‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 31 sur 107 · I. — Précautions générales · texte numérisé non relu

I. — Précautions générales

L'exercice se doit prendre, autant que possible, à l'air libre, à i*orobre pendant Tété, en hiver à l'abri des intempéries. Qndqoes exercices (escrime, danse) ont lieu dans des espaces clos ; il y faut réunir toutes les conditions de salubrité et prévenir l'encombrement : même recommandation pour les gymnases. Les anciens procédaient à leurs exercices, le corps nu, et pour empêcher les sueurs excessives, ils se frottaient d'huile ou se roulaient dans la poussière; ces pratiques ne sont pas de notre temps ni de notre climat; des vêtements légers, amples, extensibles, se prêtent à la variété des mouvements, sans surcharger le corps d'un excès de calorique; point de liens, point de compressions qui puissent gêner le jeu des muscles, le cours du sang, Tex* paosion des cavités splanchniques; une ceinture large et souple est le seul oontentifqui convienne; l'excrétion des ièces, des urines, du mucus nasal, etc. , précédera l'acUoD musculaire. On ne fera point succéder sans transition aux «Eercices violents le repos absolu, et avant de le prendre, on se couvrira un pea piiu cliaodeineiit, afin da ne pis supprimer brusquement la fluxiou sudo*

PBITÉS] BÈGLES HYGIÉNIQUES. 261

raie qui s*opère vers la peau par rélimination d'un excédant de chaleur, et dont rintemiption donnerait lieu à une congestion ou à une phlegmasie interne. On ne mangera pas immédiatement après s'être livré à un exercice violent. Après le repas, point d'exercices; cette règle ne souffre d'exception qu'en faveur des personnes sédentaires ou adonnés aux travaux de l'esprit : chez celles-là, un peu de mouvement facilite l'action des organes digestif; on leur prescrira la promenade à pied ou en voiture ou à cheval au petit pas, une lecture récréative à haute voix, le jeu du volant, etc. Pris sans ménagement après le repas, l'exercice réduit l'estomac à l'impuissance, en rappelant la force sur d'autres organes, et par les secousses réitérées du diaphragme, il le provoque à se vider de son contenu : deux chiens ayant été gorgés d'aliments, on ût courir l'un, on laissa l'autre dans le repos; puis on les tua. L'autopde fit voir, chez le premier, les aliments passés dans les intestins sans avoir snbi une élaboration convenable, et chez l'autre la pâte chymeuse encore dansl'eitomac et achevant de se perfectionner sous l'influence du suc gastriqoe (1).

(1) I«e 23 janvier 1845, an garde municipal rentre^ après plusieurs heures de marche, vers huit heures du soir au quartier ; sans se reposer, il mange gloutonnement de la viande de mouton, des pommes de terre^ des haricots, des pruneaux ; il arrose ce repas d'une forte quantité d'eau, et se remet incontinent en marcha pour le rendre à pas accélérèi du quai des Célestins à la place de la Madeleine où il était de service (environ trois quarts de lieue); à peine arrivé à son poste^ il est pris de coliques et de vomituritions; ramené au quartier^ il passe la nuit dans des souffrances atroces ; le matin on le trans- (torte au Yal-de-Grâce^ où je diagnostique chez lui l'existence d'une invagination ou d'un étranglement interne consécutif au brusque passage des aliments indigérés de l'estomac dans l'intestin grêle et aux ballottements imprimés à la masse des viscères abdominaux ; les douleurs ne discontinuent point jusqu'à la mort, qui arrive le lendemain vers midi, sans agonie. Il n'y avait pas eu de vomissements ; la constipation n'avait cédé à aucun moyen ; le ventre, ballonné, prononçait les reliefs des circonvolutions intestinales. A l'autopsie, l'estomac est vide, exsangue, sans aucune trace de lésion ; même état des deux tiers supérieurs de l'inlestin grêle, dont les valvules conniventes sont presque effacées, si ce n'est qu'ils contiennent une quantité notable de liquide jaunâtre, dans lequel nagent en grand nombre des débris d'aliments non digérés et très-reconnaissables, tels que des morceaux de viande, des fragments de pommes de terre, des haricots entiers, des peUicules de pruneaux. Au-devant et sur le côté droit de la quatrième vertèbre lombaire, existe un étranglement produit par un dîverticulnm intestinal qui na!t du bord libre de l'iléon, à 1 mètre environ de la valvule iléo-cœcale ; ce diverticulum, ou prolongement intestinal, constitué par les trois tuniques de l'intestin, forme un nœud embrassant en manière de huit de chiffre une double anse qui, développée, présente 2 mètres de long et est constituée par toute l'extrémité inférieure de l'iléon, moins les 12 derniers eentimètret qui tiennent à la vahrule iléo-ciecale (voj. Gazede médicale^ mars 18&5). Deux litres d'un liquide poisseux et brunâtre (sérosité et sang non réuni en caillots) dans la cavité péritonéale ; tous les autres organes sains.

