‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 19 sur 107 · L. Bnlle toile de chanvre pour chemises · texte numérisé non relu

L. Bnlle toile de chanvre pour chemises

( On voit par le laUeau précédent que la quantité d'eau hygrométrique absorbée par chaque tissu varie snivaot sa nalnrc. Le colon est de tontes les éloBeiceUcqui, sous ce rapport, possède le moindre pouvoir absorbant. Il est tstei remarqnable qne les deux ëcliantiKons sur lesquels ont porté les essais aient des pouvoirs absorbants qui diffèrent nolabicmenL Peut-être les diiïércnM «ariélés de coton sont-elles fort dissemblables sous ce rapport, et, dans

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ce cas, il y aurait intérêt à mesurer ce pouvoir absorbant pour se décider en faveur de tel ou tel échantillon.

» La toile de chanvre vient ensuite. Son pouvoir absorbant est intermédiaire entre celui du coton et celui de la laine. Il est à remarquer que les essais ont indiqué un pouvoir absorbant plus considérable pour la toile écrue et grossière que pour l'autre échantillon dont la texture était plus fine. Ce fait s'explique par la moindre porosité des fibrilles qui forment les toiles de première qualité.

» Quant à la laine, elle est, et de beaucoup, le corps qui peut absorber la plus grande quantité d*eau hygrométrique à poids égal; elle a un pouvoir absorbant presque double de celui du coton ; à surface égale, pour le drap, il est environ quadruple.

» On peut, du reste, se rendre compte aisément des causes de ces différences, en considérant l'organisation microscopique et Tusage primitif des fibres textiles dont nous nous servons pour tisser nos étoffes. Les fibres de coton sont, en effet, formées par des rubans d*une substance uniforme, non poreuse, et susceptible de résister aux agents chimiques les plus énergiques (on sait d*ailleurs que ce sont les corps les plus poreux qui possèdent au plus haut degré le pouvoir de condenser Thumiditô atmosphérique). Leur rôle dans le végétal consiste à protéger la graine, et lorsque celle-ci est arrivée à maturité, elles lui permettent, grdce à leur légèreté et leur surface considérable, d*être transportée au loin par les vents. Il n*est donc pas étonnant que la nature les ait formées d'une substance non hygrométrique et non susceptible d'augmenter de poids par l'absorption de la vapeur d'eau contenue dans l'air.

u Les fibres de chanvre sont composées de vaisseaux]et de cellules ligneuses (|ni présentent longitudinalement un grand nombre de fissures; dans la plante, elles sont continuellement saturées d'eau.

» La laine enfin e^t formée, comme les poils de tous les animaux, de cornets emboîtés les uns dans les autres, et présentant, à la surface extérieure du cylindre qui les forme leurs bords évasés. Elle forme le vêtement naturel des animaux, et Ton peut dire à priori qu'elle doit avoir toutes les propriétés que l'hygiène exige du vêtement. Il est facile de voir, en effet, qu'une étoffe qui, sans perdre ses propriétés physiques de souplesse, de porosité et de conductibilité, peut soustraire à la surface avec laquelle elle se trouve en contact une aussi grande quantité de liquide, doit former sans contredit le vêtement le plus hygi('*ni<(ue.

» LVau d'interposition varie aussi d'une manière notable avec la nature des étoffes. Ijcs fibres de coton et de chanvre ne sont nullement élastiques, et, dès qu'elles sont mouillées, elles s'accolent les unes aux autres par capillarité. La fibre de laine, au contraire, a une élasticité assez considérable pour que la capillarité ne puisse lui faire prendre une position différente de celle qu'elle a dans Pétoffe, dont les interstices, restant dès lors intacts, peuvent retenir une f^ode quantité d'eau. Il est flicile de voir que les choses se passent ainsi en

Plinrtv] DES VÊTEMENTS. i03

ploQgeant saccessWement dans Teau quelques brins de laine ou quelques fibres de coton. I/>rs donc que TétolTe de laine se trouve saturée d'eau hygrométrique, elle pea( soustraire mécaniquement une quantité d'eau d'interposition bien plus considérable que les étoffes formées par d'autres substances dam les mêmes conditions; sous ce rapport, elle est donc encore bien supérieure aux autres étoffes, et doit être préférée par celui qui se livre à un violent exercice.

