II. — VaLAGES ET BOURGS
Les règles de salubrité qui doivent présider à la construction des villes s'appliquent aussi aux villages et aux bourgs ; l'état dans lequel se trouvent la plupart d'entre eux blesse toutes les lois de l'hygiène. Les habitations rurales, mat distribuées, mal closes, ne sont, dans un grand nombre de localités, que d'immondes refuges où s'entassent les familles : les misérables chaumières de la Sologne (1), les masures du Doubs, de la Mayenne, de l'Allier, etc., valent-elles beaucoup mieux que la hutte du sauvage? Eu été, elles n'abritent point contre les chaleurs, ni en hiver contre le froid. Leur plancher, presque toujours de niveau avec le sol et sans cave sous-jacente, s'imprègne des déjections du ménage ; l'âtre fumeux mêle à l'atmosphère d'un local exigu les produits d'une combustion incomplète; l'incurie, la malpropreté, la pénurie des objets nécessaires à la vie, souvent la présence d'animaux ou l'entassement des provisions ou des récoltes, multiplient les causes d'infection. Au dehors de ces habitations, des amas de fumier, des mares fétides, des étangs bourbeux, des puisards qui ne dissipent pas complètement, par inûltration dans le sol, les liquides qu'ils reçoivent et qui retiennent une vase d'où s'échappent des gaz délétères, notamment du gaz hydrogène sulfuré; des rues sans pavé que la pluie convertit en fondrières et dont la fange humide baigne le pied des maisons; des cimetières mal entretenus et placés au milieu des maisons; souvent des rou-* toirs établis sur des eaux d'un faible cours et qui les altèrent ou répandent dans l'air des émanations dont l'innocuité n'est pas démontrée, malgré les re-
[{) Voyei MonIfUeon, op, cH,, p. 206.
fVnum] DES VILLAGES ET BOURGS. A71
séjourne plus longtemps. On connaît l'immonde aspect des porcheries, l'encombrement des bergeries et les émanations ammoniacales qui s'y répandent, etc.
Si Ton considère dans leur ensemble les influences nuisibles qui pèsent sur les agglomérations^ on reconnaît qu'elles se résument dans deux faits prépondérants, le vice des constructions et la nécessité de Tengrais. Les habitations sont mal situées, mal bftties. Quand elles sont à reconstruire par suite d'in* cendie, d'inondations destructives, etc., l'autorité ne peut-elle intervenir pour le choix d'un lieu sec et élevé, pour l'exhaussement du rez-de-chaussée audessus du niveau du sol, pour l'orientation de la façade vers la sécheresse, fa lumière et la chaleur, vers le sud et le nord que de Gasparin recommande de préférence à toute autre exposition dans nos contrées, pour un rationnement plus salubre de l'espace intérieur, pour le percement d'un nombre suffisant de fenêtres et leur disposition relativement aux portes en vue d'une aération facile, etc.? Une simple rigole, creusée autour des maisons actuelles qui sont humides peut corriger en partie cet inconvénient : c'est du drainage élémentaire. A la suite des inondations du Rhône, de la Saône et de la Loire (1856), le ministre du commerce ayant demandé au comité consultatif d'hygiène ses vues sur l'assainissement des localités dévastées, j'ai émis, et le comité a fait valoir avec succès auprès du ministre, l'avis de n'accorder aux cultivateurs de subvention pécuniaire pour la reconstruction de leurs habilatioiis qu'à la condition qu'ils l'exécuteraient conformément aux indications de l'autorité. Les agents voyers ne pourraient-ils être chargés de lever gratuitement les plans dont les paysans ont le plus grand besoin, ou cette dépense minime ne pourrait-elle être supportée par les communes? « Ces nouveaux rapports, observe très-justement Tardieu (1), tout gratuits établis entre le campagnard et l'autorité, auraient le double avantage d'amener une amélioration lente, mais efficace, dans l'hygiène rurale, et de montrer à cette partie si intéressante de la population les préoccupations dont elle est l'objet • Quant à ramélioration de la voie publique dans les villages, elle est entièrement subordonnée à la fabrication de l'engrais, cette nécessité continue de l'agHculture. Heureusement les intérêts de celle-ci se confondent avec les exigences de l'hygiène ; mais le paysan a besoin d'être éclairé sur les uns comme sur les autres ; il les méconnaît au même d^ré, il les sacrifie avec l'entêtement d'une routine aveugle. Qu'on l'amène à comprendre qu'il gaspille les meilleurs éléments d'engrais en laissant séjourner indéfiniment le fumier devant sa porte; qu'il l'éuerve par une fermentation plus utile dans tes champs que sur la route; que les matières qui s'échappent du fumier au grand air, soit par évaporalîon, soit par écoulement, très-nuisibles à la salubrité du village, sont aussi les plus efficaces pour la fumure des terres; qu'on lui inculque cette vérité que toutes ces déperditions équivalent à la moitié de la portion active des engrais, et il ne tar-
(1) Tardieu , Diclionnoire (Thygiène, 2< édition, t. III, p. 549, art. Rvbale (Hyfiéne).
