I-^UVE Sfir.HE. ÉTUVE HlîMIDE
Dniv«» Sueur Dun*»» Sopur
Températurp. ilu si^joup. pertlup. Température. du séjour. perdue.
Berger 50°, 52« c. i3 "»«"• 50 gr- 41°, 53° c. 12'"- 30 «• 310 P-
Delaroche.. 51°, 51°,5 13 93,37 37°, 51° c. 10 30 220
D'après Martin, c'est à 50 degrés centigrades que la sueur arrive à son maximum dans l'étuve humide. La transpiration continue activement après le bain. Berger pesait :
Avant son entrée dans Tétuve 51 kil. 965 gram. 25 miliigr.
Immédiatement après la sortio 51 — 624 — 375 —
Deux beuret huit minutes après la sortie 50 — » — 250 —
74 DES MODIFICATEURS. -* EXCRETA. [htciéne
A température égale, les étnves humides ont une action beaucoup plus forte. Aux étUTes de Néron, le docteur C. James se sentait suffoqué par une température de 52 degrés, tandis qu*aux étuves sèches des Testacdo il n'éproufait, par 80 degrés, qu*un très-léger malaise. Londe n*a pu rester dans l'appareil de Monroy au delà de 56 degrés centigrades, tandis que la jeune fille citée par Tillet et Duhamel passait douze minutes dans une étuve sèche à 1/iO degrés centigrades. Dans les établissements de bains, la température des étuves humides est difficilement supportée au delà de U5 degrés centigrades ; en Russie, en Finlande, en Orient, elle varie entre 50 et 75 degrés centigrades. L'homme supporte une teropératnre plus élevée dans Tétuve humide que dans le bain chaud, dans l'étuve sècbe que dans l'étuve humide. Les limites extrêmes de température sont :
as* c. pour le bain chaud; 7ft<* e. pour Tétuve humide; lao* c. pour rétuve aèche.
C'est le degré therroométrique extrême qui a été supporté pendant douze minutes dans une étuve sèche par la jeune fille dont parle Tillet En prescrivant des bains de vapeur, il fout donc graduer très-différemment la tempe* rature, selon qu'il s'agit d'étuves sèches on d'èiuves humides. Dans les premières, on tolère une chaleur beaucoup plus élevée : la peau ne s'humecte que par la sueur, qui est presque aussitôt vaporisée par l'air sec et chaud ; de là un éréthisme plus ou moins énergique des extrémités nerveuses et vasculaires de la peau. Dans les étuves humides, au contraire, une température de 37%5 centigrades, de 50 degrés centigrades, produit l'effet d'un bain d'eau de 31 degrés centigrades, de 37*", 5 centigrades; la vapeur d'eau s*y condense à la surface de la peau, et dispose cette membrane à l'exhalation; mais, à cause de la prompte saturation de l'air, la sueur ne s'évapore point et laisse le calorique s'accumuler dans le corps. Aussi, dès que l'étuve humide marque de 50 à 52 degrés centigrades, l'oppression, l'anxiété, les palpitations, obligent à cesser ce bain, tandis qu'on peut atteindre 60 degrés centigrades dans l'étuve sèche sans éprouver de sensations trop pénibles. — La respiration d'un air frais pendant le bain d'étuves influe beaucoup sur la fréquence de la circulation. Dans une éluve complète chauffée graduellement jusqu'à 60 à 65 degrés centigrades, un séjour de trente à quarante minutes porte le pouls à 130 ou 1/iO pulsations, tandi.s que la tête restant au frais, on peut supporter plusieurs heures le bain d*étuve sans aucune menace de congestion et avec un puis de 80 h 90 par minute. Le poumon est moins impressionné par le calorique que la peau : avant que les exi)éricnces de Magendie cusMoni fait voir que les animaux dont la tête seule est mise dans l'étuve meurent moins vite que ceux dont le corps seul s*y trouve introduit, on savait déjà que, dans les fumigations humides, la vapeur est aspirée à la tem- IKrature de 60 degrés centigrades, et, dans les fumigations sèches, à 80 degrés centigrades; toutefois l'action prolongée d'un air à la fois très-chaud et
