‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 14 sur 111 · DUS TEMPÉRAMENTS · texte numérisé non relu

DUS TEMPÉRAMENTS

giefflosculaire. Tel est, en effet, le privilège de l'économie, que plu- «ors systèmes d'organe* peuvent se perfectionner simultanément : Fexercice exclusif et permanent d'un système unique, d'un appareil unique, détermine seul des contrastes absolus entre les fondions.

Le caractère général du tempérament sanguin, c'est l'aisance arec laquelle s'exécutent tous les actes organiques; la respiration e>t large et profonde, la sanguification active, la digestion facile, l'assimilation prompte tt facile, l'innervation bien ordonnée, les mouvements libres et réguliers (1) : il nVst point de variété organique où l'on observe plus d'harmonie dans les fonctions, une proportion plus juste dans le développement des parties, dans I ensemble de l'économie un cachet plus heureux de force et de santé. Le moral se ressent nécessairement de ces conditions physiques: la gaieté de l'esprit, la vivacité de la pensée, la mobilité de l'imagination, le courage et l'inconstance, plus de pétulance que de profondeur, tel est l'apanage de ces organisations brillantes.

L'énergie de l'hématose et de la circulation chez les sujets munis de ce tempérament conduit naturellement à supposer chez eux un Tofome plus grand des poumons et du cœur; aussi M. Roslau a-t-il décrit le tempérament sanguin sous le titre de constitution organique ou dominent les appareils circulatoire et respnatoirc, faisant d'ailleurs, suivant nous, une confusion de mots et d'idées dans l'emploi indistinct des termes constitution et temjx! rament. L'ampleur de la poitrine semble confirmer cette supposition ; mais pour qu'elle acquit la valeur d'un fait démontré, il faud.ait connaître: 1° le rapport des dimensions du cœur et des poumons avec la taille des sujets; 2° le rapport i\ :s diamètres thoraciques avec la taille; 3* enfin, le volume que peut atteindre le cœur sans qu'il en résulte un état pathologique. Ces données nous manquent, malgré les dernières recherches qui ont été faites sur ce sujet (Bizot, Menton es de la Société médic. d'observ.) ; mais en nous rappelant que l'énergie et la perfection du jeu d'un organe dépendent moins encore de sou volume que de son rapport régulier avec les centres nerveux, et de certaines conditions intimes jusqu'à présent inexplorables à nos moyens d'analyse, il nous sera facile d'admettre que l'existence du tempérament sanguin n'est pas liée nécessairement au dévelop-

(1) Les recherches de Matteucci ont fuit voir que l'intensité des courants électriques musculaires est en rapport avec la circulation et n'est pas subordonnée à l'action du système nerveux.

pement des appareils de l'hématose et de la circulation: les faits confirment celle induction. Le tempérament sanguin est un de ceux qui s'observent le plus fréquemment chez les jeunes militaires soumis à nos soins; un grand nombre d'entre eux, explorés minutieusement par voie de percussion et d'ausculation, ne nous ont offert aucun indice qui permît de supposer chez eux un plus grand volume du cœur. Il en est de même des poumons, dont le volume est fidèlement accuse, en général, par les proportions de la cage thoracique; souvent ils apparaissent volumineux chez des individus qui portent les stigmates du lympbatisme : tels sont ces soldats à haute stature et à large poitrine, recrutés dans la basse.. Alsace ou parmi la population étiolée qui habite les caves des principales villes du département du Nord, taudis que des sujets manifestement sanguins se distinguent par l'harmonie des formes plus que par l'exagération de certaines parties. Cependant on est frappé souvent, au premier aspect des malades à tempérament sanguin que l'on découvre dans leur lit, de l'ampleur et de la longueur du thorax, de la convexité de sa région antérieure, de la prédominance évidente de cette cavité splanchnique sur l'abdomen, qui est court et effacé, etc. ; la force muscubire des extrémités s'accorde avec ce développement de la poitrine. Volumineux ou non, le cœur prédomine par sa susceptibilité; ses relations sympathiques sont plus prononcées, plus étendues; il est solidaire de toutes les impressions qui aboutissent aux surfaces sensibles de l'économie; il oscille rapidement sous l'impulsion de toutes les causes physiques et morales : de là l'accélération instantanée du pouls sous le doigt qui l'explore; de là ces rougeurs du visage, aussi promptes que l'émotion qui les provoque; de là cette versatilité des phénomènes réactionnels qu'une circulation très active promène de viscère en viscère, etc. Il est impossiblede méconnaître ici l'influence de l'innervation, qui entre ainsi comme élément dans le tempérament sanguin, car la vie n'est autre chose, en son essence, que la réaction incessante de la matière nerveuse sur le sang, et du sang sur la matière nerveuse: « De même que le sang est le centre de la vie végétative, de môme le système nerveux est le centre de la vie animale. Le fluide excitateur dont il est la source, et qu'il distribue de toutes parts dans les organes, s'attache en quelque sorte à chaque fibrille, se combine avec chaque molécule vivante, comme la chaleur latente avec les corps liquides ou gazeux, comme l'électricité avec les animaux. » (H. Roycr Collard. op. cit. )

