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I. — Electricité

L'électricité mise en mouvement par différents moyens, notamment par les appareils galvaniques, exerce sur l'économie animale une influence puissante, surtout si elle traverse les organes avec continuité. Les expériences de Vol ta, Nobiliset Harianini ont fait connaître l'action des électro-moteurs de force différente sur la contraction musculaire, et MH. Prévost et Dumas, en étudiant la disposition terminale de filets nerveux, ont pu ramener ce phénomène à la loi de l'électricité en vertu de laquelle les courants qui vont eo sens contraire se repoussent. Quand les courants électriques se dirigent des troncs nerveux aux racines, il y a secousse plus ou moim violente; dans le cas de circulation inverse, il y a plutôt sensation que contraction (Marianini). La circulation capillaire est activée par l'application du fluide électrique. Les sécrétions sont modifiées par la même cause; une observation, due à M. Becquerel, semble devoir jeter un grand jour sur le mécanisme de ces actes fonctionnels; il a vu qu'en général , lorsque deux liquides différents, susceptibles de réaction chimique, sont séparés par une membrane qui ne leur permet de se mélanger que peu à peu, un courant électrique s'établit par l'intermédiaire de celle-ci et des réactions chimiques se développent.

Enfin les récentes expériences de Mateucci ont établi que l'électricité animale n'est ni le privilège exclusif de certaines espèces, ni sous la dépendance absolue d'un appareil spécial (gymnotes, torpilles) , mais qu'elle appartient à toute la série des êtres et se rattache à la fonction caractéristique de l'animalité, la locomotion; sur un animal quelconque, vivant ou mort récemment, on observe un courant électrique dans tous les muscles, l'intérieur et la surface de ces organes représentent les deux pôles de nom contraire. Le courant est d'autant plus énergique chez les êtres vivants et persiste d'autant plus après leur mort qu'ils sont placés plus haut sur l'échelle animale; il varie d'intensité suivant le degré de nutrition et de plénitude sanguine des muscles ; indépendant de l'intégrité et de l'activité du système nerveux, moins fort quand les tranches musculaires qui sont disposées en guise d'éléments pour former une pile, communiquententre elles par des filets nerveux que lors-

OMUrtlà. — ATMOSnÈML 9M

idaè joèt 6D contact direct, il a sa source probablement dans tarai capillaires entre les matériaux du sang et l'oxygène abfdans le poumon ; d'où il résulte que dans la production de électricité musculaire comme dans celle du courant muscuxratinu, qui dans la grenouille, se dirige des extrémités inféi vers l'extrémité supérieure, le système nerveux ne remplit Me très secondaire, celui d'un corps conducteur à un Éf degré que d'autres parties de l'organisme. Elle physiologique de l'électricité se rapporte : l°aux phénoïfu'elle produit à forte tension dans les corps ; 2* aux effets vakeoatractions ; S* aux changements qu'elle détermine comme dhfanique. 11 n'y a lieu d'entrer ici dans le détail de ces faits, ib s'ajoutent les services rendus par l'électricité à l'expériiiôn des physiologistes ; elle devient, entre leurs mains, un presque intelligent pour interroger la fonction motrice ou sto des différentes portions du système nerveux. S'agit-il de Ér le rôle des ramifications du nerf facial et de la portion bnnaire du trijumeau qui pénètrent les muscles de la face, ? passer dans l'un et dans l'autre successivement un courant pu d'une intensité médiocre, et l'on constate par l'excitation Ester nerf la contraction des traits, et malgré l'excitation du K l'immobilité complète de la face. Qui ne connaît le parti li Longet a su tirer de ce moyen d'exploration délicate et iptoire, pour achever la démonstration des propriétés des raqrinales, des nerfs de sensation et des nerfs de sensibilité de?

fe l'électricité répandue dans l'atmosphère produit-elle sur me des effets analogues? Dans les conditions ordinaires , aisme est un excellent conducteur, et s'il n'est point isolé, il passent point de l'électricité ambiante. Mais comme les phé- MS d'excitation physiologique que nous venons d'indiquer se rtent à l'électricité vitrée, et que l'électricité négative produit Kts opposés, c'est-à-dire l'inertie musculaire, le ralentissedé la circulation sanguine et des sécrétions, etc., il ne sera différent au corps humain que l'atmosphère se constitue à é l'autre mode électrique. Autant les fonctions s'accomplisvec aisance par un air chargé de fluide vitré, autant, quand dé l'air est devenu résineux , elles languissent et, par leur faii, entraluent une sensation générale d'accablement : telles les journées à fortes tensions électriques qui précèdent les

