PRIVÉE] EXCRÉTIONS CUTANÉES
cnfanls est moins odoraïUc et moins aigre que celle clos adultes ; celle des personnes à cheveux blonds et roux n'affecte point l'odorat de la même manière que celle des individus bruns; quelques races humaines, telles que les nègres et les Caraïbes, paraissent avoir aussi une sueur d'une odeur particulière. Enfin, il est des constitutions qui ne transpirent point. Une disposition excessive h suer, quand elle ne coïncide pas avec une alimentation exubérante, est un indice de l'atonie de la peau et souvent de tout l'ensemble; la peau est alors aussi plus délicate et plus impressionnable : la moindre oscillation de l'atmosphère, le plus faible courant d'air TafTecte et retentit sympathiquement sur les organes internes. Active et perméable, elle diminue pour rijomme la chance des affections des organes respiratoires et abdominaux, des maladies catarrhales et hémorrhoïdaires, etc. En oblitérant par des enduits imperméables la surface d'évaporation cutanée, Foucault (1) a déterminé chez divers animaux des désordres graves, suivis de mort plus ou moins promptement H. Boulay, ayant enduit de goudron, ou d'une double couche de colle forte et de goudron, la peau préalablement rasée de plusieurs chevaux, les a vu périr avec les symptômes de l'asphyxie ; l'autopsie a fait voir tous les tissus gorgés de sang noir, surtout les muqueuses, les poumons et le foie : la rétrogradation de l'acide carbonique non éliminé par la peau a-t-elie donné lieu à une asphyxie lente (de neuf heures à dix jours) ? Longet incline à cette interprétation. D'après Hufeland, des causes qui contribuent à multiplier parmi nous ces maladies, ainsi que la goutte, la phthisie, l'hypochondrie, les ûèvres gastriques, bilieuses et muqueuses, la plus active, c'est notre négligence à entretenir notre peau dans un état continuel de propreté et de vigueur par l'usage des bains. Principal théâtre des crises, il faut qu'elle soit perméable et douée d'une grande énergie pour que la nature dirige vers elle les mouvements de sa force médicatrice. Le dernier des hommes, dit Hufeland (2), a l'intime conviction que l'entretien de la peau est nécessaire à la santé des animaux. Le palefrenier néglige tout pour étriller, bouchonner et laver son cheval ; et si l'animal tombe malade, à l'instant même il soupçonne qu'on a bien pu négliger les soins de la propreté. Chez la plupart des hommes la peau est obstruée et privée d'action : l'omission des bains et la malpropreté sont générales parmi les classes inférieures ; dans les rangs plus aisés de la société, les vêtements trop chauds, les fourures, les lits de plume, la vie sédentaire, l'air confiné des appartements, débilitent et relâchent la peau.
2'' I^ matière fournie par les glandes sébacées^ qui, dans les parties où elles existent, disposées généralement en grappe et dans un plan superposé aux glandes sudoripares, forment, d'après Gh. Robin (3), deux groupes, les unes
(1 ; Foncault, Comptes rendus de V Académie de^ sciences de Paris^ t. VI, XII et XVI.
(2) Bufeland, La Macrobiotique, ou l'art de prolonger la vie de VhommCy traduit par A. J. L. Jourdan. Paris, 1838, p. 359.
(3) CharJet Rotio^ Histoire naturelle des végétaux parasites, Paris, 1858, p. 488.
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sébacées proprement dites, ayant ane embouchure commune avec les petits follicules pileux, les autres s'ouTrant dans de larges follicules pilifères; le produit qu'elles sécrètent, et qui apparaît sons forme de gouttelettes graisseuses dans leurs cellules, sert k protéger le corps papillaire, à coosenrer & la peau sa souplesse, k en adoucir les frottements* surtout aux plis qu'elle forme, à la soustraire à la macération des liquides, k préserver les poils de rhuroidité. Le fluide sébacé, ou smegma, graisse le papier gris placé sur la peau ; par excès de sécrétion ou de malpropreté, il s'accumule avec le prodoit de la desquamation épidermique jusqu'à produire des couches ou croûtes de matière grasse, onctueuse et odorante. L'analyse de la matière contenue dans un follicule sébacé agrandi a donné à Ness d'Esenbeck de la stéarine, de l'osmazôme, des traces d'élaîne, de la matière salivaire, de l'albumine mêlée à delà matière caséeuse,.et diflérents sels inorganiques. 100 parties de l'humeur sébacée qui recouvre la peau des nouveau-nés ont donné : 10,15 de margarine, d'oléine, de margarates et d'oléates alcalins ; 5,i(i0 de matière axotée, d'épitbélium, etc« ; 86,65 d'eau. Le smegma cutané est sécrété abondamment par le cuir chevelu ; il enduit et pénètre les cheveux, qui semblent en être des conducteurs ; cette excrétion est encore plus considérable chez les animaux, notamment chez les brebis, dans ki laine desquelles elle forme le suint Après le cuir chevdUf c'est au voisinage des appareils des sens qu'elle abonde le plus : tels sont la cbasrie sécrétée par les glandes ,de Meibomius et la caroncule lacrymale ; le cémmen, qui sort liquide des cryptes du conduit auditif et s'y épaissiL L'extrémité libre des ongles est aussi le siège d'une légère sécrétion de smegma cutané ; enfin il est très^copieux aux pieds, qu'il entoure d'une crasse noirâtre chez les individus malpropres, aux ot|;aoes génitaux des deux sexes ; cliez l'homme, il forme ï la couronne du giand un dépêt blanchâtre qui, outre les autres éléments de la matière sébacée, contient de la cholestérlne ; il acquiert parfois une âcrcté putride, et Lallemaiid le considère comme une des causes de pollution et de masturbation. Les réflexions que nous avons laites au sujet de la transpiration s'appliquent encore icL Le moyen Jiygiénique par excellence contre les inconvénients de l'accumulation do produit sébacé, c'est l'eau sous forme de bain général et partiel, de lotion et d'ablution â l'extérieur et à l'intérieur (injeaioos entre prépuce et gland), etc. Noos traiterons plus bas de ces applications.
3* L(> pigment qui, propre à tous les hommes (les albinos exceptés), détermine la coloration générale et permanente de certaines races, et, chez les antriv, est l'élément des colorations locales ou accidentelles. U s'accumule dans la couche profonde des cellules épidermiques qui repose sur le» papilles ; très-apparent chez le nègre et le mulâtre, il se laisse apercevoir facilement sur les mamelons colorés des femmes Manches. Ëst-il destiné k défendre la peau contre les effets de l'irradiation solaire 7 Ev. Home concentre sur son bras nu les rayons du soleil : sa peau dcvieiit dooiooreQse et des plyctènes s'y montrent; on nègre, cependant, soumis k la même expérience^ n'en ressent
PUlviE] HYGIÈNE DU SYSTÈME PILEUX. 31
rien; suivant qu'il couvre son bras d*un drap noir ou d'un drap blanc, il supprime ou renouvelle les premiers effets, résultat que nous expliquerons plus loin ( Vêtement).
