SIU
^ Bas-Rhin
Haute-Garonne. . .
Nord
Seine-Inférieure. .
! Rhône
Loire-Inférieure. .
1 Bouches-du-Rhône.
Gironde
Sommes
Moyennes
On voit augmenter simultanément, dans les grandes villes, la fécondité et lia mortalité.
12 départements les plus montagneux de la France présentent ces moyennes :
I Fécondité, 1 sur 34,60 | Mortalité, 1 sur 43,00
! En divisant tous les départements de la France en deux séries, nord et midi, le cours de la Loire étant pris à peu près pour ligne de partage, •Adolphe Motard a trouvé pour :
I Départements du Nord. . Fécondité, 1 sur.. 35,57 Mortalité, 1 sur... 43,44 — du Midi.. — — 33,40 — — 40,00
Ainsi, mémo sur la courte échelle des subclimats de la France, on con- ’state l’action favorable du climat méridional sur la. fécondité et son action défavorable sur la mortalité.
Plus le climat est chaud, plus, toutes circonstances d’ailleurs égales, la moyenne de la vio humaine est courte, car elle est nécessairement en rapport avec la mortalité. Les cas de longévité qui se rencontrent dans les contrées méridionales et entre les tropiques n’infirment point cette loi ; au milieu de ces ravages, la mort peut laisser debout quelques existences chargées d’ans. Toutefois la statistique signale plus de centenaires là où s’allonge la vie moyenne, c’est-à-dire dans le Nord (Écosse, Angleterre, Norvvége, Russie et Sibérie),
Les climats insulaires et les climats maritimes participent à l’influence conservatrice de la septentrionalité : on cite beaucoup de centenaires dans les îles Bermudes, à la Barbade, à Madère, clans les anciennes îles Fortunées, dans
(1) Adolphe Motard, Traité d'hyrjiéne {lénéralr, P.nris, 1868, t. I, p. 360.
DES MODIFICATEURS. - CIRCÜMFÜSA.
[hygiène ■ (
les Hébrides, dans les îles occidentales de l’Écosse, etc. La moindre étendue ' des variations des différentes qualités de l’air, la pureté normale de l’atniosphère, une ventilation incessante qui purifie le sol et les habitations, eta, > telles sont, avec d’autres avantages signalés ailleurs (tome I''), les causes de la salubrité de ces climats. Mais quelles sont les causes qui communiquent un sifuneste essor à la mortalité dans les climats chauds ? Elles résident dans la nature du sol, dans le mauvais régime des eaux, dans les foyers d’infection: • que des pluies torrentielles multiplient tous les ans et que les rayons d’un ■ i soleil brûlant activent à certaines époques, dans l’intensité des mutations' r atmosphériques, etc. Peut-être gisent-elles en plus grand nombre dans l’im- ; perfection de l’hygiène publique : la civilisation est destinée à les éteindre. i N’est-il pas remarquable que les épidémies que la civilisation a presque étouf- | fées dans notre société occidentale se montrent d’autant plus fréquentes que l’on se rapproche de l’équateur (Schuurrer)? La peste, la fièvre jaune, la dysenterie, les fièvres pérnicieuses, sont les endémies des pays chauds. En admettant que le climat est l’une de leurs causes, niera-t-on la complicité de la société demi-barbare où ces fléaux prennent naissance?
Par une disposition de la Providence, la fécondité se règle, en de certaines' limites, sur la mortalité des populations. Nous avons constaté plusieurs foisdéjà cet admirable concert de la vie et de la mort : les climats le reproduisent. . Si l’on compare les deux températures extrêmes de l’Europe, on voit qu’en Portugal il naît 5,10 par mariage; en Suède, 3,62 seulement (Benoiston de Châleauneuf); en France même, la moyenne des naissances, prise sur cinq ans (1821-25), est de û,3û par mariage dans nos départements du Midi, et' de 4,00 dans ceux du Nord. La fécondité augmente donc du nord au midi, et ' compense sous les latitudes australes les moissons plus abondantes de la mort. . Dans les climats septentrionaux où la vie moyenne se' prolonge, les naissances' sont moins nombreuses. A Saint-Pétersbourg, de 1813 à 1822, la proportion des naissances aux décès n’a été que 100 à 134; sa population ne s’est donc ! soutenue dans cette période que par le renfort des immigrants.