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orages et que Ion qualifie vulgairement d'accablantes, tant le rassort de la machine est détendu. M. Pellier (Mémoire cité, page &26) a très bien distingué les orages suivant les effets qu'ils font éprouver à l'économie. Les orages et les pluies qui suivent lcsévaporations sont de deux sortes : la première provient de la condensation des vapeurs intérieures devenues vitrées par suite des évaporations successives; ces vapeurs opaques, attirées par la terre, forment une couche de brouillard roussàtre et possèdent une tension vitrée très prononcée. En Rapprochant du soi, leur tension électrique se perd insensiblement soit par rayonnement, soit au contact des corps terrestres sur lesquels elles se déposent en rosée. Sont-elles massées en nuages distincts, elles forment des orages vitrés inférieurement qui se déchargent sur le sol eu pluies de très courte durée et suivies de calme. Ces orages sont peu communs, durent peu et soulagent; la tête de l'homme, la cime des plantes deviennent, il est vrai, plus résineuses par l'influence, mais elles possèdent un état électrique du même ordre que l'état naturel. 11 n'en est pas de même quand l'orage se forint' par rabaissement des vapeurs supérieures; celles-ci ne se ré* solveut eu pluies qu'après s être déchargées de leur énorme tensiou résineuse ; .soit par les brusques agitations de l'air, soit par la foudre entre les nuages de tensions opposées ou sur le sol. Les orages résineux ont toujours une grande violence ; le vent qui les accompagne est plus brusque, plus capricieux que sous les orages vitrés; ils donnent lieu a des averses abondantes et très souvent le temps reste pluvieux a leur suite, jusqu'à ce que l'atmosphère ait perdu son excès de vapeur, ou que des vents favorables aient refoulé dans d'autres régions les longues pluies qui succèdent à l'abaissement des vapeurs supérieures. Durant ces orages, les êtres organisés ont leur cime dans un état vitré, cest-a-dire au-dessous de l'état normal ; cet état, contraire à celuiquiuousest naturel, cause un malaise indéfinissable, surtout aux tempéraments nerveux et sanguins. C'est à rapproche des orages résineux que beaucoup de personnes se plaignent de céphalalgie, de frémissements musculaires, de douleurs vagues, de pesanteur générale ; que les blessés ressentent des souffrances aiguës dans leurs plaies et sont plus disposés aux accidents tétaniques; que les affections internes à marche rapide présentent des exacerbations. l'n effet singulier des perturbations électrique* de l'atmosphère sur le >>y*lème nerveux, c'est l'intimidation involontaire portée jusqu'aux angoisses de la terreur elle/, des personne* qui ne peuvent être suspectées de lâcheté ni de faiblesse ; ou a vu

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des militaires courageux jusqu'à l'héroïsme frissonner sous l'éclair, pâlir au bruit du tonnerre. Des observations moins récentes (1), faites avec uu éleclromètre à feuilles d'or, ont montré qu'à l'état de santé, l'électricité propre a l'homme est positive; que les hommes irritables, d'un tempérament sanguin, possèdent plus d'électricité libre que les sujets lourds et lymphatiques ; que la somme de l'électricité humaine atteint son maximum le soir, quelle augmente par l'usage des boissons alcooliques, que les femmes ont plus souvent que l'homme une électricité négative, etc.

Arago se demande (2) si la foudre cause des accidents assez nombreux, assez graves pour que l'on s'en occupe D'après une statistique récente, elle a, de 1835 à 1852, tué roide plus de 1,300 individus en France, occasionné en une année 100 incendies dans 77 départements (3). Ses dangers, d'après les recherches d'Arago, sont plus grands à la campagne que dans les villes, mais diffèrent beaucoup d'une année à l'autre. Tandis que la foudre a tué ou blessé beaucoup d'individus en 1759 à Feltre, en 178A à Mantoue, en 1819 à Ch&teauueuf, il n'a pas été notifié un seul cas de mort parcelle cause à la Préfecture de police à Paris pendant une longue suite d'années. En 1806, ou n'a compté en France qu'un seul cas de fulguration mortelle, en 1806 deux, en 1819 vingt. Les édifices sont fréquemment endommagés par la foudre, et plus souvent encore les navires à la mer. Les cloches d'églises sont les plus menacées; dans la nuit du 1& au 15 août 1718, le tonnerre est tombé sur 28 églises en Bretagne. Le plus grand nombre d'accidents dus à la foudre correspond aux mois de juin, juillet et août. On n'en observe presque point en novembre, décembre, janvier et février dans nos climats et sur terre; mais en mer, c'est pendant la saison froide que le tonnerre est le plus dangereux. La statistique des coups foudroyants notés entre les côtes d'Angleterre et la Méditerranée, pendant un grand nombre d'années, en indique 20 pour les six mois froids et 10 seulement pour les six mois chauds (Arago).

La fondre, en tombant, paralyse, déchire, brûle, désorganise, carbonise les malheureux qu'elle frappe et qui meurent avant même d'avoir aperçu l'éclair; chez eux, plus de contractilité; le sang est remarquable après la mort par sa fluidité, et tous les tissus se putré-

«II Mêckd's Archiu. Ikrdie Physiologie, l. III, p. 161. ■2i \otice iur le tonnerre (Ann. du bureau des long il. pour 1838, p. 221;. i) Annales d'hygiène cl dp médecine légale, 2e férié. Parié, lSî>5, 1. IV, p. 241.

