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II. — Mouvements volontaires sans locomotion, ou station

On entend par station le maintien du corps dans une pose quelconque sans ç déplacement total ni partiel, les force? musculaires n’agissant que pour empê-cher la chute d’avoir lieu; elle diffère du repos où le corps est retenu en place’ par son propre poids. Les stations de l’homme sont très-variées. Dans toutes, . le centre de gravité passe entre le pubis et le sacrum (Borelli), et tombe danss la base de sustentation; les muscles se contractent instinctivement pour le* retenir dans les limites de cette base, ou pour l’y ramener lorsqu’il en dévie. , Dans toutes, le rachis supporte la tête, et, grâce à la cohésion de ses particules! osseuses et de ses ligaments, il résiste au poids des parties suspendues autour r de lui. Néanmoins, l’homme est moins grand debout que couché, moins! grand sous un fardeau qu’il porte plusieurs heures. Ce raccourcissement, qui i peut aller à 5 centimètres, est dû à l’élasticité des corps intervertébraux qui i cèdent à une compression momentanée et reprennent leur épaisseur quand! cette cause a cessé d’agir. La force de résistance du rachis est égale au carré *! de ses trois courbures plus un, et se trouve augmentée par la cavité dont les? vertèbres sont creusées ; le bassin résiste par son incompressibilité et par la i cohésion de ses ligaments. Les membres inférieurs joignent à ces moyens de '' résistance la conformation du fémur en colonne courbe, et du pied en voûte. .1

Les stations prolongées produisent dans les muscles les mêmes effets que ’ l’excès d’exercice : fatigue, roideur, contracture, etc. Ce sont surtout les mus-cles érecteurs qui les ressentent. Les stations peuvent déformer les os quand i elles sont prématurées, quand la constitution du sujet est mauvaise, quand les* efforts agissent dans une direction vicieuse, ou que les forces ne sont pas en i rapport avec le poids à supporter. Bien des enfants, pour avoir été exercés trop ' tôt à la marche, ont les jambes arquées ou déviées; d’autres, qui ont été mal i tenus dans les bras de leurs nourrices, ont une épaule trop élevée ou saillante en ; arrière. Le travail sur des tables trop hautes ou trop basses, dans des attitudes incorrectes, détermine les dépressions sternales, les incurvations rachidiennes, etc. I Dans presque toutes les stations, des vaisseaux sanguins sont comprimés par ' i la flexion ou par l’extension persévérante de telle ou telle partie du corps; j de Ih des engourdissements, des tuméfactions, des colorations en rouge ou en

DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER

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violet, et par la répétition fréquente de la posture qui produit ces phénomènes, des varices, des anévrysmes, etc. Les douleurs, les accidents, les lésions qui résultent de ces gênes de la circulation, atteignent plus particulièrement les sujets débiles, cacochymes et valétudinaires,

1“ Statio7i verticale. — La ligne de gravité aboutit à l’espace couvert et intercepté par les pieds ; si elle sort de ce polygone, l’équilibre est rompu, et la chute ne peut être empêcliée que par un effort musculaire ou un secours étranger qui ramène le centre de gravité dans la base de sustentation ; celle-ci augmente par l’écartement des pieds. L’attitude verticale, fort complexe, résulte de la station des différentes fractions du corps les unes sur les autres. Nous n’avons pas à la discuter : rappelons seulement que le pied, moulé sur le sol, sert de point d’appui à la jambe maintenue verticalement, et tout le reste de l’édifjce humain repose sur le tibia de manière à représenter un système de leviers du premier genre, superposés et consolidés les uns sur les autres par des puissances faisant équilibre à des résistances placées en sens inverse. C’est aux muscles contractés que l’on attribue généralement le rôle principal dans l’assiette rigide et invariable de différentes parties du corps humain debout. Maissiat nie que la contraction musculaire persiste aussi longtemps que nous ppuvons conserver certaines poses de station : l’extension du bras devient intolérable après un temps fort court; il est d’ailleurs d’observation que l’homme en station paisible se tient sur un seul membre. Cette attitude, que les physiologistes ont considérée comme exceptionnelle, comme un artifice de soulagement, Maissiat a démontré qu’elle est naturelle et s’effectue par un mécanisme dont le ressort est une bande fibreuse appelée par lui ilio-trochantéro-tibiale, et limitant la distance maxima du tibia à la crête iliaque, ou du grand trochanter à la crête iliaque. Des recherches de Maissiat il résulte que la station en attitude non symétrique, sur un seul membre, l’autre restant souple, fléchi et pendant du tronc au sol, est celle qui procure à l’homme le plus grand repos musculaire. Déjà Léonard de Vinci avait averti les peintres que la pose sur un seul membre est le caractère de l’attitude naturelle de station. L’installation de l’appareil optique est liée an mécanisme de la station comme à celui de la locomotion, La vue fait la sécurité de l’homme en repos, comme elle précise la trace et le lieu où il se porte par locomotion ; la convergence des yeux lui vaut la perception exacte des distances ; leur divergence lui permet la surveillance latérale, ambiante; et portée jusqu’à l’opposition, elle lui donne la perspective simultanée de tout l’horizon. Quand la station bipède se prolonge, la fatigue se fait sentir particulièrement dans le cou, le dos et les lombes, (|ui soutiennent la tête et le thorax, dans les muscles dos fesses et des mollets, qui s’opposent à l’abaissement du ventre sur les cuisses, et à la flexion des cuisses sur les jambes. La durée de la station verticale dépend du rapport entre la puissance des organes érecteurs et le poids des parties à .soutenir; elle fatigue vite les femmes enceintes, les individus à ventre proéminent ou chargés d’un fardeau, les individus à pieds plats, c’est-à-dire sans

