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présentent un accroissement des globules, accroissement qui varie de 0,127 à0,l&0 en raison de l'intensité du tempérament ; de là la coloration de la peau et le ton animé des autres tissus, puisque la matière colorante accompagne les globules ; le fer inhérent à l'hématosine doit aussi augmenter de proportion. Que la fibrine augmente chez les individus sanguins, cela est douteux ; dans tous les cas, elle n'augmenterait pas de plus d'un demi-millième. Le sang contient moins d eau, les éléments solides s'étant accrus ; enfin, comme il offre une moindre fluidité, les sels de soude et de potasse y sont diminués. La cause organique du tempérament sanguin réside- telle dans les globules du sang, et dirons-nous, avec M. Fleury (1), que si le chiffre 127 représente la moyenne physiologique, le chiffre 135 correspond au maximum, c'est-à-dire au tempérament sanguin au delà duquel se manifeste la pléthore? Il y aurait à prouver d'abord que tout individu dont te sang fournirait ce chiffre de globules à l'examen microscopique présente les conditions du tempérament sanguin, et réciproquement. Admettons cette donnée de la science contemporaine comme un signe important de plus du tempérament sanguin, non comme sa cause unique ; elle est plus sujette à varier sous l'influence de beaucoup d'agents passagers (diète, saignées, maladies aiguës), que le tempérament lui-même. Le fer, qui contribue à élever le chiffre des globules, ne transforme pas un lymphatique en sanguin.
Si le tempérament sanguin e*t l'expression la plus complète de la santé, s'il est le plus favorable au développement parfait des organes, à la régularité et à l'intégrité des fonctions, il offre aussi, dans la maladie, le plus de ressources au médecin. Chez ceux qui ïn sont doués, les maladies débutent franchement, prononcent mieux leurs symptômes, revêtent une forme plus aiguë, suivent une marche régulière, passent plus rarement à la chronicité, tendent spontanément à la résolution ; les déperditions sanguines que leur traitement nécessite sont plus vite réparées ; la convalescence est prompte.
S * — Do tempérament nerveux.
L'action nerveuse, dont l'essence nous sera longtemps un mystère, ne s'exerce pas chez tous les sujets dans uue égale mesure et sous un mode uniforme. Les modifications innombrables qu'elle subit se rattachent manifestement aux diversités des tempéra-
11 ' CiJUr* d hygiène, etc. Paris, 1854, t. Il, p. 337.
ments, quoiqu'elles se lient encore à d'autres circonstances, telles que l'Age, le sexe, l'état de santé ou de maladie. Placez plusieurs personnes du même âge dans une atmosphère d'une température très basse, observez-les sous l'influence d'un temps orageux, dirigez simultanément sur elles des excitations morales du même genre, elles éprouveront des impressions différentes, elles réagiront avec une force inégale; et ces nuances de phénomènes réactionnels traduisent celles de leur structure nerveuse. Pour peu que l'on ait exercé son regard médical dans le monde ou sur le théâtre des hôpitaux, on a remarqué bientôt, entre les types variés d'organisation qui s'y pressent, des individus à taille médiocre, à visage expressif et mobile, à la fibre grêle et vibratile, aux proportions exiguës, au ton blafard ou terreux de la peau qui va parfois jusqu'à revêtir une teinte jaunâtre ; presque toujours leur œil est vif, leur front haut et tout leur crâne disproportionné par son volume avec l'étendue de la face. Si on les observe en action, leurs mouvements sont brusques, saccadés, d'une énergie qui contraste avec leur maigreur ou la mollesse du tissu musculaire; cette pétulance alterne avec une sorte d'indolence et d'affaissement. Si ou les touche, leur peau ne procure pas au contact la sensation douce et halilueuse qui caractérise la chaleur cutanée du tempérament sanguin ; elle est dune chaleur acre et comme mordicante. A cet ensemble de traits extérieurs, comment méconnaître les exemplaires flagrants du tempérament nerveux? La supériorité que la substance nerveuse possède chez eux originairement, ou par acquisition progressive, s'imprime dans toute leur habitude, comme elle est scellée pour ainsi dire dans tous les actes intimes de leur économie. Elle entraîne presque inévitablement l'affaiblissement de la puissance musculaire, si celle-ci n'est frappée dès l'origine d'une débilité sans remède. Cette loi d'antagonisme entre l'activité musculaire et l'activité nerveuse engendre des effets multiples qui se rapportent les uns à la vie de relation, les autres à la vie organique; car tous les muscles, qu'ils dépendent ou non de la volonté, participent à la détérioration acquise ou primitive : par l'amincissement des plans musculeux du tube digestif, labeur pénible des digestions et moindre élaboration des matériaux alibiles; par cette même cause, jointe au défaut d'énergie du diaphragme et des muscles qui concourent à l'expulsion des fèces, constipation opiniâtre et flatuosités, double fléau des personnes nerveuses, particulièrement quand les études littéraires et scientifiques les condamnent à la vie séden-