36^ BYGliifB raiTîi.

fient promptement. Si les blessures ont lieu le plus souvent à la tête, c'est que la foudre surprend ordinairement ses victimes dans la station verticale ; la peau offre des brûlures plus ou moins nombreuses et étendues, les vêtements sont troués, les ornements d'or ou de tout autre métal, fondus, volatilisés; quelquefois le crâne est perforé et la pulpe cérébrale altérée comme par le passage d'un fer incandescent ; mais le plus souvent le fluide électrique atteint le svstème nerveux sans lésion externe et détermine instantanément, dans la trame des tissus, une modification inconnue, mais incompatible avec la vie; dans ce cas, la foudre, suivant M. Brown- Séquard (1), tue en épuisant toute la quantité de forces nerveuses, musculaires, etc., que possède l'économie animale; on s'explique ainsi l'absence d'altérations visibles dans les organes, il n'en est pas besoin pour tuer, il suffit de l'anéantissement des forces, conséquence de cette loi bien connue : toute cause d'excitation dynamique agit de manière à diminuer d'autant plus la quantité de forces qui existe à un moment donné chez un individu que l'excitation est plus énergique. La foudre ne tue pas toujours sur le coup, mais les désordres survenus dans le système nerveux ne permettent plus le rétablissement de ses fonctions. Dans des cas plus rares, elle ne produit qu'une commotion qui se dissipe entièrement ou qui laissée sa suite des troubles dans les fonctions sensoriales, particulièrement la surdité. La commotion peut n'être que partielle, bornée à un membre qui reste plus ou moins paralysé. Enfin, la sidération n'est marquée chez certains individus, aux yeux du médecin, que par des signes de congestion cérébrale et pulmonaire que l'art combat efficacement par les émissions sanguines ; ce cas rentre probablement dans ceux admis par M. Brown-Séquard, et où de faibles décharges d'électricité atmosphérique viennent atteindre successivement on individu; la mort survient alors par asphyxie, comme chez les animaux que Ton tue par le galvanisme ou l'électricité ; tous les muscles du corps, respirateurs et autres, entrent en contraction, il devient impossible d'exécuter des mouvements respiratoires, et l'asphyxie s'o|>ère complètement; on eu constate les traces à l'autopsie.

Celle-ci ne présente en général que des phénomènes d'hypémnie des poumons, du cœur ou du cerveau ; on a rencontré tantôt h flaccidité des membres, la fluidité du sang, tantôt la coagulation

(I; uateilt médicale de Paru, 1849, t. IV, p. 94.

ai eu m rus a. — atmosphêbb. 565

de ce liquide avec la rigidité des membres ; souvent on n'a pu découvrir aucun indice d'altération appréciable. C'est une investigation stérile et bizarre à la fois que celle de toutes les diversités ou oppositions d'effets déterminés par la foudre ; à côté des mutilations les plus étendues, on voit des sens frappés mortellement avec les apparences de l'intégrité organique ; ici la foudre détruit les vêtements et ménage le corps, là elle tue en laissant les vêtements intacts; l'un périt surplace, l'autre est lancé à distance. La foudre glisse en Espagne sur la tente où Aragoet Biot fout leurs observations géodésiques; elle paralyse la jambe gauche d'un ingénieur suisse, M. Buchwalder, qui avait établi un signal géodésique sur le sommet du Sentis (A juillet 1832) et tue à ses côtés son compagnon en lui sillonnant le visage de taches brunâtres, en lui brûlant cheveai, cils, sourcils, etc. Par une autre singularité, on cite des guéruoiis de rhumatismes, de paralysie des membres, voire môme de surdité et d'amaurose sous l'influence des décharges électriques de l'atmosphère. H. Foissac (loc. cit., 1. 1, p. 174 et suiv.) a réuni bon nombre de faits qui intéressent l'histoire anecdotique de la foudre. Au demeurant, elle produit, comme les piles et les batteries électriques, des effets chimiques, mécaniques, physiques et vitaux, lesquels varient avec la nature du corps sidéré; elle transporte à une certaine distance des corps mauvais conducteurs d'une masse considérable, tels que des pans de mur ; elle enflamme, elle carbonise des matières combustibles, toutefois elle n'a jamais opéré la fusion de substances métalliques d'une certaine épaisseur. Bonpland et de Humboldt sur les Cordillères, et de Saussure au Mont-Blanc, ont constaté les vitrifications qui résultent de son action sur les roches. Un jour la foudre jaillit dans une salle de prison et, parmi vingt détenus, elle va frapper un chef de brigands serré à la taille par une chaîne de fer (Arago).

Beaucoup de circonstances sont considérées, les unes avec rai son, les autres à tort, comme propres à augmenter ou à diminuer pour l'bomroe le danger de la fulguration. L'opinion populaire attribue aux décharges d'artillerie le pouvoir de dissiper les orages : l'observation des effets produits de 1816 à 1835 sur l'atmosphère parle polygone de Vincenues, a conduit Arago à cette conclusion que les plus fortes détonations de canon ont plutôt pour effet de condenser et de retenir les nuages que de les propulser et de les disséminer. Plusieurs physiciens, notamment Volta, admettent que de grands feux, allumés en plein air, peuvent soustraire aux nuages