» Il y a dans la manière dont les vêtements absorbent Tbumidité une circonstance qui est également digne de fixer l'attention du médecin. Si le corps couvert de sueur est mis sans défense en contact avec l'atmosphère, la sueur s'évaporera en soustrayant directement et brusquement une quantité de calû* rique latent Cette soustraction deviendra même excessivement rapide si l'al^ mosphère est agitée par un courant d'air. Le vêtement, au contraire, se sature d'eau hygrométrique sans qu'il y ait déperdition de chaleur, puisque l'eau ne passe pas à l'état gaxeux.

» Il est bien vrai que, dès qu'il est saturé, il cède une portion de son eau k l'atmosphère jusqu'à ce que aon équilibre hygrométrique soit rétabli; mais il est facile de voir que le froid qui en résulte se produit à la surface externe dq vêtement et beaucoup plus lentement Ce froid agit donc sans transition brusque d'une manière lente et graduée, c'est-à-dire dans les meilleures conditions pour no pas devenir cause morbide. Ajoutons enfin qu'il protège la surface cutanée contre les courants d'air, et l'empêche d'être directement refroidie par eux.

» L'eau d'interposition s'évapore évidemment comme l'eau contenue da^f un vase, c'est-à-dire en fonction de la température, de la surface du liquide et du degré de saturation de l'air ambiant Cette eau^ après un temps convenable, finit toujours par disparaître entièrement L'eau hygrométrique, au contraire, ne se perd jamais complètement Les tissus en retiennent toujours une quantité d'autant plus gramle que l'air ambiant est plus proche du point de saturation. Je me suis assuré de ce fait en pesant le même morceau d'étoffe déposé sous une cloche, sur des dissolutions de sels plus ou moins déliquescents. Le poids d'un tissu quelconque varie donc continuellement avec l'état hygrométrique de l'air ambiant

a Lorsqu'une étoffe est saturée d'eau hygrométrique et placée dans une atmosphère non saturée, elle perd de son poids jusqu'à ce que son équilibre hygrométrique soit rétabli; mais si l'on vient à la peser successivement après des temps égaux, de deux en deux minutes, par exemple, on s'aperçoit que les quantité d'eau perdue décroissent rapidement J'ai fait un grand nombre d'expériences pour trouver la loi de ce décroissement; mais ces expériences sont fort diificiles, car le moindre courant d'air augmente singulièrement h rapidité de la dessiccation, et, d'autre part, il faut opérer dans un espace assex considérable pour que l'état hygrométrique de l'air ne change pas. En prenant la raoyemie de nombreuses expériences, j'ii cm pouvoir en conclure que, pour

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un ^!tat liygrométriqtic de Véioiïe peu différent de son équilibi*e, la déperdition (Hait proportionnelle I l'excès d*ei«u hygrométrique contenue dans Tétofle. C*est, un le voit, In loi de Newton pour le refroidissement des corps dont la température est |>eu élevée. Elle permet d'obtenir assez exactement le poids d*une étolîe après un temps donné, lorsqii*on la place dans les conditions ci-dessus énoncées.

» J*ai clierché de plusieui^ manières h mesurer les quantités d*eau hygrométrique absorbée par une étoffe mise en contact avec une paroi humide non mouillée. Ces quantités varient suivant un grand nombre de circonstances, et seraient dintcliement soumise à une règle fixe. Dans ces expériences, j*ai trouvé un fait complètement inattendu et d*Qne très-grande importance au )H>int de vue de Paction des Tètemenis sur le corps bamain : c'est que Teau d'un corps humide est soustraite bien plus rapidement 4 l'état d'eau h\ptHnétrique par une éloife qu'à l'étal de vapeur d'eau par l'air. •