BBS TBMPÉRAyKNTS. 75
taire. La contractilitédu cœur el des vaisseaux subit même dépression ; lancé avec moins de force, le sang tend à congestionner les viscères, les organes profonds, tandis qu'il parvient difficilement à la périphérie et aux extrémités : d'où la pâleur des personnes nerveuses et l'incommode sensation de froid dont elles se plaignent incessamment aux mains et aux pieds; la faiblesse de leurs muscles inspirateurs, les resserrements spasmodiques de la poitrine qu'elles ressentent fréquemment, doivent amener un ralentissement dans l'acte de l'hématose. On ne s'expliquerait pas autrement la pléthore veineuse qui survient chez beaucoup d'entre elles, pléthore veineuse qui détermine des hémoptysie*, des dilatations anévrysmatiques, des engorgements des viscères abdominaux, et parfois une obésité (Napoléon), florissant mensonge de la vigueur. Dans ce cas, le sang est surchargé de matières hydro-carburées. Cependant il n'est pas très rare de voir le tempérament nerveux coïncider avec la prédominance des globules dans le sang, et, par conséquent, avec l'activité de la nutrition, qui ne s'exprime nullement parle genre d'embonpoint dont nous avons parlé.
Deux circonstances sont considérées comme appartenant spécialement au tempérament nerveux : 1° le développement considérable de l'encéphale ; 2* un surcroît d'activité des organes génitaux. Examinons ces deux points
1" L'axe cérébro-spinal est certainement au tempérament nerveux ce qu<; les organes de la respiration et de la circulation sont au sanguin ; nous dirons de l'un ce que nous avons dit des autres, à savoir, qu'il ne faut point chercher dans le volume drs organes la mesure exacte de leur activité. Le tempérament nerveux dépend, non des proportions exubérantes de telle ou telle partie du système dont il emprunte le nom, mais de la sensibilité générale des sujets; ils sont excitables dans toutes les parties de leur corps; leur cerveau est dominé par les irritations de leurs viscères presque autant que ceux-ci le sont par l'action cérébrale. Beaucoup de femmes dont le crâne est étroit présentent cette pétulance de mouvements, cette versatilité de sensations, cette disposition aux spasmes, aux convulsions, qui dénoncent un tempérament nerveux. Parce que cette forme de la santé accompagne ordinairement les intelligent s supérieures, et semble dévolue en partage aux artistes, aux littérateurs, aux savants, aux poètes, on a conclu qu'elle se reconnaît à l'ampleur du front, au volume de l'encéphale; disons-fe, ce tempérament ne suppose point nécessairement un si
76 HYtilÈNK PRIVÉE.
beau privilège : il sert parfois d'enveloppe à l'ignorance ou à l'incapacité Remarquons toutefois qu'en général un certain développement de facultés intellectuelles, un certain degré de puissance morale se rencontre dans les sujets nerveux ; partant leur cerveau doit avoir un volume et un poids plus considérables. Énonçons la règle, sans nier les nombreuses exceptions qui la frappent : il y a pour l'homme un certain volume de la tête qui entre dans les conditions d'une bonne organisation ; et quoiqu'il n'existe pas de rapport fatal entre ce volume et la portée de l'intelligence, il est d'observation que la plupart des hommes célèbres dans les sciences, les arts et les lettres, avaient un cerveau considérable par le poids et par la circonférence. Le crâne de l'homme, dit un hygiéniste docte et spirituel, doit avoir dix-neuf à vingt-deux pouces de circonférence, celui d'un idiot n'est que de seize à dix-huit pouces (1). Selon Tiedemann, le poids du cerveau d'un homme fait varie entre trois livres deux onces et quatre livres six onces (livre de douze onces). Cet anatomiste a toujours trouvé 1c cerveau des femmes plus léger que celui des hommes. Voici les moyennes de mesures obtenues sur dos individus des deux sexes à intelligence normale, et dont l'âge pour les hommes se trouve entre trente et cinquante ans, pour les femmes entre vingt-cinq et cinquante :
Sur 22 hommes, taille lM,70i. Sur 1S feron.
