‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 93 sur 107 · DES PROFESSIONS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES PROFESSIONS EN PARTICULIER

chiquer; cependant, l'action lente du tabac, pour être inaperçue, point; elle Gnit par opérer en eui un changement profond. « Il con5 Mélier, dans une altération particulière du teint: ce n'est point une déco simple, une pâleur ordinaire, c'est un aspect gris avec quelque cho5;e ûi une nuance mixte qui tient de la chlorose et de certaines cachexies. L sionomie en reçoit un caractère propre auquel un œil exercé pourrait, j un certain point, reconnaître ceux qui ont longtemps travaillé le tabac ; faut dire que ce faciès ne s'observe que chez les anciens de la fabrique q passé par tous les travaux. Hurteaux estime qu'il ne faut pas moiiiH de ans pour qu'il se produise; c'est alors que l'acclimatement est complet, là une intoxication lente due à l'absorption de certains principes du tabac. 1 vrai que Félix Boudet n'a pas retrouvé la nicotine dans le sang d'un de ouvriers cachectiques ; mais le sang qu'ils fournissent dans les phlegma n'est pas couenneux (Hurteaux); ils sont sujets aux congestions passives. Cl eux, les saignées sont rarement utiles ; il est d'ailleurs probable qu'ils évacm une partie de la nicotine absorbée par les urines qu'ils rendent en abondant malgré leurs sueurs habituelles; enfin, Stollz, en accouchant une ouvrière c la manufacture de Strasbourg, a reconnu l'odeur du tabac dans les eaux é l'amnios, sans qu'il fût instruit de la profession antérieure de cette femme. Ia , progrès de la cachexie se dénotent par l'amaigrissement et h diminution ai

I forces, phénomènes qu'on observe surtout chez les ouvriers des cases, dont I

constitution s'altère en peu de temps. » Tel est le résultat sommaire des observations de Mélier ; elles s'accordent avec celles que le docteur Pointe, attacfié à la manufacture de Lyon, a publiées presque à l'époque où parut le mémoire de Parent. Les documents manquent sur la longévité des ouvriers. Noire ami, le docteur Maurice Ruef, signale, sur une population de 123 individus, 5 VmSI^ lards au -dessus de 72 ans, dont U ont travaillé toute leur vie à ]a inanufadap de Strasbourg (1). Ygonin (de Lyon) a connu un bon nombre d'onvriei qui travaillaient dans la fabrique depuis 20, SO, et même l\0 ans, et qui cou tiouaient à jouir d'une bonne santé. Les améliorations obtenues sont Taératio des ateliers, l'établissement de cheminées d'appel, l'emploi des machines vapeur, les arrosages d'eau vinaigrée, déjà recommandés par Ramazzini, e dont Hurteaux a reconnu l'utilité, etc.

Le travail dans les manufactures de tabac préserve -t-il ou guérit-il de certaines maladies? Les ouvriers atteints de douleurs rhumatismales, névralgiques, de lumbago, se couchent sur un tas de tabac, et se réveillent guérij ou soulagés. Le docteur Berthelot emploie avec succès contre ces affections ur cataplasme de graine de lin cuite dans une forte décoction de tabac Réveillé- I Parise a expérimenté TefTicacité du tabac contre la goutte. Pointe, Mérai ei

1 Delens le considèrent comme préservatif des fièvres intermittentes. A Paris,

(1) Docteur Maurice Ruef, Dulfctin de tAcarlnnie de méflecine. Ptrii, 1845, t. X, p. ()67.

Page 1