plus vite de l’excès d’activité musculaire; presque tous maigrissent un peu dans les premiers temps de leur application à la gymnastique. Une jeune fille de sept ms, bien constituée, maigrissait sans cause connue et do manière à exciter ma iollicitude de médecin : à force de questions, je découvris que sa mère lui faisait faire journellement des promenades à des distances énormes pour son âge; je les défendis et l’embonpoint lui revint. L’excès d’exercice ne peut être ndéfiniment compensé parla ration alimentaire et le repos; les secousses fré- '.[uemment imprimées aux fonctions de la circulation, de la calorification, de ’innervation, etc., amènent l’usure générale du corps, quoi qu'on fasse pour a prévenir: les chevaux de poste, bien nourris et bien reposés, n’arrivent pas moins à un état d'émaciation proverbiale; nous avons dit que les anciens ithlètes mouraient jeunes, malgré l’ordonnance généreuse de leur régime.
^i" Le repos est un élément de la périodicité qui régit les actes de la vie de realion; il a pour conditions organiques le relAchement des fibres musculaires 't la demi-flexion des membres, pour attitudes la station assise et le décubitus dus ou moins horizontal : les sauvages, qui n’ont point de sièges, se reposent lans 1 attitude accroupie, c’est-à-dire sur leurs talons. Le repos permet aux entres nerveux de réparer la dépense qu’ils font pour la stimulation initiale lu niouvement,aux muscles de refaire leur contractilité affaiblie par des aller- •aiions trop répétées de raccourcissement et de relâchement, aux organes de a respiration d’apaiser le rhythme fébrile que leur communiquent les se- I -ou.ssos de 1 exercice et les décharges de rinnervation dans le système muscuaire. La sensation de la fatigue est le signal (jue donne la nature pour le repos;
sentiment de la réfection en indique la mesure : ces detix limites sont moines comme les conditions d’organisation individuelle, variables comme le I giuie, 1 habitude, etc. Tel sybarite de cabinet sue à grosses gouttes à la pre-
2ia
[UYCIÈK
luiôre course qu’on lui fait faire, cl succombe à mi-cliemiii : huit jours d’exer cice doublent scs forces et son baleine. Nous avons déjà rappelé que dans 1 construction du cbemiu de fer de Paris à Rouen, les ouvriers anglais ayan déployé beaucoup plus d’énergie au travail que les oiivriers français, on mi ceux-ci au régime substantiel des premiers, et qu’ils accomplirent alors l même tàcbe. La durée et le nombre des repos nécessaires sont subordonnés • toutes les conditions de l’individualité, ainsi qu’à celles de la saison, des lieux du climat, etc., et au genre spécial de l’exercice. L’insulTisancc du repos dé termine les phénomènes de la courbature, et si elle est habituelle, elle en traîne les mêmes conséquences que la privation absolue du repos. De inêm l’exercice insuffisant délermine avec une gradation plus lento, mais aussi sûn ment, les mômes effets que le défaut absolu d’exercice. Les parties inexercé! ou non assez exercées reçoivent moins d’influx nerveux, moins de Ouid( sanguins; leur nutrition sS ralentit, leurs sécrétions cutanées et articulain diminuent; la chaleur est moindre dans les membres paralysés, même alo que la circulation n’y est point alTaiblie (1), et ces membres maigrissent ord nairement; en outre, la matière glycogène qui dans les conditions ordinair d’exercice est transformée, presque aussitôt qu’elle apparaît, par la nulritiddes éléments musculaires, s’accumule dans les muscles frappés d’inertie p, la section des nerfs moteurs (2) : or, la paralysie est l’expression exagérée d. phénomènes que le repos prolongé développe à un moindre degré ; l’engoui dissement, le raccourcissement des fibres, quelquefois leur rétraction en so les suites; la fonction des parties devient de plus en