übliuI'eJ type organique ET PHYSIOLOGIQUE DES RAGES. 2D
tioii qui lie prête à la môme controverse. La distinction établie par lletzius entre les dolichocéphales et les brachycéphales, subdivisés les uns et les autres en orthognalhes et en prognathes, lui a permis de distribuer les races de toutes les parties du monde et de les grouper suivant ces grandes affinités ; mais que de différences dégradation entre les uns et les autres (Primer bey)! Pourquoi la femme est-elle plus brachycéphale que l’homme? Pourquoi la dolichocéplialie et la brachycéphalie se rencontrent-elles dans plusieurs grands groupes humains (1), notamment parmi les Aryas, dont on ne peut séparer les Slaves brachycéphales, etc.? Même coïncidence de ces deux types crâniens dans le vaste groupe mongol (ïouraniens des linguistes) ; dans la Malaisie, à côté des populations brachycéphales, vivent des tribus entières qui sont dolichocéphales. Quoique la plupart des Polynésiens appartiennent à celte dernière variété, on trouve aux îles Marquises, à Fonga-Tabou, à Taïli, des brachycéphales qui ne diffèrent d’eux sous aucun autre rapport.
Il existe chez tontes les races humaines une remarquable uniformité relativement aux principales lois de l’économie et aux grandes fonctions physiologiques; mais, pour l’apercevoir, il faut faire la part des modifications qui leur sont imprimées: 1° en vertu des nécessités d’adaptation au milieu extérieur;
2“ en vertu de l’hérédité, qui fixe ces modifications et les habitudes acquises dans la descendance, quand plusieurs générations y ont participé. La température propre du corps est à peu près la même dans toutes les branches de la famille humaine ; la fréquence du pouls n’offre chez elles que des variations très-restreintes. Haller a accrédité l’opinion que le climat détermine l’époque de la nubilité et la durée de la fécondité des femmes. On a expliqué la dépravation morale et la polygamie de l’Orient par la proportion plus grande des naissances du sexe féminin et par la précocité du développement et de la vieillesse des femmes. Les recherches de Niebuhr établissent qu’il ne naît pas plus de femmes en Orient qu’en Europe, et celles de Roberton, que les époques des révolutions physiologiques qui s’opèrent dans la vie des femmes sont à peu . près les mômes dans les divers climats: de telle sorte, ajoute Prich'ard, que, devant les grandes lois de l’économie animale, tous les membres de la famille humaine sont égaux. Il ne faudrait point prendre h la lettre ce décret d’égalité |)hysiologi([ue; en ce rpii concerne l’époque de la puberté, on a noté des extrêmes énormes: 8 â 9 ans, 18 à 19 ans, chez quelques tribus américaines du iNord (Quatrefages, Rapport, etc., p. ‘6hk). Des extrêmes moins rares, 10 h 11 ans d’une part, 15 à 16 ans de l’autre, repré,senlent encore des écarts considérables; mais ils n’ont pas de fixité, et, dans l’immense majorité des cas, le,s différences se réduisent ii une variation moyenne de M\ mois; entre les femmes pauvres et les femmes riches, elle est, à Rouen, de \U mois au profil
(1) Pruner bey, Hémllats de crdnwmùlrie, etc. {hlétn, de lu Sociétà d’unlhrojiul., l. H, 1B6Ü, p. 423).
DES lUCES.
[UYGIÉNE ■ i
de celles-ci (1); à Marseille, de 6 mois (2), à Berlin, de 1 an el h mois (doc- >c leur Louis Mayer), à Florence, de 13 mois (3), à Christiania, chez les femmes - n norwégiennes, de 6 mois seulement, etc. La race et le climat se disputent, ’u chez les auteurs qui ont agité cette question, la priorité et l’intensité d’influence n sur l’ovulation. Lagneau impute à l’élément germanique, qui s’est mêlé, après • le départ des légions de César pour Pharsale, à la population primitive de ) Strasbourg, le retard de la première menstruation de ses femmes, qui coïncide il avec celledes femmesde Berlin, de Goëttingue (16 ans), el aux origines ligures, . t gallo-celtes et grecques des Marseillais, le type inverse de la même fonction ' t chez leurs femmes. A quoi répond Raciborski par une statistique de 1 00 femmes ■ li d^origine slave et de 100 femmes juives de Pologne où cette race, placée sous • t un climat opposé à celui de la Palestine, conserve sa pureté, statistique rédigée Ij |)ar le docteur Lebrun, médecin en chef de l’hôpital de l’Enfant- .Jésus à Var- » sovie, et qui aboutit à celle conclusion ; âge de la première apparition des règles • ^ chez les femmes sémites, 15 ans 5 mois et 26 jours; chez les femmes slaves • r catholiques, 15 ans 9 mois; différence, 3 mois et 4 jours en faveur de la race f juive. Citons un dernier exemple à l’appui du rôle qui est ici dévolu à la race: ; i les femmes esquimaux du Labrador ont la même précocité que les négresses >1 de nos colonies (Quatrefages). <
