‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 49 sur 196 · ESPACE · texte numérisé non relu

ESPACE

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Pas ordinaires (de 66 centimètres). . . .

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lUL'tI■e^.

Pas de route

Pas accéléré

Pas accéléré

Pas de charge

Pas raaxinnim

Ainsi le soldat français, voyageant par étapes, paixiourt, en inoyenue, un lieue de poste par heure, y compris les {>etites haltes. Les distances parcou» rues dans le meme temps, en rampe et eu terrain horizontal, sont dans 1 rapport de 2 à 5. Un piéton isolé qui fait une longue route peut fvarcour 6 kilomètres par heure, ou lüO mètres par minute; le pas de roule étant d 8 décimètres, il fait donc 125 pas dans une minute et 7Ô00 dans unejicun et il peut soutenir cette marche pendant huit heures et demie par jour sai nuire à sa santé. Le fardeau du soldat s’élevant à 70 kilogrammes, sa dépens de force en voyage s’exprime par la translation de 70 kilogrammes à 51 kilo mètres, ou de 3571 kilogiammes à 1 kilomètre.

DKS MOUVEMENTS EN PARTICULIER

ritéeI

T SuiU. — Il rcsiille d’niie impulsion assez forte pour animer le corps il’im mouvemenl supérieur à son poids, et il met eu action les membres et loiit le corps, qui, courbé sur lui-méme, se redresse comme un ressort. Üans la projection qui lui est imprimée par le saut, riiommc parcourt la diagonale d’une série de parallélogrammes construits sur les diverses impulsions obliques et ascensionnelles que lui ont communiquées les différentes fractions des ineinbres et du corps (Gerdy). Quand la pesanteur fait équilibre à la force ascensionnelle affaiblie, il cesse de monter, et. quand cette force est épuisée, il tombe. Dans le saut oblique, il décrit une parabole ; dans le saut vertical, il s’élève et tombe suivant la verticale; dans le saut de côté, le membre pelvien opposé au côté vers letiuel on se dirige agit plus que l’autre, qui, lui, se porte dans l’abduction. Ce qui agrandit la base de sustentation dans le sens où le écrits s’incline, augmente l’obliquité de l’autre membre par rapport au troue, et par conséquent sa foixe d’impulsion. Dans le saut sur un seul pied, il y a station sur uiï seul pied, puis mécanisme du saut ordinaire; mais le ix'ssoiT moteur étant diminué de moitié, l’ascension aura moins d’étendue. Dans le saut sur les mains, les membres supérieurs agissent comme les inférieurs dans le saut oixlinaire, mais avec moins de force et contre un iwids ))lus considélable, puisque le tronc reçoit l’impulsion à partir des aisselles, et non plus à l>artir des cavités cotyloïdes. En générai, le saut exige la contraction de tous les muscles extenseurs du corps, le jeu de toutes les ai ticulations ; mais les artirulatiotis des niembres intérieurs et les muscles qui étendent la jamlae sur le pied y concourent principalement, ceux-ci par une extension énergique et brusrjue, ceux-là par la rapidité et l’étendue de leur redressement : de ces conditions dépend l’intensité de l’impulsion communiquée au corps au moment où s’arrête le redressement articulaire, et par conséquent l’amplitude du saut; toutes choses égales, elle est d’autaut plus grande que la flexion est plus complète, la contraction musculaire plus forte, les membres inférieurs plus longs. Chez les animaux, la forcée du saut est eu raison du nombre et de la longueur des articulations dont se com^wse le membre inférieur ou postérieur, de la vigueur et de la Aîtessede contraction des muscles extetiseurs qui les déploient. Après l’exeixicc du saut, les muscles sterno-pubien et dorsosous-acromicn sont les plus endoloris. Quelelet a déterminé par des expériences la hauteur et la longueur moyenue.s du saut de l’homme considéré à divers âgc<s de la vie :

l.ongucm'ilu siiiit. lUutuur du s*m.