une grande quantité de leur matière fulminante. On remarque en Angleterre que les orages sont plus fréquents dans les comtés agricoles que dans ceux où une multitude de hauts fourneaux et d'usines versent jour et nuit des torrents de flammes dans l'air; mais les gisements métallifères qui occupent le sol de ces mêmes contrées n'expliquent- ils pas la rareté des orages? Question d'un grand intérêt, et qui n'est pas résolue. Les cavernes, les souterrains ne mettent pas à l'abri de la foudre, comme le croyaient les anciens. A quelle profondeur dans le sol serait-on assuré d'échapper aux foudres descendantes et aux chocs en retour? Nul ne le sait, répond Arago. Quelques faits portent à supposer que la nature de certains vêtements, par exemple la soie, la laine, le taffetas ciré, les rend moins perméables à la foudre. Le verre n'en préserve point; elle attaque souvent les ornements métalliques, bagues, bracelets, chaînes, chez ceux qu'elle frappe. Ixîs arbres l'attirent, sans distinction d'essences. Si elle tombe sur une (île d'hommes ou d'animaux disposés en ligne droite ou le long d'une courbe non fermée, c'est aux extrémités de la série que ses coups sont le plus à redouter. Les agglomérations d'hommes ou d'animaux augmentent le péril parce que la matière conductrice qu'elles représentent acquiert plus de masse et de volume et que leur transpiration pulmonaire et cutanée donne lieu à une colonne ascendante de vapeur qui rend l'air plus apte à transmettre la foudre et la dirige vers le lieu d'où elle émane. C'est aussi ce courant d'air humide parévaporationqui appelle plus fréquemment les décharges de l'électricité atmosphérique sur les granges gorgées de grains ou de fourrages. Pour Arago, le danger de sonner les cloches n'est point démontré; la foudre tombe sur les sommets, et les cloches étant contenues dans les flèches ou tourelles des églises, on comprend la fréquence dos sidérations qui les atteignent. La corde plus ou moins humide qu'agile le sonneur conduit jusqu'à lui le tonnerre. Il discute aussi le péril qu'il y aurait à courir, à marcher contre le veut, àétablirdes courants d'air pendant l'orage; l'atmosphère oppose une certaine résistance au passage de la matière électrique en feu, voilà le seul fait vrai ; par conséquent, tout ce qui diminue la densité de l'air facilite les explosions de la foudre. Franklin recommande à ceux qui redoutent la foudio : l'de s'éloigner des cheminées, la suie comme les métaux ayant la propriété de l'attirer; T d'éviter le voisinage ou le contact des métaux, des glaces, des dorures, des cloches et de leurs cordes, d'ôtrr les ornements métalliques qu'on a sur soi ; y de ne point se placer

CIRCOMFUSA. — AtMOSPHÈRB. S67

sous un lustre, sous un objet quelconque de métal, sous un arbre, «mis un objet élevé quelconque; h* d'interposer entre soi et la terre un corps mauvais conducteur ; 5° de diminuer autant que possible In points de contact avec le sol et les murs. Un hamac de soie dans un vaste local est probablement le plus sûr refuge contre les risques de 1b fulguration.

Le paratonnerre, trop peu appliqué aux habitations privées et nrèrae aux édifices publics, dispense de toutes les précautions personnelles; il résume la prophylaxie contre l'électricité atmosphérique. Nous renvoyons aux traités de physique pour les règles relatives à sa construction.

H. — Lumière.

La lumière a une action générale sur l'économie par l'intermédiaire du sang et des centres nerveux. Elle agit spécialement sur l'œil dont elle est l'excitant naturel, et sur le peau dont elle détermine les variétés de coloration.

Laa effets qu'elle produit sur les végétaux conduisent par analogie à la connaissance de ceux qu'elle doit exercer sur les animaux et sur l'homme. Dans l'obscurité, dit M. Dumas ((oc. cit., p. 32), les plantes fonctionnent comme de simples filtres que traversent l'eau et les gai; l'acide carbonique qu'elles puisent dans le sol passe au travers de leurs tissus et se répand dans l'air. Il n'est donc pu exact de dire que pendant la nuit les plantes produisent cet acide; elles le laissent passer seulement. Sous l'influence de la lumière solaire, elles fonctionnent comme des appareils réducteurs qui décomposent l'eau, l'acide carbonique, l'oxyde d'ammonium. La décomposition d'un corps aussi stable que l'acide, carbonique M peut s'opérer dans les parties vertes qu'à l'aide des rayons chimiquaa de la lumière qu'elles absorbent en entier. Ces matières varies elles- mêmes ne sauraient se produire sans l'intervention de la lumière ; dans les cavités souterraines, la végétation est nulle ou it compose de quelques mousses. La fixation du carbone dans les végétaux n'ayant lieu que par l'action de la lumière sur leurs parties varies, c'est dans les lieux très éclairés que les plantes présenteront en abondance les principes résineux et autres auxquels elles doivent leur odeur et leur saveur, principes généralement riches en carbone. C'est aussi là que l'on trouvera les bois les plus compactes, les plus solides, les plus avantageux pour le chauffage, car la chu-

leur que le bois donne par la combustion est en raison directe de la proportion du carbone qu'il contient. Mal éclairées ou privées de lumière, les plantes se décolorent, s'étiolent, se déforment, se gorgent des sucs aqueux et perdent leur saveur. Une lumière exubérante durcit le bois et nuit au développement ; c'est pourquoi les arbres des forêts, abrités en partie contre les rayons solaires, s'allongent plus que ceux qui viennent isolés dans les champs.

