DES RACES
Jjcs races sont dans runivcrsalhé du genre humain ce que la constitution est dans l'individu ; elles expriment Tinfluence de l'héridité déployée sur les masses, sur des groupes plus ou moins étendus. Nous n'avons point à discuter ici le nombre et les caractères des races humaines ni à rechercher si elles représentent à travers les siècles autant d'espèces primitives ou si elles ne sont que les variétés d'un type unique : ces questions sont du ressort de l'histoire naturelle, ou, si l'on aime mieux, de l'anthropologie, science de formation récente, mais déjà riche de faits, de découvertes et d'inductions ingénieuses, et qui a pour collaborateurs non-seulement tous les voyageurs répandus sur le globe, les explorateurs directs de la morphologie humaine, les éruditsde cabinet, etc., mais la paléontologie et l'étude comparée des langues. Tous ces travaux, en définitive, profitent au point de vue le plus élevé sur les races humaines, qu'elles aient procédé en se ramifiant d'un centre d'origine commun ou de cantonnements primitifs multiples. En portant nos regards sur les échantillons les plus médiocres de la formation humaine, comme certains microcéphales dont parle Gratiolet (1), nous voyons qu'ils retiennent, avec les caractères matériels de l'homme^ ses aptitudes, sa virtualité ; leur langage est très-restreint, mais il est articulé, intelligible, abstrait; l'anéantissement partiel des organes de Tintelligence, la maladie, la faiblesse primordiale, ont pu réduire l'homme au minimum, mais ils n'en ont pas fait un singe. Les Boschismans aux cirœnvolutions très-peu compliquées du cerveau, au lobe frontal qui rappelle celui des idiots de naissance, à la taille petite, ne constituent pas une race dégénérée, car elle
(!) Gratiolet. Mt^m. de h Société tranthropohgie. Pari», 1863. p. 07.
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dore, elle est féconde, et Ton sait aujourd'hui que la dégénérescence aboutit rapidement à |a stérilité; ce ne sont ni des idiots ni des microcéphales : leur forme cérébrale est incomplète, mais elie leur suffit, et elle est normale. L*homme est absolument distinct, par son organisation, des animaux les plus élevés, comme il Test par son intelligence; il a seul un langage essentiel, en raison de cette faculté d'abstraction qui lui est propre. L'animal, sans aucun doute l'oraug, le chimpanzé, ont une idée des objets extérieurs, leur mémoire incontestable le prouve, mais cette idée est essentiellement liée à celle de son objet L'homme seul peut avoir l'idée d'une idée et ainsi de suite, presque à l'infini; en sorte que l'intelligence de la bête est comme un nombre simple mais celle de l'homme est une puissance dont l'exposant toutefois est plus ou moins élevé, suivant le degré de perfection des individus et des races. — De Quatrefages, après une revue comparée des actes animaux et des actes humains, déclare à son tour que s'il est un fait général, acquis, c'est que partout et jusque dans les peuplades les plus bas placées relativement aux nations civilisées, l'homme accuse par des actes sa moralité, sa religiosité, et que ces actes sont aussi propres à l'homme que le mouvement volontaire est propre à l'animal comparé au végétal (1). Constituer le règne humain au-dessus du règne animal, c'est tout simplement reconnaître ce fait, que l'homme est animal plus quelque chose, comme Tanimal est végétal plus quelque chose.
11 est d'autres vérités qui se dégagent avec plus d'évidence des investigations les plus récentes (2) : l'énergie de la transmission de l'hérédité collective, la persistance et presque la pérennité des traits caractéristiques de certaines races, la conservation d'un certain nombre d'entre elles presque à l'état de pureté (Égyptiens, Juifs, Basques, Ibères, etc.); la possibilité de démêler encore aujourd'hui, dans un certain nombre de leurs cantonnements historiques, sous le flot des mélanges ethniques et à travers les tourmentes des invasions et des immigrations, les éléments des races superposées ou partiellement croisées (Celtes, Kimris, Burgondes, Gaëls des plaines, Gaëls des montagnes ou Calédoniens, etc.); les faits de métissage, mieux étudiés et mieux suivis, ont éclairé la formation des races mixtes et révélé l'ingérence de la race blanche jusque dans des populations regardées comme pures (Chinois, certains nègres du Mozambique) (3). L'accroissement progressif des races métisses d'Amérique, du Cap, de Polynésie, ne permet pas le doute sur la fécondité de ces croisements.
C'est dans ces combinaisons de races diverses que l'hygiène publique rencontre de grands problèmes à résoudre. Se prêtent-elles h des systèmes de sélections entre les individus, entre les familles, entre des populations voisines
(1) De Quatrefages, Rapport .wr les progrès de l'anthropologie» Paris, 4867 (Imprimerie impériale]^ p. 92.