L’histoire nous montre d’immenses populations s’ébranlant et se précijiitaiit i du Nord sur le Midi. Les événements politiques n’ont pas été l’unique mobile de ces migrations turbulentes; mais, lasses de lutter avec les climats du Noi'd, i et de solliciter pour leur subsistance un sol ingrat, elles sc sont ruées avec i choc sur les terres heureuses de la France, de l’Espagne, de l’Italie : c’est le même instinct qui dirige sur les plaines fertiles de la Chine les invasions des liordes sauvages (|ui errent dans les déserts de la Mongolie; ce sont les mêmes causes qui entraînent les habitants de l’Irlande, du Palatinat et d’une partie de l’Alsace dans les Etats-Unis de l’Amérique, les Basques à Alontevidco et à Buenos-Ayres, etc. Dans les plus riches contrées, l’exubérance de la population produit les mêmes effets qu’ailleurs la stérilité du sol. Toutefois, le temps des grands déplacements de masses liumaines semble passé, comme celui des grands mouvements dans les éléments de la constitution géologique du globe.
poblioi'e] I>ES climats. AH
£1 il est douteux que le.s émigrations dont nous sommes les témoins, malgré les développements qu’elles prennent par intervalle, puissent affecter la force d’un pays au profit de la force d’uu autre. C’est encore l’infatigable Legoyt qui a fourni à l’hygiène des données précises sur les phénomènes curieux et persistants des émigrations (1). De tous les peuples, ceux d’origine germanique ii{ Allemands, Anglo-Saxons) ont toujours manifesté la tendance bien plus liéucrgique à s’étendre, à porter au loin, dans le monde entier, leur placide et lopiniàtre activité. Ils ont envahi la Pologne, la Gallicie, le duché de Posen, le Holstein, le Schleswig, les provinces russes de la Baltique; ils se mêlent aux Hongrois, descendent lentement les deux rives du Danube, et ont fondé des établissements en Crimée. La Hollande, comme les provinces flamandes de la ►Belgique, comme les deux tiers de la Suisse, portent l’empreinte du génie ^germanique, non encore elïacée dans l’Alsace ni dans la Lorraine; ces deux provinces de la France, poussées par le même instinct, sont celles qui fourtnissent aux États-Unis d’Amérique la plus forte proportion du contingent annuel de l’émigration française. Celui de la race anglo-saxonne se compose, en majorité, d’Irlandais, puis, dans un rapport à peu près égal à la population, d’Écossais et d’Anglais. De 1620, année du départ des frères pèlerins, jusqu’en septembre 1853, Lock évalue à 9 millions et demi le nombre total des émigrés ■irlandais. Les Anglo-Écossais qui partent sont petits fermiers, petits marichands, artisans; le droit d’aînesse n’est pas étranger à leur expatriation. Après le Royaume-Uni, c’est la Suisse qui, à cause du prix élevé du sol natal, ivoit partir le plus grand contingent, composé de robustes agriculteurs. — La France et l’Italie comptent le moins d’émigrants; encore beaucoup des nôtres ne dépassent-ils pas l’Europe : l’Espagne attire depuis longtemps les industriels ambulants, les colporteurs des départements qui forment le groupe montagneux de la haute Auvergne (Creuze, Corrèze, Cantal); la Russie nous lemprunte des ingénieurs, des ouvriers, etc., pour les chemins de fer. En 1857, les États-Unis exerçaient la plus forte attraction sur nos compatriotes ; dans les trois années suivantes, cette primauté pa.ssa aux deux provinces de la Plala. Voici la statistique de notre émigration de 1857 à 1860, et l’indication du but de ses voyages :
Destinations.
Nombre.
Proportion sur 100.
Europe
Algérie
Autres pays
Amérique du Nord
Amérique du Sud
Australie
Canada
Colonies françaises
Autres pays
(I) Legoyt, ü émigration europénnne, ses principes, scs causes, ses effets, avec un ai'pendice sur f.’émir/ration africaine, hindoue et chinoise, Paris, 18C1, in-8.