U'' Les couches épidermiques qui déterminent la périphérie dn corps. Sec, solide, translucide, l'épiderme s'épaissit en quelques parties, notamment aux paumes des mains et aux plantes des pieds; s'use et se renouvelle par le frottement des corps étrangers; s*amincit et s'exfolie à sa surface sous forme de petites écailles qui abondent au cuir chevelu et qui se détachent dans le bain de tous les points du corps; absorbe l'humidité, qui le renfle, le ramollit et le blanchit, comme cela se voit après l'application de cataplasmes; même sur le vivant il s'empare des acides, des sels métalliques et de divers pigments végétaux, et les colorations qui en résultent ne disparaissent, le plus souvent, que par la desquamation de la portion d'épiderme qu'elles occupent, et son remplacement par une nouvelle couche épidermique. L'acide sulfurique et le nitrate d'argent noircissent Tépiderme, le chlorure d'or le teint en pourpre, le nitrate de mercure en brun rouge, le carthame en rouge, le roucou en jaune, l'indigo en bleu. Ces faits sont intéressants pour le choix des vêtements sous le rapport de leur couleur.
IL — Ongles et poils.
Les surfaces recouvertes par les productions pileuses fournissent quelques matières excrémentitîelles (fluide sébacé, écailles); en outre, ces productions elles-niénfies dépassent dans leur accroissement les limites de leur utilité, et nécessitent chez l'homme civilisé une tonte périodique; les parties exubérantes qu'il retranche s'ajoutent à la somme dn déchet que forment les excrétions.
1<» Les ongles sont des plaques de nature épidermique, translucides, blanchâtres, fleiiUes, étalées sur le dos des dernières phalanges des membres ; répîdenne fait corps avec leur surface supérieure et inférieure, de sorte qu'ils tombent quand l'épiderme des doigts ou des orteils se détache. Soutiens de Textrémité des doigts et des orteils, ils protègent les séries de papilles qui leur sont sous-jacentes, et qui impriment à leur face inférieure des stries longitudinales. Ib sont composés de substance cornée, d'une très-petite proportion de matière analogue à la gélatine ou à la ptyaKne, d'un peu de graisse, de phosphate et de carbonate calciques. Les acides et les alcalis caustiques les attaquent, les dissolvent : c'est là tout le secret des pâtes préconisées pour les annocir et leur donner plus de transparence. Quelques peuplades sauvages ont rbabtiude de les teindre avec le cbici, le roucou, le henné, l'anotto, etc. Les seuls soins qu'ils exigent, c'est d'être lavés et brossés, surtout à la face inférieure de leur extrémité libre, qui est le siège d'une sécrétion légère de fluide sébacé; quand ils acquièrent une longueur incommode, il faut les couper en demi-cerde ; ceux des orteils doivent être coupés carrément, non en rond ni trop court : c'est le moyen de prévenir leur incarnation, infirmité fréquente au grosorteflf et qui nécessite tme opération très-douloureuse.
32 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [HTGlÊliE
2^ Les |X)ib>, qui par leur mode de développement ont tant d'analogie avec les dents, couvrent une grande pariie do corps; la peau n*en est entièrement dépourvue qu'aux paupières, à la paume des mains, à la plante des pieds, à la face dorsale des dernières phalanges des doigts, à la face intenie du prépuce, au gland et au clitoris; ils abondent à la partie supérieure et postérieure de la tête, au voisinage de l'ouverture des cavités (barbe, sourcils, cils, poils du nez et du conduit auditif, des régions génitales et de l'anus) ; leur couleur pâlit ou se fonce^ suivant l'intensité de l'illumination solaire des climats, de manière à protéger contre l'action de cette cause : l'absence des sourcils et des cils ou leur canitie précoce détermine parfois des ophthalmies rebelles. Les poils sont élastiques, flexibles par la matière grasse «pii est sécrétée autour d'eux; mauvais conducteurs du calorique, idio-électriques, doués de Tétectricité positive, très-hygrométriques, ils sont remarquables par leur souplesse pendant les temps et dans les contrées humides ; la chaleur les dessèche, les racornit Ils partagent ces propriétés avec l'épiderme, dont ils réfléchissent toutes les conditions : comme lui, ils sont susceptibles de s'exfolier un peu à leur surface, et les écaiUes qui s'en détachent les rendent rudes au toucher, quand on passe sur eux les doigts de la pointe vers la racine. On observe cet état des cheveux chez les individus dont l'épiderme crânien se gerce et manque de smegma; leurs cheveux arides se cassent et tombent. L'épiderme du cuir chevelu est-il au contraire solide, luisant, onctueux, la chevelure qui le garnit est naturellement souple et d'un facile entretien. On voit par là que l'état des cheveux, comme celui des dents, se lie aux éléments de la constitution, aux conditioiM de la santé gém'rale; leur conservation est au prix des soins que celle-ci réclame. Néanmoins l'exhalation locale du cuir chevelu commande des précautions : une juste mesure d'aération, la préservation des extrêmes de chalcui et de froid, la propreté et la netteté de l'épiderme, la proscription des topi< ques irritants et des manoeuvres qui tiraillent les bulbes pilifères et eudolo* rissent le cuir chevelu, ce qui ne peut manquer de réagir sur le folUcuh pileux lui-même. Protecteurs naturel*» de la tète contre les impressions extrêmes de l'atmosphère, contre U:s in^mist^iom qu'ils amortissent, les chcveui sont en même temps l'oniemHit le phi% iKible et le plus précieux de la figun humaine. Les femmes U^ hï^^M rr^itre H flotter en boucles ondoyantes, oi les relèvent tressés en a>uronn<f mr U'MT ti^ie; elles oublient qu'à force dh les serrer, de les tirailler, i'e \i:% U/rAnt, t:lUi% fatiguent le cuir chevelu, casscni le poil, et en altèrent le bnWit: lui -ff^raie, f^rur nuque se dépouille en prcoite) lieu : c'est la région où le |Mil t:%l hrUftutmi tendu ; ensuite le sillon ou raû qui sépare les clieveux ju^qu'au vcrtex, et au delà; res|)èce de ratissurc di peigne fin n*est |)as étrangère à Télargifisement progressif de cette calvitk d'abord linéaire. La chaleur du fer dehsécbe le [K>il, irrite la peau : uLa coiffure qui, sous le rapport de l'hygiène, ainvienl le mieux aux femmes et sur tout aux jeunes filles, est celle qui tient les clieveux doucement relevés e serrés le moins possible ; celle qui couhistc à les lisser soigneusement, à le
privée] hygiène du h\i>TKMË PILEUX. 33