A72 DES MODIFICATEURS. — CIRGUMPUSA. [hygiène
dera pas à s'informer, à se préoccuper des procédés de fabrication ou de conservation de l'engrais, qui atténuent en même temps ou suppriment la source des émanations nuisibles. On aura beaucoup fait pour l'hygiène de la campagne, quand on y aura popularisé cet axiome de l'économie agricole, que les fumiers les moins consommés exercent les effets les plus énergiques et les plus prolongés; que six chariots de fumier frais, réduits à cinq sur toutes les es* pèces de terrain par la fermentation, ont plus d'utilité que huit chariots de fumier très-gras, court et entièrement pourri; que les gaz de la fermentation, consistant surtout en acide carbonique, en hydrogène carboné, en ammoniaque, et accompagnés d'une production de chaleur, influent heureusement sur la végétation, et qu'il importe de ne point les perdre sur les grands chemins. Si ces raisons ne portent pas les cultivateurs à s'ingénier dans la préparation des engrais, au moins les décideront-elles à établir les fumiers loin des maisons sur un sol creux, imperméable et abrité, pour empêcher leur évaporation et la perte des liquides, etc. Les urines des bestiaux sont en quantité énorme; elles sont aux excréments solides dans la proportion de /^ à 1. Un cheval verse en moyenne 1330 grammes d'urine par jour, soit 485 kilogrammes par an, de quoi engraisser 60 centiares; une vache 8 kilogrammes 200 grammes par jour, soit 2993 kilogrammes par an, de quoi fumer 2U ares. L'urine est une des parties les plus actives du fumier, la putréfaction la convertit en carbonate d'ammoniaque; aussi, dans le nord de la France, en Suisse, h recueille-t-on à l'aide de citernes ou de réservoirs appelés purinières. Propagez cette méthode, ce progrès, et le dallage, le pavage cimenté des écuries avec pente et rigoles, leur lavage qui délaye assez l'urine pour lui ôter un excès d'activité sur la végétation, en sont les conséquences nécessaires et procurent l'assainissement de ces locaux dont la demeure du paysan est hygiéniquemcnt solidaire. En Angleterre, en Allemagne, en Suisse, on remplace la litière dans les bergeries par une certaine quantité de terre sèche qu'on recouvre chaque jour d'une nouvelle couche, et quand toute cette terre est assez imprégnée, on la remplace; le fumier dû à ce mélange a la propriété de fermenter plus également et cède moins de principes à Tévaporation. Or, celte pratique agricole, qui amoindrit la volatilisation tout en augmentant la quantité des engrais, est un véritable assainissement des écuries, étables, etc. ; le sol absorbant les deux tiers des urines dont l'odeur est amortie, elle conduit à rouvrir d'une couche de terre ou de gazon, épaisse de quelques centimètres, les tas de fumier situés à l'extérieur des maisons; on prévient ainsi leur dessiccation et la déperdition de gaz fertilisants : double proGt et pour l'hygiène et pour l'agriculture.
Chevallier a proposé, dès 1832 (1), un système fondé sur les bénéfices de la récolte des boues et de leur conversion en engrais. On choisirait, assez loin
(1) Chevallier, fiutice historique sur le nettoiement de la ville de Paris (Annalts d'hyijiène publique. Paris, iU9, t. XLII, p. 312),
publique] des villages ET BOURGS. d73
des habitations et hors des vents régnants, un terrain en rapport avec la population et rétendue de la commune, pour y creuser un fossé destiné à recevoir les boues; quelques indigents valides, à la charge de la commune, pourvus d'une charrette et d'un mauvais cheval, parcourraient sans cesse, pendant les jours ouvrables, la commune et ses abords, enlevant les immondices pour les conduire au réservoir communal Les mares, partagées en deux sections et versées alternativement de l'une dans l'autre à l'aide d'une planche formant vanne, seraient curées périodiquement, et les dépôts extraits de leur fond seraient portés dans le fossé de la commune. Les boueurs employés à ce travail seraient indemnisés, soit au moyen d'une souscription, soit avec le produit de la vente publique des matières recueillies et bonifiées par un an de séjour. Les ' cultivateurs, soumis au minime impôt de la souscription, en seraient eux-mêmes dédommagés par le partage proportionnel des engrais obtenus.
Malgré tant de causes d'insalubrité et de maladies, la population rurale paye un moindre tribut à la phthisie^ à la fièvre lyphoîde, etc., et présente une moindre proportion de décès ; cela prouve que l'absence de certaines causes qui sévissent sur les citadins et l'efficacité de quelques conditions propres à la vie rurale suffisent pour neutraliser les effets d'une habitation aussi insalubre. Les passions, la surexcitation morale et intellectuelle, la luxure précoce, Tégoîsme et l'ambition font peu de victimes à la campagne ; ensuite les habitants de ces demeures délabrées n'y sont pas sédentaires; leurs travaux les appellent dans les champs, sur les routes; ils vivent à l'air libre ; sobres, laborieux, ménagers de leur virililé, endurcis aux fatigues, ignorant les fluctuations de la vie des ouvriers qu'un salaire instable fait passer tour à tour par les excès et les privations, ils trouvent dans leur sobriété, dans une nourrilure simple, mais substantielle et exempte de fraude, dans la régularité de leurs habitudes, dans l'inerte quiétude de leur croyance, dans le sentiment de la liberté, dans le bienfait d'un air pur, la compensation hygiénique des influences nuisibles qui les atteignent passagèrement sous le toit de leurs sordides pénates. Néanmoins cette compensation n'est pas complète. D'après le docteur Charpentier (de Yalcnciennes) (1), les épidémies meurtrières qui s'étendent aux villes et aux villages font plus de victimes dans ces dernières localités : le choléra de 1832 et celui de 18/!i9 en ont fourni les preuves.
L'assistance publique a une tâche énorme à remplir envers les malheureux habitants des districts ruraux : que l'on se hâte de les doter de médecins cantonaux, ou au moins de maisons de secours desservies par quelques sœurs de charité, et pourvues de quelques ressources de traitement, notamment d'appareils à fracture ; que l'on institue dans les campagnes des secours publics pour les asphyxiés par submersion, par le froid, par la foudre, par strangula-
(1) Charpentier, De la nécessité d'améliorer le sort des indigents malades des corn* pagnei.