Diamètre antéro-postérieur. ... 1 86,8 1 74,5
Diamètre latéral 1 42,2 136,2
ni.» v»..«;*.i ( Courbe anléro-postérieure.. .. 347,5 340,5
Flan vertical. . . . j Courbc ^^ 35fi>7 3iQ}.
di«„ k^:,«„..i ( Courbe antérieure ?<M ,8 288,2
Plan honzontal. . j Courbe ^rieorr 2778 2495
Quant au poids de l'encéphale , comparé chez quatre-vingtquatorze sujets des deux sexes, il a donné une moyenne sensiblement plus considérable chez les hommes ; le poids de l'encéphale est d'ailleurs en raison de la taille. M. Parchappe (2) a constaté que le volume de la tôte est moins prononcé chez les idiots et les imbéciles de naissance que chez les individus à intelligence normalement développée; mais, parmi les imbéciles et les idiots, le degré d'intelligence n'est point proportionnel au volume de la tête. Leuret a trouvé, au contraire, chez les trois cinquièmes des idiots, la tête
(1) Physiologie et hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit, etc., par Reveillé- Parisc, 4e édition Paris, 1843, t. I, p 289.
(2) Recherches sur l'encéphale, sa structure, ses fonctions cl ses maladies* Prey mier mémoire Paris, 1836, in-8.
DIS TlMPfcftAttCNTS. 77
plus volumineuse que chez les hommes doués d'une intelligence ordinaire ; mais l'ensemble de ses recherches conduit cependant à po6er en loi que la circonférence normale du crâne est de 560 millimètres, et ne peut s'élever au delà de 625 ni descendre au-dessous de 564, sans entraîner l'idiotie. La mensuration du crâne chez l'homme adulte a fourni à H. Lélut les chiffres moyens qui suivent :
Capacité générale du crâne, représentée par la somme de la circonférence longitudinale et «les courbes longitudinale et transversale.. 1208"*
Développement de la moitié antérieure du crâne 460
Diamètre aoléro-postérieur 186
Diamètre transversal frontal 106
Diamètre transversal temporal 134
Diamètre transversal mastoïdien 115
Ad demeurant, l'intelligence n'est pas absolument proportionnelle à la masse de l'encéphale entier : elle paraît être proportionnelle à la masse des hémisphères, surtout si l'on tient compte de l'étendue des surfaces dont le volume n'est qu'un élément et qu'influencent surtout le nombre et la profondeur des circonvolutions. Outre la quantité anatomique de la substance cérébrale, il y a à considérer ses conditions de texture ou sa qualité physiologique (1).
2* Ce n'est pas tant le surcroît d'activité des organes génitaux, comme ou l'a écrit, que l'exaltation du désir vénérien, qui s'observe fréquemment chez les sujets nerveux : la distinction est essentielle; et comme le tempérament génital des auteurs n'existe point, le satyriasis ou la nymphomanie n'étant point de l'ordre physiologique, pas n'est besoin d'invoquer avec H. Royer-Collard un mode particulier d'innervation pour en rendre compte. Quand M. Bégin (2) mentionne certains hommes dont l'organisation grêle et cliétive s'alliait avec un système générateur très développé, et qui supportaient fort bien les excès, il constate une variété du tempérament nerveux que tout praticien a eu l'occasion %d'observer, mais non le fait général de ce tempérament. L'intensité de l'appétit vénérien qui l'accompagne souvent rentre dans les consé-
(1) De même, dit M. Bourgery, que dans l'homme, l'étendue et la variété de liuielligeuce sont généralement en proporliou de la quantité anatomique de la substance cérébrale, sauf les conditions physiologiques de la texture ; de même aussi, chez les animaux, la précision et la lucidité des instincts paraissent en rapport avee ia quantité de la matière cérébrale dans chacun d'eux, sauf également la question de qualité entre les iudividus d'une même espèce. [Comptes rendus de l'Académie des sciences, 23 septembre 1844.)