disposer en larges bandeaux, de manière qu'ils soient facilement et toujours aérés, à les démêler matin et soir, à les brosser avec soin et légèreté, et les enrouler mollement Si, pour les besoins de la coiiïure, on est obligé de les serrer, de les nouer fortement, îl faut avoir plus tard soin de les laisser reposer, de les tenir flottants pendant quelques instants, matin et soir (1). »
L*bomme obéit aux convenances de l'état social où il vit en réprimant par des coupes périodiques l'exubérance de sa chevelure. Quelle est l'influence de cette pratique? £lle excite légèrement le cuir chevelu^ et donne un nouvel élan à la croissance des cheveux ; ceux-ci naissent, en efliet, dans un follicule placé dans 1 épaisseur et au-dessous de la peau, et percé à son fond par des ramiûcations déliées des vaisseaux et des nerfs : les organes producteurs des cheveux, continuant de recevoir après la coupe de ceux-ci la même quantité de matériaux plastiques, se trouveront dans une sorte de pléthore momentanée et de suractivité formatrice. On peut comparer ces phénomènes à ceux qui succèdent à toute perte de substance : l'organisme y pourvoit avec l'élan d'une lièvre physiologique. La sensation de chaleur et parfois de démangeaison qui se répand dans tout le cuir chevelu s'explique par le mouvement de la vie organique, et par les tractions et froissements dont s'accompagne la coupe des cheveux. Si cette opération se répète trop souvent, si elle a lieu très-près des bulbes pîlifères, si le sujet est jeune et le climat froid, ces phénomènes pourront aciquérir une énergie pathologique; et c'est ainsi que les coupes réitérées auxquelles on soumet la tête des enfants dans le but de la débarrasser des croûtes (gourmes) de nature diverse et d'augmenter leur chevelure^ out au contraire pour résultat d'exalter la vitalité du cuir chevelu , d'y déterminer un mouvement fluxionnaire, qui parfois s'étend aux organe intra-crâniens et suscite des accidents funestes; les coiffures trop chaudes dont on les couvre après ces sortes de tonsures y contribuent encore. Dans quelques classes de la population polonaise, toutes les causes se réunissent pour produire et exagérer au plus haut degré les effets précités : cheveux coupés avec le rasoir qui accroît tous les phénomènes de surexcitation locale, usage de bonnets de laine ou de fourrures qui accumulent le calorique sur la tête, malpropreté excessive qui s'oppose ^ l'exercice des fonctions de la peau, climat froid, mauvaise nourriture, en faut-il plus pour amener l'exsudation fétide du follicule pileux, le gonflement du cheveu par la surabondance de la matière qui remplit son canal, la plique polonaise en un mot (Londe) ? Si les Orientaux se rasent impunément la tête, c'est que la suraaivité générale de leur peau, entretenue par les bains d'étuve, dérive les fluides qui tendraient à affluer vers le cuir chevelu. Quoi qu'il en soit, on doit couper les cheveux très-loin de leur racine, et seulement pour les ramener ^ des dimensions qui n'incommodent point. H faut respecter la chevelure des cufaiJts comme une coiffure naturelle, qu'aucune autre ne saurait remplacer
(l) Yoycx A. Cazenave, Traité des maladies du cuir checeiu, Paris, 1850^ ia-8 avec figures, p. 361.
M, LtvT. Hyiièiie, 5« ÉDIT. Il« — 3
3à DES MOBinCATEtlRS. — EXCRETA. [iTCIÉn
ni suppléer. La chevelore primilÎTe est la plus belle : la sacrifier quand elle est déjà riche et belle, par routine ou par crainte d*nne calritie éventuelle, est une eilra?agance parfois irréparable et dont les eiemples ne manquent point; il ne faut même pas la raser dans Tespoir d'une chevelure plus épaisse, plus fournie : cet espoir pourrait être déçu. La rafraîchir^ c'est-à-dire en couper une portion minime, est une pratique plus utile, sinon pour en prévenir la chute, au moins pour en régulariser la croissance. Elle est indiquée quand les cheveux végètent mal ou dégénèrent en l'absence de causes locales ou générales et diathésiques, quand leur abondance semble en disproportion avec les forces du sujet, quand déjà le cuir chevelu commence à se dégarnir; cette opération est toujours préférable à l'abrasion complète des cheveux. Toutefois il ne faut pas la renouveler avec une fréquence mal calculée; en coupant les cheveux trop souvent ou trop près du bulbe chez les enfants, on les expose à des congestions cérébrales, à des exsudations morbides du derme chevelu, à des engorgements ganglionnaires au voisinage du crâne, à des maux d'yeux, à des otorrhées, à des douleurs d'oreilles, à des fluxions dentaires^ à des angines, à des coryzas. La plupart de ces accidents menacent aussi iesidal-tes dont les cheveux sont coupés de trop près, et qui ne font pas ange de ooiflures chaudes : rares dans la saison tempérée et chez des penomes m»^ bien vêtues et à peau très-active, ils surviennent plus fréquemoMol da00 ^ circonstances inverses, et frappent de préférence ceux qui 8*étiienl fai^ ^^ longs cheveux coutume et parure. Percy en observa la fréquence à l'ép^V*^ où la coiffure à la Titus fut introduite dans l'armée, et imposa au vieo^ ^^ dats le sacrifice de leurs queues et de leurs tresses luxuriantes. On aura g^^rae de dépouiller d'une partie de leurs cheveux le malade et le convalesoeo^ ' ^^ serait appeler sur eux des accidents graves, et même la mort : il eiisti' ^^ observations qui prouvent que dans quelques cas elle a été le résultat de c^^'e cause. Les autres soins qui conviennent aux cheveux ne doivent avoir f^^^ objet que l'entretien des fonctions de la peau qu'ils recouvrent : la débarra^^'' des débris furfuracés, des squames épidermiques qui s'attachent à la rac^^^e des cheveux, des produits de sécrétions anormales; entretenir la transpiraM^Q et la sécrétion sébacée dont elle est le siège, tel est le but que Ton remplit P^^ ractioii journalière et modérée du peigne et de la brosse, par des lotions d'^^ pure et savonneuse à une température qui u'aiïecte point la tête par une im* pression excessive de chaud ou de froid. Des onctions faites de temps en temps avec des corps gras corrigent la rudesse et l'aridité des cheveux due à l'insuffisance du smegma, et leur donnent du lustre et du brillant; les cheveux secs appartiennent aux peaux les plus irritables; et le cosmétique le plus simple est celui qui leur convient le mieux (1). On remédie à l'exubérance de sa sécrétion par l'emploi de la poudre d'amidon, et mieux par des lotions d'eau
(1) Prenex : moelle de bœuf préparée, 30 frmmmefl; hoilet d'amandes amèrei, 1 0 grammes. Évitez que le cosmétique ne rancisse ; oindre les cheveux dans leur loofseur et à leur racine en les écartant.