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•ont les conditions du sang dans le tempérament dont il Ofît? Comme il est impossible de les formuler avec rigueur et daÉs une limite déterminée, nous allons rappeler brièvement les doonéeeque fournit sur ce point la plus récente chimie. La moyenne de Je composition normale du sang équivaut a 0,003 de fibrine, 0,127 de globules, 0,072 de matériaux organiques, et 0,790 d'eau. Ces. rapports sont susceptibles de variations qui tantôt amènent un éftat morbide, tantôt n'excèdent point la limite de la santé; mais eçUe limite est mobile ici comme dans le type fonctionnel des orgues. Où. commence la proportion pathologique des globules, de la fibrine? La science, quoique riche déjà en matériaux de cet ordre, 00 peut encore résoudre ce problème avec certitude ; les recherches de MM. Andral et Gavarret permettent seulement d'établir d'une manière générale que la quantité de vigueur de l'individu s'exprime pftr la proportion des globules et de la matière colorante, bans la pléthore, état caractérisé par l'énergie de l'assimilation , et qui afaitro-passe point la santé, uu seul élément augmente dans le sang : ce sont les globules, e{, avec eux, la matière colorante qui leur parait inhérente; leur chiffre peut monter de 0,127 à 0,140, sans qu'il y ait maladie ; les autres principes du sang conservent à peu près leur proportion ordinaire. Il existe moins de globules ohe» la femme que chez l'homme, chez l'enfant que chez l'adulte. Avec l'anémie coïncide l'abaissement du nombre des globules, phénomène que l'on produit artificiellement par une diète prolongée on par des saignées répétées ; cet abaissement est quelquefois conndérable : le nombre des globules peut se réduire de 0,127 à 0,100, k 0,090, k 0,080, et môme à moins. Notons que l'élément globuleux, une fois diminué, se régénère très lentement chez les individus de faible complexion. Le principe du sang qui varie le moins, c'est la fibrine ; elle se maintient presque constamment dans sa proportion normale, et c'est à peine si elle subit une augmentation d'un demi-millième dans les cas de pléthore fa mieux dessinée, pourvu que celle-ci ne dégénère point en maladie. Eu général, chez les sujets pléthoriques , mais bien portants, la fibrine n'augmente pis) elle ne baisse pas non plus dans l'anémie ; sou accroissement est considéré par M. Andral comme la preuve dune disposition inflammatoire dans l'organisme. On est peu fixé sur les changements ijèâfhtitatifs que fWUvent subir les cléments constituants du séruotfdusang dont l'eau est comptée, terme moyen, porir 0,790 sur 0,870, les matériaux organiques solides pour 0,072, et lès ma-

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tériaux inorganiques pour 0,008 : la proportion d'eau est en raison inverse des parties solides, et réciproquement ; les matériaux organiques solides sont en rapport de quantité avec les globules , du moins pendant la santé ; ils diminuent seuls, sans changement dans la fibrine ni dans les globules, sous l'influence de certaines maladies, notamment de l'albuminurie ; des hémorrhagies copieuses réduisent tous ces éléments à la fois, au profit do l'eau qui surabonde. Restent les matériaux inorganiques du sang : inhérent ou non à la matière colorante, le Ter existe dans le fluide nutritif. Pour l'homme sain, M. Lecanu en évalue la quantité à 1/500* ; puisque ce métal est toujours uni aux globules, il doit nécessairement augmenter ou diminuer avec le chiffre de ces derniers : cette induction se vérifie par les heureux effets des préparations ferrugineuses dans la chlorose. S'il est démontré que lés sels de soude et de potasse concourent à conserver au sang sa liquidité, l'hygiéniste devra rechercher dans quelles proportions ils peuvent varier sous l'influence des aliments et des boissons, problème complexe et qui attend encore sa solution. Enfin est-il besoin de rappeler que les sels calcaires (phosphate et carbonate) sont sujets à varier dans le sang, suivant l'âge, le régime, l'imminence morbide, ou dans le cours de certaines affections (goutte, gravelle, affections calculeuses, etc.)? Hais ces différences de proportion relative ne sont pas encore déterminées, et l'indication qui en découle, pour l'hygiène comme pour la thérapeutique, manque d'une certitude rigoureuse (1). Un dernier sujet de recherches, réservé pour l'avenir, se trouve dans d'autres conditions du sang qui, pour être moins matérielles, ne doivent pas moins influer sur le rôle immense, universel, qu'il remplit dans l'économie ; nous voulons parler de sa température, de son électricité, etc. Hais ce sont des desiderata, et nous sommes en quête de notions exactes.

Appliquons maintenant ces résultats de l'analyse au tempérament sanguin. Il est incontestable que les sujets qui en sont doués

(1) MM. Becquerel et Rodier (Gazette médicale, novembre 1844) sont arrivés à d'autres résultats que MM. Andral etGavarret. Sur 1000 grammes de sang, ils ont trouvé ebex P homme en santé :

Moyenne. Maximum. Minimum.

Eau 779 800 760

Globules 141,1 152 131

Albumine.... 69,4 73 62

Fibrine 2,9 3,5 1,5

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