‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 98 sur 196 · II · texte numérisé non relu

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jj50 UES MOUIFICATEUKS. — CIUCUMFÜSA. [hygièke

par les balcaux les matières solides qui y sont converties en poudrelte ; les autres les liquides versés par le dépotoir et qui, amenés par un canal à ciel ouvert dans une fabrique de sels ammoniacaux, sont rejetés dans la Seine près de Saint-Denis après avoir été «ses. Les matières solides et liquides^ apportées au dépotoir, ont été préalablement désinfectées dans les fosses d’aisances. L’ordonnance de police du 8 novembre 1851 autorise le transport elle dépôt des matières solides désinfectées dans des locaux autorisés où l’industrie privée les exploite; ce sont des voiries particulières; elles ne sont autorisées qu’à la condition de désinfecter de nouveau les matières sur place, de manière à rendre ' la désinfection permanente. Cette condition n’est guère observée ; nous avons | visité inopinément avec plusieurs de nos collègues du conseil de salubrité la fabrique de poudrette attenant à l’abattoir municipal d’Aubervilliers, et bien que les prescriptions de police y parussent négligées, il y avait très-peu d’odeur par une température de 25 degrés centigrades (juillet 1856), grâce à la désinfection préalable des matières dans les latrines et quelque peu sur place.

Dans le Nord de la France, les cultivateurs recueillent les matières fécales dans des fosses bien closes où ils les laissent plus ou moins longtemps pour les répandre ensuite sans préparation sur le sol; ces fosses, appelées citernes à i engrais, sont assimilées aux voiries et rangées dans la première classe des éta- ^ blissements insalubres, bien qu’elles ne donnent lieu à des émanations incommodes que lors du chargement et du déchargement de l’engrais. Ce sont des • caves de maçonnerie situées à des distances variables des fermes et sur les bords • d’une route ordinairement pavée, à l’extrémité du plus grand champ d’exploitation ; leur fond est pavé de grès ; les quatre murs et la voiite cylindrique qu’ils portent sont faits de briques, puis enduits d’une couche épaisse de chaux hydraulique qui les rend imperméables; elles ont deux ouvertures, . l’une dans le mur du nord pour l’accès de l’air, l’autre dans l’épaisseur de la voûte pour l’introduction et l’extraction des matières; ces fosses ont une. contenance moyenne de 6 à 700 tonneaux. L’agriculture, si perfectionnée! dans la Flandre française, est très-intéressée à obtenir l’assimilation deS' citernes à engrais aux établissements insalubres de la deuxième catégorie.

Quelles que soient les voiries, leurs causes d’insalubrité se réduisent aux' suivantes : 1“ emplacement trop rapproché des centres de population et sous ' la direction des vents habituels ; la Grande- Villette recevait en plein les émanations de Montfaucon par les vents du sud qui régnent 63 jours par an à q Paris, et la Petitc-Villelte par les vents du sud-ouest qui soiifllent 67 joure; 1 2° terrain perméable ou non, sec ou humide; les eaux vannes de Montfaucon c liltraient a travers les fissures et les crevasses des bancs de plâtre où étaient ï creusés les puisards; et, parvenues à la couche de glaise sous-jacente, elles sc t répandaient dans tous les puits du faubourg du Tcmjîle, et en corrompaient li les eaux; 3° nature et provenance des matières : les vidangeurs reconnaissent u celles de certains quartiers, des hôpitaux; avant le régime de la séparation et n

publique] des villes. 451

de la désinfection dans les fosses, on reinarqnail une pins grande putridité, une plus grande violence d’émanations; la séparation préalable des matières réduit la masse h évaporer et accélère la dessiccation du contenu des bassins;