niTÉE] HYGIÈNE 1)1) SYSTÈME PILEUX. 35
de son. Gazenave recotnmaDde alors de monder la tête de temps en temps avec une eau légèrement alcoolisée, ou avec celte solution qu'il a souvent prescrite avec avantage : 2 grammes de sous-borate de soude dans 250 grammes d'eau distillée; on l'aromatise avec 15 gouttes d'essence de vanille. La poudre d'iris, dont on use à tort, a jeté dans le narcotisme deux jeunes filles qui en avaient sur leur tête (Aumont, 1825). Le mélange de poudre et de pommade, si usité autrefois, formait avec la sueur un mastic aussi malpropre que nuisible à l'activité de la peau du crâne. £n généralj les personnes à cheveux gras et humides doivent se passer de cosmétiques sous peine de suractiver la sécrétion déjà trop abondante de leur cuir chevelu, d'altérer la racine du poil, d'en provoquer la chute, parfois de faire naître une éruption qui contribue à leur calvitie. Hors le cas des cheveux secs, les topiques gras ne peuvent avoir que des inconvénients; ils ajoutent une cause de malpropreté à celle qui résulte des sécrétions normales et pathologiques du cuir chevelu : quand ils rancissent, quand ils contiennent des ingrédients acliCs^ quinquina^ camielle, etc., ils peuvent irriter la peau* Pour les cheveux qui commencent k tomber à un âge où la calvitie est exceptionnelle, Gazenave recommande remploi de trois pomniades dont nous reproduisous ci-dessous les formules (1). Dans les trois à quatre premiers mois de son exiiitence, le nouveau-né ne doit être ni peigné ni brossé : la brosse de chiendent, généralement employée pour b tolieUe dei nonveau-nés, agit comme un corps dur, titille, irrite leur tête et y attire le Mng; il suffit de l'effleurer d'une éponge imbibée d'eau tiède pour entraîner l'excédant de matière grasse qui y adhère; quant aux croûtes qui viennent k 8*y former, si elles ne tombent par cette légère friction, il ne ùut recourir k aucune autre pratique pour les détacher. L'apparition des poux sur la tête des enfants passe encore, dans l'opinion de certaines gens, pour une sorte de crise dépurative des humeurs. Leur puUulation prodigieuse réclame de prompts moyens dont le plus simple et le plus sûr consiste à couvrir la tête de l'enfant d'une feuille de papier enduite d'onguent napolitain. Dans six jours un poux peut pondre cinquante œufs ; les petits en sortent au bout de six jours, et sont aptes k pondre k kor tonr dix-huit jours après : en deux mois deux femelles peuvent ainsi etfgendrer dix-huit mille petits. Que l'on imagine la démangeaison horrible qui résulte d'ude telle pullulation, les grattements furieux qui l'accompagnent, les déchirures de la peau par l'action des ongles, l'irritation qui se développe, les ulcérations qui lui succèdent et qui déversent des nappes de pus ichoreux. On a vu, sous l'influence de ce
(1) Preoei : sulfate de quioine, 2 grammes ; beurre du Pérou, 1 gramme ; huile d'amandes amères, 8 grammes ; moelle de bœuf préparée, 30 grammes. Pour onction tous les soirs. — Preuet : moelle de bœuf préparée, 60 grammes; graisse de veau pré« parée, 60 grammes; baume du Pérou, à grammes; vanille, 2 grammes; huile de noisette, 8 grammes. Chauffes aubain-marie pendant une demi-heure, passez et baltes dans la terrine avec un pUon de bois. — Prenez : moelle de bœuf, huiles d'amandes douces, huila de noisetley 6 grammes de chaque. Aromatises ad libitwii.
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prurit et de cette agitation, les enfants être pris de fièvre, d'insomnie, et tomber dans un dépérissement rapide qui s'arrêtait comme par enchantement après la destruction des parasites. Il n'est pas inutile de rappeler ici que chez les enfants en proie depuis longtemps au tourment de la pullulation pédicnlairc, la suppression brusque du mal peut entraîner un danger. La décoction de tabac a été employée contre ce fléau : Londe en a reconnu le danger ; on vante encore les fortes décoctions de ïKîtite centaurée, d'absinthe, les lessives avec les cendres de chêne, le sel commun, les décoctions de staphisaigre, de coque du Levant, de semence d'ail, de céleri, de' persil, la ponnnade soufrée, etc. I^s cheveux doivent être coupés court, les poux écrasés au doigt; une propreté extrême et une surveillance prolongée en préviendront le retour.