Quel exemple saisissant des effets de l'exercice violent pris avant et après un repas, qui d'ailleurs était fort indigeste ! L'estomac, dont le système musculaire en action avait détourné le sang, n'avait pu chymifler la nasse énoraw das aliOMnU qu'U avait reçus;

2«2 DES MODinCATEORS. — GESTA. [ïïKSttK

Le r^ime sera proportionné ) la quantité da moaTeroent; h ration de liquide, plos forte qa*aux jours de repos, ne doit pas cependant fournir trop 9i la sueur; Teau pure confient moins après l'eiercice qn*nne boisson légère* meni alcoolisée, et pendant Taction muscubire, oo ne doit user que d*on breuvage légèrement fortifiant.

n. — Conditions de L*iNi»yiDUAUTÊ.

!• Tempérament, constitution. — Les exercices les plus actifs conviennent aux indifidus lymphatiques, pâles, faibles, bouffis, disposés aux scrofules; la chasse, la lutte, la course, l'escrime, la gymnastique sous toutes les formes, produiront chez eux l'absorption des fluides blancs qui surabondent dans leurs tissas, prononceront les systèfnes musculaire et sanguin, redonneront à leur teint la fraîcheur et la tifacité, 2i leur fibre la force et la résistance, corrigeront l'inertie et la langueur habituelles de toutes leurs fonctions. Les personnes chez qui I V:matr>ï)e est tn;s-éncrgîque doivent s'abstenir des gestations plus ou moins passives, et des eflbrLs violents qui leur font risque d'ancvr^smes, d'bémorriiagins, de congestions cérébrales ; mais les marches prolongées, la course modérée, la danse, les professions qui nécessitent Pactivîté de tous les muscles en plein air, les préseneront de la pléllnire sanguine qui les menace, et fixeront sur les organes du mouvement l'exubérance des fluides plastiques, toujours prêts à se déverser en congestion sur les organes internes. Tons les exercices, sans exception, sont utiles aux sujets nerveux, et l'on peut assurer que ce tempérament, poussé même au degré pathologique, retire de la gymnastique les plus précieux avantages de prophylaxie et de curation ; développer les niusch» et les flfirtifier, activer la circulation générale jusque dans les ca- |Mllairf« les [ilus ténus, amplifier le champ de la respiration, détruire les concentration» viscérales, l'excès d'irritabilité du système nerveux, telles sont les indications du tempérament nerveux et de la névropatbie : la gymnastique les remplit I elle seule. Pour les hystériques^ pour les névropathiques, pour les hypochdndriaqnes, etc, elle est le meilleur calmant, l'antispasmodique le plus certain; pour les Jeunes choréiques^ un remède certain. Aux bilieux secs et ttuiRres les gesUtions, la promenade ï pied et en bateau, en un mol les exerowdérésqai n*a\ionteiil point au type accéléré de leurs fonctions; la

A l'faitsslln sur IsfMl ils ont fait impreiiion de corps étrangert, ils ont provoqué

■Movaments péristaitiquas que les succiusioni de la marche ont rendus tumullueui.

