‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 18 sur 107 · I. — Propriétés inhérentes a la matière vestimentaire · texte numérisé non relu

I. — Propriétés inhérentes a la matière vestimentaire

i" Calorique. — La matière veslimenlairc, déployée sur le corps, doit cire envisagée sous le triple rapport du rayonnement, de Tabsorption et de la conductibilité du calorique. Tous les corps, quelle que soit leur température, lancent continuellement, par tous les points de leur surface, des radiations de calorique sous forme de rayons divergents, comme fait un corps lumineux ; la quantité de calorique qu'ils émettent est en raison directe de leur température et de retendue de leur surface. Le corps humain, d*une température généralement supérieure à eeHe de Tair, et dont les formes présentent un grand développement en superficie, se trouverait donc dans des conditions de rayonnement telles, qu*il ne tarderait point à se refroidir jusqu'au-dessous du degré compatible avec la vie, si elles n'étaient corrigées par deux circonstances : la non-conductibilité des tissus vivants et la protection du vêtement La première retîfdeU transmission du calorique à travers la masse du corps, du ventre vers b périphérie; la seconde remplit l'ofTice d'un écran. En effet, si entre dent tùvps inégalement chauffés, et qui, placés à proximité l'un de l'autre, tendent à se mettre en équilibre de température, on interpose un troisième corps, il intercepte entièrement le calorique jusqu'à ce qu'il se soit échauffé et qu'il émette du côté du corps le plus froid ce qu'il absorbe du côté opposé. Or les vêtements, placés entre l'homnie et l'atmosphère, exercent au proGt du premier ce pouvoir protecteor qn! est en rapport avec leur propre force de rayonnement et leur conductibilité; mais comme ils sont en général de très-mauvais conducteurs du calorique, leur surface extérieure est bien loin d'acquérir la même température que le corps de l'individu qu'ils recouvrent Ce qui contribue è réduire sa perte de calorique par rayonnement, c'est l'incarcération d'ane lame d'air entre la surface cutanée et la surface interne des vêtements, et Tair que ceux-ci retiennent dans leurs mailles. L'air étant très-mauvais conducteur, le vêtement agit ici sur l'économie comme le paillasson de chaume sur les arbres fruitiers, qu'il préserve de la gelée en interceptant le rayonnement du sol vers les espaces célestes, comme le gazon et la neige non tassée sur le sol auquel leur faible conductibilité et l'air qu'ils retiennent entre leurs parcelles consenent à peu près sa chaleur, tandis que dans les nuits sereines leur température propre s'abaisse par Teffct du rayonnement au-dessous de celle de la couche d'air qu*ils supportent. C'est par Taction des mêmes causes que le soldat qui bivouaque sans abri, sous un ciel étoile, sent ses habits plus froids en dehors ((ue l'air ambiant. Peu conducteurs, le calorique qu'ils enlèvent à la |)eau traverse lentement leur épaisseur ; mais par la face extérieure, ils l'émettent rapidement. Cette déperdition par rayonnement, une tente, un manteau déplové, un |)arapluie même suifit |)our Fentraver ou l'atténuer. Les mêmes écrans manifestent, quand il y a lien, leur pouvoir protecteur dans une direc-

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que Ton fait glisser entre les doigts, s'électrisenl souvent jusqu'à production d'étincelles. Le frôlement des vêtements idio-électriques sur la peau doit donner lieu au dégagement de l'électricité. Il y a plus : la superposition des vêtements et leur glissement dans les actes de locomotion favorisent ce pliénomène ; car deux étoffes, ou deux portions d'une même étoffe frottées Tune contre l'autre, peuvent contracter des états électriques très-prononcés d'un .signe contraire. Que les fluides électriques développés de cette manière se distribuent à la périphérie du corps et lui impriment un certain degré de tension, ou qu'ils réagissent en se recomposant, ils exercent une influence peu remarquée mais réelle, qui fait partie des mérites ou des inconvénients des vêtements de laine ou de soie, et qui se traduit par des stimulations circonscrites et répétées sur l'élément vasculairc et nerveux de la peau.