La perte des cheveux alîecte peu la santé des personnes habituées à recevoir sur la tête nue les impressions variables de l'atmosphère, et chez qui toutes les fonctions s'exécutent avec régularité; d'autres, plus sensibles ou valétudinaires, deviennent sujettes à des rhumatismes, à des névralgies faciales et dentaires, à des ophthalmies, à des otites, etc. Pour échapper à ces maux, elles devront s'habituer, avant que leur calvitie se complète, à des lotions de plus en plus froides, pratiquées plusieurs fois par jour sur la tête. Il en est du cuir chevelu comme de toute autre partie de la surface tégumentaire externe : plus on le couvre, plus il devient impressionnable à l'air. Si elles n'ont recours à ces pratiques salutaires, si elles redoutent le contact de l'eau froide et soulîrent de celui de l'air, il ne leur reste qu'à se couvrir d'une perruque : c'est la ressource obligée de ceux dont la tête s'est dégarnie brusquement par de larges endroits ou en totalité, comme après une maladie aiguë. On iiabrique aujourd'hui ces simulacres de coiiïure naturelle avec des corps élastiques qui ne pressent que sur un point. La constrictioii circulaire des anciennes perruques ou l'application trop collante des modernes donnent lieu à des accidents de refoulement sanguin vers le cerveau, en aplatissant les vaisseaux qui rampent à la surface du crâne. Percy et Laurent ont vu la teigne propagée par une perru({ue; la tête de bois sur laquelle le coiiïeur l'avait frisée avait reçu la |)erruque d'un individu Infecté de ces parasites. Le faux toupet remédie aux lacunes |yartielles de la chevelure : on le Gxe par deux ou trois petits ressorts où l'on enclave des mèches de cheveux naturels; son agglutination à l'aide d'une solution de gomme ou d'œuf oblige h des soins fréquents, nuit à la propreté et ne permet pas de le détacher pour la nuit. Est-il besoin défaire ressortir les inconvénients de cette industrie de coiffure posticlie? Ia's matières a^lutinati^es contrarient les sécrétions normales du cuir chevelu et contribuent à l'arrachement du poil naturel ; les ressorts produisent des douleurs locales qui s'irradient au loin, compriment les vaisseaux, et par là compromettent la nutrition du cheveu, qui ne tarde pas à disparaître. Les coiffeurs ont eux-mêmes constaté que l'application de tou|)ets partiels entraine la •Ivitic complète, et l'accélère même quand elle a marché lentement jus- 'alor& Géoéralc ou partielle, une perruque doit être aussi légère que pos«
PM?ée] hygiène du système pileux. 37
sible, perméable à l'air et à la vapeur de la respiration cutanée, fixée sans ressort ni agglutination, nettoyée et renouvelée souvent : on doit Tôler aussi fréquemment que possible pour aérer la tête. Les préparations que le charlatanisme préconise pour la pousse des cheveux, et qu'il décore de noms magnifiques, sont drogues et fraude. Il n'y a chance d'arrêter que la calvitie prématurée, idiopathique, indépendante de toute lésion locale et de toute diathèse appréciable ; quelques topiques médic<imenteux sont alors indiqués. Nous avons rapporté ceux que propose [Cazenave. L'action du rasoir, laquelle consiste dans une excitation passagère, peut être de quelque utilité dans les cas d'asthénie du cuir chevelu ; dans le cas d'irritation de cette partic, elle hùte au contraire la chute des cheveux, et elle sera avantageusement remplacée par des ablutions émollientes et sédatives, en même temps qu'on provoquera la peau du tronc et des membres par des vêtements de flanelle et qu'on établira même sur un point convenable un cautère ou un vésicatoire. La rasure n'a d'opportunité qu'à la suite des maladies graves qui ont pour conséquence inévitable l'alopécie, et parmi lesquelles il ne faut point ranger la rougeole et la scarlatine. Il est des personnes faibles qui ne savent se passer du masque de la jeunesse quand elles en ont perdu les attributs intrinsèques, et qui opposent aux ravages du temps, quoi? la teinture artificielle de leurs cheveux. Nous indiquerons plus loin (voy. Cosmétiques) les agents de cette laborieuse sophistication ; disons seulement que les cheveux croissant de leur base vers la pointe par des dépôts successifs disposés les uns à la suite des autres, il faut sans cesse prévenir les disparates de couleur par de nouvelles applications de matière colorante.
La barbe a subi, comme les cheveux, l'empire de la mode et des traditions. L'Oriental la porte longue et épaisse, l'Occidental la rase avec soin depuis que Louis le Jeune se laissa raser en pnbh'c par Lombard, évêque de Paris (ll(i3). Toutefois, par une excentricité rétrospective de la mode, on voit re()araître aujourd'hui les barbes longues du temps de François I", qui en donna l'exemple après avoir été atteint à la tête par un tison lancé par Montgomery (1521). On n'a pas étudié Tinfluence qui résulte de la présence onde l'absence d'une abondante production de poils sur une partie de la face; peutêtre est-elle neutralisée dans les deux cas par l'habitude : ceux qui se rasent ont la peau du visage moins impressionnable et plus réagissante; ceux qui laissent croître leur barbe y trouvent pour leur peau plus délicate une protection contre les vicissitudes de température. C'est la question du gilet de flanelle : nécessité pour les uns, superfluilé dangereuse pour les autres. L'inconvénient ne peut être que dans les brusques mutations. L'homme qui .se rase ne peut laisser pousser sa barbe sans changer les conditions d'activité d'une portion de la peau, il est vrai circonscrite, mais voisine des orifices muqueux et des appareils sensoriels; il y concentre une chaleur inaccoutumée, il soustrait au contact de l'air en mouvement wwq surface qui exhale et qui sécrète. Le porteur de barbe se place, en se rasant, dans des conditions inverses, et
38 DES MODIFICATEURS. ^ EXGRKTA. [HTGiÉllB
presque inévitablement des maux de gorge, d'yeux, d'oreilles, des névralgies dentaires ou faciales, etc. , lui révéleront la solidarité de la peau qu'il a dénudée avec les organes qu'elle avoisine ou recouvre. Depuis que nous avons formulé ces inductions, le docteur Szokalski(l) a fait connaître des résultats d'observation qui les confirment : chaîné de soigner les ouvriers employés au chemin de fer de Lyon dans une section de la Bourgogne, il les a vus en 18/!i8 garnis de barbes, de moustaches, etc.^ auxquelles ils ont renoncé quelques années pins tard par un revirement de la mode où la politique n'est pas étrangère : 5S sujets qu'il a suivis avec attention, tous vigoureux, bien portants, compris entre vingt-cinq et quarante-cinq ans, ont tous éprouvé une sensation pénible de froid sur les parties de la face dénudées par le rasoir; 27 eurent des maux de dents dont 16 avec fluxion gingivale. Le coryza, le ptyalisme, la tuméfaction des amygdales, et chez 6 ouvriers lymphatiques celle des glandes sous-inaxillaires, tels sont les accidents rattachés par ce médecin à la brusque suppression de la barbe, et qui ont cessé après sa reproduction. La coutume de se raser cause une perte organique que l'on a calculée : la barbe croît d'une ligne par semaine chez l'individu qui se rase, = U pouces par an ; à l'âge de soixante-huit à soixante-dix ans, il a donc enlevé en cinquante ans plus de seize pieds de production pileuse. Les rasoirs malpropres, les savons trop alcalins, irritent la peau du menton; l'eau tiède facilite la détersion du smegma et la section des poils; ce dernier effet est aussi augmenté par l'immersion momentanée du rasoir dans l'eau très-chaude, lies ablutions achèvent d'enlever, après la barbe faite, les restes de savon dont l'excès de soude détermine cuisson, gerçure, ridement (Londe). Les essences et les pâtes doivent en être écartées. En résumé, l'hygiène du sysème pileux est liée étroitement aux conditions d'organisation et de santé générales ; elle se borne à des soins de propreté locale et d'entretien incessant. En fait de cosmétiques, elle n'admet que les plus simples et les plus inoffensifs; elle proscrit les préparations énergiques à l'aide desquels on se flatte de reproduire les cheveux. Les moyens de teinture sont plus ou moins nuisibles, les coiffures artificielles susceptible d*entraver les fonctions du cuir chevelu, etc. ; en un mot, c'est une hygiène presque négative dont le peigne et la brosse font à peu près tous les frais.