17 ans 2'", OA 0"',8l

1H ans 2"', IA 00

tf) à 30 2"', 18 0"'^88

l)ans les sauts que Loude appelle com|)osés cl compliriués,, le corps ne reçoit des membres inférieurs qu’une demi-impulsion, complétée par l’effort considérable des merrdires thoraciques qui saisissent avec les mains un point d’appui,

DES MODIFICATEURS. — ÜESTA.

[hïgiém 9

soil sur un objat qu’il s’agil de franchir, soit sur le sol à l’aide de longues per- q elles. Ces variétés du saut ont l’avantage de joindre 3 l’exercice des membres <1 abdominaux une action forte des muscles du tliorax, des bras, des avant-bras .1 et des mains. Le saut exerce tous les muscles, quoiqu’il tende à renforcer plun j particulièrement ceux des membres pelviens; il augmente surtout l’élasticité de • leurs libres et la souplesse des articulations. Méthodiquement employé, il donne i plus de précision et de régularité aux mouvements alternatifs de flexion et i d’exten.sion. Il comporte des intervalles de repos qui préviennent la fatigue; il :■ est de trop courte durée pour déterminer la gêne de la respiration et de la cir- i culation ; par la gradation des hauteurs d’où l’on s’élance il donne au regard î. plus de sûreté, familiarise avec la vue des lieux profonds, fait cesser les vertiges .;i de la peur, et dispose les articulations des membres pelviens à ployer sous le ■i poids du tronc de manière à épargner aux viscères qu’il contient le .contre-coup u des secousses et des chutes. Le saut peut nuire par l’ébranlement du cerveau, s de la moelle spinale, du foie, etc. ; la chute sur les talons peut causer instanta- li nément la mort. On évite ces dangers eu se laissant tomber doucement, toutes' 1 articulations fléchies, et en abordant le sol par l’extrémité des pieds pour dé- 1 composer la secousse. Toutefois il n’est pas toujours aisé de gouverner la chute r. d’un mouvement si rapide, qui, joint à la force et à la brusquerie des contrac-,( tions musculaires, occasionne des hernies, des entorses, des fractures, des.- l luxations.

3“ Course. — Mode de progression fatigant qui tient à la fois de la marche. I et du saut, la course se compose d’une succession de saltations prolongées daus^l la même direction et dans lesquelles le corps touche la terre, tantôt par un ■ pied,, tantôt parmi autre, et flotte dans l’air, entièrement séparé du sol, les-» jambes oscillant à la manière de deux pendules. Chaque mouvement complet : . de la course se compose des actes suivants : flexion et extension brusque de I l’im des membres inférieurs, projection parabolique du tronc en l’air, mouve- i ment en avant du membre inférieur opposé au membre moteur, application au sol du membre sustentateur, ainsi appelé par Gerdy, parce qu’il supporte momentanément le poids du corps pour devenir bientôt à son tour membre moteur. Les muscles de l’épaule, du bras et de l’avant-bras sont le siège d’une > contraction forte et permanente qui consolide le thorax contre lequel se serrent les membres supérieurs dont les fléchisseurs et les adducteurs sont en action. La course exige plus d’elforts au début qu’au bout d’un certain laps de temps; elle exige un point d’appui moins solide sur le sol que lasimplemarche, et les coureurs qui excellent à rendre leurs mouvements réguliers et imifornics laissent à peine sur un terrain meuble l’empreinte de leurs pas : phénomène qui n’a pas échappé à Virgile et à Ovide dans la description de la course de Camille et d’Atalante. La vitesse et la durée de la course sont en raison inverse du poids du corps et en rapport direct avec la puissance de la respiration, qui se mesure non par les proportions du thorax, mais par le degré d’altération de l’air inspiré. D’après Maissiat, elle est avant tout en raison inverse de la

DliS MOUVEMENTS EN UAnTICULlEIl.