PBiTti] DES BAINS EN PARTICULIER. 75
humide accélère la respiration, la rend haletante jusqu^à i*anxiélé> et c'est surtont par Timpression de cet air sur ta surface pulmonaire que le bain de vapeur finit par devenir insupportable. Quant à la succession des phénomènes, chaque expérimentateur les rapporte dans la mesure de sa sensibilité. Londe entre dans la chambrette de Monroy avec 70 pulsations (janvier); à ST^'.S, sensation de bain tiède; à 50 degrés, pouls à iOO, sueur au front; h SS"",?, pouls à 120, respiration accélérée, palpitations, toucher incertain ; à 56 degrés centigrades, terme obligé de Texpérience, qui a duré trois quarts d'heure, au sortir de l'appareil, station difficile, battement des carotides, sifflement des oreilles; la sueur continue de couler; une heure après^ le pouls donne encore 95. La position horizontale ralentit la marche des pbé* nomènes et permet de supporter une plus haute température. Dans cette altitude, le pouls de l.onde ne donnait que 92 pour 56 degrés centigrades, 98 pour 6T*y5 centigrades, 112 pour 75 degrés centigrades, et à ce degré de chaleur extrême , après trente-cinq minutes d'immersion, Londe com« mençait sulement à sentir des battements de cœur. G. James a décrit avec soin (1) la progression de phénomènes qu'il a éprouvés en visitant les étuves de Néron, dont le parcours est de 100 mètres environ : à 50 degrés centigrades, il ne pouvait plus compter son pouls, et il eut besoin de rassembler toute son énergie pour sortir de cette épouvantable fournaise. Le contact de l'air frais lui fit éprouver un saisissement voisin de la syncope : il avait le front violacé, les cheveux collés par la vapeur, la tête vertigineuse, le pouls à i 50 ; une épistaxis vint à propos résoudre cet état de congestion cérébrale. Dans la soirée, le pouls marquait encore 100 ; il éprouvait de l'agitation, de l'étonnement, des tintements d'oreille, une sorte de fonrtnillement dans tous les membres. Le lendemain, fatigue encore et injection des yeux par du sang extravasé dans la conjonctive. Fordyce, Dobson, Blagden, Delaroche^ ont observé attentivement les eflets de l'étnve sèche sur le pouls ; voici les chiffres qu'ils ont notés :
35 m. de séjour dans une étuve à A8^^88 ont porté le pouls à iA5 pulsations.
iO —
Les bains d'étuves appartiennent plus à la thérapeutique qu'à l'hygiène; néanmoins les étuves humides sont d'un usage journalier dans des climats opposés par leur température, mais également secs : en Russie, en Finlande, en Turquie, en Egypte et dans l'Inde, elles y semblent nécessaires pour entretenir la souplesse et la perméabilité du derme. Après l'étuve, où l'on est flagellé, frictionné, massé, lotions à l'eau tiède, puis à l'eau froide, et, dans le Nord, bain d'eau glacée. Cet usage alterné des bains, bien connu des Romains, qui passaient de l'étuve au fngidarium et dans le bassin de natation
(1) C. ianêfl, Gazêtié» méd.^ i. \II, p. g88, et Voffoge Mcitmti/lquê à Napfe*, i84â.