(2) Op. ci/., p. 69.
quences physiologiques de la prédominance cérébrale; le désir vénérien est une perception du cerveau, et c'est dans ce viscère souverain qu'il faut chercher le principe des facultés intellectuelles et affectives, comme aussi la cause de leur exagération ou de leur perversion. Nous reviendrons sur celte liaison de phénomènes en traitant de l'idiosyncrasie génitale. Bornons-nous à énoncer ici celle vérité, que, parmi les individus qui joignent au tempérament nerveux l'excitabilité génitale, quelques-uns présentent, dans le développement de leurs organes reproducteurs, la raison palpable 4f ce phénomène; la plupart ne l'éprouvent que par une direction vicieuse de l'activité cérébrale exaltée.
Le tempérament nerveux se caractérise par les faits suivants : 1° La mobilité des sensations et la susceptibilité de tout le système nerveux; 2* l'activité, et, pour ainsi dire, la turbulence des sympathies- Si l'appareil nerveux viscéral est excité, le cerveau répond aussitôt à la stimulation ; si le trait part de l'encéphale, toutes les forces sensitives s'émeuvent avec une électrique rapidité; il y achex les personnes ainsi faites disproportion presque constante entre te sensations et la cause qui les produit : les impressions les plus fugitives déterminent en elles un long ébranlement ; tout leur est souffrance ou plaisir. 3° La force d'ensemble, la résistance organique contraste avec les apparences mesquines de l'extériorité. Les individus nerveux supportent souvent mieu* fatigues et travaux, souffrances et privations, que les représentants les plus fortement musclés du tempérament sanguin : dans les épidémies, dans les situations misérables que fait naître la guerre, dans les épreuves qui s'adressent à l'homme physique et moral, ils se comportent avec une énergie inespérée, et révèlent parfois les ressources de l'héroïsme. Les praticiens savent le prix de cette organisation qui, si elle ne se brise dans l'excès des sentiments tristes et nostalgiques , reboudit sous les coups de la maladie et conspire par l'effort soutenu de la volonté aux lins du traitement. U° Le chiffre des globules est presque toujours inférieur au maximum physiologique; la circulation capillaire générale est moins active, moins régulière. 5* Le tempérament nerveux est un de ceux qui se rencontrent le plus fréquemment à l'état de pureté chez les hommes. 6° Lorsqu'il se trouve associé à un autre tempérament, il tend à prévaloir sur lui et finit par l'absorber. 7° Tandis que les autres tempéraments §e modifient par le progrès de l'âge ou par un concours prolongé d'influences hygiéniques, le nerveux parait céder moins à l'action
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de ces causes ; il s'exagère au contraire à mesure que la vie se prolonge, parce qu'il est dans la nature des phénomènes nerveux d'être périodiques, de tendre au rapprochement des périodes, et d'accroître leur intensité par la répétition.
Il nous resterait à esquisser les particularités intellectuelles et morales qui complètent la physionomie de ce tempérament; mais ce serait entrer en lutte avec les plumes qui ont traité («sujet avec un éclat vraiment littéraire; l'induction du lecteur suppléera d'ailleurs à notre laconisme : nous le prévenons seulement que les tableaux éloquemraent tracés par les auteurs ne traduisent pas toujours un rapport rigoureux entre le moral et les conditions du tempérament nerveux ; et quand ils passent en revue les célébrités les plus piquantes de celte variété organique, ils oublient trop les diversités d'organisation cérébrale, les effets de la culture humaine, la part des événements, le rayonnement de la société contemporaine à tous ces génies.
S 4. — Du tempérament lymphatique.