l'RIVliE]

loDgueiir dos membres pelviens, considérés comme pendules. Les nègres suivent les pas rapides d’un cheval ; les indigènes de Formose et quelques autres peuplades sauvages prennent le gibier à la course. En Angleterre, des coureurs ont fait 25 milles par jours, il reculons, pendant six semaines : le coureur Toronsed a été, de la même manière, de Londres à Brigbton (72 milles) L«a huit heures. Ces hommes sont soumis à des préparations, dites entrameww^(l),qui ont pour but de réduire le poids de leur corps et d’augmenter la puissance de leur respiration. A cet effet, ou débarrasse leui s corps de la graisse et du suporllu des liquides qui abreuvent le tissu cellulaire, à l’aide lies purgatifs, de la diète et des sueurs provoquées le matin par des courses à jeun et entretenues ensuite par l’ingestion de boissons théiformes. Après cette première opération, qui exprime du corps les sucs inutiles, on s’occupe à développer les muscles et à donner plus d’énergie aux fonctions nutritives par un exercice graduel et régulier, combiné avec un système convenable d’alimentation. Indépendamment des conditions d’organisation qui constituent le coureur par excellence, il est quelques règles dont l’expérience a montré l’utilité : ainsi il faut rejeter en arrière la tête et les épaules, tant pour empêcher le centre de gravité de s’incliner trop en avant, que pour convertir la portion cervicale du rachis, les os des épaules et les humérus en un système solide qui serve de point d’appui à l’action des muscles auxiliaires de la respiration. Le balancement des bras, inverse au mouvement des jambes, corrige les aberrations latérales de la progression ; mais il ne faut point détruire, par l’excès de leur agitation, la fixité du thorax sans laquelle le bassin lui-même n’offre qu’un point d’appui vacillant aux membres abdominaux. On ne multipliera pas les contractions musculaires en relevant les jambes sur les parties postérieures et supérieures des cuisses ; on appliquera chaque pied sur le sol par toute la plante à la fois, car on ne peut courir longtemps et avec force sur la pointe des pieds. Au reste, étant données la taille d’un homme, sa force musculaire et la longueur de ses membres, on prévoit que sa vitesse de locomotion sera d’autant plus grande que ses membres, véritables pendules, battront plus, ou, ce qui revient au même, que la longueur d’oscillation de ses pendules propres sera moindre. Plus donc le centre de masse du membre se trouvera rapproché de l’axe de suspension au bassin, plus la vitesse augmentera, toutes choses égales ailleurs. iMaissiat, qui a émis des idées neuves et ingénieuses sur la station et la marche, précise ainsi les conditions nécessaires à une vitesse supérieure : pied petit et sec; jarret fin, mollet haut placé et de peu de masse, cuisse forte avec bras de forme analogue; en un mot, il faut des membres sommairement coniques, tels qu’on les goûte dans les beaux-arts (2). L’équilibre de l’attitude est plus difficile h conserver dans la course que dans la

(1) Jar4uemet, De entrainement chez l'homme au point de vue physiologique, prophylactique et curatif. Paris, 1868, p. âO.

(2) Maissiat, Mémoires de physique animale, 18/i3, p. 135.

M. LÉVY, Hygiène, 5® édit.

226 DES MODIFICATEURS. — GESTA. [iivcikne

marche; les chutes sont frequentes, le moindre achoppement les occasionne : les causes s’en trouvent dans la vitesse croissante du mouvement qui entraîne le corps en avant, dans la projection continue et alternative de la ligne de gravité d’un membre sur l’autre, dans l’étroitesse de la base de sustentation représentée par la pointe ou la plante du pied.