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concavité plantaire, ce qui empêche leurs pieds de se mouler sur les inégalités du sol, et de lui transmettre le poids du corps par le mécanisme d’une voûte.- Des ceintures larges et bien appliquées aident à soutenir le poids des viscèresabdominaux, de l’obésité ventrale, de l’utérus distendu par le produit de la conception. L’attitude verticale est une cause de stase sanguine, de tuméfaction, quelquefois de picotements incommodes aux pieds, de varices aux membres, et d’ulcères que l’on guérit souvent par la situation horizontale; elle contribue, par l’effet de la pesanteur des parties, à la déviation des memhres et de la colonne vertébrale chez les enfants, chez les rachitiques, etc. ; elle favorise les syncopes, surtout après la saignée, et elle augmente la douleur et l’inflammation dans toutes les parties qu’elle rend déclives.

2“ Station sur les genoux. — Elle est, à bon droit, une posture de pénitence et de mortification, car le poids du corps porte surtout sur les genoux ^ mal disposés pour le soutenir, et le corps tend à tomber en avant. Aussi ne peut-on la prolonger qu’en s’appuyant en avant sur un prie-Dieu, ou en s’acculant sur les talons : le malaise commence dans le cou, le dos et les lombes. ' La peau des genoux, comprimée entre la rotnle et le sol, s’endolorit d’abord, puis s’endurcit et devient calleuse. Quand le siège porte sur les talons, la fa- ; tigue initiale atteint les pieds, et particulièrement les orteils; des bra^'ers peu-r vent devenir nécessaires aux personnes qui sont obligées de rester longtemps- 1 sur les genoux.

3“ Station assise. — Sur un siège sans dossier, elle ne repose que les cuisses et les jambes ; le mécanisme de station de la tête et du tronc restant à peu près le même que dans l’attitude debout. L’équilibre est assuré par la situation plus basse du centre de gravité et par l’étendue de la base de sustentation compriseï entre la pointe des pieds et les fesses. Comme cette base se prolonge plus en ' avant qu’en arrière, la fatigue survient à cause de la tendance du tronc à sei renverser en arrière. Dans un fauteuil à coussins moelleux, à dossier concave, souple et plus élevé que la tête, le corps, légèrement incliné, peut reposer presque aussi bien que dans la position horizontale, si ce n’est que les parties supérieures du tronc fatiguent un peu les parties inférieures par la quantité de leur poids, qui n’est point transmise au dossier du siège. On corrige cet effet en donnant au plan du dossier plus d’inclinaison. Les sièges trop bas condamnent les membres inférieurs à une flexion excessive; les sièges trop élevés laissent les jambes pendantes, et alors la circulation veineuse s’y fait mal, ou elles touchent le sol et se fatiguent à partager le poids du corps. Les jjcrsonnes maigres, dont les tubérosités ischiatiques ne sont recouvertes que par la peau, ne peuvent rester en sation assise sur des corps durs et inégaux. Les fauteuils trop doux, garnis de laine, de coton, de plumes, etc. , accumulent un excès de calorique sur les fesses, y déterminent des démangeai.sons, des éruptions de vésicules, de pustules, favorisent la production des hémorrhoïdes, etc. Les coussins mobiles, en forme de couronne, exercent une compression circulaire, qui refoule le sang vers la marge de l’anus. Les meilleurs

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sièges pour les gens de cabinet sont des coussins élastiques, garnis de crin, à convexité centrale, et posés sur des chaises de jonc ou de paille, et pour les voyageurs, des coussins garnis de crin et bombés au milieu.

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