Tous les phénomènes qui naissent sous l'impression de la lumière dans les végétaux, vont se répéter exactement dans l'économie animale ; mais ici nous avons à considérer de plus le rôle de la lumièredans l'acte delà vision, suivant le nombre et l'intensité des rayons transmis à l'œil. Trop faible, elle donne lieu à la dilatation prolongée de la pupille et peut à la longue produire la myopie. Les efforts que l'on fait pour voir sous un jour précaire augmentent la sensibilité des yeux et rendent dangereux le passage d'un endroit demi-obscur à une vive clarté. Une lumière éclatante irrite l'appareil oculaire, affaiblit la vue et finit par l'abolir; ces effets peuvent être occasionnés subitement par la brusque impression d'une lumière éblouissante et fugitive, comme les éclairs d'un orage de nuit, la flamme d'un incendie, et ils varient depuis Vébloui$sement jusqu'à la cécité absolue. En 1819, des soldats su isses, en garnison à Lyon, manœuvrant par un soleil ardent, un grand nombre furent affectés d'héméralopie accompagnée de symptômes nerveux, tels que nausées, vomissements, etc. Lors de l'incendie du théâtre de l'Odéon, l'héméralopie se déclara presque épidémiquement parmi les militaires de service (I). L'hémiopie et la diplopie sont duei souvent à la même cause. Il ne faut pas moins craindre l'action d'une lumière brillante et continue, soit directe, soit réfléchie par la neige, par un sol calcaire ou couvert dune poussière blanche, par des murs blanchâtres, etc. C'est la réverbération de la neige qui lit perdre la vue à un grand nombre des soldats grecs ramenés par Xénophon, du fond de l'Asie, à travers les montagnes d'Arménie ; c'est la réverbération des sables qui multiplia les ophtlialmies dans l'armée d'Kgypte; c'est l'intensité de la lumière, augmentée par la couleur blanche des habitations, qui les rend encore fréquentes parmi nos militaires en Algérie; les navigateurs qui ont pénétré dans les régions polaires ont eu à souffrir aussi de la lumière répercutée par la neige, et le capitaine Ross a remarqué que

vlj Heu nu, Archivtt tic mettait**, l. XXVI.

CIBCUMFUSA. — ATMOSPHÈRE. 369

effets étaient aussi communs chez les naturels (Esquimaux) que les gens de son équipage. Toutefois la réverbération n'exerce point sur l'appareil du cristallin l'influence qu'on lui attribue génénlement; M. Furnari a observé que les cataractes sont rares dans 1m pays chauds, et que celles qu'on y observe sont dues aux al tentions des parties réfringentes de l'œil par suite d'ophthalmies intenses, négligées et opiniâtres (1). La cataracte est rare en Lapouie, en Norwége, etc., malgré la réverbération des neiges (2). Les professions qui exposent largement à l'action continue d'une lumière éclatante (cuisiniers, verriers, fourbisseurs), et celles qui concentrent longtemps la vue sur des objets très éclairés et de petite dimension, déterminent des accidents variés. Aux premières, les conjonctivites, les larmoiements, les cataractes, etc.; aux autres, le rétinite, mais le plus souvent sous forme chronique et caractérisée par une sensibilité morbide des yeux à la lumière, un léger trouble dans la vision, un resserrement graduel de la pupille suivi de son immobilité, et enfin de l'amaurose; les joailliers, suivant Mackensie, sont fréquemment atteints de celle forme de maladie. M. Chevallier a constaté que le brillant des caractères neufs est une des causes qui usent et détruisent la vue des compositeurs d'imprimerie (3). Des recherches spéciale* ont appris à M. Guérard que les horlogers , après quelques années d'exercice, deviennent ordinairement presbytes de l'œil droit qui, pendant le travail, est armé constamment de la loupe. Ch. Bonnet rapporte lui-môme dans ses Mémoires que l'œil dont il voyait habituellement au microscope était affecté de diplopie. Les couleurs foncées même ne reposent la vue qu'autant qu'on ne les fixe pas trop attentivement. Le blanc, le rouge, le jaune, et surtout le noir fatiguent beaucoup les yeux : aussi les personnes qui font métier de couture s'abstiennent de travailler sur le noir à la lumière artificielle; il en est de même des eouleurscontrastées, telles que noir sur blanc, rouge sur jaune, etc.

Toutes les parties de l'œil sont sensibles à cet agent : aussi peutil affecter douloureusement par son contact les personnes privées de la vue. Deslandes (6) a connu un aveugle qui, incapable de discerner la clarté la plus vive de l'obscurité la plus profonde, ne

(t) Voyage médical dans V Afrique septentrionale. Parii, 1815, in -8. (S) Gazette médicale. Paris, 1845, p. 189.

(3) Annales d'hygiène publique et de médecine légale , t. XII f, p. 304. U; Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , t. II, p. 179. 3* *DiT. — i. 24

pouvait cependant passer de l'une à l'autre sans ressentir dans les yeux un picotement pénible avec sécrétion abondante de larmes. — La vue ne s'altère pas seulement par le contact d'une lumière trop intense ou trop faible; un exercice trop prolongé de l'œil à une lumière ordinaire produit le même résultat, mais du dedans en dehors, c'est-à-dire consécutivement à la congestion encéphalique que produisent les travaux de cabinet.