76 D6S «OOlFlrUTEdRS. — |:ïi;RI.TA. (NrciOn
{piffina noAi/ùj. comBWitce k sVifndre clifi nat». Il nblr i Paris plusieurs éUbliraeiiKOis à l'insUr des bains orirniaui ou mai^, au la ge.ii saufTrvtetise des rliumUisnK». drs ném^qoes, des anciens biMsrs, etc., ta cherclier qiwlqne adoucissenieiit ou mfnie une sorte de votnplé dans le contneU lies iem{i^r>liim et dans les numniTrrs d'une g\iniiastH{De pas&itc. Oan les ' (>ats froids «t hiintiilrs, ad la transpiration cutané esl rMuite k mw mioiiniiin, li-s H\nt^ sèches miK uti excellent iiMieu |»nr eutler pènodiqiKmenl celle initcirlanle foiiciiou et ranimer la rirralaiioD capillaire de la pean : elles ler- «■>«>« aossi de torreclif 1 l'eiubérance des lliiides bUivcs, tpù em te caclM ile> (-iKLNiilnlilins dairt m loralilé*. Ea fjtotnà, tenr emploi r*t tnd>qi*è dan* Uiairst Ici siinatiuB oA l'^cewaie kni i b fHAan liHiphaiiqBe. lia faa«fli>»utv iétrvx. Pnor les flimnmu ^ pAinaK In incnatéiiieBi» de b vie '•Mtiame, ells «OM en 9HrifM tant le tmxMaai de l'crrrcira wwwMhira. MjrtiMl si eRe$yjaiSPMdHpntk|iKS accessoires des bain. OtmkBfft nur^a$e«i. k» étan» lècki» Mt l'jTMiiaee de psenvfua Tar^wùam k nw si^rie de OMavHMSIi cxcflMnSHs*. ssne oe oepiuaiioo neccsmn lo nnieB ■lave tÊmt^kin cfcMf(t <t yriwripe» loti^tK. FjUn i «t do îmIMIw i)a lue rtfagMKC inàcAle ihijpB*- éB bût d'os, on ^n m'tQ pÊmnatt e h pranaa b P^figaMn; k cwn-la. do mw. h» ta» e Inr Mcbe el friwiw aille nifnbiiti.
tiao<l rt hunûle. i
78 DES MODIPICATEQRS. — EXCRETA. [ITCIÉIIB
liraillent la peaa, les muscles, font crépiter les artkolatioiis de ses doigts et de ses membres, le retoament sar le ventre, s'agenonillent snr ses reins, font des percussions snr les parties les plus chamnes, etc. Il est érident que cette roanipalation rariée, comme les frictions à ou moindre degré, doit appeler le sang dans les tissas excentriques, en favoriser la circulation, activer les fdnctions du derme, réveiller la contractilité musculaire, assouplir les parties articulaires, etc. ; aussi est-elle uu véritable bienfait pour les indolents Indiens et pour tous les Orientaux qu'amollissent leur climat et leurs moeurs, comme elle peut devenir une ressource d'équilibre physiologique pour les gens sédentaires de tous pays. L'épilation, en usage autrefdis et de nos jours encore chei beaucoup de peuples^ n*est qu'un artifice de coquetterie, sans aucun rapport avec l'hygiène; nous renvoyons aux recettes épilatotres de Galieo, et n'iosistooi pas sur le danger qu'entraîne l'emplot des pâtes arsenicales {ru$ma des JKgypCiens, rumret des Arabes} auxquelles on ne craint pas de recourir pour un si frivole objet. 5* Ablutions et bains partiels, — Les demi-bains (jusque l'ombilic), les bains de siège, les manuluves et pédiluves sont plus usités en thérapeutique qu'en hygiène. Les pédiluves quotidiens devraient entrer dans les usages de l'hygiène familière; pris froids matin et soir pendant une à deux minutes, ils préviennent les engeliu^, s'ils sont suivis de frictions fiites avec un linge rude. Les bains de siège froids sont recommandés par les médecins hydropathes dans les cas de tendance coogeslioonelle vers la tête, de douleurs nerveuses si fréquentes chez les femmes d^icates; ib sont efficaces pour provoquer ou rappeler la menstruation chez les jeunes filles, auxquelles on les prescrit de température progressivement plus basse; à l'époque de la puberté, elles doivent les prendre froids. Quand l'écoulement des menstrues est laborieux, imparfait, des ablutions froides sur les parties génitales le facilitent, le rétablissent. Les lotions ou ablutions sont une nécessité hygiénique de tout âge, de toute constitution ; elles exigent seulement quelques ménagements. Nous avons dit que le nouveau-né doit être