‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 61 sur 107 · DES ÉDIFICES PUBLICS. — MATERNITÉS · texte numérisé non relu

DES ÉDIFICES PUBLICS. — MATERNITÉS

fublique]

rarrondissement, 22 pour 100 ; on n*en compte que 16 pour 100 au cheMicu de rarrondîssement.

La mortalité des enfants trouvés va diminuant dans le département de la Seine ; elle était en

1828 de 56,70 pour 100

1858 de 58,91 pour 100

1860 de A9,8d pour 100

1864 de 39,26 pour 100

De un jour à un au, elle est effrayante dans les départements suivants :

Pour 100.

Loire-Inférieure 90,50

Seine-Inférieure 87,36

Eure 78,12

CaWados 78,09

Aube 70,27

Pour 100.

Seine-eUOise 69,23

Cdte-d'Or 66,d6

Indre-et-Loire 62,16

Mtncha 58,66

O. du Mesnil (!) conseille de supprimer la direction des nourrices, de ranger sous l'autorité du préfet de police les bureaux particuliers, de ne faire intervenir l'administration qu'après avoir constaté l'absence des parents ou l'impossibilité pour eux, soit de solder exactement les mois échus, soit de se libérer de l'arriéré, de faire surveiller sur place les nourrices par un comité local dont feraient partie de droit, le maire, le curé, le médecin, l'instituteur, de rétribuer convenablement l'homme de l'art appelé à donner ses soins à la nourrice ou à l'enfant, d'instituer des récompenses annuelles pour les nourrices qui se seront distinguées dans l'accomplissement de leurs devoirs. Le préfet de police correspondrait directement avec les maires des localités où seront placés les enfants.

3"^ Maternités, — Les femmes en couches se rangent sur la même ligne que les enfants, si même elles ne les dépassent, quant à leur puissance de viciation atmosphérique et à la gravité des conséquences qui en résultent pour elles. Leur réunion dans un même local, l'écoulement de lochies, les sueurs copieuses, l'excrétion parfois superflue du lait, celle des urines et des fèces pendant les premiers jours de l'accouchement, l'humectation continue de leur peau, dont la propriété absorbante s'accroît par cette cause, l'ampleur de la respiration dont les organes, devenus plus libres, présentent à l'air une surface plus étendue, l'aflaiblissement qui succède aux pertes de sang et à la dépense des forces musculaires, l'irritabilité que des douleurs inévitables laissent à leur suite dans tout le système nerveux : telles sont les circonstances qui créent autour des femmes en couches une infection spéclGque, et qui augmentent leur aptitude à en subir rinfluence. Les femmes en couches sont admises et traitées, soit dans une dépendance plus ou moins isolée des hôpitaux ordinaires, soit dans des établissements qui leur sont exclusivement consacrés. Telle est la fréquence

(1) 0. du Meêml^ Industrie des nourrices et mortalité des nourrissons (Annales tthygiène et de médecine légale, 2" séria, t. XXVIII, 1867, p. 5).

mu«n] DES tèmCES PUBLICS. — MATEMNITCS. 59S

Pendant 7 ans, 11 938 accoacbemem» faits en ?U1e par les ctiktirgieQg ds Goy'sHospîtal ont fosrni 35 décès, soit 1 sur 331 acomicbements (1).

VentHMi une longue période» one période phis qfoe demi-séeulaîre T De 1802 à 1866, dit Léon Le Fort, 1 décès snr 19 acoonckements a été la moyenne de la mortalité de l*Mlpital de la Maternité, à Parisi Cekii des cHniques a pour sa moyenne de 30 ans 4 décès sur ^,3 accovebenwBts ; cekif de Saîttt-Antoîne 7 décèssorl00poiirnniyeMwde50atts;Larftoi8ière8sBrlM (de 1854 à 1862) ; Beaujon 1 snr 15 (Béliier).