(2) Mémoires de h SociHê (Cntithropologip, t. I et II, travaux de Broca, Pc^ricr, I agneau, Pniner bey, Boudin, etc.
3; De Quatrelages, /oc. cii.^ p. 448.
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aliments^ etc. Que la population des villes ait en moyenne une stature plus élevée que celle des campagnes, condamnée à de si rudes labeurs, la question porte ici moins sur la taille typique que sur la croissance normale des individus; personne ne conteste que celle-ci s'achève d'autant plus vite que le pays est plus salobre, plus aisé, et que les privations pendant la jeunesse ont été moins grandes; c'est aller trop loin, toutefois, que de décerner aux classes riches et aisées une supériorité constante de taille sur les classes ignorantes et pauvres. On a expliqué par l'altitude la taille plus haute des montagnards ; mais, sur la carte dressée par Broca d'après les exemptions pour insuffisance de taille, si les Vosges, le Jura et le Doubs, eu partie montagneux, restent blancs, la haute Auvergne et nos deux départements des Alpes forment deux taches noires (100 exemptions pour 1000 appelés); l'air des Pyrénées a laissé les Basques petits, trapus, agiles, avec un beau teint blanc, des cheveux et des yeux très-foncés ou noirs, tandis que les Catalans, leurs voisins, sont grands, secs, bruns, et joignent à ces contrastes de l'extérieur ceux du moral et de l'intellect. Le climat surtout a été invoqué pour l'explication des différences de stature. £n partageant la France, avec P. A. Dufau, en 17 groupes composés chacun de 5 départements, on obtient pour taille moyenne 1*",657 === 5 pieds 1 pouce 3 lignes, que Lélut considère comme étant celle de l'âge adulte des classes de Français peu éclairées et peu aisées, c'est-h-dirc de l'immense majorité de la nation ; parmi les 8 groupes du Nord, 6 atteignent ou dépassent cette moyenne; des 9 autres formant la France méridionale, 8 restent au-dessous de cette moyenne ; le 8* groupe (Lorraine-Alsace) est celui des grou pes septentrionaux où la taille est le plus élevée (1"',667 en moyenne). En apparence, rien de plus signiGcatif pour l'hypothèse de l'influence climatérique ; mais vient Broca (1) qui, remontant à l'origine de nos populations et éclairant, h l'aide des recherches historiques et anthropologiques modernes, le gisement et les mélanges de leurs éléments ethniques, démontre l'action prépondérante des races et la Coïncidence persévérante de la taille avec d'autres traits du type primordial de chaque groupe ethnique. Des faits connus l'appelaient dans cette direction d'études. Dans la Patagonie, à côté des peuplades de haute stature, on en a rencontré de taille médiocre, et à peu de distance, dans la Terre de Feu, des peuplades au-dessous de la taille moyenne. Si les Francs-Comtois actuels, dit Lélut, ont une stature élevée^ c'est d'abord que leurs anc(^tres, les Séquanais, étaient de grande race et de grande taille; c'est ensuite que cette race s'est mélangée avec les Burgondes, qui ont envahi la Séquanie au commencement du v* siècle. Or, ces derniei*s, d'origine germaine, étaient aussi une nation fort grande ; ainsi l'attestent Procope, Orose, Ammien Marccllin, etc., dont Lélut évoque doctement l'autorité. En Angleterre, la taille pour Tinfanterie est celle que nous exigeons pour le génie, et le recrutement s'y fait sans peine, quoique ce pays soit le foyer le plus actif de l'industrie européenne, c'est-
(1 ) Broca, Sur t ethnologie de lu France {Mém. de In So". (Tanthropol.^ t. I).
DES nA^.E^.
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à-dire (Ir lu caus*- qui passr |>our n bat ardu iv pins I tsiwn huniainc. La Brela^m- vn\ plus au i«»rd t\w In FranrlM'-(.uinit\ o: S'»s :i titMwriPnienis, sur la (uirir tracée |nr ilnici. sunr imvb. fiiuriiissaiii «*it nKAeniM air ar. ]iH).(> cas de rùluruic pour défaut do Uillc sur lUUt> lioiunit*> oxauiiiicv ^oir.. ({'ailleurs, les rûhullals i;éuéraux au\c)ueih 1rs slalisiiques du rerrutt^nitMi: et l ranrc ont conduit ix*i iugr.uieux oLK»ervatt*ur« par leur rappruclieniont awv U'^ dunnées etlinolugiquiâi :
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