A la propriété hx-grométrique des vêtements se lie leur action sur la peau,

considérée oommeori^ne d'absorption et d^excrMon. La iraaspiratioQ cutanée

varie dans sa quantité, snivant le pontoir oondoctenr, émîssif et ahsoriiant des

i^«>ltr>s: pins le vêtement accnmnie de cbalenr sur le corps, pins die aufuntte,

ainsi qne le ptvNiv« la nnitenr habitnelie de la pean sons le poids dVnv^ekippf»

épaisses et snpefpasées. An cantnire^ les tissns bonscondndenrs dn ealMrîqw^

rcAvndîswnl la pean par voie d'échange dàned avec les corps exuèmnr^^^ t^i

rgdninent par conjftqneni la transpiration. Anssi le lîn^ condow t^ en 5ie$

fibres perméables la vapenr dn liqnide transpiré^ ceqjniajonieencorrè^sacnn^

éMtibilîtf. Les tissns vestimeniaimi fonmisscnt à l'absorption cniané^des ma>

tii^res liquides «n saxenses <pa'ils empruntent, soit à Fatroosplièfe^ iioit è Tor-

ganinno M-méme; Tair qn^ micnnent dans leurs maHer; se rrumin^lc

très4entcmcm; s% l'ont puisé dans un miKcn miasmatique, ds sertmi pins on

moins longtemps les v^icules de principes déléims. Le soir on prndam la

nuit, la laine, la soie, les lourmres, se diargenl facilement des eAmes dn

di4iors: mauvais condncieurs dn calorique, leur irmptraTure snpnfirieJle d<s-

cnid par rayonuemem an-dessous de celle des corpi; ambiants, cr <fni faciliic

la condensation des vapeur^; miasmatiques ii leur snrface. Tel v^%em<iit peni

«lonc onfonnn- Toreanisme d'one cooche d'air infecté qn'il recèle dan^ les

mailles de sa letinre : la transmission de Pacams de la (sale^ dn pedimins nu

de ^es inn^, par rinlermédiairr des vêtements, est comme une imace de h

tnHMmîssion moins évidente des miasmes, de<^ principes cont^i;ieni. Il m es:

d^ mdme qnand, an lien de sHmpiT^mer de< matirres miisâdes do dehors, ils

^^fecient an cnniart dn corp<^ de f Immnie sain on malade en cnndensant dan^

^^fr (»pais«em* la \apeur de la iranspîratinn, en frennt sur lears fils le piudnii

^l^^'^^^lw' des snppnratinns. etc. \j^ cnotertnrrs des lits sont friNpiemnieni. à

«'«Hip sûr. dans les hOpiiam.. les ^rems de la prapafçition des fièvres typintpie^.