PUBUQOI] DES ËDIFICtS PUBLTCS. 479
Tair affluent, conseille de recevoir Tair chand fourni par les appareils de chauf* fage dans une chambre de mélange où arrivera aussi Tair froid, avant de le faire passer dans les conduits de distribution, il formule une règle plus utile encore à la salubrité qu'au chaufl'age des habitations.
Il est d'observation que dans les locaux très- activement ventilés et à renouvellement continu de Tair, nous supportons sans incommodité des températures qui nous paraîtraient eicessives dans une atmosphère confinée. Le général Morin estime toutefois que les températures intérieures ne doivent pas, en temps ordinaire, dépasser les fixations suivantes :
Crèches, salles d'asile, écoles » i5«
Hôpitoux 16 à 18°
Ateliers, casernes, prisons lô^'
Salles de speetaele, amptiithèâtrês | . g . ^qo
Salles d'assemblées proloof éet. ... « • i . . . )
Noos iogmenterioin volontiers de 2 degrés le tant tbermométrique dans les crèches, et nous le diminuerions d'autant dans la dernière catégorie de locaux. L'air neuf h introduire doit avoir à peu près hi température que Ton désire miiiteBir dans le local o&e fois écbiuiïé au degré convenable. On tiendra compte de l'étendue des sorfiices vitrées qui accélèrent la déperdition du calo* rique, du nombre de personnes k réunir, et d'appareils d'édairage, etc. Suivant ces oondiUoBS, l'air iffluent pourra être porté à 30 et 35 degrés, ou abaissé d'un ou 3 degrés au-dessous de la température de l'air intérieur.
Rafraîchir l'air des habitations collectives en été, au moins par les jours de chaleurs tropicales qui se répètent presque tous les ans, serait un bienfait presque égal an chauffage eo hiver; les procédés ne manquent pas; Péclet en indique quatre : i*" comprimer Tair mécaoiqiiemenl et le dilater lo momeic de son introduction dans les locaux ; ^ le faire pisser sur des surfaces humidM en évaporatiod; 5* le faire passer par des conduits soumis à une réfrigération artiiicielle (glace, etc»)i k^ l'amener par un circuit souterrain, h température à peu près constante Morin propose de rafraîchir l'air extérieur destiné à la ventilation en le faisant passer, avant son introduction dans les caiiaui, à travers un jet d'ean pulvérisé ; on obtient de cette manière un abaissement de 2 degrés; mais il faut disposer d'nn volume d'eau considérable et d'une ccr^ taine puissance motrice. Même effet, si l'air circule en contact avec des parois d'enveloppes ou de réservoirs métalliques contenant de l'eau courante plus ou moins froide. L'arrosage des toits, imitation des effets naturels de la pluie, s'il est continué tant que dure l'irradiation solaire, peut rafraîchir sensiblement l'atmosphère des combles; le général Morin a calculé que 1 ■"•<*•, 320 d'eau |)ar heure suffit pour mouiller 100 mètres de toiture et les préserver de l'échauf^ feinerU produit par les rayons solaires. Énoncer ces moyens, c'est indiquer les difficullés de leur emploi. Le plus pratique, suivant nous, est celui que le général Morin a appliqué dans le cabinet ds b direction do Conservatoire : il oon^
pubuque] des édifices PUBLICS. 481
tion et à la faveur d*unc différence suffisante entre la température du dehors et celie des locaux. Dans le premier cas, malgré la durée limitée du séjoar, ce ne sera pas trop de 30 mètres cabes d*air par heure et par personne ; même avec celte capacité, Tair de Tenceinte sera souvent amené à une proportion d\icidc carbonique supérieure à celle qui existe dans l'air à l*état normal. Dans le second cas, grâce à Tappel d'une cheminée, le renouvellement de Tair est assez actif par les jointures. L'air d'une chambre à coucher d'une capacité de 18 mètres cubes et occupée par deux personnes a fourni à Félix Leblanc, au bout d'une nuit, les mêmes résultats que l'air normal; on y avait entretenu pendant la nuit le feu de la cheminée. Il était important de calculer le renouvellement qui s'opère par les fissures et par les entrées et les sorties qui ont lieu pendant la nuit dans les enceintes habitées par un certain nombre de personnes. Ce problème n'était abordable qu'à l'aide de l'analyse chimique, et Félix Leblanc l'a résolu en couchant lui-même dans des chambres de caserne dont il recueillait l'air au matin après l'avoir ramené la veille, par ventilation, au degré de pureté de l'air normal. Il a trouvé ainsi que, pour une chambre occupée pendant dix heures et demie par vingt-cinq hommes, l'effet de l'aération accidentelle avait réduit la proportion d'acide carbonique au tiers de ce qu'elle aurait été dans l'hypothèse d'un défaut absolu de renouvellement d'air : il y avait eu pendant la nuit douze sorties et autant de rentrées ; et le volume d'air, qui, en raison de la capacité du local, était de IS'^^'tô par homme, avait été porté à 37,8 par suite de cette ventilation accidentelle. Il en a été à peu près de même dans d'autres expériences de ce genre, et l'on en doit conclure que, dans les enceintes imparfaitement closes ou dans lesquelles se fait pendant la nuit un certain mouvement d'entrées et de sorties, le renouvellement accidentel de l'air acquiert une valeur plus forte qu'on n'aurait pensé à priori : mais, en bonne hygiène, il faut peu compter sur de semblables ressources de ventilation, qui d'ailleurs ne sonl ni sans inconvénient ni même sans danger.
De simples ventouses, suffisamment multipliées, aident à compenser d'ime manière efficace le défaut de capacité des chambres. En les mettant en relation avec des cheminées qui régnent sur toute la hauteur des bâtiments, on réalise des effets ventilateurs assez énergiques, en vertu de faibles excès de température de Tair de la cheminée sur celle de l'air extérieur. Les ventouses sont surtout utiles en été, pourvu qu'il n'y ait point équilibre de température entre l'air extérieur et l'air intérieur. Félix Leblanc a précisé par des expériences anémoméiriques la valeur de deux ventouses établies dans la caserne de Lisieux, rue des Carmes, à Paris, en jaugeant le courant d'air auquel elles donnent passage :
l'<^ ventouse 12^,00 0'"n,o&76 chambrée à 5A hommes.