Celte forme d'organisation aurait sans doute soulevé moins de controverses, si la dénomination qui lui a été imposée eût exprimé plus exactement les éléments dont elle se compose; elle n'a point pour principe unique la prédominance de l'appareil lymphatique; encore moins doit-on l'attribuer, avec la plupart des auteurs, à l'inertie de cet appareil. L'atonie générale de tous les appareils (Rostan) est un effet, non la cause de ce tempérament. Le nier avec Royer-Collard, c'est fermer les yeux à l'évidence. Surabondance de fluides blancs , d'après Boerhaave, Fr. Hoffmann, Cullen, ou rapport inégal de développement et d'activité entre le système artériel et le système lymphatique (Halle, Husson) , c'est la même définition en langage humoral ou solidiste Après avoir écarté la doctrine delà surabondance des fluides blancs, M. Fleury assigne pour caractères au tempérament lymphatique un sang pauvre en globules et un système capillaire peu développé, ou tout au moins, dont la contractilité propre est peu stimulée, de telle sorte qu'un pund nombre de vaisseaux, au lieu de recevoir des globules sanguins, ne laissent pénétrer que du sérum. Ces idées, qu'il présente comme nouvelles, répètent, sous une forme différente, les conditions que l'observation de tous les temps a reconnues dans le tempérament lymphatique; elles résument ce que nous avons dit à cet égard dans notre cinquième édition, et que nous allons repro-
duire textuellement. Le tempérament dit lymphatique consiste dans la prédominance de développement, de vitalité et d'action de tous les tissus pénétrés par des liquides non sanguins et de tous les organes qui forment ces liquides; les élaborations blanches (mucus, sérum, lymphe, etc.) l'emportent ici sur l'hématose. Il semble, en effet, que dans les animaux supérieurs il existe un antagonisme fonctionnel entre l'appareil sanguin et l'appareil lymphatique: celui qui l'emporte imprime sou cachet à tous les organes, en modifiant profondément les matériaux qu'ils s'assimilent. Cherchez les traces du système lymphatique dans les tissus d'un sujet dont le tempérament est très sanguin ; étouffé par les vaisseaux rouget, comme dit H. Bégin, c'est à peine s'il offre à l'observateur un très petit nombre de canaux perceptibles. Au contraire, les sujets lymphatiques ne présentent pas un développement du cœur et de l'arbre vasculaire rouge en proportion avec leur stature et leur embonpoint : chez eux les parois des vaisseaux artériels sont moins denses, moins contractiles ; les tissus qui doivent être le plus abondamment pourvus de capillaires rouges, tels que les muscles, sont remarquables par leur pâleur et leur flaccidité. L'hématose, source première peut-être de cette série de modifications, ne s'accomplit pas avec la môme énergie que chez les individus sanguins, ne réalise pas les mêmes produits. Dans le sang des sujets qui présentent les attributs extérieurs du tempérament lymphatique, le nombre des globules a notablement diminué : cette observation, faite par M. Lecanu, a été vérifiée depuis par beaucoup d'expérimentateurs. La matière colorante disparait en partie avec les globules, avec elle le fer; l'eau augmente; la température et l'électricité du sang subissent certainement des changements analogues. Et comme le tempérament dont il s'agit est l'ordinaire apanage de l'enfance et du sexe féminin, on constate moins de globules, de fer, de matière colorante, et plus d'eau chez la femme que chez l'homme, chez l'enfant que chez l'adulte. Si maintenant on se rappelle que les injections les plus délicates ont démontré que les vaisseaux capillaires sanguins se continuent d'une part avec les artères et les veines, d'autre part avec les vaisseaux exhalants, sécréteurs et excréteurs, il est ai*é de se rendre compte i\cs caractères imprimés à l'économie entière par le sang, cet aliment direct des tissus, aiusi que de la supériorité des élaborations blanches. Les différentes sécrétions ont pour but de compléter l'office éliminateur de la respiration, par laquelle le sang noir se débarrasse de carbone et pro-
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bablemenft d'hydrogène; les reins, le foie, la peau, sont chargés, comme le poumon, d'extraire du sang certains principes, et concourent à l'acte successif, mais général, d'épuration du fluide nourri* cîer. Nous nous contentons d'indiquer ce rapport : c'est une lumière jetée sur les conditions d'ensemble du tempérament lymphatique; il est évident que le sang, incomplètement épuré par la respiration, n'éprouve pas non plus, dans son passage par les appareils de sécrétion, les changements nécessaires à la bonne constitution du fluide nutritif.
La prédominance lymphatique accuse, avons-nous dit, non l'affaiblissement, mais le surcroît de vitalité de toutes les parties chargées de l'absorption et du transport des liquides non sanguins. On ne nie point que, dans ce tempérament, le système lymphatique est plus développé; que les maladies de ce système sont plus fréquentes : ces deux circonstances se concilient-elles avec l'idéed'une atonie, et n'est-ce point un axiome en physiologie pathologique, que les organes suractivés dans leurs fonctions sont aussi ceux qui acquièrent le plus de volume et le plus de susceptibilité morbide? On a voulu comparer aux veines variqueuses les vaisseaux lymphatiques gorgés de sucs blancs ; mais ces vaisseaux ne présentent point, chez les sujets dits lymphatiques, des dilatations partielles; ils sont uniformément développés, et nul fait n'est venu confirmer l'hypothèse d'un ralentissement dans la circulation de la lymphe. La manière dont le tempérament lymphatique a été envisagé par les hygiénistes les plus récents nous le donne plutôt comme un état morbide que comme une variété d'organisation régulière; ils ont décrit l'atonie de tout le système (Rostan), l'anémie, la cachexie scrofuleuse, non un état physiologique qui, malgré le relief d'un système général et la spécialité du sang, comporte l'intégrité durable des fonctions.