Les femmes en coucheront besoin d*on air pur, de piopralé, de tranquaiilé et de calme moral. On a propoeé pour dies des sattes fastes «ree va nombre proportionnel de lits, ce qiri les assimile à celles des MpitaoT atdfcnlrm, «i h division des salles en trois travées longitudinales dont la mofqHie sert éorv» et les deux latérales sont partagées par de minces doisons en celMes k m ft et éclairées chacune par une fenêtre ; mais les ceUnles ne peuvent être aérSes par leur fenêtre sans danger ponr les femmes en couches, et le courant qoe deux fenêtres terminales permettent d'établir dans la travée intermédiaire, entre les deux rangées de ceUnles, n*entratne pas plus leur méphitisme qoe le courant du fleuve n'emporte et ne renonveUe les eanx qui croupissent snr ses bords. On a encore conseQlé la section des salles en chambres de moyenne capacité, où Ton peut placer les femmes par séries de huit à dix parvenues I peu prés au même terme ; et comme elles quitteront la chambre à peu près I la même époque, on aura la facilité de la ventiler pendant quelques jours, d^en laver les murs avec une solution de chlorure de chaux, d'exposer à Tair ou de renouveler en partie le mobilier, etc., de manière à n*y faire entrer une nouvelle série de femmes qu'après cette puriûcation à fond. Chacune de ces chambres principales doit communiquer avec une pièce plus petite à deux Kts d*accouchement montés sur des roulettes qui permettront de rouler les femmes jusqu'au lit qui doit les recevoir définitivement. On ne souBlera pas de cette manière la salle où doit séjourner la nouvelle accouchée, et si quelque opération est indiquée, l'accoucheur n'aura que les témoins qu'il veut avoir. Mais la salubrité des hôpitaux de maternité ne sera complètement assurée que : 1* par leur construction en dehors des centres de population, dans la banHene rurale des villes ; 2' par leur réduction aux proportions d*nn petit hôpital, dùt-on multiplier les maternités; 3* par le placement de chaque femme en couches dans une chambre distincte, spacieuse, séparée, sans communication avec celle d'une autre femme en couches, et munie d'une cheminée ventilatoire à Topposite des fenêtres ou de la porte d'entrée. Le chiffre limite 80 par maternité indiqué dans une instruction du comité d'hygiène et du service médical des hôpitaux, me paraît excessif. Il est vrai que 20 de ces lits doivent toujours rester vacants et destinés à un roulement qui permet d'évacuer à tour de rôle les locaux habités et de les livrer à des soins de nettoyage à fond

(i) Ifalfaifne, Rapport swr ta mwfioHU tkf femme» en couches j etc.

publique] des édifices publics. — ASILES D'ALIÉNÉS. 557

bien ventilées, doucement chaufTées, abritées contre le bruit et l^excès de lumière. Malgré les réformes ciïectuées dans Tétat des hôpitaux, la plupart des opérations y échouent encore, quoique pratiquées par des chlrurgieiis éminenis et au milieu des circonstances en apparence les plus favorables. De 1818 à 1822, sous la domination de Dupnytren, les salles de chirurgie de THôtel-Dieu de Paris ont donné 1 décès sur 15 blessés, et la mortalité s*e8t élevée deux années au 11 *" et même au 10''; de 1837 à ISdO, la clinique de Roux, dans le même établissement, a fourni une mortalité de 1 sur 17, 18 et 19. Aux journées de juillet 1830, Dupuytren n*a sauvé que 8 hommes sur 16 grandes amputations primitives (1). Les opérations faites sur les champs de bataille, par des mains moins habiles, ont eu plus de succès, même alors que les amputés couchaient sur le sol, ou, portés à dos de mulets à la suite de Tarmée, subissaient d^horribles secousses. Il existe donc dans les hôpitaux une cause fatale qui annule les œuvres de la science et de l'art le plus consommé : c'est TaCeumulation des opérés dans les mêmes salles.

5^ Asiles d'aliénés. — La séquestration des aliénés est nécessitée par le désordre qui règne dans leurs sensations, leurs jugements et leurs actes, Texpérience a prouvé qu'ils abusent de la liberté an détriment de leur santé et de leur vie ; que leurs rapports avec le monde, loin de détruire les rêves qu'engendre leur imagination, tendent à leur en persuader la réalité, etc. De là l'opportunité des maisons destinées à les recevoir, et dont les unes sont publiques, les autres fondées par l'intérêt privé. La loi du 30 juin 1838 subordonne à l'avis des médecins la séquestration des aliénés, et, dans les certificats qu'ils délivrent à cette occasion, ils doivent : 1^ constater l'état mental de la personne à placer ; 2o indiquer les particularités de sa maladie ; 3° attester la nécessité de faire traiter la personne dans un établissement d'aliénés et de l'y tenir renfermée (art. 8). Cette disposition s'applique aux placements volontaires ainsi qu'à tous les ordres délivrés par l'autorité publique, en vertu des articles 18, 19 et 25 de la même loi. Rien de plus sage que ces stipulations du législateur : l'acte qui provoque la suspension de la liberté d'un individu et lui enlève temporairement l'exercice de ses droits doit être entouré de toutes les garanties de sincérité; ensuite l'isolement des aliénés n'est plus motivé seulement par le danger que peut courir la sécurité des citoyens ou l'ordre public, mais la loi veut leur assurer des chances de guérison ou d'amélioration dans ui^établissement bien organisé et placé sous l'œil du pouvoir social. Tel n'était point le sort des aliénés dans les siècles antérieurs : ils avaient peu d'asiles spéciaux ; les réduits qu'on leur accordait dans les hospices, dans les communautés religieuses, ressemblaient à des cloaques ; souvent confondus dans les prisons avec les criminels, ils gisaient garrottés sur la paille ou sur le sol humide, presque nus et condanmés au pain noir et à l'eau ; quand ils s'agitaient sous le poids de leurs chaînes, la flagellation à coups de verges ou de nerf de bœuf servait de