\V. Edwards admet que la lumière, en frappant les yeux, agit indirectement sur le reste de l'économie ; on n'en peut nier au moins l'influence sur les rentres nerveux, dans lesquels elles déterminent une excitation passagère : de là le précepte de maintenir dans une demi-obscurité les individus affectés de fièvre aiguë, d'irritation encéphalique, etc., ou qui, après avoir subi une grande opération, se trouvent dans un état d'éréthisme nerveux augmenté encore par l'insomnie; à plus forte raison faut-il soustraire soigneusement à la lumière ceux qui sont affectés d'une inflammation oculaire.

La privation absolue de la lumière, ou l'obscurité, agit diversement, suivant qu'elle est temporaire ou permanente: passagère, elle repose la vue et le cerveau qui n'est plus assailli par les sensations visuelles; mais quand elle dure, l'intelligence, ne recevant plus d'impressions par la vue, se concentre dans l'élaboration des sensations internes, des souvenirs, établit entre les objets de son attention des rapports inexacts qui ne sont pas rectifiés par l'œil ; et c'est ainsi que naît la disposition à la frayeur, la croyance aux choses insolites, favorisée encore chez les enfants par une éducation qui a pour mobiles la crainte et le châtiment.

L'action de la lumière sur la peau se confond en grande partie aveocellcqti'ellc exerce sur l'ensemble de la constitution. Indiquons d'abord ce qui se rapporte spécialement à la peau : celle-ci est à l'homme ce que la partie verte est aux végétaux ; dans l'ombre, elle s'étiole et se décolore ; le contact de la lumière l'anime eu développant ses réseaux capillaires, la colore, l'épaissit et favoris ■• la transpiration, car elle a la propriété d'évaporer les liquides (1). Ln pâleur

(i; On a etpnM» In nuit, aux rayons do la lune, qui ne donne nu ru ni* rhalfur appréciable au thermomètre ni aux sons, deu\ vases dYgule enparitô contenant le» mêmes quantités d'eau, et dont l'un a M rouvert d'un parasol ; dans l'espare do nouf nuit», co dernier \a»c avait perdu 2 lignes cl l/G' d'eau de moins que l'autre. eipoM< a l'artùm directe de In lune. Ou Mil que la lumière de cet aMre e»l environ 300.000 fois moins furie daim son plein que relie du loleil.

CIRCOMPOSA. — ATMOSPHÈRE. 371

habituelle ded habitants des grandes villes, et particulièrement dos félntbes qui appartiennent aux classes élevées, provient du manque d'ibsolafiori, tandis qbe les manœuvres qui travaillent au grand air et les gens de la campagne ont la peau des membres thoraciques, de là fliee, dû cou et de la poitrine, hàlée, brunie par l'influence prolongée de la lumière. Quand les premières viennent à exposer au soleil une partie habituellement couverte, elles contractent facilettiént cette vdriété d'ërythèftie désignée sous le nom de coup de soleil ; la chaleur èôn tri bue sans doute à la production de ce phénomène, ttaéis il se manifeste aussi, suivant l'observation de W. Edwards ( J) , par la simple exposition au grand jour, dans des circonstances où Ife soleil M'a que peu de force. Les citadins au teint blême, qui prennent des bal fis de itler, ont le visage promptement hâté par l'intensité de la lumière réfléchie à la surface de la mer. Les épliélides ou taches de rousseur sont àûesk l'impression plus prolongée, quoique moins énergique, de la lumière solaire ; les entants, les individus lymphatiques, les personnes à cheveux blonds ou rouges en sont très fréquemment affectés ; elles passent avec l'âge ou par le changement de saison ou de climat. Le pigmentum, condition anatomkjuedes colorations cutanées, se développé sous l'influence de la lumière solaire, non de la chaleur; ce qui le prouve, c'est que les Groëtilaridais, les Esquimaux ont la peau brune, les yeux et les cheveux noirë; dans les contrées qu'ils habitent, la réverbération delà neige communique au jour un vif éclat; le soleil reste pendant ût itiois au-dessus de l'horizon, TaUrore et le crépuscule ajoutent 1 6e jout de six mois trois autres mois, et pendant les trois mois qui restent, la clarté des étoiles, les aurores boréales, etc., suppléent k l'absence du Soleil. Boitard s'est assuré que les Peaux-Rouges de l'Amérique septentrionale n'offrent la couleur qui leur a valu cette dénomination que sur les parties découvertes de leur corps. Les nuances qui caractérisent les différents peuples du globe traduisent donc les intensités do lumière. Il n'y a point de nègres au delà de la zone torride, et encore ne s'en trouvc-t-il, dans ces limites, que la où l'action dé la lumière est excessive, c'est-à-dire où le thermomètre s'élève de 35 à 37 degrés centigrades. À mesure qu'on s'éloigne de l'équateur, le teint noir devient basané, puis se change en brun et passe par dégradation immédiate au blanc. Les localités modifient cette grande influence de la lumière solahe : ainsi les

.1) De V influence des agents physiques sur la vie, p. 395.