mode d’exploitation des voiries : avant la mise en pratique des procédés actuels de désinfection et d’utilisation, les matières solides passaient lentement par toutes les phases de la putréfaction, et émettaient, avec d’excellents principes d’engrais, des torrents de vapeurs fétides; les liquides se perdaient dans les puisards ou s’écoulaient dans la Seine en amont. Encore aujourd’hui, dans beaucoup de petites voiries, comme dans celle de Saint-Denis, que j’ai visitée, on épuise le liquide des bassins; on extrait de leur fond les matières épaisses qu’on étale sur les terrains voisins; on les divise au moyen de la herse; une fois séchées, on les écrase, on les passe à la claie, et on les amoncelle en grands tas jusqu’à leur vente; souvent les tas s’échauffent, fermentent, et perdent avec les gaz qui s’en échappent une partie de leur valeur. Les bassins à ciel ouvert sont des surfaces d’évaporation délétère, activée par les vents qui se chargent de leurs miasmes.

Les moyens d’assainissement des voiries fécales se déduisent de ces faits. Les plus efficaces sont une surveillance incessante, une propreté sévère, l’abondance des eaux pour les lavages, une ventilation active, la désinfection des matières, leur prompte transformation en produits utiles, l’épuisement des liquides que les voiries déversent finalement dans les cours d’eau. Tardieu et J. Régnault ont examiné une bouteille des eaux mères de Bondy, puisée au sortir de l’usine : ces eaux, qui s’écoulent de la fabrique de sels ammoniacaux et se rendent dans la Seine, ont encore, à un faible degré, Todeur des eaux vannes de voiries et une teinte ocreuse, que le contact de l’air fait passer au brun noir; leur odeur se prononce par l’ébullition qui ne trouble point leur “ transparence; concentrées, elles dégagent rôdeur fétide qu’on obtient par r l’évaporation des urines, même récentes; 500 grammes d’eaux mères ont I fourni un résidu extractif pesant 13*%50, composé de chlorure d’ammonium 1 (sel ammoniac) en proportion notable, de cblorure de calcium (traces) et de t principes extractifs colorés. Quant aux matières solides que l’on utilise sur j: place, la difficulté est de les maintenir désinfectées ; cette obligation est pres- : que toujours éludée, parce qu’elle entraîne une dépense de temps et de matériaux; souvent les mélanges des matières et des désinfectants se font mal; h enfin, l’engrais qui en résulte paraît moins actif et a subi une dépréciation, a peut-être à cause de l’addition frauduleuse d’un excès de matières inertes sous ' prétexte de désinfection. Les procédés appliqués par Richcr dans la voirie de : Bercy paraissent écarter cette fraude ou cet inconvénient : le botelage (ma- ' tières demi-solides) est, dès son arrivée, mélangé avec une certaine espèce de i schiste carbonifère et une terre ferrugineuse à laquelle on ajoute de l’acide pyroligneux. Les matières, étant ainsi parfaitement désinfectées cl solidifiées,

' sont ensuite placées dans des moules et fournissent des briquettes que l’on praline en les saupoudrant do charbon de bois irès-divisé, pour y retenir les

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gaz et les produits ammoniacaux qui se perdent dans la fabrication ordinaire de la poudreite, ce qui réduit la valeur de l’engrais.