P'^rpÉ'niles, eic,

U /tj-fHn, — Us fWfeloppes naturelles des inimii nnt dà

406 USS MODiFICÀTftUBft. — APPLICATA [iWiÉn

forme d*逫iltai( ckcuUii^ inbriquéas leii unes dans iebtutr«tea guindé ixiram, ou éprouve, eu \m iiroiUttt dao» une de leurs directkNM, la wiiatîwi do ({riiUMueot Ijeê véteitteuu de laiue meUeut la peau eu ooutact arec d'ionmbraUâ» aapôritéë qui la broêëeui à ebaque giiiaenieut, à ciiaqoe taowffmmi; de là uue aenaatiou de chaleur iaoMiiiuode^ de picoceoieat, de démangeainn, qui tradoil Teiatatiao uerveuae et vaaculatre du derme ; des rcNigeara, des érytlièmeSi des érupiious Yariéee, dee iuflainuiatioos qui porteot sur uo ou plusieurs élémêncs de la strucUire cutanée, provietuieot parfois de l'utage des enveloppes de laine, avec le concours éiMogique des prédispositioni, do régime, de l« jualproprelé, etc. Nul doute que remploi de plus eu plus général du linge irait contribué k réduire le nombre des albctions cutanées ; l'application immédiate des étoffes grossières de laine sur la peau, Jointe I la malpropreté qoî en était riuévitable eonséquenre, devait entrer pour une large part dans leur pro- (luciiou I la rétention des produits 4^ l'excrétion cutanée dans les mailles de ces (issus ajoute à leurs propriétés irrilaules. 8auvages mentionne une espèce d'érysipèle in cuie muami ad eotlarium eerhiioêtirorum ; la crasse du cuir chevelu pitHiuit le pityriasis de la lélei le fluide perspiratoire, rinteririgo des oreilles; le flut leuoorrhéique, rinlertrigo des cuisses, etc. (i). Nous avons rapporté plus haut Tanalyse des matières qui imprégnaient un gilet de flanelle porté penilani suixanle Jours. Les vêtements de laine, lomenteux et maoTals oondoc- (eurs, exercent donc sur la peau une stimulation mécanique et une stimulaùm chimique ) la première par la nature de leur aurhce, la seconde par les IMtMluits dégénéréa, altérés, dea aéeréiimia de la peau dont ib s*infiltrait La UHMecine et Thygiène |M>u\ent tirer |^n)e de eelte double aciion, qui se résout iUus une révulriuu tlouce et continue, pourvu que llndieation soit bien oomprise et qu'une a|]fkréheiaiiiu exagérée ne eonduiae paa à dénamer réconomie |ar l^l&^ prèmatui^è ou iuieiiq^estif dfe moyens prophylactiques. Le coton lifSM le uùheu par mmî qualités tadilea entre la Uiae H le linge ptoprenwnt dit vvhau^re et hu^; il est par6ùletiie«t supporté quand la pNiu n*«st pas le sàége U*exanth^snea ni UV^eonationa. Le UiKge^ gr4k>^ aux Sbtti^ so«pl«s et amorphta AhMM il ae çonq^œe^ nVxpoae la peau qu*à d«s frlMenients moetWux et M»; b aaàe hii est lrèthéMK>e« main. coBisae la laine. eUe développe de I éèKShcilé par saa fr»ileiycttfek cause ite ^tinjulatain qui manque daa» les tîsM» si triquea de chanviv et de hn.

V (MJevr. <- Lacouhfuf ntatuftHr ou bcoluratioft artiliciaMe lèss leur aimmunique é» ptvpfièfe yciafaak Les expériences 4» lirufeitopar sir lluniphr> l>a%v i7W\ ont déaM>ncr^ rinâuettoequ^cAe exerce ^oir le rayonnenuHit et TahMirptkNi du caftoriqse. te sait injottrd*hni qQ^nae >ur6N>r coutertede nuir di: fiUKée ra^oaae In Hsatimmn dn calonqne. bmt fol» plus qu'une ^urfKe bimche et polie. Le doctenr Starà d*l