Le fluide nerveux et le sang exercent l'un sur l'autre une influence réciproque dont dépendent la manifestation et la stabilitédes phénomènes de la vie. Or le sang des lymphatiques diffère du sang des tempéraments étudiés plus haut; de plus, il est lancé avec moins de force; les fonctions cérébrales, ainsi que le prouvent les expériences des physiologistes et les phénomènes de l'asphyxie, ne s'exercent dans toute leur perfection que sous l'impulsion d'un sang bien élaboré par l'hématose. De là cette langueur qui frappe toutes les actions organiques des sujets exclusivement lymphatiques et qui n'épargne point leurs facultés intellectuelles; les expansions péri- 3# iDit. — i. G
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pbériques des cordons nerveux sont d'ailleurs comme noyées dans les tissus blancs qui abondent sous la peau : aussi sont-ils difficiles à ébranler, réfractaires aux excitations. Ces circonstances propres au système nerveux font comprendre l'espèce d'inertie musoulaim ou du moins l'affaiblissement de la contractilité chez les lymphatiques. Nous ne pouvons admettre avec H. Bégin que leurs muscles se détériorent par l'effet de la privation ou des qualités vicieuses de la fibrine, base de leur tissu ; l'analyse chimique n'a point démontré ces qualités vicieuses de la fibrine extraite du sang des lymphatiques, et nous avons déjà dit que, de tous les éléments du sang, la fibrine est le moins sujet à varier dans ses proportions.
Quant à l'habitus extérieur des lymphatiques, est-il besoin d'en signaler les caractères, et qui ne les reconnaît d'emblée dans la foule des variétés individuelles? Une taille trop élevée ou trop petite, peu de proportion et d'harmonie dans les formes ; une grosse tête, de grosses articulations, des mains volumineuses, des pieds plats, des cheveux rouges, blonds ou d'un châtain clair qui tombent avant l'âge; la peau blanche, lisse et mince, sillonnée par des veines qui paraissent dilatées; un teint blafard, quelquefois d'un blanc mat; une puberté tardive, les organes génitaux peu développés; chez la femme, une menstruation Laborieuse, irrégulière, peu abondante; des chairs molles, froides, abreuvées de sérosité; les orifices muqueux peu colorés, les dents ordinairement endommagées, ou, si elles paraissent saines, d'un blanc bleuâtre; l'abondance des sécrétions cutanées et muqueuses; les joues souvent plaquées d'un rouge vineux ou ponctuées d'un rose pâle ; une allure lente, des réponses hésitantes, une voix peu sonore : tel est ce type malheureusement si commun dans un grand nombre de localités, type enté sans doute sur l'organisation humaine par le vice persévérant des influences extérieures ou par la solidarité ascendante de la corruption; type inférieur qui dénonce une décadence , et la cause de cette décadence est dans les eaux, les airs et les lieux, plus souvent encore dans l'homme ou dans la société.
S s. — Dc« tempérament* compotes.
Les trois tempéraments que nous venons d'examiner se rencontrent à l'état de pureté plus souvent qu'on ne pense; le lymphatique et le nerveux surtout s'observent sans aucun mélange chez beaucoup de sujets du sexe féminin. Le premier semble constituer
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le type d'organisation le plus général de ce Sexe; le second, fortement exprimé dès l'origine, cède difficilement aux influences par lesquelles on s'efforce de le transformer ou de l'atténuer. L'évolution successive des fonctions départies aux femmes contribue à faire prévaloir en elles l'élément nerveux ; la société, à son tour, par le rôle qu'elle leur assigne et la direction qu'elle imprime à leurs facultés , devient la complice de leurs tendances organiques. Le tempérament nerveux, s'il n'est point la forme primitive de l'organisme, acquiert donc par degrés la prédominance qui nous vaut, dans les deux sexes, une élite brillante et passionnée dont la destinée est de souffrir et de s'illustrer.