Et quand, par le repos du lit, par l'iaiestion des boissons tbéifurmes, par

« applkatipua f hsudea sur le ventre et surtout par la phlogose des anses comprimées,

tUmÈÈaiim est dtVMuw prépondérante ven TinlesUn, le sang a U-ouvé un obstacle

vmootaMa à son cours dans le nœud de rétniiglement ; il s*est accumulé au-dessus

«betecJe daaa k portion la plus déclive de l'intestin grêle, et il a transsudé par com-

*« dans Jaa d«iu ,00, 4 mvers les parois vaKulairei| pour se répandre dans la

^ ' ''***^ •» lUn. «oil, *i péritoiiie.

mvrtt] RÈGLES HYGIÉNIQUES. S68

gymtiastiqne, employée areb mesut-e, augmentera leur force de résistance^ développera leurs muscles; Téquitation facilitera chez eux la circulation abdominale et contribuera k les préserver des stases splanchniques si fréquentes cbeE leurs pareils.

La combinaison du régime et des exercices peut amener un charigement dans les formes de la constitution. Depuis longtemps la gymnastique est considérée comme le correctif de cet état de santé équivoque, caractérisé par la prépondérance viscérale et Taccumulation de la graisse : Galien fit disparaître rénorme enbonpoint d'un client en lui prescrivant de courir tous les matins jusqu'à ce qu'il fût baigné de sueur : nous avons mentionné la méthode suivie en Angleterre pour façonner des coureurs. Les constitutions primilivetnent débiles acqui<^rent parla gymnastique une vigueur et une force remarquables : Thémistocle, Alcibiade, Socrate, Pélopidas, les deux Caton, César, Adrien» Marc-Aurèle, etc., lui durent leur puissance de résistance aux fatigues; Démosthène, frêle et maladif, se livra pendant sou enfance à des exercices continuels qui préparèrent son cfirps aux luttes et aux travaux de rhonune d'État; Agésilasi né boiteux et si faible qu'on l'eût noyé sans la pitié de sa mère, devint, grAce k la gymnastique, l'un des plus vigoureux et des plus illustres capitaines de son siècle. « Cœterii vet'o omnibus, quœ ad impedien^ dam humorum indigffstionem et ad sanguinem idcirco coiroborandum, ac firinitudinem parfibus conciliandam^ faciunt^ exercitium corporis facile paimnm ffrœripit (1). » Les boxeurs anglais de profession possèdent une force prodigieuse, une adresse rare, une insensibilité aux coups qui passe toute croyance, et en même temps une parfaite santé : dans une lutte célèbre de quatre heures quarante-cinq minutes entre les boxeurs Maffei et Maccarthy, l'un desdeux tomba étourdi 196 fois. Ce n'est point l'habitudcqui produit ces qualités, caries débutants valent les vétérans: mais on les a soumis à une éducation spéciale appelée condition ou entraînement (2), et qui a pour effet de renouveler les matériaux de l'organisation et d'en changer les caractères : le boxeur formé présente des membres plus volumineux, les muscles durs, saillants, élastiques au toucher^ l'abdomen effacé^ le thorax prononcé en avant, la respiration ample et profonde, la peau exempte de toute éruption, ferme, lisse et transparente, d'une coloration unifiirme, ne tremblotant pas à la région axillaire et aux cdtés de la poitrine pendant les mouvements du bras, mais parfaitement adhérente aux muscles suus-jacents. D'après sir John Sinclair, l'entraînement donne aux os plus de résistance; quoique la sensibilité soit diminuée |)ar cette gymnastique athlétique, les boxeurs ont la vue plus nette, roule plus fine, l'esprit plus libre, dn sentiment général de bien-étfe et de confiance en eux-mêmes : ce qiii fait dire aux Anglais que l'eutralnement mo-

(1) Sydeabain, Tractatw fie podafra^ op. cit., p. 467.

(2) Voy. H. Royer-Collard, Mémoires de V Académie de médecine^ 1842^ t. X; et Jaquemet, De rentrulnement, Parii, 1868, p. 31.

PUYÉb] règles hygiéniques. 265

incomplète, à corriger bon nombre d*états morbides : reste à le fonder sur des observations pins étendues, plus variées, sur des expériences moins spéciales et moins restreintes que les routines d'ailleurs ingénieuses de Tentraînement anglais; un régime spécial, les bains froids, certaines pratiques de saine hydrothérapie, la gymnastique, voilà les instruments les plus sûrs, si on sait les manier, pour la transformation des tempéraments et des tendances vicieuses de l'organisme.