lavé avec de l'eau tiède. Ma^^ le conseil de Hufeland [\\ il nous paraît dangereux de soumettre journellement les enfants dès le plus bas âge à des ablutions froides de la tète aux pieds, d'abord parce que beaucoup de ces petits êtres ne sont pas assez forts pour réagir, ensuite parce que ces lotions exigent des soins dont on ne peut espérer l'exacte et journalière observance. Ainsi elles doivent être faites très-rapidement, et le corps de l'enfant soustrait lestement au contact de l'air pour éviter TeRet glacial de Tévaporation de l'eau à sa sur&ce ; il faut encore que l'enfant soit levé depuis quelque temps pour que la moiteur du lit ait pu se dissiper. Jusqu'à l'âge de cinq ans, on doit s'abstenir en hiver de laver les enfants avec de Feau sortant de la (lonipe ; mats à partir de cet âge, on peut renoncer â ces précautions. Les ablutions de tous les jours sont indispensables au maintien do la santé; les négliger, c'est compromettre, entraver les fonctions si
( 1 ) OufeUnd, Li Mn<itjhiotiqUir^ ou Part de prolonger ia vie de t homme, Pirit, iS38^ p. A^5.
PRITÉI] DES VÊTEMKNTS. 70
importantes de la peau, c'est s*exposer aux maladies qu'entraîne tôt ou tard la dépuration imparfaite du sang, à celles qui résultent de sa viciation par les matières qui se déposent incessamment à la surface du corps et^que l'absorption fait passer dans les voies circulatoires. L'aspect sordide des classes les plus nombreuses et les plus misérables, leur malpropreté entretenue par l'insuffisance du linge, des vêtements et par l'encombrement de leurs habitations, font comprendre que les premiers instituteurs des nations aient fait de la pratique des ablutions un précepte de la religion. Le christianisme, en exaltant la spiritualité, a perdu de vue ces grands besoins de l'existence matérielle : plût au ciel que l'hygiène eût encore la foi pour auxiliaire dans ses efforts d'amélioration physique des masses! Les lotions doivent être dirigées surtout vers les parties oà les sécrétions cutanées abondent, tête, pieds, périnée, parties génitales, anus, etc. , et être répétées dans la mesure des causes qui tendent à souiller la peau de matières étrangères. Mais les ablutions ne sont pas seule* ment un moyen de propreté et de purification ; pratiquées avec méthode, elles peuvent améliorer la santé habituelle. Les sujets à constitution faible, rhumatismale, lymphatique, fatigués par d'excessives sueurs, exposés aux coryzas, aux supersécrétions catarrhales des bronches, etc., ne sauraient recourir à un correctif plus sûr de ces dispositions organiques; ils abaisseront graduellement la température de l'eau qu'ils emploieront, de 15 à 12, à 9, à 8, à 6 degrés centigrades. Une serviette pliée en plusieurs doubles, et trempée dans un baquet d'eau, servira d'abord à frotter une seule jambe et le pied; dès que le linge est cbanflé par les frictions, on essuie le membre avec une serviette sèche. On fait ainsi de l'autre jambe, des cuisses^ et de toutes les parties du corps, avec la précaution de ne laisser aucune humidité sur le corps. La peau, sous l'influence de ces frictions humides, ne tarde pas à se nettoyer, à devenir plus lisse, plus polie, plus vasculaire. Une fois habitué à ces frictions, on peut se laver à grande eau ; un pied dans un petit cuveau contenant 3 à quatre Htres d'eau, on arrose tout le membre à partir de la hanche, et quand le pied commence à s'engourdir, on essuie exactement la peau avec une serviette sèche : ces ablutions sont répétées sur tontes les parties du corps. La réaction survient promptemcnt ; on la hâte en s'habillant vite et en marchant h l'air libre. L'exercice à l'air libre est ntUe tous les matins après ces ablutions, qui, en été, peuvent être remplacées par les bains de rivière.