ARTICLE n.
tes MODIFICATEURS DES EXCRÉTIONS ET DES SURFACES D*EXCRÉTION ; DE LEURS EFFETS ET DE LEUR EMPLOI.
Les déuUs dans lesquels nous sommes entré sur l'hygiène de la bouche, des clieveux, des excrétions alvines et urinaires, etc., ne nous laissent à parier ici que dm modificateurs des excrétions cutanées et de la surface qui les four-
-4^) AaofcaUl, mÊikim ât rAcÊOémie de médecine, Paris, 1853, t. XVII, p. 856.
à2 DES MODinCATEURS. — EXCRETA. [iTGltac
Réaumar, on a rattaché un tableau de phénomènes particuliers (1). Mais les manifestations de la vie ne sont point aussi dociles au thermomètre; et, dans la réalité, il est difficile de marquer la limite des impressions que des masses d*eau inégalement chauffées transmettent aux centres nerveux. Les effets immédiats et secondaires des bains sont subordonnes à tant de conditions mobiles (constitution, âge, santé, maladie, climat, saison, etc)^ qu'il devient impossible de les relier à des stations thermométriques. Le bain qui glace et stupéfie un individu faible et usé, procurera à une organisation plus saine et plus valide une agréable féaaion de force et de chaleur. La température absolue de Teau, à moins qu'on ne la considère en des degrés prononcés, ne décide donc pas la mesure de la calorification humaine. Tout ce qu'on peut énoncer d'une manière générale, c'est qu'il existe un point de température inférieure de quelques degrés à celle du sang, où le bain n'affecte point sensiblement notre caloricité : c'est le point d'indifférence ou de neutralité. Sans être fixe pour tous les individus, il n'oscille que dans une latitude de 3 à /!i degrés. Au-dessus et au-dessous de ce terme, l'impression produite sur la peau se prononce faiblement d'abord, si l'on ne s'en éloigne que de quelques degrés, mais d'une manière de plus en plus tranchée, si l'on reste longtemps dans le bain (Ghossat). Mais ces progressions ascendantes ou descendantes de la température perçue dans les bains, le thermomètre sert mal à les déterminer : la sensation individuelle le remplace; c'est elle, c'est-à-dire le moi impressionné dans la peau et réagissant par les centres nerveux, qui prononce sur l'effet thermique du bain, et le reconnaît frais, froid, tempéré, chaud, suivant la manière dont il s'y trouve affecté. Dans les baignoires et dans les bassins artificiels dont l'étendue ne permet ni l'agitation de l'eau, ni les exercices de la natation, les bains ne peuvent se prendre hygiéniquement au-dessous de 25 degrés, et rarement y a-t-il utilité à en élever la température jusqu'à celle du sang : les limites thermométriques des bains artificiels se trouvent donc entre 25 et 36 degrés environ ; sur cette échelle de 12 degrés existe un point de neutralité où le bain n'influence point la circulation, et produit sur la peau une impression de tiédeur (bain tiède artificiel); il correspond à 3 ou ili degrés au-dessous du degré de la chaleur du sang. Suivant Gerdy, il flotte entre 30 et 36 degrés centigrades; suivant Fleury, entre 25 et 30 degrés. Au-dessus et au-dessous de cette limite
(i) Roitan {Dirtionnaire de médecine^ 2* édition, t. IV, p. 542) a proposé une divi- Mn (fitfrmoffié trique des bains qui a été reproduite par tous les auteurs. En la présentant^ i\à êoin de l^i*^ remarquer que l'impreieion individueUe de chaleur, de froid, etc., Oêcillê entré 1^^ limites qu'il a déterminées, et ne s*y rattache pas rigottreusement :
inB très-froids, de 0° à -}- iO"* R.
li^^' froids IQo à 15*
--^ frais 15» à 20»
.^^^ li.i!ip«TtSs 20® à 25®
.^^ chauds 25" à 30»
^^ ^^!^^0-cbauds 30« à 35* ott 36«
Pinte] DES BAINS EN GÉNÉBAL. 4S
commencent les bains chauds et les bains frais artificiels; ceux-ci, compris entre '25 degrés et le point de neutralité, agissent comme les bains froids pris dans les eanx courantes qui marquent 25 à 30 degrés, Timmobilité dans les baignoires accélérant le refroidissement du corps autant que le renouvellement des couches liquides dans les eaux courantes.
La température des rivières et des fleuves varie de 0 à 28 degrés et même 30 degrés, selon les climats et le^ saisons; ils offrent donc toute la série de bains frais et froids. Dans les régions les plus méridionales et pendant Télé de nos climats, le bain de rivière, quoiqu'il s'éloigne peu par sa température de celle de l'air ambiant, 25 à 30 degrés, produit cependant sur tout le corps une impression rafraîchissante, grâce à la densité et à la conductibilité de l'eau, et suivant la durée de l'immersion, il procure la sédation du système nerveux ou sert à fortifier la peau par la réaction consécutive au froid. Au reste, la température des eanx naturelles échappe aux déterminations à priori ; elle dépend du cours des rivières^ de leurs sources, de leurs affluents, de leur vitesse, de leurs variations de hauteur. Les sources qui alimentent les cours d'eau n'ont pas, ^ leur point d'émersion, le même degré de chaleur; il en est de même des torrents qui s'y jettent : ceux qui sortent des glaciers ont en général une température de 1 à 5 degrés centigrades; les afiluents se déversent avec une température proportionnelle à la masse de leurs eaux, H la vitesse et à la longueur de leur trajet qui les ont exposés plus ou moins longtemps à la chaleur atmosphérique et à Faction des rayons solaires. Quant à la vitesse, une observation de Herpin (de Genève) (1) en fidt ressortir l'effet réfrigérant : les bains du lac de Genève passent pour des bains tempérés, tandis que ceux du Rhône, immédiatement au-dessous de la ville, sont redoutés à cause de leur froidure; cependant, le même jour et presque au même instant, Herpin n'a constaté entre eux qu'une différence moindre de 1/5* de degré Réaumur (16 degrés et 16,2). La sensation différente que donnent ces deux bains naturels est due, d'une part au repos des eaux du lac, d'autre part au cours impétueux du Rhône; les eaux rapides saisissent les baigneurs, et cette sensation, qui ne tient point à la surprise de l'immersion^ contraste avec leur degré thermométrique : elle rappelle les eflfets de l'éventail et des courants d'air en été, ainsi que la marche de bi congélation des organes dans l'air calme ou ventilé des régions polaires. Il est vrai que dans l'eau l'évaporation de la peau est suspendue, et avec elle une cause de refroidissenaent qui exisie en plus dans l'air; mais sa suppression est compensée par la grande capacité de l'eau pour le calorique. Enfin, les pentes du lit et les variations de hauteur amènent des différences notables dans la vitene des rivières, et par conséquent dans l'impression thermique qu'elles produisent sur les baigneurs : les variations de hauteur sont relatives à la sabon, I des circonstances accidentelles ou à l'heure de la journée.