C. Voiries d'animaux morts. — Destinés à recevoir les cadavres des •< animaux non comestibles et ceux des animaux comestibles qui, par mesure de salubrité, sont exclus de la consommation de la boucherie, ces établissements ont pour but de soustraire aux yeux de la population un speclacle dégoûtant de destruction, de la préserver, par leur situation excentrique, du mépbilisme des opérations d’équarrissage, de convertir les débris animaux en produits utiles. Le nombre des animaux qui meurent ou que l’on abat dans les villes et dans les campagnes est énorme; il s’accroît dans des proportions ruineuses, quand des épizooties, comme la peste bovine, ne laissent d’autre chance de préserver les troupeaux que le sacrifice immédiat des animaux ■ atteints. Autrefois, les ateliers d’équarrissage étaient annexés aux dépôts de matières fécales; on trouve encore, même aux environs de Paris, quelques' exemples de cette sordide association. Sans remonter aux temps où des voiries • particulières existaient dans l’intérieur des villes, on peut lire dans les rapports ; de Parent- Duchâtelet et de Huzard les immondes conséquences de l’atelier d’éciuarrissage qu’on avait établi auprès du bassin de décharge de Montfaucon, les chairs musculaires découpées pour l’alimentation des chiens, les entrailles exposées pour attirer les mouches et produire des asticots à l’usage des pê- , cheurs, les intestins et les ossements abandonnés sur le terrain, les carcassesbrûlées seulement tous les huit jours au nombre de lAO à 150, et plus anciennement quand il y en avait 7 à 800 disponibles, etc., etc. Les procédés de Salmon et Payen ont opéré, il y a dix-sept ans, une réforme salutaire dans cette industrie : le sang est recueilli, la peau et toutes les parties utiles aux arts sont enlevées; le corps coupé en quartiers, le sang et les issues sont soumis dans des caisses de fer à l’action de la vapeur; au bout d’une heure et demie à deux heures, il ne reste plus que des os entièrement décharnés, et ‘ des chairs à l’état de hachis qui, exprimées par la presse hydraulique, four- ( nissent des tourteaux analogues à ceux de noix ou de colza, que surnage toute |< l’huile contenue dans les os et les chairs. Ces procédés sont appliqués à l’abat- m toir municipal d’Aubervilliers, situé à une lieue et demie de Paris et de Saint- li Denis, où il entre moyennement 6 à 8Ü00 chevaux par au, 15 à lOOOü chiens et chats. Les animaux vivants sont assommés, leur sang, recueilli dans de petites auges de pierre qui forment égout et desséché dans des chaudières de i fonte, est vendu à l’état de poudre inodore aux fabricants de |)roduits chiini- ni ques. Les animaux morts sont déposés immédiatement dans les stalles d’aba- h tage. Les peaux sont enlevées, et dès qu’il y en a assez pour un chargement n de charrette, on les expédie aux tanneries. Les intestins sont crevés pour (| l’extraction du crottin que l’on mêle aux engrais fabriqués; la chair, les os et n les viscères subissent une cuisson de huit à neuf heures dans des chaudières li ou grands cylindres de fonte verticaux, mis en communication avec un gène- \ rateur de vapeur ; celle-ci traverse tout le chargement qui se compose d’ordinaire i

, des villes.

publique] , 1 (loublC“foncl qvgc

de uois à (lualie chevauv, cl, comlcisdc, redescend ans

et séparée des os; ccux-ci, iuC métatarse,

animal ou de e„rne aux lablelliers, lem-s tendons

r câr S “m 'et fournissent encore, par une faible cuisson, une aux fabricants de oUatine c ^g,.

huile de qualité dans une machine à haclier, mélangé

avec le ciottin de rliauffé au générateur. Apres sa

vastes él^es ™

"7s mLable qu’on 'le pulvérise sur la demande des consommaun acide eras volatil, dont l’odeur spécifique est plus intolér q

;::e7trnp„trid^t je l'ai sentie, etie ne sais comment on pe^

au delà d’une minute sans lipothymie. Que des mouches q P

sucs des chevaux morts et putréfiés depuis longtemps se d po

d'nn boucher on viennent piquer les ouvriers, des accident ^

7 mil'; X adressée à Trebnchct, le grand nombre d'acc, dents survenus anx^nvriers fi’mestcs stirlont dans les premières années d'exploitation, alois que l'on brisait encore les os des membres avant de les ^

diètes- il remartme t|u'ils étaient dns aux blessures presque impeiceplibl ,,ne le’s ouvriers négligeaient de faire cautériser, tandis qu'ils soignaient miet

^54 des MODIFICATEURS. - CmCüMFÜSA. [hygiène

les largos coupures où l’inoculation leur paraissait plus à craindre Colli<^non signale chez les ouvriers 3 cas de charbon suivis de mort, 1 cas de pustule maligne due à la piqûre d’une mouche, 3 cas de farcin ; il ne s’est jamais nréseiiie aucun cas de morve; d’après lui, l’inoculation de la morve sur l’homme produit le farcin, qui, pris à temps, guérit le plus souvent, tandis que lechar» bon est incurable, s’il n’est traité instantanément avec vigueur.