2« ventouse lA^jôG 0"* <<-^06 chambrée à 21 hommes.
La ventouse n*" 1 a fourni 2 mètres cubes d'air de ventilation par heure et par M. LftvT. Hygiène, 5* eut. u. — 31
482 DES MODIFICATEURS. — CIRCOMPUSÂ. [htgiéhe
homme^ et la ventouse d* 2, 7 mètres cubes par beare et par bomme; Texcès de température n'étant que 2 degrés centigrades. L'ouverture ou la clôture des croisées influe sur la vitesse de l'écoulement de l'air ; Leblanc a trouvé le 12 mars 18&ft :
Croiiées fermées •. . • 2*,61 lOO"- '-,1
Croisées ouvertes 3"^,08 221'"* ^«,76
Il ne faudrait pas trop compter sur l'efficacité de la ventilation naturelle ; conmie celle que l'on produit artificiellement, elle a pour principe et condition une différence de température entre l'air extérieur et celui des cheminées d'évacuation ; plus cette différence décroît, plus la circulation de l'air perd de sa vitesse. En biver, le renouvellement de l'air s'opère dans une proportion suffisante^ grâce au cbautEqp qui porte en moyenne à 16 degrés la température des locaux habités ; il n'en est plus de même dans les saisons transitoires et en été, l'ouverture permanente des fenêtres n'étant pas toujours possible, surtout la nuit. H arrive aussi fréquemment que le mouvement de l'air se renverse et que les conduits, destinés à évacuer l'air vicié, n'étant plus assez chauffés, donnent passage à l'air du dehors, malgré les différences de hauteur des «rifices d*entrée et de sortie. Les études pratiques sur l'aéragc des mioei dont les galeries anfractueuses, d'une longueur parfois considérable, présentent tant d'obstacles à la circulation de l'aur, celles des constructeurs sur les dispositib de ventilation dans les plus grands établissements, établissent, d'après A. Morin, que la vitesse efficace pour l'extraction de l'air vicié et son remplacement par de l'air neuf exige une dilKrence de température de 20 à 35 degrés entre l'air extérieur et les cheminées d'évacuation ; dans les théâtres, elle ^it s'élever à 36 degrés, à ftO degrés à cause de la multiplicité des conduits.
D'où la nécessité d'un appel, d'une aspiration dont l'agent ne peut être qu'un foyer de combustion.
5* Ventilation par appel. — Ce mode de ventilation se rapproche le plus de la ventilation naturelle; il s'opère dans les mêmes conditions que les courants atmosphériques, à h faveur des inégalités de température entre Tair extérieur et celui des habitations. L'idée des cheminées d'appel a été proposée par Percy (1) et fécondée par d'habiles applications de Darcet. Le géné^ rai Morin Ta développée sous une forme nouvelle en proposant d'appliquer à la ventilation la chaleur fournie par les appareils d'éclairage. Dans les nombreuses exi)ériences qu'il a faites sur les divera systèmes de ventilation mécanique, il a dcMiiontré que le maximum d'effets utiles procède de l'aspiration ; ainsi, dans les pavillons de l'hôpital Lariboisière où fonctionnent des machines insufflantes, le volume d'air évacué par la cheminée qui entraîne l'air vicié est dû, pendant l'hiver^ pour les 0,85, à Taspiration produite par l'écliauf-
(1) Dictionnairfdeiitciencesmédicaiei^ t. LVII. 1821. Artide VnTlLATiON.
PlTÈLlQUi] DES ÉDIFICES PUBLICS. A88
fement de Tair qui arrive dans les salies à travers les poêles, et le ventilateur n'y contribue que pour les 0,15; pour Taffluence de Tair nouveau parles poêles, Taspiration produit environ les 0,625, et le ventilateur les 0,375 du volume admis. Aussi le général Morin fait-il remarquer que par des dispositions plus favorables aux effets de l'aspiration, on pourrait augmenter notablement ceux-ci et se passer de Tusage des appareils mécaniques. L'ensemble de ses recherches le conduit à cette conclusion importante : « L'action seule de la chaleur convenablement employée suflBt pour produire une ventilation énergique, stable et régulière, et l'emploi des ventilateurs insufllants est inutile, quand les circonstances locales permettent d'utiliser l'action de la chaleur. » L'appel le plus commode, le plus rapide, le plus facile à modérer on à sus* pendre est celui qu'on établit dans les cheminées en y introduisant un tuyau de fer ou de cuivre muni de quelques becs à gaz. Dans une cheminée d'ap« partement ordinaire ayant un tuyau de poterie de 0'",30 de côté et d'environ 20 mètres de hauteur totale, le général Morin (i) a constaté que Ton évacue, par mètre cube de gaz brûlé, des quantités d'air d'autant plus grandes que l'on brûle moins de gaz^ ou que la température dans la cheminée est moindîrei et suivant à peu près la proportion décroissante que voici :
Volume d'air évacué par heure Volume de gai eontommé de la cbeoiinée, et par mètre cube
par heure. de gaz bnfUé.
m.c. ta.c.
0,dOO l,dOO
Avec ces chiffres approximatifs» on peut déterminer le nombre de becs i gaz brûlant 100 litres à l'heure qu'il sera nécessaire d'employer pour assurer le renouvellement de l'air dans un local à un taux fixe par heure.