(1) Herpio, Hecherches sur les bains de VArve (Gazette médiçfile de Paris, 18AA, t. 111, p. 181).
à^ DES MODIFICATEURS. — EIGRETA. [hygiène
6° Les bains introduisent dans récononiic, par le moyen de Tabsorption, une certaine quantité de leur liquide et des matières qu'il tient en dissolution. Les expériences ont donné sur ce point important des résultats très-diiïéreuts. Séguin, après trente-trois bains de trois à quatre heures, a toujours constaté que le corps avait perdu de son poids, mais moins qu*à Tair libre; pour des bains de 10, 18, 28 degré-s, la proportion de la perte dans le bain et à Fair libre a été de : : 1 : 2,75 : : 1 : 2,07 : : 1 : 3,07. Cette différence peut provenir, soit d'une diminution de l'exhalation, soit d'une compensation partielle par absorption du liquide dans le bain. Si l'on écarte les données de Séguin, qui ne prouvent rien contre l'absorption, celles des autres expérimentateurs, quoique très-opposées, sont faciles à concilier. Elles se rangent en effet en deux séries : 1° Diminution du poids du corps : Lemonnier, perte de 20 onces en huit minutes dans un bain de /!i5 degrés centigrades ; Cruiksbank, perte de 5 à 8 onces par heure dans un bain chaud; Buchan, transpiration réduite dans le bain chaud des deux tiers de ce qu'elle est à l'air libre ; 2° Augmentation du poids du corps : Kauw cité par Haller, poids du coips augmenté dans le bain de 2U à 28 degrés Réaumur; Falconner évalue ce résultat à une livre par heure dans les bains de 20 à 25 degrés Réaumur; Cruiksbank reconnaît qu'ils apaisent la soif et rétablissent le cours des urines précédemment suspendu; cntin le professeur Berthold constate, pour les bains de 22 à 28 degrés centigrades, un accroissement de poids de 3 gros après un quart d'heure, de 7 gros 20 grains après trois quarts d'heure, de 1 once âi 30 grains après une heure. On voit évidemment par là qu'il existe un rapport constant entre la diminution ou l'augmentation du poids et la température du bain; ce dernier élément gouverne la marche de la transpiration et de l'absorption; dans certaines limites de chaleur du bain^ la quantité des produits exhalés l'emporte sur celle des matières absorbées, et réciproquement Les recherches de W. Edwards achèvent d'élucider ce fait- principe : des grenouilles [)lacées dans de l'eau à zéro absorb<Mit plus qu'elles ne transpirent, et ce phénomène continue jusqu'à un point que l'on peut appeler, avec Edwards, point de saturation. Si Ton élève la leni- |)éralure de l'eau, l'absorption baisse progressivement; toujoui*s au delà de 30 degrés centigrades, la diminution du poids des grenouilles a été observée en même temps que l'eau troublée par une matière animale signalait à l'œil la cause de ce phénomène. Edwards avait déduit de ses expériences, que pour l'homme l'absorption l'emporte sur la transpiration jusqu'à 22 degrés centigrades, et qu'au delà le rapport entre ces deux fonctions se renverse. Cette détermination n'est point exacte, ainsi que le prouvent déjà des résultats précités de Berthold. Il existe une connexion intime entre ces trois fonctions, circulation, caloriticaHon, transpiration : celle-ci a pour but princi(>alde soulager i'oiganisiiie de l'excès de calorique; elle est précédée ou accompagnée d'une .iccélération notable du pouls. La limite thermométrique où le pouls s'élève dans le bain est aussi celle qui donne l'essor à la transpiration, et dès cet iiisi.Tiii l'absorption ne suffit plus à balancer le déchet qui en est la consé-
privée] des bains en GÉNÉHAL. ^b
quence. Ce n'est iwint qu'au-dessous de ce degré de clialeur du bain et de fréquence circulatoire la transpiration ne s'eiïectue, mais les produits qu'elle élimine restent inférieurs à ceux dont l'absorption enrichit le corps. Les expériences de Poitevin et de Marcard ont ùxè à 3^ degrés centigrades l'état thermométrique des bains qui n'aiïectent point le pouls; au-dessous il se ralentit, au-dessus il s'accélère, et passé ^0 degrés centigrades il donne 100 pulsations et plus. Pour Edwards, le point d'équilibre, le point où le bain est sans influence sur le i)ouls, sur l'absorption et sur l'exhalation, lei)oids du corps restant le même correspond à 22 degrés; pour V. Gerdy, à 36 degrés. Chossat a constaté qu'un bain de 28 à 30 degrés centigrades suflisamment prolongé ramène le pouls de 60 à 38 pulsations, tandis qu'un bain d'une heure trois quarts à 37 degrés centigrades l'a fait montera 100. Ainsi, dans l'eau comme à l'air libre, dés qu'un excès de calorique surcharge l'économie, elle tend h s'en débarrasser par la transpiration ; le calorique, qu'il ait pour véhicule l'air ou des liquides, surexcite lorganisme et accélère la circulation ; la sueur qui succède à ces phénomènes est la crise physiologique de son élimination. Dans les bams tièdes, frais et froids, tant qu'il ne sunient point de réaction, c'est l'absorption qui domine, véritable endosmose dont ces bains réunissent les conditions productrices, savoir : deux liquides de densité, de nature et surtout de température différentes, représentés l'un par l'eau du bain, l'autre par la masse des liquides organiques qui distendent leurs vaisseaux, et séparés par l'intermédiaire d'une cloison oi^aniquc, membraneuse, inerte et mince, l'épiderme, en un mot. Quelques circonstances spéciales modifient l'absorption dans le bain : l'augmentation de la pression atmosphérique la favorise ; il en est de même des mouvements et des chocs du liquide qui agissent sur la peau comme des frictions ; or, on sait que les frictions exercées sur la peau contribuent puissamment à y faire pénétrer les substances médicamenteuses. D'après Berthold, le corps plongé dans un bain de 22 à 28 degrés centigrades, gagne en poids 12 grammes après un quart d'heure, 29 grammes après trois quarts d'heure, et 32 après une heure. Quant à l'exhalation, la densité de l'eau la réduit sans la supprimer : la sueur que provoque un bain chaud n'équivaut point, pour la quotité de la perte, à la vaporisation qui s'accomplit à la surface du corps exposé à l'air libre. Nous avons vu que l'excrétion gazeuse est aussi moindre dans le milieu plus dense de l'eau : en somme, celle-ci soustrait moins à l'organisme que l'air; il en résulte que, dans le bain, le corps s'enrichit de sérosité interstitielle et n'est point redevable à l'absorption de tout ce qu'il gagne en poids. Le moment de la prépondérance de l'absorption ou de l'exhalation varie nécessairement suivant l'énergie de la caloricité individuelle, laquelle est subordonnée à l'âge, au sexe, aux constitutions, au régime, au climat, à la saison^ à l'état de santé ou de maladie, et suivant la mesure de saturation actuelle de l'organisme, laquelle est relative aux mêmes circonstances.