372 HYGIÈNE PRIYftl.

terres qui sont abritées contre les vents d'est par le pic de Ténériffe et le mont Atlas ne sont pas habitées par des nègres parfaits comme les plages de la Nubie, deSerra-Leone et du Sénégal. Si les nations de l'archipel indien, quoique vivant sous la ligne, ne sont que basanées, c'est que l'cvaporation de la mer et les vents alizés ébranlent incessamment leur atmosphère et amortissent le reflet des rayons solaires. Dans l'Ile de Ceylan, les insulaires qui habitent les plages découvertes ont le teint cuivré, tandis que les Bédas, qui vivent dans les bois, se rapprochent des Suédois (>ar la blancheur de leur peau. L'Européen qui se rend dans les contrées équatoriales, passe par différents degrés de coloration qui tendent à le confondre avec les naturels, surtout s'il adopte leur genre de vie et leur habitudes de nudité. Les Juifs établis en Abyssinie sont aussi noirs que les indigènes, et ce résultat ne peut pas être attribué à leur croisement avec d'autres races, car ils ne se marient qu'entre eux.

Des faits nombreux ne laissent aucun doute sur les modifications profondes que subit la constitution entière sous l'influence ou par la privation de la lumière solaire. \V. Edwards a placé dans la Seine des têtards enfermés dans deux boites percées de trous pour le renouvellement de l'eau, et formées, lune de parois transparentes, l'aulrv de fer-blanc: la métamorphose des têtards en grenouilles s'est opérée dans la première, tandis que dans la seconde deux seulement sur douze se transformèrent. Le corollaire légitime de cette expérience est que l'insolation est indispensable au développement parfait des organes, et l'observation le confirme. Les individus qui passent une grande partie de leur vie dans les lieux obscurs ou mal éclairés ne se distinguent pas seulement par le caractère de leur peau ; ils respirent moins (1} ; ils ont les chairs molles, bouffies,

tf }Scharling (Ann. de chim. H de pharm., 3* série, 1843, p. 488) a Iranvé les différences mirantes entre les quantités de carbone brûlé le jour et U Mit par le même individu :

5ml. J.»«r.

Homme adulte I : i,S37

Femme adulte I : 1,240

«iarcoo ! : 1,266

Peûtefllle 1 : if225

Différence en moyenne :: 1 : 1,237.

U dépense de carbone dan» Pacte respiratoire esl donc d'environ moitié ploi forte le Jour que U nuit.

CIICUMFOSA. — ATMOSPHÈRE. 373

comme infiltrées ; ils sont frappés d'atonie dans tous leurs tissus et sujets aux accidents de l'hydroémie ; tels sont les individus que la misère confine dans les quartiers les plus sombres et les plus encombrés des grandes villes, les prisonniers relégués dans des cachots ténébreux, les marins dont le poste habituel est dans les parlies profondes des vaisseaux (1), dans la cale, à la cambuse, les portiers des maisons de Paris situées dans les rues étroites des quartiers les plus populeux, les ouvriers qui travaillent au-dessous du niveau du sol, etc. C'est parmi ces classes de la population que l'on observe en grand nombre les déviations du système osseux, les nuances exagérées du tempérament lymphatique, portées le plus souvent jusqu'à l'état scrofuleux ; c'est aussi sur elles que la phthisie tuberculeuse sévit le plus. L'exposition du corps aux rayons du soleil, en même temps qu'elle favorise la nutrition, assure la régularité du développement et l'heureuse proportion des formes : « Hommes et femmes, dit M. de Humboldt en parlant des Chaymas, ont le corps très musculeux, mais charnu, à formes arrondies. 11 est superflu d'ajouter que je n'ai vu aucun individu qui ait une difformité naturelle; je dirai la même chose de tant de milliers de Caraïbes, deMuyscas, d'Indiens, Mexicains et Péruviens, que nous avons observés pendant cinq ans. Ces difformités du corps, ces déviations sont infiniment rares dans de certaines races d'hommes, surtout chez lespeuplesqui ont le système dermoïde fortement coloré (2). » L'observation intéressante du célèbre voyageur s'applique, en France, sur une moindre échelle. Il est incontestable que la population méridionale de la France présente une conformation plus régulière et plus belle que ne l'est celle des départements du nord et même d'une partie de l'est; et, de même que les arbres isolés croissent moins eu hauteur et ont le bois plus dur que les arbres ombragés des forêts, le groupe méridional de la population française n'offre ni la peau blanche et mince ni les statures élevées qui appartiennent à l'autre groupe.

La lumière artificielle, quelque intense qu'elle soit, ne peut suppléer le moindre rayon de soleil pour la végétation, ni pour l'économie animale. Les femmes du monde s'étiolent et se flétrissent au milieu des lustres et des bougies de leurs salons, et si Humboldt et

(1) FoniMgrives, Traité d'hygiène navale. Paris, 1856, p. 203.

{S) Voyage aux régions équinoxiales. Paris, 1814, in-4, p. 471. — P richard, Râtoir* naturelle de Vhomtne, traduit de l'anglais par F.-D. Roulin. Paris, 1843, t. II, p. 22*.