Pendant Tété et pour des réunions accidentelles, rien de plus expédient que cette transformation des cheminées en appareils de ventilation; le tuyau qui amène le gaz dans leur intérieur se démonte et se ferme aisément par un bouchon à vis de cuivre. Nous avons montré plus haut le parti qu'on en peut tirer pour rafraîchir l'air en été, en le Élisant affluer de caves salubres. Les cheminées peuvent être suppléées par des conduits ménagés dans les trumeaux des murs de face on dans les murs de refend, où des becs de gaz allumés déterminent un tirage énergique. Ce moyen est employé avec succès par le professeur Goulier à l'amphithéâtre de chimie du Yal-de-Grâce. Aujourd'hui que le gaz sert à l'éclairage des escaliers, paliers et corridors, cuisines, latrines, écuries, surtout dans les édifices publics, il est aisé de répartir convenable-
(1) Morin, Manuel pratique du chauffage et de la ventilation, 1868, p. 48.
(2) Rajtpwt sur le chauffage et la ventilation du Théàtre^Lgrique, etc. Paris, 1861 « page 68.
àSà DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [htgièiie
ment un certain nombre de becs dans une cheminée d'appel de hauteur suffisante ; reflet de ventilation qu'on obtient de cette manière peut^ d'après le général Morin, s'élever de 1000 à 1200 mètres d'air par heure et par mètre cube de gaz brûlé. On trouvera, dans le Manuel de chauffage et de ventilation de cet illustre maître, l'indication de procédés d'assainissement fondés sur l'emploi de ce moyen pour divers locaux tels que latrines, cuisines» écuries, etc.
6** Ventilation et chauffage combinés. — La ventilation continue et régulière, c'est-à-dire établie à l'aide de machines ou d'appareils qui assurent en même temps et régularisent le chauffiige, est désormais la condition fondamentale de la salubrité des habitations publiques. Le rationnement de l'espace a été un premier progrès; mais il est bien démontré que, dans les locaux toujours habités, il est impossible d'allouer à chaque homme sain et malade le cube d'air vital autrement que par une ventilation factice : à la détermination de la capacité des salles il faut donc substituer la base plus exacte de la fixation du volmne d'air à fournir à chaque individu. Chose digne de remarque, dit Grassi (1) dans TUstoire de cette question : c'est un intérêt de lucre et d'industrie qui a provoqué le premier emploi de la ventilation ; elle a été appliquée d'abord dans les magnaneries; puis, à Londres comme à Paris, aux palais des deux chambres du parlement, ensuite aux théâtres et aux prisons. Les honnêtes gens malades n'ont leur tour qu'après les détenus.
L'Angleterre nous a précédés dans ces applications : dès 178/i, l'hôpital de Derby était ventilé par "Whitehurst (2) ; elles ne datent en France que de ce siècle, et l'initiative en appartient à Oarcet, à Péclet, à Combes, qui a tant fait pour l'aérage des mines, et qui a fourni, par l'invention de son anémomètre, le moyen d'étudier la ventilation avec une précision tout à fait scientifique. Le général Morin, Chevreul, Boossingault, Damas, F. Leblanc^ ont aussi contribué à ces progrès ; le premier a multiplié les expériences, les comparaisons^ et formulé, par la discussion approfondie de tous les éléments de chaque système, sa valeur pratique et ses af^ications.
L'établissement d'un système quelconque de ventilation forcée suppose la connaissance exacte de la vitesse du renouvellement atmosphérique qu'il procure, la détermination de la ration d'air nécessaire à chaque individu placé dans les espaces à ventiler, le degré d'humidité de cet |ir. Péclet se contente de 6 à 10 mètres cubes par heure pour les classes d'une école d'enfants de six à dix ans; Tardieu de 20 mètres cubes pour les cellules des prisons, pour les cliambres des casernes. On a exigé 60 mètres cubes par heure et par malade dans le nouvel Hôtel-Dieu de Paris, 60 mètres cubes dans les salles de l'hôpital Necker ; il y avait déjà, en 1861, des hôpitaux ventilés à raison de 70 mètres
(1) Grassi, Chauffage et ventilation des hôpitaux, thèse de Parts, 6 juin 1856. — Antiaies if hygiène, 2* série, 1856, t. VI, p. 189 el suivantes.
(2) Voyes Dictionnaire des arts et manufactures , etc., 2* édition, iSbh, t II, article Ventu.atio!«, par GrouveUe.
DES ËDinCES PUBLICS.
PUBUOUC]
cubes d'air par heure et par malade. On a va plus haut à quelles fixations de capacité cubique est arrivé le général Morin. Ces exigences progressives témoignent d'un progrès réel. Que nous voilà loin des 18 à 20 mètres cubes d'air alloués aux malades par le génie militaire dans les hôpitaux de Tarmée, sans le secours d'aucune ventilation artificielle! En attendant que l'expérience ait conduit à des chiffres définitifs et nécessairement variables suivant la durée du séjour ou de la réclusion, suivant le degré de clôture des locaux, suivant les catégories particulières de leurs habitants, il appartient au médecin d'exagérer plutôt que d'amoindrir la revendication de l'air vital.