2^ Ages. — A la naissance, les muscles sont pâles, minces et mous, les tendons rougeâtres et ternes^ les os en grande partie cartilagineux; partant point de locomotion, mais déjà le besoin du mouvement existe et les oscillations du bercement y répondent Vers la fin de la première année, l'enCant essaye de se tenir debout, et dès que ses muscles extenseurs lui permettent cette statioQ avec les genoux demi-fléchis, il cherche à changer de place; sa première translation volontaire dans l'espace est une course précipitée, par disproportion de force d'impulsion initiale avec la distance du but qu'il veut atteindre. Au commencement de la troisième année, les rotules commencent à s'ossifier, les muscles extenseurs ont acquis plus de force : l'enfant réussit à marcher. Jusqu'à ce moment, on se contentera de le laisser s'agiter à l'aise sur une natte ou sur un tapis étendu à terre; qu'il s'y roule, qu'il s'y tourne et retourne à son gré : les efforts qu'il fait pour se soulever et se redresser, exercent tous ses muscles ; qu'il lui soit permis de se traîner sur ses mains, sur ses pieds, tant que ce mode de progression est le seul possible pour lui. Pour la promenade, la mère ou la nourrice le tiendra à demi couché sur les deux bras, de manière à prêter un large dossier à sa colonne vertébrale, qui sur un seul avant-bras serait exposée à des déviations. Que l'on s'abstienne d'exciter à la marche les enfants encore inhabiles à la simple station verticale, la déviation latérale du genou ou de l'articulation tibio-tarsienne pourrait en être la conséquence; qu'on ne les suspende point par les bras à l'aide de lisières ou dans l'intérieur d'un chariot roulant, pour leur faire raboter le sol avec leurs pieds; ces appareils étreignent la poitrine, haussent les épaules, compriment les vaisseaux et les nerfs axillaires, diminuent le diamètre antéro-postérieur du thorax. L'enùntqui a appris spontanément à marcher, étudie mieux ses pas, les terrains; il sait tomber avec souplesse sur les mains ou sur les fesses, tandis que l'enfant dressé à la locomotion se laisse choir lourdement comme une masse inerte, et compte ses chutes par autant de contusions. Une fois qu'ils marchent et courent, n'abusez pas de leurs iaiUes jambes : jamais nous ne voyons sans nn serrement de cœur des mères, des bonnes, battre et traîner par les mains de pauvres petits enfants qui refusent avec des pleurs et des cris de continuer les marches prolongées auxquelles on a la sottise ou la barbarie de les obliger. A quel âge peut-on appliquer les enfants à la gymnastique? Dans l'établissement du colonel Amoros on voyait, il y a quelques années, une section composée d'enfants de deux à huit ans et qui rivalisaient entre eux; mais nous penaoïiB qu'il ne faut pas commencer ces exercices avant l'âge de cinq