La course est un exercice violent; elle accélère la respiration et la circulation, exalte la chaleur animale, fait couler la .sueur : l’essoufllement tient à ce que le coureur, impuissant à faire les inspirations profondes et prolongées i dont il a besoin pour la succession des efforts, cherche à y suppléer par la fi é- t quence des mouvements respiratoires, afin de fixer autant que possible sapoi- i trine et sa colonne vertébrale. Dès que ce phénomène commence, il ne respire i plus que par les sommets des poumon^ dont les autres portions conservent t l’air nécessaire à leur distension : ce mode de respiration dure autant que le reste de la course, et ne cesse point aussitôt que l’on s’arrête. Les individus-! débiles ou à poitrine étroite s’essoufflent plus vite ; et ce serait faire violence à i leur nature que de les astreindre à la course; il en est de même des personnes ( obèses, à ventre proéminent : l’emphysème pulmonaire, des congestions vers ( la tête ou dans les poumons, les lésions du cœur ou des gros vaisseaux, seraient pour eux les suites de cet exercice souvent répété. Les coureurs ne tardent pas à ressentir dans l’hypochondre gauche un sentiment de pesanteur, et de gêne qui se change en douleur aiguë, et qui, rapporté à la rate, au diaphragme, est d’origine et de siège obscurs. La course peut devenir causer d’hémoptysie, de pleurésie, de gonflement splénique; quand elle est trèsrapide et soutenue, la respiration a beau s’accélérer, elle finit par devenir,' j insuffisante, et le coureur succombe à la suffocation ou à la fatigue. La course I modérée développe les membres pelviens, procure à tous les organes des I secousses utiles, influe sur la respiration, fortifie tout le corps; mais il faut y I être habitué et comme dressé. La course cadencée ou pas gymnastique remplit: I ce but ; on s’y prépare par des mouvements sur place accompagnés de la prononciation de monosyllabes à haute voix (un, deux; gauche, droite, etc ). Ces jj préliminaires assouplissent les articulations, renforcent les muscles des pieds,-» des jambes et des cuisses, rendent la dilatation des poumons plus facile et i d’accord avec les mouvements des organes locomoteurs; le rhythme favorise la »( répétition rapide et prolongée de ces divers actes par l’impulsion magique pi qu’il donne à la spontanéité organique. Le pas de course gymnastique ou i cadencé est de 1 mètre de long, et le nombre de pas est de 200 par minute; H le pied doit raser le sol, y poser légèrement [>ar les brisures phalangiennes, le .a haut du corps doit pencher légèrement en avant, et les avant-bras sont alternativement un peu lancés dans le même sens pour donner le branle au *i corps.

Le saut de la course est plus long que le pas de la marche, le premier dure b moins que le second; c’est donc dans la course que l’homme acquiert le luaxi- a mum de vitesse de déplacement. Les frères Weber ont obtenu les résultats hi

pj,„ée1 des mouvements en particulier.

suivants de vitesse maximum dans les trois modes de locomotion les plus usités :

Marche sur la pointe (lu pied.

Longueur du pas ou du saut 0'",7580

Durée du pas ou du saut 0'',323

Vitesse de déplacement, ou espace parcouru en une seconde 2“,3Û7

Espace parcouru en une heure . . . 8450

Marche sur le talon.

Course.

On voit par là que si la course pouvait se soutenir au maximun de vitesse, l’homme parcourrait en une heure une distance de sept lieues de poste [28 kilomètres).

Danse. — Mêlée aux rites des religions primitives, aux exercices de la gymnastique militaire des anciens (danse pyrrhique), aux plaisirs des cours les plus policées, aux festins allVeux des anthropophages, la danse n’est plus aujourd’hui que la frivole parade des salons ou l’indécente mimique des bals publics. L’exercice dont Socrate a loué l’utilité pour le développement de la force et de la grâce du corps, que le roi psalmiste exécutait pieusement devant l’arche sainte, qui faisait partie des solennités de l’Église primitive, que Henri IV et Louis XIV aimaient avec prédilection, cet exercice sert aujourd’hui d’accompagnement à l’orgie, ou se pratique dans le méphitisme de salons encombrés, avec des toilettes qui étranglent les formes organiques sans les protéger contre les vicissitudes de l’air, pendant les heures de la nuit où le corps affaissé réclame le bienfait du sommeil. Cependant la danse pourrait contribuer à l’éducation physique et seconder l’harmonie du développement; elle est un correctif de la vie sédentaire qui tient dans l’inaction les extrémités abdominales. Dans les figures variées qu’elle décrit, tantôt elle combine ensemble les phénomènes de la marche et du saut, tantôt elle agite d’un mouvement iccéléré et rhythmique toutes les parties du corps en l’entraînant dans les 'prons de la valse; elle force les danseurs à tenir la tête droite et les épaules i.’ffacées, et d’agrandir ainsi leur thorax; ils répètent avec vivacité les extenlions et les flexions, ils se trouvent à tout instant détachés du sol et flottants lans l’air par le redressement subit des articulations ; le choc qu’ils ressentent I chaque retombée se répercute dans tous les organes ; la circulation, la respi- ■ation, se précipitent, 1a chaleur s’accroît, la sueur coule, toute l’économie t:prouve une vive et agréable excitation. Les danseurs de profession nous bllreiu, dans leur structure, l’effet spécial de cet exercice journellement pra- '■iqué ; la nutrition exagérée des muscles du bassin et des membres pelviens, a proéminence de leurs fesses contrastent avec la gracilité de leurs membres I horaciques cl la maigreur de leur cou ; ces formes leur communiquent une i ippareiice semi-féminine. Le moral est souvent impressionné par 1a danse; le iiapilaine Cook en a fait pour ses équipages un antidote contre la nostalgie, die est, pour la jeunesse des deux sexes, une sorte de conflit autorisé où âme s’inspire de vagues instincts, où s’exaltent tous les penchants qui entrai-

