CONSOMMATION
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(a) Pour base des évaloations de ce tableau, on a compté, pour la population «le Londres, SHOOOOO habitants, et pour eeU« de Paris, i 174 000 babiUnU. Pour cette dernière capital*', Ifs chiffres du tableau se ripportent à l'époque antérieure à l'extenaion de ses l'mite^.
(1) À. SegODd, Traruactions médicales, t. III.
(2) J. Robert de Massy, Des objets de consommation à Landres et à Paris {Annales d'hygiène, etc., U XVII, 2* série, 1862).
582 DES MODinCATKURS* — OIGESTA. [wïïmiMÊ
Les disettes exercent une influence sensible sur le nombre des mariages, des naissances et des décès. Cette influence dépopulatrice ne se manifeste pas toujours immédiatement ; souvent elle se fait sentir encore longtemps après la cessation des disettes, et, à vingt ans dlntervalle, elle se retrouve d*une façon Irès-marquée sur les jeunes gens appelés au tirage pour le recrutement L. Millot a démontré que Tannée vig^imale correspondante à une année de disette est toujours affectée d*un déficit plus ou moins considérable : telle fut l'année 1837, solidaire de Tannée néfaste 1817. Métier a trouvé dans ses Recherches statistiques sur les subsistances (1), que la justice a plus de vols à punir dans les années de cherté, ce qui rappelle cette pensée de Diderot : que toute question de morale est aussi une question d'bygièoe. £o matière de subsistances, la sollicitude des peuples et des gouvernements a devancé les enseignements de la statistique. Chez les Athéniens, Texportation des grains était défendue sous peine d'exécration et de bannissement. Rome tirait des blés de toutes parts pour sufiire aux besoins d*un peuple toujours prêt aux séditions. Les capituiaires de Charlemagne énumèrent les fruits et légumes dont la conservation importe à Tentretien des peuples. Un naturaliste célèbre a dit : « Là où croit un pain, naît un homme » ; et si Malthus a trop exagéré cet axiome, il est certain que nulle cause n*est plus destructive de la population que Tinsuffisance des vivres, leur rareté, leur haut prix ou leur mauvaise distri» bution.
Le prix des grains est le signe qui exprime le mieux par ses fluctuations le rapport des aliments à la population. Quelle a été sa valeur dans le passé 7 Ta-t-il conservée dans le présent ? Métier a le mieux éclairé cette question. L'analyse de Texcellent ouvrage de Messance, qui a paru en 1766 sous le titre de Recherches sur la population^ fournit les preuves que, toutes les fois que le prix du blé a augmenté, la mortalité est devenue plus forte, et réciproquement. John Barton, dont les observations ont eu lieu de 1801 à 1810 sur dix-sept districts manufacturiers d'Angleterre, est arrivé à des résultats identiques ; ils se rapportent, comme ceux de Messance, au simple enchérissement du blé, à une augmentation de quelques francs par setier. Celle cause siillisait pour enfler le chiffre des maladies, des décès et des admissions aux hôpitaux ; car, par une coïncidence fatale, mais facile à comprendre, en même temps que s'élève te prix du pain, la plupart des travaux diminuent, et par suite le taux des salaires descend. L'ouvrier gagne donc te moins au moment môme où set dépenses s'accroissent ; d'ailleurs une hausse de 5 centimes par livre de pain gràvt ane famille pauvre d'un lourd excédant de frais annuels ; pour y faire
(1) Mimotrff de C Académie royale de médecine^ t. X, p. 170.