266 DES MOblFldAtfitmS» -^ OESTÀ. [BTQtftniS

ans, tant à t^u^e de la difficulté d*én propoi'tlonner la mesure et Tint^nsité, qne pour ne pas fatiguer le cerypaii de préceptes et de Tattetition (]u'on exige; même à cette époque on ne doit permettre qu'une gymnastique générale^ propre à solliciter darts une égale mesure toutes les parties du squelette et tous les muscles : nous connaissons une jeune fille qui^ soumise dans un âge trop tendre aux exercices spéciaux des membres supérieurs, présente une didbrmité de Tépaule, quoiqu*ellc soit née de parents sains et bien constitués. Dans Tadolescence, la gymnasticiue retarde heureusement la puberté : chez la jeune fille elle préviendra les maladies que l'oisiveté. du corps et lactivité de Timagination multiplient dans cette période de délicate transition. Il est trèsimportant, pour le développement régulier et la santé ultérieure des jeunes gens des deuk sexes, de bien distribuer leurs exercices physiques et intellectuels. Le premier inconvénient dés maisons d'éducation, c'est l'unité de règlement; les tra?atix qui conviennent aux constitutions fortes fatiguent beaucoup des organisations frêles et impressionnables: l'intelligence ne peut fonctionner impunément dans un corps mal affermi; attendez qu'il soit en bonne voie de développement, et toujours faites coïncider avec les exercices de l'esprit ceux du corps. Nous ne prétendons pas élever des Spartiates ; mais que peut espérer la pairie, l'humanité, la science elle-même, de ces êtres étiolés et rabougris que dévore une fièTre d'émulation, qui torturent leurs poumons dans les attitudes TJcieuses de la méditation et du travail, qui surexcitent leur système nerretix par les Teilles et l'ambition 7 Quand l'accroissement s'opère avec nrie sorte d'acuité et s'accumpagne de débilité, les exercices violents sont de tnip. Dans l'âge adulte, l'action musculaire prévient les concentrations viscérales. Il est difficile de préciser l'époque où les exercices gymnastiqurs ne sont plus de saison. Chez les Grecs, jeunes et vieux allaient au gymnase. Pompée, au dire de Salluste, allait encore au champ de Mars à l'âge de cinquante-huit ans, et ne le cédait point dans les exercices au pins robuste soldat de son armée. Galien se luxa l'humérus à trente-cinq ans, en s'escrimant à la palestre. Des hommes plus âgés ont pratiqué au gymnase du colonel Amoros des exercices propres à conibattre quelcfue infirmité, et s'en sont fort bien tn)uvès (Cas. Rroussais). Ceux qui arrivent à la vieillesse après une vie de labeur et de mouvement ne sauraient s'en départir sans danger ; la gymnastique professionnelle, continuée jusque-là, ne doit plus être interrompue, à moins qu'elle ne soit suppléée par une autre série d exercices, tels que la marche, l'équitation, le billard^ les voyages, le jardinage: sinon, obésité, goutte, congestions splanchniques, apoplexie, etc. î^ plupart des exemples de longévité surprenante appartiennent à la classe des liotnmef^ dont ime gymnasti(iue actite a entretenu la vigueur : tels sont les soldais, les matelots, les agricul- Wurs.

8® Scrr. — Avant la puberté, les mêmes modes d'at^tivité musculaire con- ▼tenneni aux deux sexes ; vers cette époc|ue, la gymnastique doit être dirigée ^ tnanière à ne pas empêcher le molimeu dont l'utérus va devenir le siège,

nïftM] RÈGLES HYGtÉNIQOKB. 117

tout en prévenant iine ooncentration trop énergique buf ce viscère : les phénomènes chlorotit|Qes et anémiqueë, les palpitations^ les migraines, lés épistaxis, les accès cotlvalsifs, choréiformes, etc., qui compliquent cette période de crise, se dissipent sons Tinfloence d'un régime convenable et de la gymnase tique. Après rétablissement de la menstruation, la femme a-t-elle besoin de gymnastique 7 Espère-t-on dompter en elle, par Texagitation du système mus^ culaire, les incessantes suggestions de cet orgàhe qu*Aristote appelle brutale^ ment un animal indocile? Les exercices du Portique férbnt-ils taire en elleà la voix des passions naissantes 7 Et nous qui ne rechercherons pas des Lacédémonieimes sans modestie^ sans amour maternel, pourquoi toudHons-nous étoufler dans nos femmes la sensibilité qui fait de leurs personnes le centre attrayant de la famille 7 Leur organisation repousse les trop rudes travaux, là force musculaire masqiie et dénature lebr sexualité : la servante de ferme, qdl arrose de ses suetirs les sillons de ton mettre, doit-elle faire envie par le Vo^ lume de ses muscles aux jeunes citadines dont la stature rappelle les plus élégants modèles de Tart antique 7 Les viragos qui brillent dans Teëcrimoi dans l'hippodrome, dans le pugilat, et qui usurpent jusqu'au cigare, s'isolent entre deux sexes, et jouent aux dépens de la nature une comédie de virilité. La gymnastique ne sera donc pour les femmes qu'une ressource de thérapeutique ; mais I leurs habitudes sédentaires il £siut oppoéer par intervalles fré-« qnents la promenade, la vectatioti» le billard, le cerceau, le volant^ le chant, la mnsiqtie, la danse qu'elles aiment d'instinct, la natation, les occupations de la campagne^ etc.