/jl2 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène i
Prise eu masse, l’émigration, d’après les documents anglais, de ^8^l7à i 185îl, a présenté, en moyenne, 55 hommes pour Zi5 femmes, plus de céliba- I taires que d’hommes mariés, les enfants dans la proportion de 1/5 de l’effectif ) total; la majorité des émigrants compris entre dix-sept et quarante ans, tous. i industriels et cultivateurs, les premiers plus nombreux de 7 pour 100 que les derniers. La mortalité en mer a été en raison directe de la longueur des tra- i versées ; pour une période de douze ans (1847-1858), à destination d’Australie, ! de Tasmanie, du Cap, de Natal et de la Nouvelle-Zélande, elle a été de 4,966 ' sur 257 225 émigrants, = 1,93 sur 100, le sexe masculin (adultes et enfants i de un à quatorze ans) résistant un peu moins que le sexe féminin aux fatigues i de la navigation. On comprend d’ailleurs la part qui revient ici aux souffrances i et aux privations endurées avant l’embarquement, à l’installation et à la nour- i riture des passagers. Joignez à ces chances néfastes les pertes de navires i nombreuses quand ceux-ci partaient sans inspection préalable, 1 voyageur I noyé sur 70, tandis que les bâtiments inspectés n’ont fourni qu’une victime j sur 252, et ceux armés pour le compte du gouvernement n’ont pas eu un^ j seul sinistre à déplorer. Aujourd’hui, le trafic de ces transports humains estréglementé, surveillé, cautionné, et la sollicitude des gouvernements suit les pauvres émigrants jusqu’à leur destination.
L’accroissement de la population résulte de l’excédant des naissances sur les décès ; le rapport numérique des habitants avec la surface territoriale (nombre | d’habitants par lieue carrée) exprime sa densité, etc. Il suit de là que les I climats se jugent finalement par l’accroissement et la densité des populations.. | Or les tables dressées par de HumboldtetBalbi mettent en évidence la précli- | lection de l’espèce humaine pour les zones tempérées, où la vie est également i à l’abri des surexcitations énervantes du soleil tropical et de l’influence ; engourdissante des froids extrêmes, où la végétation déroule ses formes les I plus variées, les plus nombreuses, et marie les produits de l’équateur avec ' ceux du Nord. La population afflue surtout et se multiplie rapidement sur les I côtes médiocrement élevées au-dessus du niveau des mers, dans les régions; ; largement accessibles au soleil, à l’humidité et à l’air, triple agent de la salubrité des climats et de la fécondilé du sol, dans les plaines sillonnées par les grands fleuves, véritables artères du globe : telles sont la Chine, qui voit s’agiter 150 millions, d’autres disent 300 millions d'hommes, dans des plaines immenses arrosées par le Kiang et par la mer Jaune; la péninsule de l'Inde, qui fait vivre plus de 100 millions d’hommes, la Perse, l’Asie Mineure, l’Egypte, les péninsules d’Espagne et d’Italie, l’Europe tempérée. En deliors de cette zone amie de noire espèce, et à laquelle s’ajouteront plus tard les deux portions tempérées de l’Amérique, on voit 2 millions d’habitants dispensés dans l’Asie boréale sur 465 000 lieues carrées, 4 ou 5 millions de Tarlares nomades dans le désert de l’Asie centrale, 80 millions d’habilanl.s jetés sur rimmensc continent d’Afrique; et, comme les climats extrêmes agissent dans le même .sens, on ne trouve en Russie que 12 habitants à peine
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par kilomètre carré, tandis que le rapport s’élève en Autriche à 55, en Prusse à 60, en France à 67,46 (1851), en Angleterre à 129, etc. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue le rôle énorme que joue la civilisation dans le groupement et la densité des populations. Cette inlluence se prononce dans les chiflies comparés des ((uatre derniers États sus-indiqués, qui dilfôrent entre eux moins encore par leurs conditions climatologiques que par la direction des esprits, par l’activité des capitaux, par les progrès de l’agriculture et de l’in- I dusirie, etc.
ARTICLE IV