(1) Malgaigne, Éioge de Roux, novembre 1855, in-4.

5*58 Mes ttOMftCATEUH^. -^ CiRGtIIFUSA. [noiÉRB

l*efliMe à leur délire. Avant Pind, des voix nombreuses, parmi lesquelles doMÀKie 'cette de Bernard, avaient protesté contre les tortures infligées aux ptflfVM Itms; Hiih Plnd, let'K^efflier, adéiaAéleiirs chaînes à Bicêtre (1792) ; 3 a'dfiMttSifinit onvert poor celte lametitaUe pottkm de notre eqièce une ère de réfoitne. L'élan est donné, des asfless^fldvent, les anciens s'améliorenL Mats les i-éjsnltatspulfliés par foqnirol, Cahnefl, Leonft et d'antres mamgrapbes qui <mtVoyâ^ (1), tnontrent qoe si TEurdpe possède 'qadqnes établissements dignes d*éloges, tels qne Bethléem^ les Uipf tant d'York, de Manchester, de Ôlasccrw, etc., en Angleterre; *Charemon, Bicétre, les maisons de Rouen, de %irib()tfrg (Siephansféld), dn Mans, etc., eb France, etc., les manicomes 'ibàliqnént encore dans tme ibtlle de "psrys on laissent beaucoup à désirer. Lltsilie, si Ton excepte Hospice de ïorin, ne;}nstifle pas sons ce rapport la iMMUe imputation qti'On lui a faite (2). On cite en ADemagne l'asile de Sodnesteil,*prës de PyTna ; mais ceux de Munich, de Vienne,-de Berlin, sont médiocres. L'Espagne est arriérée. La loi de 18S8 sera féconde en bienfaits pour les aliéna en France, tl importe de 'faire cesser la promiscaité de ces malliéoreux sivecles atitres genres de malades on d'infirmes anxquels ils servent de jonét ou d'éponvantail. A iTon, à Toulouse, à ModtpeUier, il existe une flhrisfon pour les fous; dans différents hospices lenr séquestration dans des Ctsiblissements particuliers est Indispensable. liiencore il faot séparer les deux s^ixte ; les fbtis ÏHrieux, les nionomaniaque^, les paralytiques, les épileptiques, tes idiots, les Mjets Si démence tranquille, cenx qui sont enclins au suicide, etc. Les bôpiiadx d^liénés sollicitent les conditions d'hygiène générale que nous avons exposées. Il convient de les étàBUr sur un terrain uni et fertile qui se prête au développement des constructions et à la multiplicité des ombrages. Le système des pavillons permet le classement régniier des maladies. En limitant leur hauteur à un seul étage, on évite l'inconvénient des grilles dont il faut armer les fenêtres et les rampes des escaliers, 'l'incessante besogne d'ouvrir et de fermer des portes, la fatigue de monter et de descendre, etc. Si les malades sont bien classés à leur arrivée et suivant la forme de leur délire, il devient iniittle de donner une épaisseur désagréable aux portes, aux fenêtres, aux contreveiits, etc. , et de les charger d'énormes serrures. Hors des quartiers assignés aux idiots, aux paralytiques, aux individus arrivés à l'extrême démence et aux maniaques, ta propreté, l'ordre, la conservation du matériel^ sont assurés : l'expérience le prouve à Charenton. Les maniaques seuls auront des lits lourds, épais et flxés au sol;ia paille de ceux qui ne peuvent être couchés dans des lits sera renonvelée'tous les jours; les surveillants pourront circuler 'librement autour des lits. Pour les furieux indomptables, quelques toges oonètrdltcs en pierres taillées ou en bons mocAons^ -sans autre meuble

(1) Atninles (f hygiène, 1839, t. XXII, p. 215.

(2) Voyez l'ouvrage du docteur Combes, De la médecine en France et en Italie, ?t\m, 1842, p. 420.

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