L'air chauffé absorbe plus d'eau ; les poêles, les calorifères, le dessèchent ; il enlève de l'eau à nos organes, si l'on n'a soin d'en vaporiser dans l'espace circonscrit où il circule. Lorsqu'il s'agit donc de régler la ventilation avec le chauffage dans un édifice public, il importe de connaître exactement la proportion d'eau que l'air doit contenir pour être salubre. Darcet, pour les salles de spectacle, veut de l'air à moitié saturé d'eau, à la température de 15 à 16 degrés centigrades, ce qui correspond environ à 7 grammes d'eau par mètre cube d'air. D'autres réclament pour les maisons habitées un air à 72 degrés à il'bygromètre, soit 6'%63 d'eau par mètre cube d'air, ce qui s'accorde avec la fixation de Darcet La détermination du degré hygrométrique de l'air est donc un élément régulateur du fonctionnement d'un appareil de ventilation. Gay-Lussac a calculé, pour de l'air à 10 degrés sous la pression barométrique de 0,76, les tensions de vapeur correspondantes à chaque degré de l'hygromètre. Dans les travaux et essais relatifs à la ventilation^ il est nécessaire de connaître, pour tons les degrés de l'hygromètre, le poids de l'eau que contient 1 mètre cube d'air à 15 degrés, limite de température adoptée comme règle dans les édifices publics auxquels on applique la ventilation et le chauffage combinés. Grouvelle (loc. cit.) a dressé à cet effet le tableau suivant, qu'il nous a paru utile de reproduire :
Tableau donnant en grammes le poids de Veau contenue dans 1 mètre cube d'air à 15 degrés, pour chacun des degrés de F hygromètre.
Degrés de l'hygromètre à cheveu.
Drgrès.
contenue dans
1 mètre cube d'air
à 15 degrés.
Degrés de lliygrumètre à cheveu.
Defrèfc
0,dl
Poids de l'eau en grammes
contenue dans
1 mètre cube d'air
à 15 degrés.
M8 IfODinCiTCIJIS
• — cnunnfFDSA. [v
hegiH
Poids àb Tean ea çrunaes
DegHb PMdf de Vem cb gn
ôe ITiyyuMètft
cootenedtts
âeVkrmmètn matenoe dus
liBètKcaU d'air
à 1 Mètre rabe d's
àl&desré«.
eWm. àlSdcfrés.
Ilt|HB>
Vnféa, §r.
kO
Au maniement de I*hygromètre, les médecins, les ii^nieiurs ei les archi* tectes doivent joindre celai de ranémomètre de Combes.
Rappelons seulement qu'nne expérience doit tonjoars être recommencée ; on prend la moyenne de denx expériences. La vitesse réelle des ccrarants d'air se déduit du nombre des tours observés, à Taide d'une formule spéciale à Tinsomment employé et qui se trouve écrite sur le couvercle de sa boîte. Chaque anémomètre a son coefficient, qu'on détermine par expérience en lui faisant parcourir un courant d'air d'une vitesse donnée, et en notant le nombre de tours qu'il bit Pour cela, on place l'anémomètre au bout d'un grand levier de bois, de longueur connue, tournant par son centre sur un pivot avec une vitesse que Ton fait varier pour avoir plusieurs observations, desquelles on déduit le (apport exact du nombre de tours du moulinetà la vitesse du courant ; celle-ci,
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multipliée par la section du canal, exprime le volume d'air débité. Le général Morin a ajouté àTanémomètre de Combes deux cadrans émaillés> des aiguilles doubles à godets, une troisième roue à minutes et un appareil de pointage, de manière à pouvoir observer jusqu'à 500 000 tours et prendre le nombre des tours du moulinet à des intervalles de temps déterminés. Cette disposition corrige la légère erreur résultant du temps nécessaire au moulinet pour prendre une vitesse régulière, en même temps qu'elle permet des observations prolongées et fractionnées par intervalles égaux. Neumann a facilité la lecture de l'anémomètre en plaçant derrière les roues un cadran divisé sur lequel des aiguilles fixées aux roues tracent le nombre de tours parcourus, il a ajouté une troisième roue qui donne les 1000 tours et permet de prolonger les observations. Pour mesurer les petites vitesses, il faut des anémomètres légers et délicatement construits ; Neumann a fourni à la commission chargée d'étudier la ventilation des cellules à la prison Mazas un anémomètre qui fonctionnait avec précision dans un courant d'air de 0,16 de vitesse par seconde.
Si l'usage des anémomètres portatifs suffit aux expériences d'étude ou à la vérification des résultats que donne la ventilation, il ne permet pas de contrôler avec la précision nécessaire la marche de ce service dans les grands établissements, de s'assurer s'il effectue à toutes les heures, à tous les instants du jour et de la nuit avec la régularité prescrite par les règlements et promise dans les marchés passés entre les constructeurs et l'administration. Il faut ici employer des anémomètres de plus grandes dimensions et mis en rapport avec un compteur électrique. Nous vemoyons ^ux Annales du Conservatoire des arts et métiers (l)pour la description de cet appareil exécuté par Hardy d'après les indications du général Morin ; il fonctionne avec une seule pile Marié Davy au sulfate de mercure avec eau acidulée et qui peut servir pendant plusieurs mois. Placé dans le cabinet du chef de rétablissement ou dans un lieu apparent, il fait connaître tous les matins pour le service de nuit, tous les soirs pour le service de jour, le volume d'air vicié qui a été évacué d'un local, d'un pavillon pendant douze heures consécutives. C'est par ce moyen que la ventilation des amphithéâtres du Conservatoire des arts et métiers est vérifiée depuis plusieurs années et pendant cinq mois d'hiver, sans aucun dérangement et sans autres voies que le renouvellement des sels delà pile deux ou trois fois par saison. Dans un pavillon de l'hôpital Lariboisière contenant 102 lits, où chaque malade doit recevoir 60 mètres cubes d'air par heure, l'anémomètre totalisateur du général Morin a fonctionné plusieurs mois dans la cheminée d'évacuation, et le compteur électrique marquant 124616 tours en 12 heures, on avait la certitude que les malades avaient joui de la ventilation stipulée. C'est par ces procédés automatiques de contrôle, indépendants du bon vouloir des subordonnés ou du zèle des chefs, qu'il convient de surveiller l'exécution de cette branche des services économiques d'un grand établissement
(1) Annules du Conservatoire des arts et métiers, 5* volume, 1864, p. 341.