La plupart des naturalistes se contentent de saisir dans ces rapprochements ‘|l les indices qui militent pour ou contre la doctrine de l’unité ou de la raultipli- I cité des centres primitifs de formations anthropologiques; l’hygiène poursuit, i dans l’analyse de l’état des fonctions chez les races humaines, les particularités, .( les inégalités qui, pour être plus ou moins imputables aux influences extérieures • J n’affectent pas moins l’ensemble de la constitution, et font à chaque race, à i ' chaque nation, leur mesure de résistance vitale et leur imminence morbide, . \ leur physionomie normale et pathologique. Quelques dattes et un peu d’eau ii| suffisent à la nourriture journalière de l’Arabe du Sahara, tandis que l’Esqui- i mau se repaît d’une énorme ration de lard de baleine: celle différence d’ali- i mentation est nécessitée par le climat; mais les habitudes qui en dérivent : modifient l’état matériel et l’activité vitale des organes. De là des résultats ■ I organiques qui se transmettent à leur tour par la génération, i.es modifications ; acquises par les ancêtres deviennent ainsi les traits congénitaux de la cousii- i tution de leur progéniture. De père en fils, l’Arabe est svelte, agile, musculeux, quoique maigre; l’Esquimau, trapu, gras et pesant. Les peuples qui habitent depuis des siècles les hauteurs des Andes de l’Amérique méridionale (les Quichuas el les Aymaras) auraient, d’après d’Orbigny, la poitrine plus développée el les poumons plus larges que les tribus du jdat pays; vivant dans un air irès-raréfié, ils sont obligés de compenser celte circonstance par le vo-
(1) Leudel, Congrès iniernational médical de Paris. Paris, 1868,
(2) Raciborski, Traité de la menstruation, Paris, 1868, p. 221.
(3) Raffaellü Levi, ibid., p. 223.
publique] type organique ET PHYSIOLOGIQUE DES RACES.
lunie (le l’air inspiré, nous ajouterons ou par l’accéléralion des inouvemenls respiratoires. Leurs ancêtres, (jui vinrent les premiers se fixer dans ces régions élevées, ont eu à supporter le conllit dangereux de l’organisme avec un milieu pour lequel il n’était point créé. Le résultat de cette tentative d’adaptation, qui a sans doute coûté plus d’une vie, est devenu le caractère héréditaire de leur postérité. L’Indien des hauts plateaux du Mexique présente, d’après Jourdanet (I), une ampleur de poitrine disproportionnée avec sa taille, condition qui lui permet une activité musculaire, une puissance de travail, des fatigues, des courses, des transports à dos, etc. , impossibles à la race blanche, qui n’a pas encore accommodé sa respiration à l’air raréûé'deces altitudes (2). L’acclimatement d’une race ne s’achève qu’après une longue suite de générations: en d’autres termes, les changements qui ont pour objet d’approprier l’organisme au milieu s’opèrent graduellement, mais, une fois réalisés, ils se gravent en traits permanents sur la race. Le climat de Sierra-Leone, fatal aux Européens, épargne les naturels; que si l’on y transporte de la Nouvelle-Écosse des nègres libres dont les ancêtres ont habité pendant quelques générations un climat très-différent, ils éprouvent à leur arrivée les mêmes maladies que les Européens : preuve que l’immunité dont jouissent certaines races dans les climats funestes à d’autres provient, non d’une condition originaire, d’un antagonisme inné, mais d’une disposition acquise par les ancêtres et transmise par hérédité. Concluons que les races humaines, qu’elles émanent d’une source unique ou multiple, ont revêtu jusqu’à un certain point la forme physiologique des climats où elles se sont produites ou installées; que les migrations et les croisements sont, avec le climat, la cause la plus active de leurs métamorphoses; que les effets combinés de ces deux ordres d’inlluences s’impriment en caractères héréditaires dans les générations suivantes; que l’unité primordiale de l’espèce humaine, si elle existe, disparaît aux yeux de l’hygiéniste dans la multiplicité des transformations qu’elle subit, suivant les mélanges, les lieux et les temps, et par conséquent dans les différences de force organique qu’elles possèdent.
(1) Jourdanet, Du Mexique au point de vue de son influence sur la vie de l’homme. Paris, 1862, p. 98.
(2) Les observations et les résultats des mensurations faites sur l’Anahuac par Léon Coindel (/oc. cil.) confirment non l’ampliation thoracique des indigènes du Mexique, mais le fait général du rapporta peu près constant de l’ampleur de la poitrine avec la taille. Ce laborieux investigateur a mesuré le thorax chez 500 Français, 500 Mexicains et 200 Indiens de Tacubaya et a trouvé pour la moyenne totale du développement thoracique :
Chez les premiers 90,3é9
Chez les seconds 88,007
Chez les derniers 87,23
DES HACES.
[HYGIENE .'I
ARTICLE Iir.