f08 DES MODIFICATEURS. — APPLICATA. [hygiène

32 grains; même quantité de laine écariate, 25; idem de laine blanche, 20. — Gomme l'eau à l'état vésiculaire est le véhicule des principes toxiques qui constituent les miasmes, les effluves, il s'ensuit que la couleur du vêtement ne sera pas indifférente là où l'homme est exposé à cette cause de maladie ; mais le docteur Stark est allé plus loin. Des expériences aussi délicates qu'ingénieuses, dont le détail serait trop long ici, l'ont conduit à ce résultat, savoir, que la couleur des corps, indépendamment de la nature des substances, influe d'une manière frappante sur la faculté qu'ont les surfaces d'imbiber et d'exhaler les odeurs : ainsi il a trouvé que le noir absorbe le plus, ensuite le bleu, puis le rouge, puis le vert; le jaune fort peu, et le blanc à peine sensiblement; que les substances animales ont une plus grande attraction pour les odeurs que les substances végétales ; que la soie attire plus que la laine, celle-ci plus que le coton. L'absorption des particules odorantes par les surfaces colorées semble donc soumise aux mêmes lois que celle du calorique et de la lumière ; Tanaiogie s'étend encore plus loin, car dans plusieurs expériences, Stark a constaté que, pour les surbces diversement colorées, le pouvoir émissif des odeurs est en rapport exact avec leur rayonnement du calorique dans des circonstances semblables. La connaissance de ces faits mène à des applications utiles de prophylaxie pendant le règne des maladies épidémiques ou contagieuses. Les médecins, en adoptant le vêtement noir, ont choisi la couleur qui absorbe le plus fsicilement les émanations odorantes, et qui est par conséquent la plus dangereuse pour eux-mêmes comme pour leurs malades. Le costume blanc dans les hôpitaux, les rideaux blancs, le linge blanc et jusqu'à la couleur blanche des murs, n'ont pas seulement l'avantage de forcer à la propreté, mais présentent encore an mépliitisme de ces demeures la surface la moins absorbante : il semble que la parfaite propreté, dont le blanc est à la fois l'image et le symbole, résume toutes les précautions extérieures qui sont nécessaires à la santé. — Enfm, la coloration artiûcielle des tissus vestimentaires peut-elle occasionner des accidents par TefTet vénéneux des teintures solubles dans la transpiration cutanée? Nul fait très-exact n'établit jusqu'à présent la possibilité d'un empoisonnement plus ou moins complet par cet ordre de causes; néanmoins il importe qu'il n'entre, soit dans la teinture des éloffes, soit dans Tcncollagc de leur chaîne, aucune préparation de nature dangereuse; le sulfate de plomb qui sert à l'apprêt des étoffes de laine et de cot»n doit être remplacé par le sulfate de chaux qui remplit le même office et n'a aucun inconvénient ■ Chevreul). Dans des chdies tis^ésen Picardie, la proportion d'oxyde de plomb que contenait l'encollage était si grande, que l'eau de dissolution se colorait fortement par Teau d'acide sulfhydrique. La même proscription doit atteindre les préparations cuivreuses que les apprêteurs emploient dans le blanchissage «les tissus de laine pour en azurer légèrement la teinte.

6<^ Forme, — L'ampleur du vêtement détermine la sphère atmosphérique qui entoure immédiatement le corps; Teflet qui en résulte se combine néces- *»airenieiil avec celui des propriétés inhérentes aux étoffes. Quand les pièces

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du vêtement sont larges et ouvertes en différents points, i'air s'y renouvelle aisément, et leurs ondulations, en rapport avec les mouvements du corps, donnent lieu à une douce ventilation qui rafraîchit la peau en activant Tévaporation des fluides perspiratoires. Les habits serrés emprisonnent une couche mince d'air qui se renouvelle très-difficilement, et contribue par son peu de conductibilité à conserver au corps sa température propre. Les ceintures, les liens, placés à différentes hauteurs^ délimitent des masses d'air stagnant ; les culottes courtes, maintenues à la taille et au-dessous des genoux par descom* pressions circulaires; les bas dont l'extrémité supérieure est appliquée exactement sur la peau à l'aide des jarretières, le chapeau qui étreint la base du crâne, représentent autant de cavités closes où l'air est retenu. La superposition des habits permet d'environner le corps d une série concentrique de lames d'air qui sont autant d'obstacles anx échanges de température auxquels il est provoqué par les objets du monde extérieur. L'instinct a bien guidé l'homme dans l'arrangement des différentes pièces de son vêtement : sur sa peau nue il place le linge, c'est-à-dire l'étoffe la plus souple et qui transmet promptement les liquides transpires aux vêtements de laine pins extérieurs; ceax-ci les évaporent d'une manière presque insensible ; enfin il dispose à l'extrême périphérie de son corps les vêtements les plus grossiers, les plus tomenteux (manteau, capote, etc. ), qui ne se refroidissent qu'à leur surface ; il n'est point jusqu'aux couleurs des pièces de vêtement superposées qui n'agissent an profit de la chaleur du corps, à la manière des enduits qui, étendus par couches successives sur une surface rayonnante, finissent par fermer cette voie de déperdition du calorique. — La forme des vêtements occasionne des compressions multiples, tant par ses proportions trop rigoureuses que par les liens et les moyens de suspension qu'elle nécessite. L'effet immédiat de ces constrictions porte sur la peau et les tissus sous-jacents ; l'état parcheminé de la peau, la conden- ![>ation des tissus cellulaire et musculaire que l'on observe au cou des pendus, est l'expression la plus saisissante de cette cause portée à son maximum d'intensité. Les bretelles, les ceintures étroites, les jarretières, les ligatures de tout genre, déterminent une compression circonscrite, plus ou moins forte et continue, dont le premier effet est de gêner la circulation capillaire et de faire refluer le sang dans les vaisseaux voisins ; quand la compression est enlevée, le sang revient avec force et produit la rougeur passagère du point comprimé : mab à la longue les tissus comprimés s'épaississent par une sorte d'irritation nutritive ; aussi tous les points de la surface du corps sur lesquels le mode d'habillement exerce une constriction habituelle sont plus denses et plusépab. Une compression plus Umitée encore et plus forte, quoique non sentie au début, ne tarde point à devenir douloureuse ; chassé d'abord des capillaires de la partie, le sang y retourne avec force, et bientôt une inflammation aussi vive que douloureuse se développe sur les limites immédiates du point comprimé : le pli d'un bas, la couture trop saillante d'une botte, le bord trop serré d'un soulier, uccasioanent au bout de quelques heures des souffrances