k*" Maladies et œnvaleicence. -<- Il est inutile de devenir sur les effets préservatife de l'exercioe; ils se manifestent surtout contre l'imminence deS névroses, de la phthisie, la glycosurie, etCi Puisque le repos prolongé annule les forcesi il est toujours sage de prescrire l'exercice, à moins qu'il n'ôcca* sîonne de là fiitigue ou n'augmente celle qui existe : cetle proposition résume le régime musculaire de la convalescence et des maladies* L'exercice, pris à propos et dans la mesure convenable, contribue à ranimer l'appétit, les forces digestives : pris I contre-temps, il renouvelle la fièvre^ exaspère les symptômes : on voit alors la face rodgir, le coeur battre avec violence, la peau se couvrir de sueur. Dans les affection^ netireuses et spasmodiques, il déter^ mine à la longue la sédation indirecte du système nerveux en rappelant sdr les organes de locomotion l'excitabilité qui s'était concentrée en lui ; chez les hénKMTboidaires, et dans loUs les bas où les organes supérieurs sont habituellement roenatoés d'hypéi'émief les succussions répétées qu'il produit ont poiur effet d'é9ali9e^ la réparation des fluides sanguins entre toutes les pafties da corps» Les douleurs névralgiqdesi rhumatismales, aithfitiques, disparaisseni parfois par reiercite des parties qiii en sont le siège i les secousses réité^ rées dtt mouvement ont Contribué à dissiper certains engorgements des vis* cères; néanmoins le repos est indispensable dans les affections de l'utérus et de ses annexes» dans la période aiguë des phkgmasies, et en général tout or-

268 DES MODIPICATEDRS. — GESTA. [iTGliiŒ

gaoe qui souffre réclame le premier bienfait de rinactioo. La station assise est intermédiaire entre la verticale et le coucher; aussi les malades commencentils par cette posture le retour à Texercice : chez eux Tinfluence de la pesanteur sur la circulation est plus marquée; quand ils sont débilités ou depuis longtemps au lit, des défaillances accompagnent leurs premiers efforts de station verticale, et, pour peu qu'elle se prolonge, on la voit amener rcedème des membres inférieurs, des dilatations variqueuses, etc. Les gestations qui joignent aux effets de la station assise ceux du choc répété et l'effort musculaire de Téquilibration du corps, peuvent être utilement employées pour la guérison de quelques états morbides, et ont toujours Favantage, pour le malade comme pour le convalescent, de le transporter dans un air pur au milieu de la campagne. L*équitation peut accroître les lésions du cœur et des gros vaisseaux, Fhépatite chronique, les hernies irréductibles, les tumeurs hémorrboîdales, les affections de vessie et des testicules, la spermatorrbée diurne, etc. La promenade en bateau sur une eau tranquille est, de toutes les gestations, celle qui ressemble le plus au repos. L'exercice est souverainement contre-indiqué dans toutes les maladies où Ton doit craindre d'accélérer les phénomènes de la respiration et de la circulation. La méthode anglaise de l'entraînement, c'est-à-dire une combinaison raisonnée des exercices et de l'alimentation, doit offrir de grandes ressources pour conjurer, pour enrayer, pour dissiper bien des états morbides qui procèdent d'une diathèse héréditaire on acquise; il est à r^;retter qu'elle n'ait guère profité jusqu'à présent qu'à l'amélioration des animaux domestiques et à l'éducation de certaines spécialités professionnelles, jockey, coureur, boxeur, plongeur, etc. En y ajoutant, suivant les indications, l'usage des frictions, des suées, des purgations et surtout des procédés hydrothérapiques, on possède un ensemble de moyens propres à retremper, à transformer les constitutions défectueuses, à détruire le germe de bien des maladies que les arcanes de la pharmacie la mieux maniée ne sauraient atteindre. Voici un homme lourd, faible, incapable d'exécuter quelques efforts sans avoir de l'oppression, des vertiges, etc. : deux ou trois mois suflSsent pour en faire un sujet leste, vigoureux infatigable, en état de courir avec la vitesse d'un lièvre pendant deux ou trois heures de suite, ou de faire cent milles de chemin au pas, de lutter contre un champion aussi robuste qu'agile, etc. Gomment ne pas conclure, avec John Sinclair (1), qu'un art qui réalise de tels prodiges, ne saurait être sans utilité pour le traitement on la prévention des maladies ? Quant aux applications de Il gymnastique à l'orthomorphie, leur but a été formulé comme il suit : combiner l'influence physiologique du mouvement spontané avec l'action mécanique d'une force prise hors du sujet, et destinée à rétablir les leviers solides dans leurs rapports naturels. Il s'agit de faire fonctionner le système musculaire dans les conditions qui rapprochent davantage le moteur et le mobile de