Toutefois le cas le plus ordinaire est celui de l'association des tempéraments, soit qu'elle constitue le fait primordial de l'organisation, ou qu'au tempérament originaire s'en soit ajouté un autre par les effets d'une alimentation spéciale, des conditions climatériquas, de l'habitation ou des causes morales. Mais acquis ou naturel, le tempérament mixte n'est point le produit d'un juste balancement d'activité entre deux systèmes généraux de l'économie , entre l'action nerveuse et le sang : le temperamentum temperahtm des anciens, modèle exquis de l'harmonie organique, est une créa* lion idéale, non la formule d'une information réelle. Il n'en est point des combinaisons de tempéraments comme de celles qui s'opèrent sous la loi des affinités chimiques : ils ne se neutralisent point; l'an d'entre eux conserve lu supériorité sur l'autre. Là même où les systèmes généraux paraissent se compenser dans leur développement et dans leur énergie fonctionnelle, l'inégalité existe; et si elle ne se dénote pas d'abord, un examen approfondi du sujet, l'épreuve de la maladie, ou toute autre circonstance qui met en émoi les sympathies organiques, la mettra en lumière. C'est ainsi que le tempérament nerveux n'exclut point une certaine activité des fonctions nutritives et l'accroissement des globules dans le sang. Mais ou ces derniers caractères dominent, ou l'incitation nerveuse prévaut : proportions inverses d'association organique qu'on énonce par les dénominations de tempérament nerveux-sanguin et sanguin-nerveux, terminant le mot complexe que l'on emploie par la désignation de l'élément organique le moins saillant (Bégin). Les formes complexes de la santé qui s'observent le plus fréquemment résultent de l'union du tempérament sanguin avec le lymphatique, de celle du tempérament lymphatique avec le nerveux et le sanfuin. La première de ees associations constitue pour ainsi dire le
Tond organique de certaines populations : l'Alsace, la Normandie, en offrent de nombreux exemples ; elle domine surtout dans le département du Haut-RUin, moins marécageux, d'une exposition plus élevée, plus riche en vignobles que celui du Bas Rhin. Le tempérament lymphatique-sanguin appartient aux classes aisét* des départements du Nord, de la Belgique; il domine parmi les officiers de l'armé* anglaise que nous avons vus en Orient, etc. L'élément lymphatique est le fondement de ces organisations ; mais une alimentation substantielle, abondante, secondée par d'autres conditions d'une hygiène favorable, a donné l'essor au système vas» culaire rouge, et corrigé par l'élaboration d'un sang riche en globules le vice primitif de la trame organique. Certaines populations des montagnes (Dauphinois, Basques, etc.), dont on loue avec raison la souplesse, l'agilité, la taille heureusement proportionnée, se distinguent par l'énergie de l'innervation et l'excellente constitution de leur sang : variété la plus désirable du tempérament mixte. Chez eux la nutrition est contenue en de justes limites; les élaborations blanches sont peu abondantes, les mouvements vifs et rapides; l'action nerveuse, forte et soutenue, ne va point jusqu'à tyranniser la machine. Il est une association de tempéraments qui semble une contradiction physiologique, elle est cependant assez ordinaire : nous voulons parler de la prédominance simultanée des systèmes lymphatique et nerveux. Ce sont les femmes principalement qui nous en présentent de fréquents échantillons. Qui n'a vu dans le monde de ces femmes remarquées par leur fraîcheur, par leur embonpoint, et qui, sous fa livrée de la mollesse et de l'apathie, cachent une extrême susceptibilité du système nerveux, une nature capricieuse, sentimentale jusqu'au spasme, irritable jusqu'à la convulsion? Hais ce développement, qui leur advient de très bonne heure ou vers la trentième année, ne dure point ; il disparaît quelquefois d'une manière rapide et comme par une fonte, soit à la suite d'une couche ou par l'action d'une cause morale; d'autres fois elles maigrissent graduellement, se sèchent vers l'époque de la suppression des menstrues, et rentrent dans les conditions du tempérament nerveux absolu.
Nous n'insisterons pas davantage sur le fait important de l'association des tempéraments; nous négligeons à dessein les peintures morales qu'y rattachent les auteurs. Cette association, tantôt ébauchée par la nature, tantôt amenée par l'éducation et le régime, est l'une des sources principales des différences individuelles de notre
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espèce; elle donne» avec le fait des idiosyncrasies, la clef de plus d'une solution importante pour la médecine pratique.