‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 21 sur 107 · . ■*'..■:'.' L:;-—;': ■ -—•■■■'*. KM · texte numérisé non relu

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PIIYÉC] DES COSMÉTIQUES. 129

le coiffeur, la modiste, le chapelier, en ont un autre qui tourne au détriment de la nature.

2'^ Cosmétique des dents, — Nous avons signalé ceux que la prudence autorise (voy. Dents, Excréta). Les dentifrices se débitent sous forme d*opiats, de poudres et de liquides. Les deux premières sortes agissent par frottement et contiennent généralement des cendres de diverses matières v^étales, telles que coriandre, iris de Florence, racines de pyrètbre, etc. , du socre, du charbon, de la suie, du carbonate de magnésie ; il faut en exclure les poudres de corail ou de pierre ponce, à cause de leur dureté. La crème de tartre entre dans la plupart des dentifrices acides, presque toujours nuisibles (1).

3* Cosmétiques des orifices muqueitx. — Aviver la coloration des lèvres et les préserver des gerçures^ des crevasses, telle est b destination de certaines préparations qui contiennent de l'acétate de plomb {crème de Psyché), de la noix de galle, du sulfate de zinc, etc. La plus innocente est la pommade rosat composée de cire blanche (60 gram.), d'huiles d'amandes douces (125), d'or« cttiette en poudre (12) et d'huile de rose (12 gouttes).

L^ cosmétiques de la bouche prétendent à fortiGer les gencives, à masquer la fétidité de l'haleine : la myrrhe, le cresson de Para, le cocbléaria, le pyrëlhre, le gaîac, l'angéliqae, la cannelle^ la menthe, la vanille, l'ambre gris, le musc, sont au nombre des ingrédients de la plupart des préparations destinées à cet usage. La plus connue de ces eaux de senteur est l'eau de Cologne, que son inventeur^ J. M. Farina, préparait comme il suit. On prend:

£sprit-de-vin rectifié 300 kilogr.

Méliue et menthe de Notre-Dame, de chaque 250 gram .

Hôtes et violettes^ de chaque 120 —

Fleurs de lavande 60 —

AbftinUie 30 —

Sauge et thym, de chaque 30 »-

Acore, fleurs d'oranger, noix muscade, macis, clous de girofle et cannelle, de chaque, 15 —

Camphre et racine d'angélique, de chaque 8 —

On fait digérer pendant vingt-quatre heures le tout dans l'esprit-de-vin, avec deux oranges et deux citrons coupés en tranches ; on distille au bainmarie et l'on recueille les 200 premiers kil<^;rammes qui passent à la distillation. A ce produit on ajoute : essences de citron, de cédrat, de mélisse et de lavande, de chaque 65 grammes ; essences de oéroli et de romarin, de chaque 15 grammes; essence de jasmin, 30 grammes; essence de bergamote,

(1) Voici les deux meilleures préparations de cosmétiques dentaires. — Prenez : char" bon bien pulTérisé, 30 'grammes; kioa rouge^ 20 grammes; sucre tamise, 12 grammes; huile Tolatile de menthe, à gouttes. — Prenes : charbon lavé et porphyrisé^ miel blanc, lucre taaillé, 30 grammes de chaque; poudre de quinquina, 16 grammes ; essence de rose ou de mntlie, à goottat.

«. UvT. Bj^ène, 5* tùTt. ïu «— 0

DES MODIFICATEURS. — APPLIGATA.

«550 grammes. On mélange bien, on filtre, et l*on met i*eaa dans les flacons. On ne l'cmpluic que très-diluée.