(1) Trid. d'Odier^ p. A87. Voy. «aaii De t entraînement, par F. Defrance^ thèse de Paris, 1859, D* lai, et ceUe de H. Jaquemet. Paris, 1867.

pbjtée] règles hygiéniques. 269

lears rapports normaux, et la guérison d*unc difTonnité n*est définitive que si elle se maintient dans Tétat de mouvement du corps comme dans l'état de repos. La gymnastique peut suffire pour ie redressement des déviations légères du racbis dues au relâchement des ligaments, à la faiblesse et à la paralysie incomplète des muscles du côté opposé, à Tinclinaison et à la prédominance, au raccourcissement, à la rétraction des muscles antagonistes du côté de l'inclinaison, etc. Jamais les machines et appareils ne suffisent Indépendamment du secours spécial qu'elle fournit pour le traitement de la difformité, la gymnastique concourt à l'œuvre de la restauration organique en fortifiant tout le système musculaire, en augmentant l'énergie des viscères, en régularisant tontes les fonctions.

m. — PÉRIODICITÉ EXTÉRIEURE.

Évitez les exercices très-violents dans les deux saisons extrêmes : ils épuisent rapidement l'organisme déjà énervé par les chaleurs de l'été; la transpiration qu'ils provoquent en hiver expose à des accidents de rétrocession subite. Dans les localités infestées par des foyers miasmatiques, l'inertie et l'excès de mouvements sont également nuisibles : le repos livre l'organisme désarmé à l'atteinte des effluves; la fatigue, comme toutes les causes débilitantes, dis* pose à l'infection : c'est pourquoi les grands travaux de déblaiement, de terrassement et de défrichement ont souvent donné lieu à des mortalités ef' frayantes, alors qu'on n'avait pas pris assez de précautions hygiéniques. Dans les climats humides, une gymnastique rationnelle peut rendre de grands ser* vices en fortifiant la fibre pâle et flasque, et en développant la puissance de réaction. Les régions méridionales ne permettent point à leurs habitants des efibrts prolongés, des exercices d'une grande énergie; néanmoins une gymnastique modérée, et à laquelle ils se livreraient soir et matin dans des lieux frais, précédée on suivie d'affnsions froides, corrigerait peut-être i'énervation de leur corps et la mollesse de leurs organes de locomotion. La saison d'hiver de ces contrées a cela de précieux, qu'elle permet l'exercice presque journalier à l'air libre, grâce à la tiédeur de l'atmosphère, à la sécheresse du sol, à la pureté du ciel et à la fugacité des météores qui en troublent l'aspect : c'est peutêtre là la meilleure raison que l'on a de prescrire aux personnes suspectes de tuberculisation l'émigration hivernale vers ces pays privilégiés. Puisqu'il est constant que l'exercice général à l'air libre est l'un des meilleurs préservatifs de la phthisie, et qu'il est impossible dans nos climats pendant la plus grande partie de l'hiver, comment hésiter, pourquoi controverser l'action des climats chauds? Aux doux rayons d'un soleil d'Italie (1), de Corse, de Grèce ou d'Afrique, la promenade, la vectation, l'équitation, sont possibles en hiver; dans

(1) Voy. E. Carrièra, Le climat de niaUe. Paris, 18ii9, in.8<>; et Pietra^Santa, La Cùrse et ki êlatim (tAjacdo. Paris, 1864» i«-8«

Ê70 DES MODirtCATEURS. — GESTA. [iTftitlit

nos froides et brumeuses cités du Nord et de l*Est, Thiver, c'est la réclusion, e'est la déambulation monotone dans un espace clos de toutes f>arts et de quelques pieds d'élendue, sans horizon, sans sérénité, sans les impressions variées et charmantes d'une nature inconnue, Kouveut sans autre clarté que cette lueur blafarde qui lombe des nuages à travers le givre, la neige et la pluie.

ARTICLE II

Page 1