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intolérables, des ampoales, des excoriations, des solutions de oontinnité. Si la compression s'étend à ane large surface et est soutenue longtemps (corset, pantaiou collant), la partie diminue de volume ; le tissu cellulaire, pri?é de la graisse et de la sérosité qui remplissent ses aréoles, devient sec et lamelteux ; les muscles s'atrophient et perdent leur contractilité ; les vaisseaux sanguins et lymphatiques les plus superficiels s'effacent sur eux-mêmes ; la circulation du sang et de la lymphe s'opère par les vaisseaux profonds : de là des congestions viscérales, des ampliations anévrysmatiques des vaisseaux ou du cosur, des symptômes de dyspnée, etc. Il suffit de promener par la pensée ces effets de la compression sur la poitrine, le ventre, la tête, les extrémités, pour en saisir aussitôt les conséquences fonctionnelles ; nous y reviendrons en parlant des différentes pièces de l'habillement. Enfin, la forme do vêtement laisse à découvert certaines parties du corps, protège étroitement certaines autres; elle donne lieu à des habittides de déuudation ou d'enveloppement, et modifie par là, non-seulement les fonctions de la peau, mais les organes profonds qui, par leur sympathie ou leur susceptibilité, répercutent les impressions qu'elle reçoit.

7* Action générale. — Le vêtement ne peut modifier la caloricité, l'exhalation, l'absorption et la sensibilité de la peau sans réagir sur l'ensemble des fonctions. L'énergie de la fonction éliminatrice de la peau règle en quelque sorte la marche des autres excrétions ; tout ce qui impresrionne les papilles nerveuses du demie met en jeu Tinnervation cérébro-spinale et aboutit au malaise ou an bien-être général de l'économie. Les enveloppes plus ou moins protectrices dont l'homme se revêt déterminent la mesure de l'antagonisme qui existe entre sa caloridté et la température extérieure ; le foyer de chaleur qu'il porte en lui-même redouble ou ralentit son activité suivant les agressions de l'atmosphère; mais cette production inégale de calorique entraîne ou résulte des oscillations correqHindantes dans les mouvements de la respiration et de la circulation, dans les actions musculaires et cérébrales : le vêtement est donc encore un de ces modificateurs qu'il est difficile d'étudier au point de vue d'un seul organe, d'un seul appareil ; de près ou de loin, il les influence tous, et il résume parfois la question totale de la vie, quand celle-ci tient à un degré de chaleur de plus ou de moins, comme chex les nouveau-nés, dont le pouvoir calorifique ne suffit point à réparer la perte par rayonnement, et qui périasent en si grand nombre pendant l'hiver.

§ t. -— 0e l'eniploi éem irétenettlM.

L'emploi des vêtements est subordonné à la forme et aux convenances des parties qu'ils recouvrent, aux conditions de l'individualité^ aux circonstances extérieures.

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