U° Cosmétiques de la peau. *- Ce sont assurément les plus utiles et les mieux juiitifiés par Thygiène : car s'il y a folie à demander aux arcanes de Tinduslcic des parfumeurs la disparition des rides et des taches de rousseur, il convic^nV toujours d'entretenir la finesse et rélaslicilé de la peau ; de la fortifier, d<^ Va préserver de gerçures, d'éruptions; de la détei^er des débris épidermiqi^^s ; d'amortir le feu du rasoir, le prurit de l'intertrigo ; de dissiper l'odeur d.^sagréable des parties sexuelles, de ceruines sueurs locales, etc. On préconise^ ^Duruellement, pour ces usages, une foule d'eaux de senteur, de laits cosmétic^ues, de viAaigres composés, des alcoolats, des acides. La mode, qui a fait la fom:rtune de l'eau polypbarmaque de Cologne, a vulgarisé aussi le vinaigre de BuUy » celui des quatre voleurs, l'eau de Portugal, le vinaigre de Jouvence (1), le vuLiaigre virginal fi), etc. Etendus de beaucoup d'eau, ces liquides exercent, sur 1» peau une action astringente et tonique. Il faut se défier des préparalioi:is contenant des huiles essentielles; mêlées à l'eau, elles lui cèdent leur alcool» ^^ les huiles essentielles, mises à nu, peuvent irriter vivement la ^^^^au. 1^^ acides, non assez délayés, produisent le même effet et gercent la peaL\3k.

Les frictions huileuses, pratiquées par les gladiateurs anciens av^mi^i Va VuUe sont encore eu usage chez diverses nations; les Esquimaux se froWc^Yii ^"^'^^ ^^

l'huile de poisson, les nègres de l'intérieur de l'Afrique avec palme : ils préviennent ainsi le dessèchement de leur peau, et aux piqûres doulourcu^es des insectes, que repousse l'odeur na graisses rancies. La civilisation repousse celte pratique en nos elle permet la vogue des pouunades, pdles et crèmes qui, sou» tastiques, s'adressent à la coquetterie des femmes et leur prouK^ fraîcheur de la peau. La pommade de concombre passe pour im cissant, ainsi que beaucoup d'autres ayant pour base l'axong^ rhuile d'amandes douces, le blanc de baleine^ etc; lespoud. riz, etc , passent pour avoir la môme propriété.

Le cosmétique par excellence, l'instrument de la propreté, cosiiiéiique du peuple. On désigne sous le nom de savons |H)ur base la soude : le suif^ Thuile de palme, l'huile de co les iiuiles de graines de pavot, de chènevis, do noix, etc., se catjoii; les matières animales, les boyaux, les débris des al> uulitt4C*s |)our celle des savons à bas prix. L'huile d'olive "^««ce i'st de la dernière qualité ; on l'obtient en pressant. ^J« épuisés |)ar une pressée à froid. Les savons dura sont uwes. Pour les premiers, on délaye le savon à une le

V } Preiicx : cs|iril do concoiubre, 125 (grammes ^ eau-de-vie

8**« radical, 4 kilogramme*.

^ ) iVeiiei : benjuin en poudre, 60 grammes ; alcool, 250

'lorrain

VhuAe de èctoppeui »^abonde àes \imais; «nais noms fan- Xent l'étemeUc \opiqae adoula cire vierge, s d'amidon, de

'est le savon, ce rs ceux qui ont , l'huile d'olive, -vent à cette fabrim-ioirs, sont mêaie <^ii'on emploie en ^ chaud des luarcb lancs, marbré» ou rature modérée,

X^TVky 1 Idlogramme-, .«xuMt \ 'vinaisTe blanc .

niTÉE] DES COSMÉTIQUES. 131

dans des lessives faibles, et on laisse déposer lentement dans la chaudière, qu'on a soin de recouvrir; le savon d'aluniine et de fer se sépare par refroidissement et tombe au fond; le savon blanc qui surnage est recueilli, coulé dans des caisses, et, une fois pris en masse, il est découpé en tables. £n ajoutant moins d*eau pour diviser seulement le savon de fer et d'alumine en veines bleues sans le précipiter, on obtient le savon marbré à la coupe, car sa surface blanchit à l'air, qui transforme en oxyde le sulfure métallique. Le savon marbré, plus dur que le savon blanc, contient environ 30 pour 100 d*eau, tandis que le savon blanc en renferme d'ordinaire Ui) à 50 pour 100 et peut en abaorber une quantité plus grande encore, ce qui facilite la fraude. Le savou jaune doit cette coloration k la résine grossièrement pulvérisée qu'on y incorpore par brassage en soutenant rébuliition dans la chaudière avec ua excès de lessive alcaline après la saponification complète.