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De Candolle ont pu obtenir à l'aide de la lumière artificielle un léger verdissement du Le/ridium sotivutn, ils n'ont pu déterminer par le même moyen la décomposition de l'acide carbonique et le dégagement de l'oxygène.

Il est difficile de rapporter exclusivement à la lumière solaire tous les effets <jiie nous venons de mentionner ; la chaleur inhérente aux rayons solaires a certainement une part dans quelquesuns, même dans les effets qu'ils produisent sur l'organe de I* vision ; c'est ce qui résulte des recherches de Delà roche et de Sfelioni. Le premier a démontré que certains corps, perméables à la lumière, pouvaient aussi laisser passer du calorique rayonnant, et cela en quantité d'autant plus grande que la source de chaleur est d'une température plus élevée ; le second, empruntant à la pile thermo-électrique un moyen d'évaluation plus exact des quantités les plus légères de chaleur, a expérimenté un grand nombre de corps diaphanes sous le rapport de leur perméabilité au calorique; p)ur indiquer cette dernière propiiété, il lésa appelés diathennanes. Parmi les solides, le sel gemme, le verre, le cristal de roche, la chaux sulfatée, l'alun, etc.; parmi les liquides, les huiles d'olive et de colza, l'alcool, l'eau, etc., méritent ce nom. Les corps les plus transparents pour la lumière ne sont pas toujours ceux qui laissent pas.M>r le plus de calorique rayonnant ; les rayons de calorique lie traversent pas tous les corps avec, une égale facilité, alors même qu'ils présentent «l'égales conditions de transparence et d'épaisseur. Quoi qu'il en soit, la propriété diathermane des liquides et des solides explique pourquoi la vue d'un loyer ardent fatigue plus l'iril <pie l'impression de la lumière, et pourquoi la lumière de la lune nous semble molle et douée au regard; la lune n'émet point de calorique layonuant, tandis qu'il eu passe une grande quantité avec le ravon solaire à travers les membranes et les humeurs translu- ides de l'ceil Toutefois, la radiation lumineuse est seule en jeu dans les résultats de coloration cutanée; la chaleur produit l'hypereniie de la peau, mais elle n'influe point sur la formation du pifîuientmii : les cuisiniers, les chaufourniers, les ouvriers travaillant dans les étuves, ne contractent point le haie, pas plus que les femme.s de l'Orient, abritées contre le soleil dans la demi -obscurité des harems, bien que les uns et les antres soient exposés à des températures très élevées.

Les rayons solaires, si nécessaires au jeu îles forces nutritives, ont aussi leur danger quand ils happent trop vivement les organes.

CIRCUUFUSA. — ATMOSPHÈRE. 375

avons mentionné en partie les effets nuisibles qu'ils produint dans certaines circonstances sur les organes de la vision. ttre l'érythème, dit coup de soleil, et les éphélides, ils font naître foires éruptions, notamment le pemphigus et l'eczéma. Quand

ElOfnbent directement sur la tète, ils déterminent des accidents ■ graves, tels que des céphalalgies intenses, des ér y si pèles de la IM et du cuir chevelu, accompagnés de délire : nous en avons jjjfjré plusieurs exemples en Corse; tels encore que des apoplexies, kfs tétanos, des méningites, des aliénations mentales. Esqqirol noté 12 cas d'aliénation mentale par insolation sur 12Ç6 cas (1) ; |pi}0 sujets atteints d'arachnitis, M. Martinet n'eu a compté que pjpi dont la maladie put être attribuée à l'insolation ; mais ces jylïciens ont observé dans notre climat. L'extrême fréquence des gpdeuts cérébraux dans les maladies des pays chauds accuse plus api l'influence des rayons solaires : à Rome (1851), les pratiisos expérimentés de notre corps d'occupation recommandaient plamment d'éviter, môme en novembre, l'irradiation solaire ;

Si l'Afrique française, on a vu, dans les expéditions d'été, des ats tomber comme foudroyés par l'action d'un soleil intense ; IfpÎD que prennent les Arabes de se garantir la tête contre le jMI est sans doute justifié par une expérience séculaire. Sous les ijitydes équatoriales, la population se tient à l'ombre ou fait la qfte aux heures d'insolation la plus intense ; la mesure de cousjlêr les troupes dans leurs casernes pendant ces mêmes heures est ne de celles qui contribuent le plus au maintien de leur santé lus les contrées méridionales. Nous en avons observé l'excellent isultat eu Corse et en Morée.

Il reste beaucoup à apprendre sur l'influence intime de la lumière ms Ivsérie des actes qui concourent à la formation et à la nutrion de l'organisme; mais la nier est impossible, et, d'après l'ensable îles faits qui s'y rapportent, elle se caractérise par une stiîolation du système nerveux et par des modifications chimiques ont les phénomènes dnguerriens sont comme un reflet dans un utre ordre de combinaisons : où la lumière manque, toutes les «uses débilitantes acquièrent plus d'énergie et amènent plus rapilement celte altération du sang qui est propre aux diverses espèces finéinies; partout où elle abonde, elle ajoute à 1 effet des causes d'excitation ambiante ou intrinsèque.

• I) Dr* maladies mentales. Paris, 1838, t. 11.

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