3° Hygrométrie. — Cet effet résulte du pouvoir que les corps possèdent, à différents degrés, de condenser dans leurs pores ou à leur surface l'humidité du milieu ambiant; il se manifeste de deux manières dans les vêtements, suivant qu'ils transmettent à la peau l'humidité de l'atmosphère, ou qu'ils s'imprègnent iSLii& fluides perspiratoires. Dans les deux cas^ leur conductibilité du calorique est augmentée; plus ils sont hygrométriques, moins ils sont chauds; l'eau qui les imbibe se substitue à l'air emprisonné dans leurs mailles, et devient une double cause de refroidissement, par sa capacité plus grande pour le calorique, et par sou évaporation ultérieure, laquelle enlève à la peau de grandes quantités de chaleur. La ûbre poreuse du lin et du chanvre se charge promptement d'humidité; les tissus qu'elle constitue se mouillent vite, condensent les produits de la transpiration, et glacent le corps en les restituant à l'air par évaporation ; ils sont, de toutes les matières vestimentaires^ celle.s qui l'exposent le plus souvent à la sensation du froid humide et aux maladies qui en résultent. £n revanche, dans les affections cutanées qui s'accompagnent de prurit et d'ardeur, ils offrent un vêtement frais et souple, à cause de leur hygrométrie et de leur conductibilité du calorique. Les brins compactes du coton se laissent moins pénétrer par l'eau. La laine, la soie, également formées de fils non poreux, sont peu propres à condenser les vapeurs qu'elles laissent échapper facilement à travers les mailles des tissus qu'elles servent à confectionner. D'ailleurs, mauvaises conductrices du calorique, elles ne permettent au peu de liquide qu'elles condensent qu'une évaporation graduelle qui refroidit à peine la surface extérieure du vêtement. Percy, en recherchant l'étoffe la plus convenable pour 1rs fomentations froides, a déterminé les vitesses d'évaporation d'un certain nombre de tissus : des coupons de toile de chanvre et de coton, des morceaux de flanelle, de futaine et de molleton, ont été complètement imbibés d'eau distillée, et suspendus les uns à côté des autres à la même hauteur, et exposés au même degré de chaleur : il a vu que la toile séciiait en |)eu d'instants, le tissu de coton un peu moins promptement; que la futaine venait ensuite, que la flanelle tardait trois lois plus, et que le molleton mettait plusieurs heures de plus que le» autreu étoffes à se dessécher.

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Cette eipéritiDce indiqae, dans l'ordre de leur éuumération, l'intensité (le la réfrigération cutanée que produisent ces tissus.

Coulier s'est livré récemment i des recherches d'un grand intérêt pour déterminer la quantité d'eau que peuvent absorber les diverses étoETes, et il a constaté que l'eau qui pénètre dans leur tissu se partage en deux portions distinctes : l' l'une, qu'il appelle eau hygrométrique, peut être absorbée en quantité considérable sans que le toucher perçoive aucun changement dans les conditions physioli^iques de l'étoiïe : on ne peut l'extraire par pression; on n'arrive i l'évaluer que par la balance ou par l'allongement des Gbrilles teitiles, comme il advient pour les hygromètres ï clieven ; 2° l'autre, que le ■issu retient par uprllariié, eau d'intei-position, obstrue ses pores, aiïecte la main qui le touche d'une sensation d'humidité, et en est éliminée par une pression sufiisauie. Noos renvoyons encoie ici au mémoire dn proressenr du Val-de-Grâce pour les détails relatifs à l'ingénieuse installation de ses expériences, et nous lui empruntons les imporlanis résultats et remarques qui suivent ; le lecteur en déduira spontanément les données et les interprélalions qu'ils oiïrent i l'hygiène.

Tahlemi indiquant les quattlilii d'eau abtorbéei par Ita étoffes.

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