plus gênée et souvent d meure abolie. L’économie tout entière se modifie sous l’induence de l’inerl prolongée. Les fonctions plastiques se ralenlis.sent; l’appétit diminue, la d gestion est moins prompte, moins facile, et s’accompagne fréquemment d’u l)roduction de gaz dans les intestins; le pouls est moins développé, moins fi quent; le sang est lancé avec moins de force et d’abondance dans les pariii périphériques, dont la coloration diminue; l’air expulsé de la poitrine t moins dépouillé d’oxygène et moins chargé d’acide carbonique; les séci lions, notamment celles de la peau, languissent. L’oisiveté engraisse, mais favorise pas la nutrition proprement dite. On sait qu’un des moyens emplo) en Alsace pour engraisser les oies est de les rendre présque immobiles da des cages à compartiments ; dans cette condition, gorgées de maïs, elles acc mulent dans leurs tissus une quantité de graisse qui, suivant la remarque Peusoz, dépasse souvent do moitié celle que l’analyse chimique constate d; la nourriture consommée; en même temps leur sang se charge de princi) gras, et son albumine disparaît en partie ou se transforme. Les sens perdi de leur énergie, de leur précision et de leur sûreté, parce que l’exercice n< irauspoiTe dans l’espace où ils reçoivent des impressions plus variées et p
(1) Burüncli, Traité de }ilnisiolo(jio.. Paris, 18A1, t. I\. p. 047.
(2) Lonpcl, Physiotûjiic, l. I, 2“ édit., p. tQAA.
,rjvée} MOllVEMRNTS KN PARTK.ÜLIER. 210
lombreiises ; les facultés iiiiclleciuelles sc concenireiU dans le silence des or- ;anes, mais elles ne se pecfeclionncnt que dans l’ocdro des idées al)slcaites cl iiédilali\es. Quant à la génération, la puberté est précoce chez les oisifs et dans es professions sédentaires, tandis que l’exercice appelle sur le système musulairela force et les matériaux nutritifs que les organes génitaux délourneaiont promptement à leur profit. La salutaire fatigue d’une gymnastique opporinie fait taire jusqu’aux désirs : les anciens avaient personnifié dans la même «esse la chasse et la chasteté; l’innocence prolongée des adolescents de la campagne tient simplement aux occupations plus rudes qui leur sont imposées. Deux classes de nos populations semblent perpétuer le parallèle des résultats e l’exercice et de l’inaction musculaire : l’une, vouée à l’oisiveté, à l’inertie orpor(!lle des salons et des boutiques, aux professions sédentaires, présente n majorité les types organiques qui se résument dans le lymphatisme et la iiédominance nerveuse : l’autre, livrée aux travaux des champs et aux méiers qui exigent un déploiement plus ou môins considérable des forces musculires, paye un moindre tribut aux névroses et à la phthisie pulmonaire. Cette ■ornière affection suit une progression décroissante de fréquence parmi les rofessions, suivant qu’elles nécessitent des mouvenrenis assez prononcés ou •os inoHvemenis presque continuels qui mettent en jeu toutes les parties du ■firps (Lombard, de Genève) ; mais ces résultats dépendent de causes multiples, elles que les privations de toute espèce, le séjour dans un air confiné, etc. , et lon n’en peut conclure rigoureusement que l’exercice musculaire soit le corleclifde la phthisie, quoiqu’il concoure avec d’autres induences à en diminuer il fréquence, à en arrêter les progrès. Nous appliquons la même réserve à ►•assertion d’un hygiéniste qui considère la scrofule et le tubercule comme les léaux des populations casanières, et qui rattache l’extension de la constitution llrumense à l’époque où les villes se sont multipliées davantage, où les habiiations ont pris leur caractère actuel d’étroitesse et de spécialité, où la renaislance des arts et la culture des sciences et des lettres ont créé plusd’habilndos l'deiitnircs.
§ «. — l»i‘M iiioiiveineniM en iinrUeiiliei'.