L’assainissement des voiries d’animaux morts gagnerait au svstème de Séguin, qui consiste à décomposer leurs débris avec les matières fécales dans des cornues de fer analogues aux cornues employées à la distillation de la houille- 1 obtenait du charbon animal et un gaz d’un grand pouvoir éclairant; mais cè système a deux ecueils: la condition de la dessiccation préalable des substances

Fopm don mucipes sulfurés en forte

Il est des voiries insanifiables, par exemple celle de Saint-Denis, où l’on se oine a recueillir le sang des chevaux abattus ou morts que l’on enfouit ensuite dans un tumulus de 5 à 6 hectolitres de terreau arrosé avec le sang; après un aps de trois à quatre mois, la décomposition paraît achevée : on attaque alors a coups de pelle le nouvel amas de terreau, on en extrait les ossements. Cet enfouissement s opéré au-dessus du sol, dans les amas de terreau, entre le langai de 1 abattoir et un mur de clôture, dans un espace de ù à 5 mètres. C est bien la, comme on l’a appelé énergiquement, le commerce officiel de la putréfaction . nous avons assisté aux opérations fort simples de cette révoltante incustrie. Ailleurs on pratique encore l’immonde production de l’asticot L quarrissage clandestin atteint par moments des proportions qui inquiètent i industrie régulière des voiries autorisées.

Parent-Duchâtelet a soumis l’établissement des voiries aux conditions suivantes: 10 défendre dans l’établissement le travail des boyaux et celui de la colle, 2 n y laisser faire de composts ni d’asticots; 3“ terminer en un jour toutes les operations de voirie pour chaque animal, afin qu’il n’en reste aucun debiis et quon puisse laver à grande eau; /,o daller les abattoirs en pierres dures et impregimes de mastic hydrofuge jusqu’à refus ; 5» daller de même ou paver avec bain de ciment et chaux hydrauliques les ateliers où sont transportées et préparées les dilTérentes parties des animaux; 6» un réservoir versera pa clés robmets 1 eau à flots partout où elle sera nécessaire; les eaux de lavage c^letont dans un bassin construit comme les fosses d’aisances, ne se vidant

rlrmnpV'* capacité suffisante pour les vidanges de

et nrolnnî^p^'' DDveiia son contenu à la Seine par un tuyau souterrain

évacuées danTh'^’ ^ Si and courant de la rivière; les eaux sales ne seront ' J- * ‘‘ ji^i’i’ et pendant la nuit ; 7» les foyers des

e e“ émmrns complètement les vapeurs

ill'ée d’at doT '/''"S" ’ ‘^l^vés et une dluble

» ‘ ‘“Id^'oches entoureront la fabrique; 9° les ouvriers

,,e dc„„,u lja,n.s eu suni.- avec leu,. „abUs „e uavail ; lo: les voi.Ûres qui

DES VILLES

poBLiû'J*'] froi'iiipq (le zinc à leur

-- avec

progrès est néccBsai I cet se pi P ’ ^ ^ l’application de moyens de

de toutes les opérations ‘ ‘ p idigation de déclarer aux commis-

saires de police le décès des animaux i la compagnie

vingt-quatre heures après la ‘ ^ „^,,p,eipal de Paris ; il n’a de

maritime qui exploite aujouid préserver les substances animales

chanceux que le choix des « P d’aluminium et du bichlo-

de la fermentation putiide. La . indication; mes collègues

cure de fer (2 p. lüO d’eau) pani JP^^p^^^alle) et moi, nous avons exa- Trebuchet, Chevallier, Fournel, Job Jiaires et autres qui, après

miné, dans l’usine d’Aubervilliers, de 1‘ maintenues depuis

une immersion de et de fraîcheur remarquables,

plusieurs semaines ^ J, a Gironde a constaté, en 1855, l’effu

Une commission du comité d hygiène (te ^ dans les ateliers

cacité antiputride des moyens emi^ , -amélioration des

d’équarrissage, les pose même de procéder à l’embau-

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