[hygiène j;

lient la nature de l’homme à la sociabilité; sous l’aiguillon de l’amour-propre 'i et de l’émulation des sens, non moins que par la direction des actes muscu- -i laires, le corps se redresse avec plus de grâce, de ressort et d’agilité. L’in- q fluence physique et morale de la danse est une ressource ihérapeuiique pour h provoquer la menstruation en retard, ou pour en combattre les irrégularités; :| mais elle est pleine de périls d’un autre genre : trop répétée, elle surexcite les -1 organes de la circulation, si mobile, si irritable chez la jeune fille à peine pu--i hère, et la crainte d’être sevrée d’une jouissance favorite fait taire la douleur, signal d’une lésion grave qui débute et qui s’installe sous le prestige d’une i pîdeur intéressante et sous les coquettes splendeurs de la mode. Quelques per-sonnes ne supportent point le roulis de la valse; des symptômes très-analogues à ceux du mal de mei', tels que maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, syncopes même, les en éloignent irrésistiblement.

5“ Escrime. — L’exercice du pieu, auquel s’appliquait l’infanterie romainct dans le champ de Mars, est l’origine de l’escrime dont le Vénitien Marozzo a le premier formulé les principes (Modène, 1536). La fureur des combats sin-guliers attira à Paris, vers le milieu du xvi® siècle, un essaim de maîtresd’armes. Henri III les érigea en corps de communauté; Louis XIV leur; accorda la noblesse après vingt ans d’exercice à Paris. Quant à l’instrumentii de l’escrime, c’est l’épée avec les modifications que le temps lui a fait subir : • courte, forte et tranchante sous les Francs et les rois des deux premières races, . longue sous saint Louis (estocade), courte et large sous Henri IV (braque-; mart), ou large et grande au point d’exiger le maniement à deux mains (espa-j don), moyenne et plate sous Louis XIII ou à trois côtés formant triangle (carrelet). L’escrime nécessite une grande variété d’altitudes, la souplesse des: articulations, de rapides alternatives dans les mouvements de flexion et d’extension, de pronation et de supination, dans tous les muscles des jambes, des cuisses, des bras, dans plusieurs muscles du torse et de la tête, etc. Cominc' c’est la main qui porte et pare les coups, l’escrime perfectionne les mouvements partiels de la main (parades) et ceux de l’avant-bras (bottes); elle les combine, les mêle pour tromper l’adversaire par de fausses attaques (feintes) : l’assaut est l’image d’une lutte à outrance. Dans la défensive, les muscles de l’avant-bras et de la main sont les seuls qui agissent avec force. Dans la fente, le corps, supporté par les membres inférieurs fléchis, se projette brusquenieni en avant par l’extension de l’un des membres pelviens et l’abaissement simultané du membre thoracique du même côté. Pour la reprise de la position dite en garde, le tronc est vivement reporté à sa place par l’elîort combiné d’un bras, des muscles postérieurs du tronc et des deux membres inférieurs. I n’est pas d’exercice qui exige autant de force, de vivacité et de précision daiu les actes muscnlaires; la rivalité prolonge la résistance à la fatigue; l’imprévu si de l’attaque varie à l’infini les contractions musculaires et les poses du corps, n L’excitation de la lutte tend tous les ressorts, supplée à la force, fait taire I; d sensation de la fatigue; aussi les anciens recommandaient l’escrime pour fairt i

DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER

privée]

maigrir. Cet exercice développe surtout les muscles des membres, moins les jambes que les cuisses, assouplit les ligaments articulaires, distend la poitrine et agrandit ses diamètres, donne à tous les mouvements plus de prestesse et de sûreté, aux attitudes plus d’aisance et de fierté, imprime au tronc et aux viscères des commotions saccadées qui activent la circulation, applique les yeux à la juste mesure des distances et renforce leur faculté d’accommodation, réagit sur les facultés cérébrales en accélérant les déterminations et en procarant à tout homme le sentiment de ses forces. L’inconvénient de l’escrime, habituellement pratiquée, est de produire un excès de nutrition dans la cuisse, l’avantbras et le bras droit ou gauche, suivant que le tireur est gaucher ou droitier; le membre thoracique du côté opposé, servant seulement de balancier, n’exécute que des mouvements de totalité par l’articulation scapulo-humérale ou de légers efforts d’extension et de flexion ; même inégalité d’exercice et partant de nutrition entre les membres pelviens : celui qui est porté en avant supporte le poids du corps dans la fente et repousse le sol avec force pour le replacement en garde, tandis que le membre opposé ne joue que pour de faibles alternatives d’extension et de flexion. Les effets partiels de l’escrime n’affectent toutefois que les tireurs de profession, et sont corrigibles par l’exercice à deux mains : en se faisant droitier et gaucher à tour de rôle, on recueille tous les avantages de l’escrime, sans compromettre la symétrie de forme, de force et d’adresse des deux moitiés du corps.

6® Billard. — Il occupe sans fatigue l’esprit et le corps, perfectionne la faculté d’accommodation optique et l’adresse manuelle; on marche, on se penche, on se redresse; tous les muscles participent alternativement à cet exercice, qui n’est pas assez violent pour troubler la digestion : la conversation qui l’accompagne y joint l’exercice des organes vocaux et l’expansion heureuse du moral : mais il doit être pris dans un local vaste, bien aéré, et que n’empoisonne point un mélange d’émanations animales et de vapeur de tabac.

7® Chasse. — Elle constitue un ensemble d’exercices aussi variés que mal réglés; elle oblige à marcher, h courir, à sauter, à se pencher, à se tenir debout ou sur les genoux, à crier, etc. ; elle aiguise la vue et l’ouïe ; elle met en jeu l’adresse, la ruse, l’amour-propre. Portée souvent jusqu’à la passion, elle fait oublier le boire, le manger, les devoirs de la vie : voilà pour son action directe sur l’homme. Ensuite elle l’expose et l’aguerrit aux vicissitudes de l’atmosphère; elle le conduit dans les marécages, dans les profondeurs humides des forêts, sur les crêtes balayées par les vents, etc. Certaines chasses exigent donc la force plutôt qu’elles ne la développent; les hommes faibles ne peuvent braver la violence, la diversité, l’imprévu des épreuves corporelles qu’elles multiplient, sans compter avec les intempéries du ciel, les difficultés du sol et les dangers du maniement irrégulier des armes à feu. Pris dans une mesure restreinte et à de certains intervalles, cet exercice fait une utile diversion aux habitudes de stagnation sociale qui enchaînent tant d’individus, et il dissipe l’excédant de matière organique qu’ils amassent. Ceux qui s’y livrent

230 des modificateurs. — GESTA. [n-ïciÈMEil

constamment avec une ardeur excessive, finissent par éprouver les effets du<; mouvement exagéré : tandis que leurs membres thoraciques souffrent par insuf- • fisance d’exercice, leurs membres abdominaux s’allaiblissent par la continuité li des contractions et la persévérance de la staiion verticale. La jambe du dan- seur de profession est luxuriante de vigueur et de force, parce qu’il entremêle !• ses exercices de justes intervalles de repos; celle du chasseur émérite qui s’est t épuisé dans les chasses continues et violentes est souvent amaigrie et vari-queuse, comme il arrive aux rouliers, aux fantassins vétérans, aux distribu- • teurs de lettres.

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