‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 43 sur 107 · DES RAGES · texte numérisé non relu

DES RAGES

[htgiéke

le mouvement aauel de la population eu Europe, son doublement s'effectuerait dans les périodas suivantes :

Angleterre, en 52 ans.

Autriche 267

Belgique ,..»*.,» 80

France iOS

Prusse ô4

Saxe 45

Hollande, en 92 ans.

Danemark 63

Suède . . . é . é 08

Bavière 193

Wurtemberg 248

Espagne 57

Et cependant, L Le Fort le reconnaît, la mortalité depuis 1821 suit en France une marche très-heureusement décroissante, comme le prouve ce tableau :

NoUUlKS BMjftfM

nombres moyens

des déeès ponr toute la popnJation.

des décès

Périodet.

Popolàtioii moyenne.

pont iOOOO habi*anU

Sur Téchelle de la mortalité européenne, la France occupe à peu près le milieu :

Mortalité générale.

Pcjrt. Périodee.

Norwége 1851-1880

Suède 1856-1860

Angleterre. «.« 1851-1868

Danemark 1855-1859

Belgique 1851-1860

Hanovre 1854-1858

France 1857-1860

Pays-Bas 1850-1859

Prusse 1859-1860

Autriche 1849-1857

Espagne 1858-1861

Saxe-Boyale 1859-1861

Bavière 1851-1860

Mortalité sur 10000 habitairtt«

Cette situation serait meilleure, n'était la faible proportion des naissances, qui assigne le dernier rang à notre pays^ et infirme son chiffre mortuaire, les enfants de moiiisd*un au ayant 18 décès sur 100, et ceux plus âgés n'atteignant pas 2 morUs pour 100 de uu à vingt ans.

La caractéristique de notre décadence serait donc TalTaiblissement de notre natalité, dû au retard des mariages en France (voy. plus loin, MARiA(i£), et (^augmentation des contingents annuels du recrutement

DÊGiNtRÀTION.

Voici mainteDant les arguments en sens opposé :

1° Le décroissement des exemptions pour insuffisance de taille el celui des ctemptions pour inûrmiiés marchent parallèlement.

2"" La taille moyenne n'a pas cessé de s'accroître en France.

S"* L'aptitude militaire suit la progression ci-après dans divers Étals de l'Europe (1) :

Aptes sur iOOO examinés.

Saxe

Prusse

Autriche. . .

Danemark . .

ÉtaU Sardes

Belgique 6S0

France 682

Pour trouver 1000 soldats, il faut passer en revue les effectifs suivants :

Français 1 466

Belges 1587

Sardes 1672

Danois 1915

Autrichiens 201S

Prussiens 3*35

Saxons 3861

La France est donc à la tête des nations en Europe, sous le rapport de Taptitude militaire.

Ix"* Les recherches de Bertillon, d'une méthode toujours si exacte et si démonstrative, ont établi (période de 1850 à 1861) que la France se maintient aussi au premier rang pour la qualité de sa population ; ainsi elle possède le minimum d'impubères, c*est-à-dire de non-valeurs, te maximum d^aduUes et de vieillards, c'est-è-dire de valeurs actives et de force morale (2) :

Enfants de 0 à ià am (impubèreit).

France ....••..-. • 257

Belgique 284

Bavière 284

Wurtemberg 299

France (avant 1 789) 300

États-Romains (anciens) 305

Pays-Bas 310

Suède 313

Hanovre 316

Autriche 321

Saie 822

Norwége 330

Espagne 331

Irlande 931

Angleterre el ÊcoMe 832

Busse 348

Blancs 377

Étate-Unis.. \ De eooleur, libres. 8S8

CKlavet 424

(1) Mémoirtt du lu Société d' anthropologie j t. Il, p. 258. Parie, 1885*

(2) Bertillon, Des diverses manières de memret^ la dwrée ckémvie humaine (Jcmmai de la SociéU de ^aiùtiquef mars i886)«

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Aimi 00 tfiNife em Wmce 108 fieflbrdf OMilre 53 ca Aalridie. et 35 daœ b popobCMi cfcbve des Étatt^JonL Cet taUcan proarcnt aan <|iie h morulilé gteérafe de deox pi|v oe dosae poiot b iKHue encte de h fî^^ peopks ; die ie rèfk sor b faire itspecthe des groopes d'âges dans rensnnl^ de chaque popobtîno. Eo préseoce de ces résollM.s b^oestion ded •emUe réioliie, sans qo'il cxmTieaoe de dédaigner les afertiasenieots jodideiix des mkàtcm qoi sigoaleot, comiiie L. Le Fort, les cdiés bibles de b sitoadoo présence de b France et des causes inaperçoes d*amoiodrissenient éTentueL