Oo a cherché, en dehors de la méthode des pesées, à résoudre la question
46 DES MODIFICATEUnS. — EXCRETA. [htgiène
de l'absorption cutanée, en tenant compte de Tinlroductioa dans l'économie de substances dissoutes dans Teau des bains. A cet effet, on a mis dans ceux-ci des principes faciles à reconnaître par les réactifs chimiques dans les urines et dans les différents liquides de l'économie, ou bien produisant des effets physiologiques très-caractéristiques : Fiodure de potassium, le ferrocyanure de potassium, i*arsenic, le carbonate de soude, Tazolate de potasse, le mercure, la belladone, la digitale, le sulfate de quinine, etc. , etc. Les nombreux observateurs qui se sont livrés à ce genre de recherches sont presque unanimes pour conclure que les substances des bains ne sont absorbées en aucune façon. Quelques expériences ont cependant donné des résultats positifs, mais de Tavis de leurs auteurs la proportion des substances absorbées a été tellement faible qu'on ne pourrait nullement s'en prévaloir pour expliquer l'action des bains médicamenteux. D'autre part, cette absorption incertaine et irréguliôre pourrail fort bien s'expliquer^ quand elle a lieu, par une pénétration des substances par la muqueuse glando-préputiale et la marge de l'anus (Demarquay).
Dans ces diverses études sur l'action des bains, on a constaté un fait constant qui a pu faire croire un instant à l'absorption cutanée, c'est Valcalinité de Curine. Ce phénomène, qui avait été considéré par certains observateurs comme le résultat de l'absorption des substances alcalines, est maintenant regardé comme uo effet purement physiologique indépendant de l'absorptioii. Les bains d'eau simple et même d'eau acidulée avec l'acide azotique (Duriau) rendent Tarine alcaline aussi bien que les bains chargés de sels alcalins, aussi bien que les eaux de Vichy, entre autres (1).
7* Les matières que l'eau tient en dissolution communiquent aux bains des propriétés spécifiques; elles y existent naturellement comme les chlorures de sodiom, de magnésiom, etc., dans l'eau de mer, comme les sels très^variés des eaux minénleB, etc.; ou elles y sont mêlées aitificiellement, comme dans les
(1) Prindptnx avteun qsi ont fait dM expériences sur le pouvoir absorbant de la peau :
Westnunb. — Résultatf positifs.
HomoUe. — Résnltati négatifs avec de nombreuses substances. Poulet. — Réiultitf négatifii.
Duriau. — Résultats négatifs.
Eoimanuel Ossian-Henry. — Résultats négatifs moins quelques traces d'iodure de potaasium.
Iiouis Hébert. — Résultats négatifs.
Sereys. — Résultats positiri, mais à Thydrofère^ t rates»
Demurquay. — Résultats négatifs.
Willcmin. — Résultats positifs, faibles.
l)elore. — Résultats positifs, (aiblcs.
Gubler. — Résultats négatifs.
Revett. — Résultats positib rares et faibles.
mrtB] DES BAINS EN GÉNÉRAL. &7
baiiu$ médicinaux ou mêine hygiéniques (son, amidon, gélatine, lait, etc.). Ces substances changent les qualités physiques du bain : densité, conductibilité, état électrique^ et par conséquent une partie de ses effets sur i'oi^auisrae ; elles agissent encore, soit par leur contact avec la peau considérée comme surface sensible, soit par iear pénétration dans les voies circulatoires. Ainsi la compo* sition saline de la mer stimule la peau, agace les papilles nerveuses dont elle est parsonée, y détermine une circulation plus active, etc. Les eaux minérales doivent une partie de leurs vertus excitantes à cette sorte d'agression de leurs molécules salines contre les éléments nervoso-vasculaires de la peau. L'absorption des principes dissous dans l'eau des bains en très-minime proportion, semble certaine; le double cyanure de potassium et de fer, préalablement dissous dans le bain, a été retrouvé dans les urines par "Westrumb; les bains de Vichy alcaUnisent l'orine du baigneur (d'Àrcet); mais nous avons vu que le même effet se produit par l'usage des bains simples et même des bains acidulés par l'acide azotique (Duriau) ; la rhubarbe, la garance, le curcuma, ont été décelés dans l'urine de ceux qui les avaient absorbés dans les bains; Séguin a absorbé deux grains de subUmé par son bras plongé pendant une heure dans 10 livres d'eau à 18 degrés. £n général, les bains d'eaux minérales ne font pénétrer dans l'économie que de très-petites quantités de leurs principes; mais coosme leur usage est répété journellement et sert le plus souvent d'auxiliaire ^ l'iogestlon des mêmes eaux par les voies digestives, leurs effets se prononcent et se caractérisent généralement par l'activité plus grande des fonctîonsde la vie plastique, surtout des sécrétions et des excrétions. Toutes les eaux naturelles contenant des seis et souvent de la matière organique, leur emploi pour les bains n'est pas indifférent. Les eaux séléniteuses ne dissolvent point les principes gras des sécrétions cutanées; les eaux stagnantes forment autour du corps une atmosphère toxique^ etc.
9/^ Les tissus cornés, très-hygrométriques, absorbent l'eau dans le bain; l'épîdenne en particulier s'en imbibe, et l'on y voit surnager les produits de son exfoliation. La température des bains modifie cet effet : froids, ils crispent d'abord la peau et n'en augmentent la souplesse que par le bénéfice de la réac* tion qu'ils déterminent; tièdes et chauds, ils ranoollissent l'épiderme, comme on voit les cors et durillons se ramollir dans un pédiluve chaud; ils macèrent* gonflent^ rident cette membrane, surtout aux pieds et aux mains, et ils rendent la peau plus douce, plus tendre, plus impressionnable. Les mouvements de l'eau contribuent à la détersion de la surface cutanée*