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6* Ventilation artificielle, — Toas les appareils de ventilation artiCciellc, déjà si multipliés par lesioTentears, peuvent être ramenés à trois catégories :
i* Appel par l'actioa de la chaleur agissant dans une cheminée ;
2* Appel par un appareil mécanique aspirant ;
S* Yentibtkm mécanique par refoulement ou pulsion ;
Quand la chaleur est le seul agent du renouvellement de Tair, l'appel peut 8*étabUr par un combustible brûlé directement dans le bas de la cheminée, à la partie supérieure ou près de In partie supérieure de la cheminée ; l'appel peut s'exercer par l'intermédiaire d'appareils de trai»mission de chaleur, recevant leur chauSige d'un foyer placé à distance, ou même par la vapeur envoyée directement dans la cheminée. Nous avons indiqué (t. I, p. 607 et soiv. ) quelques systèmes proposés par Darcet et Pédet, et dans lesquels la ventilation est simplement liée au mode de chauSige sans appareil mécanique spécial Pour hs enceintes où le séjour d'un grand nombre d'hommes est continu ou à peu près, la ventilation qui agit par lo seul tirage des poêles sur l'air qui entre par les jointures et les fentes des portes et fenêtres est nuUe en été, quand la température extérieure et celle du dedans se font équilibre, insuffisante et nuisibie en hiver, les analyses de F. Leblanc ayant démontré 3>5 et 8 sur 00/00 d'acide cari^nique dans l'air de plusîenrs salles des hôpitaux de Paris, sans parier de sa vidation miasmatique. Les courants d'air que produit ce tirage soudknt à l'aventure, souvent en regard des lits occupés, et l'air qu'ils introduisent est parfois glacial ou chargé d'émanations délétères, comme lorsque les lieux d'aisances sont contigus aux salles. Dans des pavillons construits au Yal-de-Grlce en 4841, et qui paraissent satisbire à certaines exigences de l'hygiène, le chauffiiige et la ventilation s'eflectoent au moyen de deux poêles de faïence pour chaque étage ; les prises d'air extérieur ont lieu pardM ouvertures de 20 centimètres carrés de section. Cet air, après avoir p«8é par des conduits qui enveloppent le foyer, se déverse dans la salle par des bouches de chaleur, s'élève vers le plafond en vertu de sa moindre densité, et refoule par son élasticité les couches dont il prend la place et que l'appel du foyer sollicite à descendre ; la rapidité du renouvellement de l'air est réglée par celle de hi combustion. On n'a pas à craindre id les inconvénients de la plupart des calorifères à air diaud, tels que dessiccation excessive de l'air, productfon d'une odeur spéciale due à la combustion par les surfilées de chauiïe des particules organiques queTair tient en suspension. L'air versé par les bouches de chaleur est pur ; s'il ne dépasse point 40 k 50 degrés centigrades, il n'a pas l'odeur de brûlé, il n'est pas assex échauffé pour être desséché, et diverses évaporatfons corrigeraient cet inconvénient; enGn, l'excès de chaleur qu'il possède sur la température voulue dans la salle sert à réparer les pertes de calorique dues au rayonnement des parois et des fenêtres, ainsi qu'à l'introduction directe de l'air extérieur par les fissures et l'ouverture plus ou moins répétée des portes. En été, si la ventilation ne pouvait s'opérer sans ioconvénients par les fenêtres, on interrompriit par des registres la commun!-
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cation directe des calorifërei avec les prises d'air, on fermerait aussi les boacbes de chaleur, et l'on ouvrirait des vasistas qui livreraient passage h l'air du dehors, destiné ï remplacer celui de la salle appelé dans le Toyer par la combustion entretenue sans interruption. Il importe d'observer que le système appliqué aux pavillons du Val-deGrâce et que Gnérard a loué, n'y réossit que parce que lenr température en hiver atteint b peine lfi degrés et ne les dépasse presque jamais; à cette limite de température dans une salle de malades, point n'est besoin d'une ventilation énei^iquepour dissiper toute odenr: la température s'élève- l-elle k 17 on 18 degrés, la niëme ventilation ne suffit plus et l'odeur se manifeste : c'est qu'avec la chaleur augmentent la transpiration cutanée, l'évapcralion des surfaces liquides ou mouillées, la décomposition des matières animales répandues dans l'air. Grassi (i) conclut donc atcc raison que l'accroissement de température nécessite une ventilation (dus énergique, et que celle-ci étant augmentée, nécessite à son toar un chauffée pins actif pour maintenir l'air à une température k pen près constante.
A ces poêles ventilateurs, on préférera l'usage des cheminées ventibtriccs (voy. L I, p. 608 et suiv.), en particulier celles de Pondet [fîg. 1, 2, 3)
lUI
nî
FiG. 3.
Fie. 1, 2, 3. — Cheminée avec bouche de chaleur, sjiUtne Fondei. — La S\gart 1 reprétenie l'eppareil vu de r«ce. — La Opire 3, li coupe verlicale. — Li figure 3, la coupa horiionlale du tube i air. — A, prùe d'ur extérieur. B, tuyaux ei ' ' (liipoiii en quinconce! dan* leiqnelt circula l'air l cbiuBcr. C, cotl^ de lu D, boucbei de chaleur.
(I) LiK.cil.fP. li.
\b clieniinie.