La taUe de mortalité dresuée an coouneDceoient de ce sîède pr Donlbrd, arec les meiDeiirs docoroents de b seconde moitié do siècle passé [Ters 1770 à 17H0J, montre sur 1000 naissances 583 sorrirants \ 5 ans, et 502 à 20 ans. Demontferrand, pour la période de 1817 à 1831, trooTe un peo moins de 720 surfiranu ï 5 ans, et 638 à 20 ans. Bertilloo, poor b période de 18^0-1859, tromre 723 snrmants à 5 ans, et 563 à 20 ans; 4 b facdne seule n*est pas dà cet accroissement de ? italité. Bertillon jage que Du? iUard en a prbitemont calculé b part, en prouf ant que sans b Tariole il y aurait eu, de son temps. M& sunrirattts \ l'âge de 5 ans au lieu de 583, et 567 \ Tâge de 20 ans au lieu de 502. ' Ainri, depuis b deuxième moitié du xvm* siècle, b fiulité de nos ^Bfaoïs et de nos jeunes gens n*a pas cessé de s'accrôitre.

La table de mortaGlé de Dufillard ne donne que 28 ans Zfh pour b durée

pubuqub] DÊGÊNÉRATION. 317

de la vie moyenne avant la révolution de 93; en 1817, cette moyenne s*élait déjà élevée à 31,8 ans; elle est aujourd'hui de 37 ans (1): de telle sorte que la longueur de la vie moyenne, calculée dans la première moitié du siècle dernier pour des têtes choisies parmi des rentiers dans Taisance, est dès à présent surpassée par la longueur moyenne de la vie chez tous les Français indistinctement, quelles que soient la faiblesse de leur constitution et la médiocrité de leur fortune (2). L'existence est donc plus assurée aujourd'hui, nonobstant les résultats plus ou moins satisfaisants du recrutement, et ce bienfait on le doit à Textension des lumières, au développement de l'industrie, aux progrès de la médecine, à la vaccine, à l'adoption d'un genre de vie plus rationnel, etc. , c'est-à-dire au progrès social.

Bertillon corrobore ces données par la mesure de la vie moyenne; mais il ne la calcule pas comme Legoyt en divisant le nombre total des années et des mois vécus par le nombre des décédés; étant pris 1000 individus, soit à leur naissance, soit à tout autre âge, il distribue également entre eux les chances de vie et de mort qui, de leur iemps^ incombent à chacun des âges qu'ils ont encore à parcourir; la part de vie qui revient ainsi aux uns et aux autres constitue leur vie moyenne ou ce qu'il appelle leur espérance mathématique de vie. Duvillard, vers 1775, la fixe rétrospectivement à 29 ans à la naissance, à 36 ans à partir de 20 ans (total, 56 ans). Pour la période de 1817-31, Demontferrant trouve cette vie moyenne, à la naissance, de 38 ans, 33^ et de 40 ans vers l'âge de 20 ans (60 ans à ajouter à 20). Enfin, de nos jours, Bertillon est arrivé à ces deux déterminations : 60 ans à la naissance, 60 ans et 3 mois à la vingtième année. Progrès modeste, mais réel et qui acquiert une valeur supérieure, si l'on réfléchit que Demontferrand a opéré sur une période de paix, de santé publique, de prospérité et à faibles contingents militaires, tandis que la période de 1860-1859, sur laquelle s'est exercé M. Bertillon, comprend trois épidémies de choléra, deux années de cherté (1866 et 1867), une révolution (1868) et ses suites, des guerres meurtrières, de forts contingents pour l'armée, etc. Il soupçonne d'ailleurs un peu d'exagération dans les calculs de Demontferrand, et l'imperfection des documents dont il s'est servi, de sorte que, tout pesé, il tiendrait pour un progrès réel le seul fait de la non-rétrogradation de la vie moyenne dans la période de 1860 à 1859. Or, elle révèle un progrès, et, si faible qu'il soit en raison des circonstances précitées, ce progrès témoigne d'une notable augmentation de vitalité. Nous qtii connaissons cet esprit sévère, sa puissance d'exégèse et ses méthodes d'investigation positive, nous nous rassurons avec lui pour l'avenir de notre pays, sans fermer les yeux sur les faits sérieux et défavorables que Husson et Léon Le Fort ont mis en relief.

(1) Legoyt, SfaUsiique de la Francty 2* série, 1857, t. IV (V partie), p. XLvn.

(2) BerUUon, Comptes rendus du Congrès de Bordeaux, 1866, p. 663.

(3) Ch. Dupio, Comptes rendus de t Académie des sciences, 19 mars 1849.

S18 AGES. [HTGihiE

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