‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 63 sur 107 · PUBLIQUE] DES ÉDIFICES PUBLICS. — ASILES D'ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

PUBLIQUE] DES ÉDIFICES PUBLICS. — ASILES D'ALIÉNÉS

Diaprés ces données, le nombre total des aliénés en France aurait presque double, surtout si l'on tient compte des cas dissimulés par les familles et des cas seulement ébauchés, c'est-à-dire non parvenus à la flagrante notoriété. Ces accroissements, envisagés dans les deux dernières périodes quinquennales, s'élèveraient à 34 pour 100 de 1851 à 1856, à 39 pour 100 de 1856 à 1861 ? Sont-ils réels ou proviennent-ils d*énumérations faites avec peu de soin? Lcgoyt penche à ce dernier avis : Si Ton admet la réalité de ces augmentations, il faut admettre aussi qu'en dix ans le nombre des fous gardés dans leurs familles a augmenté de 170 pour 100, tandis que ceux des asiles n'auraient augmenté que de 51 pour 100 ; or, beaucoup d'aliénés indigents, autrefois conservés dans leurs familles, sont aujourd'hui dans les asiles.

I^s femmes comptent plus de folles et moins d'idiotes et de crétins que les hommes :

En 1861, fous. imots-crétins.

nommei. Femmes. Hommes. Femmes.

A domicile 7 220 8 04â 21 636 16 260

Hospices 13 152 1^273 1771 1858

Totaux 20 372 22 317 23 407 18 118

Soit 1 fou pour 915 hommes, 1 folle pour 839 femmes; 1 idiot pour 796 hommes et 1 idiote pour 103^ femmes. Dans presque tous les pays où Ton a recensé les idiots, ce même fait s'est reproduit, et si les proportions de mortalité des deux sexes sont les mêmes parmi les fous à domicile que dans les asiles publics et privés, il s'ensuit que les hommes comptent à la fois plus de crétins, d'idiots et d'aliénés.

Dans une période de 7 années (de \S^U à 1861), le mouvement d'entrées et de sorties (décès compris) a porté sur un total de 132 269 malades, savoir, 68 992 admissions, 63 277 sorties et décès. Pour les admissions, l'accroissement a été de 1835 à 1860, de 6838 = 173 pour 100, et il eût fallu créer tous les ans environ 800 places pour sufBre aux demandes excédant les ressources disponibles. Avec Legoyt, nous inclinons à rattacher le nombre croissant des admissions aux effets naturels et prévus de la loi de 1838 ; la proportion d'accroissement des admissions va déjà s'aiïaiblissant, comme on peut s'en assurer en partageant la période 1835-1860 en cinq sous-périodes :

Nombre moyen annuel l'ériodeK. d'admissions.

De 1835 à 1839 4610

De 18d0 i 1844 6441

De 1845 à 1849... r 7538

De 1850 i 1854 8975

De 1855 à 1860 9959

M. LÉVT. Hygièn», 5« tm. u. ^ 36

562 DRS MODIFICATEURS. — CIRCOMFUSA. [hygiène

L^accroissement proportionnel par année a donc été :

De la V à la 2« période 7,94 «/o

De la 2« à la 3* — 3,38 —

D« la 3« è la 4« — 3,83 —

D6 la 4« à la 5« — 2,00 —

D*où il est permis d*induire que l'augmentation si prodigieuse des admissions est un fait temporaire, créé par la loi de 1838 dont il est Tun des bienfaits; il faut d'ailleurs décalquer des 50/!i55 malades entrés de 1856 à 1860 dans les asiles, 5612 rechutes (= 11 pour 100} qui se décomposent ainsi : 103 idiots et 5507 fous dont 2782 hommes et 2725 femmes (= 102 fous pour 100 folles). Le plus grand nombre de rechutes pèsent sur la première année de la guérison, et, on vient de le voir, malgré la prédisposition plus grande des femmes à la folie suivant l'opinion de médecins, elles en comptent moins que les hommes. Les 5507 rechutes se distribuent dans cet ordre :

Premières rechutes

Deuxièmes

Troisièmes

Quatrièmes

Cinquièmes

El au delà

Les familles répugnent tellement au placement de leurs aliénés dans les asiles, qu'il s'opère, dans plus des deux tiers des cas, par l'intervention de Tautonté. Depuis 1842 jusqu'à 1860 inclusivement, on a noté le sexe des admis, et tous les ans il entre dans les asiles plus d'hommes que de femmes, la différence proportionnelle varie de 5 à 21 pour 100, et cependant la sui)énorité numérique des femmes présentées dans ces établissements est constante : nous l'avons expliquée plus haut.