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et da capitaine da génie anglais Douglas Gallon (fig, 6, 5, 6, 7, 8j. Tandi> que les cheminées ordinaires n*utilisent environ que 0,12 à OAk du calorique produit par le combustible et déterminent par les portes et fenêtres un tirage énergique d*air froid, celle du capitaine Douglas, si elle est convenablement proportionnée, permet de verser près du plafond, à nnc température de 30 à 35 degrés, on volume d'air à peu près égal k celui qu'elle évacue par le tuyau de fumée; le général Morin a constaté qu'avec un feu modéré et une consommation de 10 kilogrammes an plus par 12 heures, ces cheminées évacuent 500 mètres cubes d*air et en introduisent 600 mètres cubes i 30 degrés; elles peuvent ainsi assurer chacune la ventilation d*une salle de 8 lits k raison de 60 mètres cubes d'air par lit et par heure. Deux de ces appareils peuvent fonctionner dans la même salle sans se contrarier dans leur tirage. Ser et Blondel, dans leur rapport sur les hôpitaux anglais, signalent la prédilection des Anglais pour ce mode de chauffage et de ventilation ; la plupart de leurs hôpitaux n*ont que des cheminées à foyer apparent, alimentées avec du charbon de terre; dans chaque salle on trouve toujours, même en été, une de ces cheminées en activité ; elle y remplace nos fourneaux d'ofiices, la partie centrale est occupée par le foyer dont la grille à barreaux horizontaux mesure 0"'y50 de longueur. D'un côté se trouve une capacité rectangulaire pleine d'eau communiquant avec une caisse de tôle qui forme le fond du foyer et qui fournit de l'eau chaude par un robinet ; de l'autre cù\v existe une étuve pour chauffer les linges. En été, on modère le feu par une grille transversale qui permet de réduire à volonté le volume du combustible. Des paravents servent à garantir les lits contre le rayonnement des foyers. Ser a proposé de doter à Paris chaque salle d'une cheminée ë foyer découvert qui senrirait peu au chauffage qui se continuerait par les procédés employés jusqu'à ce jour; mais elle permettrait aux convalescents de se ranger autour du fiyyer pour recevoir l'impression de la chaleur lumineuse et d'accroître la ventilation. Husson objecte, et c'est son dniit d'administrateur, une augmentation considérable de dépenses : celles-ci s'élèvent actuellement à 350 000 fr. par an ; le chauffage à l'aide des cheminées, d'une insuffisance presque certaine à Paris, coûterait 1 850000 fr. Nous souhaitons que des expériences remplacent ces calculs et ces appréciations théoriques; les cheminées Douglas ont leur place marquée dans les casernes, dans les petits hôpitaux et inêiiK* dans les grands, au moins pendant les saisons de transition. Pin inntirre de machines et d'appareils, il n'en est pas de plus simple, d'un jeu plus rr;;iiiiiT, d'une installation plus facile. C'est encore h peu pn^s de la ventilation naturelle.
Ijê ventilation artificielle, combinée ou non avec un système de chauffage mécanique h l'air chaud, à la vapeur ou à l'eau chaude, doit essentiellement assurer l'extraction de l'air vicié et son remplacement par de Tair neuf; cette pxirartirm doit s'effectuer le plus près possible des points où l'air est conta- 'ninô^ afin de prévenir la diffusion des miasmes dans les salles ; l'air neuf sera
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àU DIS MODIFICATEURS. *- CmCUlIFOSÂ. [htgiêne
aa foyer même do calorifère Tappel de Tair qu'il s'agit de renouTeler. Les parties de l'édifice, aitaées à plus de 30 mètres de l'appareil, sont Tentilées par des tuyaux particoliers qui, partant du fond du réservoir supérieur, descendent dans un des angles des pièces échauffées, et finissent par se réunir an retour d'eau dans la partie inférieure de la chaudière. Ces tuyaux de ventihtion sont logés, comme ceux de chaufiiige, dans une large envdoppe de zinc, percée d'ouvertures au niveau du plancher des chambres; l'air vicié sort par les ouvertures, se dilate par contact avec le tuyau à eau chaude, s'élève jus* qu'aux combles, où il se déverse au ddbors. Le reflux de l'air vicié d'une chambre dans une autre est empêché à l'aide de cloisons qui partagent la cavité intermédiaire entre l'enveloppe de zinc et le tuyau à eau chaude en autant de compartiments qu'il y a de pièces à ventiler. Le système de Duvoir (fig. 9) permet de ventiler sans chauffer, l'air neuf étant appelé par le déplacement de l'air vicié de température et de densité différentes. Ses avantages sont les suivants : régularité du chauffiige et de la ventilation; absence de l'odeur de brûlé qui se lie très-probablement à un certain degré d'insalubrité de l'air; facilité de porter la chaleur à peu près sans perte à plus de 200 mètres du foyer sans avoir à compter avec les diflBcultés de la construction des édifices; distribution plus uniforme du calorique dont l'eau se charge abondanmient pour ne le céder qu'avec lenteur; enfin, moins de chances d'incendie en cas de négligence des dispositions prescrites. On ne lui reprochait qu'un iooonvénient jusqu'en ces derniers temps, c'est que la totalité du service dépendant d'un seul a[^>areil, un dérangement ou la nécessité d'une réparation sospend la ventilation dans des étabUssements qui, tels que les hôpitaux et les prisons, ne peuvent s'en passer on seul jour : d'où la nécessité de multiplier les foyers autant que les subdivisions principales d'un établissement. Les Investigations de Grassi, alors phannaden en chef de l'hôpital Lariboisière où fonctionne ce système en concurrence avec celui de Thomas et Laurens, y ont bit ressortir d'autres défectuosités dont la plus grave serait TinsufiSsance de la ventilation qoe procure cet appareil, et l'erreur des résultats qu'on a fait valour en sa fovenr. Ses expériences ont porté d'abord sur la ventilation considérée isolément dans trois salles ; il les résome ainsi : Yolome d'air entré par les poêles, par heure et par malade :
Salle SâinU»-Knçéaic
Salle Sointe-ÉUtabeth.
SaUt Bainte-Aime.
Mi>ycnnc.
Volume d'air sortant des salles par heure et par malade :
D*où : volume d'air entrant par les joints des portes et fenêtres :
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