Les savons mous sont fabriqués avec la potasse et les huiles les moins chères; on les appelle savons noirs ou verts, mais leur couleur naturelle est brun jaunâtre; c'est par une addition d'indigo qu'on les rend verts; ils ont à peu près la consistance du miel. Beaucoup plus alcalins que les savons durs, ils sont plus solubles et à meilleur marché : on les fabrique en grande quantité en Picardie, en Flandre, en Hollande, avec la potasse et les huiles de chènevis, de lin, de colza, etc. On en fait aussi en saponifiant l'acide oléique, résidu de la préparation des bougies stéariques, et on les durcit en y ajouunt 0,1 à 0^2 d'huile de palme. Sous le nom de savotis de toilette^ ou obtient certains produits en saponifiant par une lessive de soude caustique le suif de mouton ou la graisse d'os, purs ou mélangés d'axonge, d'huile d'olive et additionnés de 1 pour 100 d'essence de carvi, de lavande et de romarin; on les colore divei> jement; ils sont très-bydratés. Les plus onctueux contiennent une certaine IMToportion de mucilage de gomme adragant, de guimauve^ de pépins de coiûgs, etc. Celui d'amandes amères est un beau savon de suif qui contient 1 pour 100 d'essence d'amandes amères. Les savons transparents se préparent avec un mélange k poids égal d'alcool et de savon de suif en copeaux bien desséchés; on liquéfie }k une douce température^ puis on arrête le feu, on laisse r^ioser et l'on coule dans les mises; il faut ensuite trois semaines environ de dessiccation pour obtenir des produits transparents que l'on colore eu rose par une dissolution alcoolique concentrée d'orseille, ou en jaune foncé par une diiMolutioD de curcuma. Les crèmeê de savon ne sont qu'un mélange de 2 parties d'axonge avec 3 parties d'une lessive de potasse caustique, nuirquant 17 degrés au pèse-seb; on le fait bouillir jusqu'à parfait empâtage, puis on évapore. Le êond-wap contient 74 à 78 pour 100 en poids de sable fin; le âovon-fMmce» 10 à 26 d'une poudre biancfae, fine et mordante (pierre ponce, silex pyromaque ou quartz) : ces deux espèces de savon réussissent à nettoyer les peaux rudes et calleuses.

Les savons détergent la surface cutanée des matières grasses; ils en détadieut par frictkHis tes corps étrangers qui la salisseoti et pénètrent dans les

PRITAe] des sens. 133

meté des tissas cutanés, de corriger leur atonie, leur vascularité passive, leur disposition variqueuse. Les frictions savonneuses facilitent le nettoiement des résidus de la transpiration ; l'emploi des matières grasses ou mucilagineuses entretient la souplesse de l'épiderme, prévient les gerçures ou hâte leur guérison, défend la surface du corps contre la poussière et le froid, etc. Mais l'agent le plus efficace et le plus simple pour Tentretien de la propreté, c*est Teau; et quant à la fraîcheur et à l'incarnat du teint, quant aux attributs Oattenrs de l'extériorité, ils sont au prix de la santé générale. Un régime bien ordonné, la sobriété et la modération en toutes choses sont les cosmétiques les plus sûrs ; ils agissent du dedans au dehors, et font que les avantages de l'extériorité, loin d*être une mensongère apparence, dénotent la salubre élaboration du fluide nourricier et la régularité des fonctions.

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