Quant à l'étiologie de l'aliénation, sur 28621 fous dont les antécédents ont pu être explorés, 4056 étaient issus de père ou de mère atteint de folie : proportion pour les hommes 135 sur 1000, pour les femmes 161 sur 1000. Sur 2117 idiots-crétins, la prédisposition héréditaire a été constatée pour :260 individus dont 110 du sexe masculin et 150 du sexe féminin. La direction spéciale de l'hérédité est indiquée par ces faits : sur 1000 aliénés, 264, plus du quart, aiïcctés de folie héréditaire, la tenaient : 128 de leur père, 110 de leur mère, et 26 du père et de la mère. Sur 100 folles admises, 100 étaient entachées d'hérédité du côté paternel, 130 du côté maternel, et 36 des deux côtés. En dehors de Tliérédité, la statistique fait la pari suivante aux :

15 8ft6 I0"357"

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pobuque] des édifices PUBLICS. — ASILKS D*AUÉNÊS. 563

ProportîoD : snr iOOO cas de folie, 607 seraient dus aax caoses physiques» 393 à des causes morales. — L*analyse de If) 866 cas de la première origine a fourni les indices saivants :

Effet de l'âge (démence sénile) 2 098

Dénûment et mifère 1 008

OnanitiDe et abus vénérieos , 1 026

Excès alcooliques 3 A45

Vice congénital Mh

Maladies propres à la femme 1 592

Épilepsie i A98

Autres maladies du système nerveux 1 136

Coups, chutes, blessures, etc 398

Maladies diverses 2 017

Autres causes physiques ,..• 1 16â

L'analyse de 10 357 cas de foiie imputée aux causes morales a mis en lumière les influences énumérées ci-dessous :

Excès de travail intelleediel 858

Chagrins domestiques 2 549

Chagrins résultant de la perte d'âne personne chère 851

Cha^çrins résultant de la perte de la fortune 803

Ambition déçue 520

Remords 102

Colère 123

Joie 31

Pudeur blessée 69

Amour 767

Jalousie '. 456

OrgueU 368

Événements politiques. 123

Passage subit d*une vie active à une vie inerte, et vice vena 82

isolement et soUtude 115

Emprisonnement simple • 113

Emprisonnement cellulaire 26

Nostalgie 78

iieiiliiiieiits religieux poussés i l'exeès '..... i 095

Autres causes morales 1 728

Plus du quart des aliénés traités dans les asBes y entrent plus d'un an après rinYasion de la maladie. Les catégories suitantes ont été déterminées par in dernier recensement (de 1856 à 1860):

Fmi». IdinU-rrètins.

Paralytiques 3 775 69

fipileptiqMi 1 763 347

SounU-miiets 133 61

Scrofuleux 381 146

Goltratt 123 32

De I8S4 à i860, on a ooiB|ilé («ur les deux sexes 36 717 sorties avant ou aprèa guérinau aoii ikhit les bonuBW 15«08 pour 100, pour les femme*

DES MODIFICATEURS. — CIRCI3MFUSA.

[hygièhe

13,85 poar 100. Cette prédominance masculine dans les sorties se maintient depuis 1862.

La proportion des gnérisons est environ d*un douzième et comprend plus d'hommes que de fenmies. Sur 100 fous traités» de 1856 à 1860, on a compté 8,69 guérisons d*hommes et 7,81 de femmes. Sur 100 gnérisons 37,66 ont été obtenues dans les trois premiers mois du traitement; 26,10 après un traiment de 3 à 6 mois; 11,28 après un traitement de6 à 9 mois; 7,65 après on traitement de 9 à 12 mois : plus des 6/5 dans la première année. — Sor 13687 fous sortis après gnérison de 1856 à 1860, on a consuté 9789 fois la cause de la folie :

Causes physiques.

Causes morales .

Près de la moitié de ces guérisons, où la cause du mal a été constatée, se groupaient ainsi, quant à leur étiologie :

Ivrognerie 1738

Chagrins domestiques 1171

Maladies diverses 761

Maladies propres à la femme. . 723 Excitation des sentiments relig. 460 Hérédité 1522

La mortalité tend à s*accrottre dans les asiles; elle n'a été que de 13,75 pour 100 depuis 1862 jusqu'à 1853; elle s'est élevée à 16,03 dans la période septennale de 1856 à 1860; il meurt moins d'idiots-irrétins que de fous (rapport 100 à 167) ; dans les asiles d'aliénés, comme dans nos établissements pénitentiaires, il meurt plus d'hommes que de femmes (15,52 contre 12,05); plus d'un quart de ces décès surviennent dans les trois premiers mois de l'admission. L'ensemble des asiles a fourni, de 1856 à 1860, une moyenne annuelle de 12 morts accidentelles et de 16 suicides, les uns et les autres beaucoup plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.

Les divers modes de l'assistance publique appliquée aux aliénés sont, depuis dix ans, l'objet d'une controverse à divers points de vue, y compris celui de l'atténuation des dépenses que la construction et l'entretien des asiles met à la charge des départements : séjour des aliénés dans leurs propres familles ; leur isolement dans des familles de bourgeois ou de paysans, dans le voisinage de l'asile, sous le contrôle et la surveillance du médecin de cet établissement (colonie belge de Gheel, cottage-system des Anglais); création de villages d'aliénés et de colonies agricoles, etc. De toutes les combinaisons, celle qui parait la pins pratique et la plus féconde en bons résultats, consiste à annexer des fermes, des exploitations agricoles, des colonies agricoles à l'asile, maintenu comme centre d'administration, de surveillance et de traitement C'est ce système qui prévaut aux États-Unis, dans le Hanovre, en Hongrie, à Rome, à Venise (Brierre de Boismont) et dont Fitz-James est aux yeux de cet éminent aliéiiiste le modèle. L'asile pour les aliénés en traitement; la colonie annexe pour les valides et les fous dociles qu'elle rapproche des conditkms de la vie

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